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 why would a genius be tripping on me (Anthéa)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ STATUT SOCIAL : Haute Noblesse, troisième enfant de Clémence de Boisbleau, duchesse de Bretagne
❝ OCCUPATION : Améthysse, huitième année, parcours Maîtrise de la Magie, ancien Attrapeur de l'équipe Cristal de Beauxbâtons



Oh who said life was easy
Who said life was fair
Who said nobody gives a damn and nobody even cares
The way you're acting now like you left that all behind
You've given up, you've given in
Another sucker of that slime


« Je prendrai celui-là ». Sourire complice de la vendeuse qui s’empresse d’emballer dans du papier bleu roi le magnifique balai de compétition Drakkar 350. Elle a l’air d’être pressée de faire payer l’héritier du duché de Bretagne ; peu de gens doivent avoir les moyens de s’offrir une telle merveille. Heureusement pour elle, Narcisse n’était pas quelqu’un d’ordinaire, et il avait tout l’or du monde pour se gâter autant qu’il le souhaitait. Ce cadeau ne lui était pourtant pas destiné. Il saisit une carte sur le comptoir et fouilla son cartable pour en extirper un stylo. Bonne rentrée, NdB marqua-t-il à la hâte. « Votre amie est chanceuse », glissa la commerçante avec un sourire, levant les yeux de son paquet quelques secondes pour observer la réaction de Narcisse. « Je vous demande pardon ? » répondit poliment le Duc, comme s’il n’avait pas compris un seul mot de ce qu’elle venait de dire. « Votre petite-amie. C’est un sublime cadeau que vous lui faites ». Il fronça les sourcils sans répondre, se contentant de prendre son porte-monnaie et de déposer la monnaie sous son nez. « Ce n’est pas pour ma petite-amie », dit-il simplement, comme si ce n’était pas si spécial d’offrir un balai de compétition hors de prix à une parfaite inconnue. Il attrapa le paquet et le glissa sous son bras. Il lui fallait sortir du magasin immédiatement s’il ne voulait pas avoir encore droit à une série de questions gênantes. C’était le premier cadeau qu’il faisait à Anthéa Buffenoir, et déjà, il sentait tous ses gestes épiés. Ce n’était peut-être qu’une impression paranoïaque comme une autre. Mais dès qu’il croisait le regard familier d’un élève de Beauxbâtons, un frisson le parcourait. Peut-être en faisait-il trop. Anthéa apprécierait-elle qu’il lui offre un tel présent sans rien attendre en retour ? Il n’y avait aucune arrière-pensée derrière ce geste, vraiment. Il voulait qu’elle ait un bon balai, meilleur que celui qu’elle utilisait depuis des années déjà. Et il savait que les Buffenoir étaient dépourvus de toute fortune, qu’ils n’avaient plus un seul centime. Les enfants arboraient régulièrement des vêtements rapiécés, ils portaient des uniformes de seconde main. Il n’y avait pas besoin d’être devin pour comprendre la misère dans laquelle ils se trouvaient. Mais Anthéa méritait mieux que ça. Elle méritait de pouvoir voler sur le meilleur balai, montrer l’étendue de son talent. Et c’était impossible sans les bons outils. Mais elle était bien trop fière, bien trop digne. Il se pourrait même qu’elle refuse d’ouvrir le paquet. La seule lecture de la carte la ferait sans doute bondir. Pourtant, entre la raison et le cœur, le choix fut rapide ; une fois chez lui, il chargea Basile de porter le colis au domicile des Buffenoir. Ce sera une surprise pour l’héritière du Duché d’Auvergne. Le lendemain, jour de la rentrée, elle aurait le plaisir de voler sur un balai flambant neuf, et rien ne pourrait faire plus plaisir à Narcisse.
La nuit fut courte. Narcisse dormit du sommeil du juste et ne se réveilla qu’à l’aube. Ses affaires étaient déjà prêtes depuis un bon mois, et il prit à peine le temps de déjeuner avant de quitter son domaine pour rejoindre l’académie.
Il retrouva rapidement ses marques – les avait-il seulement perdues – et passa ses premières heures de l’année dans les jardins de Beauxbâtons, assis dans l’herbe, un livre à la main. Certains de ses amis passaient parfois le saluer, prenant plusieurs minutes de son temps pour lui raconter leurs fantastiques vacances. Les visages défilaient, et toujours aucune trace d'Anthéa. Lorsque la sonnerie de dix heures retentit dans le château, Narcisse fourra son livre dans son sac et prit le chemin de son premier cours. Il venait tout juste de passer sous l’une des arches de rosiers lorsqu’il sentit un doigt tapoter son épaule. Il tourna la tête et eut à peine le temps de voir le visage furibond de la Rubissane. Sa main vint s’écraser contre la joue du Duc dans un claquement sonore.

« J’ai besoin de toi », avait-elle avoué à la sortie d’un entraînement auquel il avait assisté en tant que simple spectateur. « Tu n’as pas besoin de moi », lui avait-il répondu, presque insolent. C’était vrai. Anthéa se débrouillait parfaitement bien toute seule. Elle parvenait à déjouer presque tous les pièges du terrain, à repousser les cognards d’un seul coup de batte. Elle était fantastique. Et même s’il avait voulu l’aider, son ancien poste d’attrapeur ne lui conférait aucune espèce d’autorité en matière de Quidditch. Il connaissait son travail, pas celui de la Duchesse. Il tourna les talons et commença à s’éloigner. Bien sûr, il entendait les souliers d’Anthéa claquer sur le sol derrière lui. Lorsqu’elle tapota du bout du doigt son épaule, il s’arrêta, simplement, sans prononcer un seul mot. « Narcisse, s’il te plait ». Il soupira. Oui, elle avait quelques points à perfectionner. Ses appuis, pour commencer. Dès le décollage, elle manquait de stabilité. Ça l’empêchait d’être plus rapide, de frapper plus fort. Et puis, elle contrôlait mal le manche de son balai, parfois. Mais elle avait une vision d’aigle et des réflexes hors du commun. Avec un peu d’entraînement, Anthéa Buffenoir pouvait devenir une joueuse professionnelle. « D’accord », finit-il par murmurer. Il la regarda un instant droit dans les yeux, puis s’éloigna lentement. « Demain, dix-sept heures, sur le terrain », lâcha-t-il avec force.
Tout avait commencé comme ça. Un rendez-vous lâché avec pudeur à la sortie d’un match. Un regard profondément ancré dans les iris clairs de la Duchesse. Il n’avait jamais osé admettre que ces sessions quotidiennes étaient aussi plaisantes pour lui que pour elle. Elles lui avaient permis de continuer à pratiquer le Quidditch sans y mettre tout son temps, toute son énergie. La claque résonnait toujours dans les tympans de Narcisse. Tout avait commencé comme ça. Il refusait que tout finisse comme ça. Il resta là, immobile, la mâchoire serrée, les yeux plantés dans ceux d’Anthéa. Un regard qui n’avait rien à voir avec celui qu’ils avaient échangé quelques mois plus tôt, lorsqu’ils avaient scellé ce pacte implicite, celui de faire d’elle une championne de Quidditch. Dans ses yeux sombres se mêlaient aujourd’hui l’incompréhension, la colère et l’inquiétude. Le visage d’Anthéa, quant à lui, ne montrait qu’un courroux qu’elle n’allait pas tarder à déchaîner sur lui, et il aurait tout donné pour qu’elle ne prononce aucun mot et qu’elle parte simplement. À ce stade-là, rien de ce qu’elle dirait ne pourrait arranger les choses.
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And tell me stories from your past
Then sing me songs you wrote before
I tell you this my poison prince
You'll soon be knocking on heavens door

Narcisse et Anthéa. Anthéa et Narcisse. Tout avait commencé dans la douleur entre ces deux-là. Elle ne pourrait jamais oublier les terribles mots qui avaient été prononcés, un jour dans le vestiaire, par colère, tout comme ceux qui avaient été lancés à l’encontre d’un joueur de l’équipe, pour prendre sa défense quelques semaines après. Buffenoir et de Boisbleau, le chat et la souris, le yin et le yang, le jour et la nuit. Pourtant, avec le temps, ils avaient fini par se supporter, s’apprécier même, et échangeaient régulièrement. Aux yeux de tous, ils restaient des rivaux, deux familles que tout opposait mais dans leur coeur, ils étaient confidents et peut-être même plus. Souvent, Anthéa se demandait pourquoi sa poitrine se soulevait à chaque fois qu’elle entendait son nom, lorsque leurs regards se croisaient. Elle détestait ce sentiment de faiblesse. Mais elle se souvenait qu’après tout, il faisait sa force, ils formaient un tout. Le prétexte avait été le Quidditch dès les premiers jours : elle avait besoin de lui, il l’aidait comme il le pouvait. Mais il fallait être honnête, même si elle manquait de technique, Théa pouvait s’en sortir sans Narcisse. Ils avaient juste envie d’être ensemble. Et puis, une année s’était achevée, sans que la jeune femme s’y attende. Elle l’avait alors salué, prétextant devoir rentrer chez elle au plus vite mais en réalité, elle ne voulait pas lui faire face tout en sachant qu’ils ne se verraient pas pendant quelques semaines. L’été avait été bien long. Trop long. Anthéa comptait les jours, et passait le temps entre entraînements, bals et moments entre amies. Mais Narcisse lui manquait, c’était indéniable. Son être tout entier avait besoin de lui, d’entendre sa voix, de plonger son regard dans le sien. Et puis, la veille de la rentrée, alors que la jeune femme était allongée sur son lit, une surprise de taille était arrivée. « Anthéa ? Tu peux descendre, s’il te plaît ». La voix de son frère l’avait tiré de ses rêveries et elle l’avait rejoint dans le salon. Il tenait un paquet entre ses doigts et lisait quelques mots, sur un papier. « NdB ? », demanda-t-il. La cadette des Buffenoir avait eu un raté. Narcisse de Boisbleau lui avait écrit ? Pis encore, il lui avait envoyé quelque chose ? Furieuse, elle avait arraché la lettre des mains d’Anselm, saisissant le paquet et était remontée dans sa chambre.
Un balai. Et pas n’importe lequel. Un Drakkar 350. Elle ignorait ce qui avait poussé son ami à lui acheter une telle merveille. Un balai comme celui-ci coûtait une fortune, la famille Buffenoir n’avait clairement pas les moyens mais Théa n’appréciait pas qu’un de Boisbleau lui offre l’objet de convoitise, celui qu’elle aurait pu attendre des années durant. Ce n’était pas son rôle, elle se sentait trahie. Aussi, la nuit fut très courte. L’héritière du Duché d’Auvergne se leva aux aurores, après avoir réfléchi à ce qu’elle allait pouvoir dire à Narcisse. Elle se décida toutefois à ouvrir le paquet et caressa le bois du bout des doigts. Oui, ce balai était définitivement parfait. Mais elle ne pouvait pas le garder.

Le trajet du retour fut plus long que ce qu’elle avait imaginé. A force de penser à la discussion qu’elle aurait avec l’Améthysse, elle avait l’impression que le temps restait figé, que les secondes devenaient des minutes, et les minutes, des heures. Et puis, enfin, Beauxbâtons. C’est comme si elle n’était jamais partie. Elle adorait cet endroit, bien que les élèves ne soient pas tendres avec elle, mais elle se sentait chez elle. Très vite, elle croisa Elysée, qui l’embrassa sur les deux joues. Les amies s’étaient bien évidemment vues tout l’été mais à l’école, tout était différent. Elles n’avaient pas à se cacher de leurs parents, à jouer le rôle des enfants modèles. Et quand la belle brune posa les yeux sur le paquet que Théa tenait entre ses mains, elle eut une mine surprise. On devinait très facilement qu’il s’agissait d’un balai et les Buffenoir n’avaient pas retrouvé fortune en deux mois. Anthéa soupira. « Je t’expliquerai, c’est … Une longue histoire ». Et puis, elle disparut.
A peine eut-elle le temps de ranger ses affaires qu’elle partait déjà à la recherche de Narcisse. Il fallait qu’elle le trouve, elle devait lui demander ce qui l’avait poussé à lui offrir le Drakkar 350. La folie, sans aucun doute. Ou alors, avait-il pitié d’elle. Elle était pourtant bien loin de se douter qu’il avait des sentiments pour elle, tout simplement. Peut-être ne voulait-elle pas y penser, en réalité. Elle-même avait beaucoup de mal à se l’avouer. Oui, elle appréciait Narcisse de Boisbleau. Plus que l’on peut apprécier un simple ami. Aussi, elle appréhendait. Comment réagirait-elle, en le voyant ? Il y avait deux scénarios possibles. La colère ou la gêne. Mais elle savait que la seconde proposition était presque inimaginable. Elle avait un tempérament de feu après tout.

Lorsque la sonnerie de dix heures retentit, elle déglutit. Aucune trace de Narcisse. Elle avait pourtant besoin de le voir au plus vite. Et puis, comme par magie, il apparut. Là, à quelques mètres d’elle. Elle inspira, les mains tremblantes, et se dirigea d’un pas ferme vers lui. Elle lui tapota l’épaule et quand il se retourna, elle ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qu’il se passait, elle écrasa avec violence, sa main contre sa joue. Bien sûr, elle s’en voulait déjà. Mais Anthéa Buffenoir restait Anthéa Buffenoir. Très vite, on la pointa du doigt ; quelques uns chuchotaient également. Cela ne changea pas son attitude pour autant. Bonjour, bonne rentrée. Elle pouvait lire la tristesse, la colère et l’incompréhension dans les yeux de Narcisse. Elle en était presque désolée. Elle soupira et l’attira quelques mètres plus loin. Etrangement, elle se laissa faire sans dire un mot. Et puis, elle lui tendit le balai. « C’est quoi, ça ? », demanda-t-elle. Il ne semblait pas comprendre la raison de sa colère. Après tout, il avait pris l’initiative de lui offrir ce cadeau, peut-être était-ce inutile de chercher plus loin. Il avait envie de lui faire plaisir, de la voir heureuse. Mais elle en avait décidé autrement. Comme toujours. « C’est quoi, ça ? », répéta-t-elle. « Pour qui est-ce que tu me prends ? La pauvre Buffenoir, qui n’a pas les moyens de s’acheter elle-même un Drakkar 350 ? Tu as pitié de moi ? ». Elle sentait presque les larmes lui monter aux yeux car il fallait être honnête, elle allait trop loin, elle se ridiculisait. Si elle pensait à Narcisse comme on pense à une personne que l’on apprécie, elle pouvait désormais faire une croix sur leur amitié. Il la détesterait après ça. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de parler, elle avait envie de savoir. « Est-ce que tu vas me répondre ? », le pressa-t-elle.
Mais soudain, la peur lui tordit les entrailles. La peur de le perdre. Mais il était trop tard pour y penser.
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La voix froide de sa mère s’éleva dans la pièce. « Narcisse, peux-tu venir une minute ? ». Elle était assise près du feu, un canevas sur les genoux. Narcisse connaissait trop bien ce ton qu’elle adoptait. Elle avait des reproches à lui faire, évidemment. Il s’approcha sans prononcer le moindre mot. À chaque pas, le parfum entêtant de la Duchesse lui prenait un peu plus les narines ; une odeur forte, distinctive, qui lui rappelait les douloureuses heures à étudier la magie noire, lorsqu’il était enfant. « Oui, mère », dit-il simplement. Un oui solennel comme tous ceux qu’il lui adressait depuis quatre ans déjà. « L’autre jour, tu m’as demandé si la jeune Buffenoir pouvait venir diner à la maison. J’espère que cette question n’était pas signe d’une quelconque affection que tu lui vouerais ». Narcisse resta droit, fier. Il s’attendait à ce genre de question venant d’elle. Étrangement, Clémence n’avait jamais prêté attention aux amourettes de son fils. Lorsqu’elle entendait des rumeurs sur ses fréquentations du petit peuple, elle était contrariée, mais elle ne le montrait pas. Depuis qu’il avait évoqué l’héritière du duché d’Auvergne, en revanche, la Duchesse avait un tout autre discours. Elle refusait expressément qu’il l’invite chez eux, et avait formulé en des termes crus – allant jusqu’à insinuer une parenté d’Anthéa avec des femmes de petite vertu – ce qu’elle pensait de la jeune Duchesse. Ces mots qu’elle prononçait donc, là, au coin du feu, n’étaient pas vraiment une surprise. Pourtant, Narcisse n’avait pas envie de se laisser faire. Il était comme Valentine ; jamais il n’avait été docile, jamais il n’avait courbé la tête. « Et si c’était le cas ? », demanda-t-il simplement, la voix piquée d’une insolence rare. Clémence se redressa, leva les yeux vers lui, elle qui n’avait pourtant pas quitté son ouvrage du regard depuis plusieurs heures. Finalement, elle glissa sa main sur la joue du garçon, comme elle le faisait quand il était petit, alors qu’il ne se rebellait pas encore, qu’il était doux comme un agneau. « Mon chéri, si tu veux garder ta place dans l’ordre d’héritage du Duché, tu ne peux pas épouser une Buffenoir. Ces gens sont des parasites. Ils te briseront, ils nous dépouilleront. Ne te laisse pas amadouer par les promesses que peut te faire cette jolie blonde ».  Tout revenait à ça. Le statut, l’or, la gloire. Rien n’avait plus d’importance pour Clémence de Boisbleau. Le prestige primait sur l’amour. C’était sans doute pour cela qu’elle avait semblé si triste aux côtés de Constantin, toutes ces années. Dans le cas d’un mariage d’amour, jamais ces deux-là n’auraient fini ensemble, non. « Elle ne m’a fait aucune promesse, mère », dit simplement Narcisse, éloignant son visage de son geste faussement tendre. « Les Buffenoir n’ont peut-être plus aucune richesse, mais ils restent des nobles, à la tête d’un duché. Dans votre cœur dépourvu de sentiments, le seul titre de Duchesse devrait avoir beaucoup plus de valeur que ces roturières que je fréquente habituellement. Et si vous preniez la peine de connaître Anthéa, vous sauriez qu’elle vaut mieux que les sobriquets que vous lui attribuez. Si je vous entends encore l’appeler parasite, vous pouvez être certaine de ne plus me revoir », lâcha-t-il, froid et méprisant. Clémence se figea un instant, contemplant ce fils qu’elle semblait redécouvrir, presque fière de l’entendre se rebeller, et bouillonnant en même temps d’une rage qu’il l’avait trop souvent vue contenir en compagnie de Valentine. « Bonne nuit, mère », ajouta-t-il avec un mince signe de la tête, avant de se lever et de prendre congé.

Anthéa, il l’avait défendue corps et âme. Il avait affronté quiconque pensait pouvoir la vilipender, il avait tout fait pour qu’elle soit heureuse, pour être un bon ami. Et aujourd’hui, Anthéa le giflait devant toute l’école, simplement parce qu’il avait eu l’audace de matérialiser son affection sous la forme d’un cadeau. Elle l’attira un peu plus loin, comme pour chercher un peu d’intimité, mais c’était inutile : les élèves présents dans les jardins les avaient suivis, s’attroupant presque autour d’eux. « C’est quoi, ça ? », demanda-t-elle une première fois en exhibant le paquet qu’elle avait visiblement déjà ouvert. Narcisse aurait pu prendre le contrepied de son comportement exagéré en lui répondant « c’est un balai », mais il était incapable de dire quoi que ce soit. Il était choqué, triste, et même plutôt furieux de faire face à une telle réaction pour quelque chose qui devait, normalement, lui faire plaisir. « C’est quoi, ça ? » répéta-t-elle, tenant toujours le balai comme si elle le détestait de toutes ses forces. Narcisse déglutit, détourna un instant la tête. S’il avait su, il ne serait jamais entré dans cette boutique. Il l’aurait simplement retrouvée sur le terrain, comme avant les vacances, et ils se seraient entraînés, lui avec son Drakkar et elle avec ce foutu balai qui volait à peine. Il la regarda de nouveau. Elle tremblait de colère. « Pour qui est-ce que tu me prends ? La pauvre Buffenoir, qui n’a pas les moyens de s’acheter elle-même un Drakkar 350 ? Tu as pitié de moi ? ». Il voulut répondre, parce que c’était exactement le contraire. Il n’avait pas pitié d’elle. Il voulait lui donner les meilleures chances d’exceller à son sport préféré. Elle ne pourrait jamais atteindre ses ambitions avec le bout de bois qui lui servait de balai. Et l’argent n’était pas un problème pour les Boisbleau. Il aurait pu acheter des Drakkars 350 à toute l’équipe de Quidditch sans avoir à se préoccuper de son compte en banque. « Est-ce que tu vas me répondre ? » lança-t-elle finalement, excédée par son silence qui avait trop duré. Narcisse secoua la tête, les lèvres toujours pincées pour s’empêcher de dire des mots qu’il regretterait. Mais le flot de parole se pressa aux portes de sa bouche, jusqu’à ne plus pouvoir rester enfermé. « Ça, ça s’appelle un cadeau ! Je n’ai rien à en retirer, et je ne ressens aucune espèce de pitié pour toi, Buffenoir ! ». Le nom était craché, comme une insulte, comme quand leurs camarades se moquaient d’Anthéa à la sortie des cours. La pauvreté des Buffenoir. Si elle voulait qu’il la prenne en pitié, qu’il soit odieux, alors il serait odieux. « Et ça te tue, hein ? Tu aimerais que j’aie pitié ! Tu aimerais que je te regarde comme ces sombres imbéciles qui nous regardent en ce moment ! Tu aimerais te dire que les Boisbleau ne sont pas des gens fréquentables, que leur fils est un connard, parce que ça t’aiderait à occulter ce que tu ressens là », cria-t-il, montrant de l’index la poitrine de la jeune-femme. « Je t’ai offert un cadeau parce que c’est ce qu’on fait quand on apprécie quelqu’un. Pas parce que j’ai pitié de toi, pas parce que ta famille est ruinée. Je me fous que ta famille soit ruinée. Et même si ta famille implorait les Boisbleau de leur donner de l’argent, jamais ma mère n’accepterait, parce qu’elle vous déteste. Mais je ne suis pas comme ma mère, Buffenoir, et je pensais que tu le savais ». Il lâchait les mots sans même réfléchir. Il voulait juste lui dire qu’elle était ridicule. Que tout ceci était ridicule. Il approcha son visage du sien, les yeux plissés. « C’était une mauvaise idée, de toute évidence. Alors tu sais quoi, brûle-le, fais-en du feu de bois, je m’en contre-fiche. Mais ne t’avise pas de raconter que je t’ai offert ce cadeau par pitié ». Il secoua la tête, déglutit. Il détestait hurler sur Anthéa, mais il n’arrivait pas à réagir autrement. Son esprit le sommait de se taire, mais sa bouche fut la plus rapide. « Va te faire voir » dit-il finalement entre ses dents, en écho à ce que la rubissane lui avait rétorqué lors de leur premier échange salé, avant de la contourner pour quitter les jardins. Cette fois-ci, ils avaient définitivement atteint le point de non-retour.
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Pour Anthéa Buffenoir, il n’y avait aucun demi-mesure. Tout était soit blanc, soit noir, pas de juste milieu. Sans doute était-ce dû à son expérience. Il faut être honnête, la jeune femme avait souffert de tous ces ragots à son égard, de toutes ces mauvaises intentions, qui avaient fini par faire d’elle, une dure à cuire. Anthéa n’était pas gentille, jamais. Elle savait être différente en présence des personnes qu’elle aimait ou appréciait — de cette même manière qu’elle l’avait été avec Narcisse durant les entraînement — mais elle retombait bien vite dans le jugement, dans la méfiance. Parce qu’elle savait qu’en réalité, elle ne pouvait faire confiance à personne. Ou alors, il fallait vraiment le mériter. Aussi, quand elle avait vu en Narcisse un ami, un confident, et pourquoi pas même une âme soeur, elle avait pris peur. Et si tout ceci était un piège ? Et si le garçon lui tournait le dos, une fois dans ses bonnes grâces ? Elle ne le supporterait pas. Alors, par mesure de sécurité, elle s’éloignait. Elle l’éloignait, plutôt. C’était une décision difficile. Elle se doutait sans aucun doute que les intentions de Narcisse étaient bonnes. Sinon, pourquoi aurait-il acheté un balai si cher ? Pourquoi aurait-il voulu lui faire plaisir ? Elle savait, au fond d’elle, que leurs heures sur le terrain les avaient rapprochés, qu’ils avaient franchi un cap. Ils n’étaient plus seulement des amis, et pourtant, ils n’étaient pas un couple pour autant. Ils avaient des sentiments l’un pour l’autre, ils avaient envie d’être ensemble et de se faire confiance. Mais c’était trop risqué. Il était plus simple de tout arrêter. Mais le voulait-elle vraiment ?
Plus elle parlait, et plus elle sentait que la situation lui échappait. Elle était ridicule, elle qui détestait pourtant que tous les regards soient braqués sur elle. Aujourd’hui, elle marquait sa fin. Elle entendait déjà son frère lui dire qu’elle avait été idiote, qu’elle n’avait fait que donner du crédit à tous ces hypocrites, mais elle se fichait de savoir ce que les autres pensaient. Elle se sentait blessée, elle se sentait trahie, parce qu’en lui offrant le balai, Narcisse lui confirmait simplement ce qu’elle redoutait : il était attaché à elle. Certes, Anthéa était sans doute la seule jeune femme qui avait peur des sentiments. Mais elle détestait se sentir dépendante des autres. Elle était un électron libre. Elle n’avait besoin de personne. Pourtant, n’entendait-elle pas son coeur tambouriner contre sa poitrine ? Elle avait mal partout, sa vue se brouillait et elle se maudissait de prendre cette histoire trop à coeur. Elle voyait Narcisse se raidir, et plus elle le discréditait, plus il bouillait. Lui qu’elle avait connu odieux. Lui qu’elle avait jugé à maintes reprises. Lui qu’elle avait appris à connaître. Lui qu’elle verrait bientôt s’en aller sans ne jamais plus se retourner. Et puis, soudain, il éleva la voix. « Ça, ça s’appelle un cadeau ! Je n’ai rien à en retirer, et je ne ressens aucune espèce de pitié pour toi, Buffenoir ! ». PAF. Pile la réaction qu’elle attendait. En même temps, en le provoquant ainsi devant tout le monde, elle ne pouvait que s’attendre à ça. Il l’appelait par son nom de famille, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Au fil des mois, ils s’étaient habitués à s’appeler par leurs prénoms. Théa déglutit, tout en le soutenant du regard. Buffenoir, ce nom disgracieux, ce nom que tous détestaient. En la traitant de la sorte, il ne valait pas mieux que les autres. Mais elle avait perdu le droit de le lui dire quand elle l’avait giflé. Un cadeau. Alors, c’était bien ce qu’elle espérait. Il avait pensé à elle. Et malgré la situation, ça lui faisait plaisir. Ses joues prirent une jolie couleur rouge, ce qui la gênait profondément. Elle se mettait à nu.

« Et ça te tue, hein ? Tu aimerais que j’aie pitié ! Tu aimerais que je te regarde comme ces sombres imbéciles qui nous regardent en ce moment ! Tu aimerais te dire que les Boisbleau ne sont pas des gens fréquentables, que leur fils est un connard, parce que ça t’aiderait à occulter ce que tu ressens là ». Il la pointait du doigt. Elle pouvait entendre le rires des élèves, qui les regardaient, qui ne tarderaient pas à faire circuler des rumeurs sur une potentielle relation. Elle s’en fichait. Elle jeta un regard noir à Narcisse. Elle n’avait jamais pensé à lui comme à un petit connard. Jamais. Enfin, si, au début. Lorsqu’il était encore dans l’équipe de Quidditch et qu’il avait osé la traiter comme une moins que rien. Mais elle avait appris à pardonner. Ils avaient changé. Et lui-même le disait, son regard sur elle était différent. Il n’était pas comme les autres, comme ces autres qui attendaient la moindre occasion de la mettre à terre. Elle aurait voulu rétorquer, mais il fut plus rapide. « Je t’ai offert un cadeau parce que c’est ce qu’on fait quand on apprécie quelqu’un. Pas parce que j’ai pitié de toi, pas parce que ta famille est ruinée. Je me fous que ta famille soit ruinée. Et même si ta famille implorait les Boisbleau de leur donner de l’argent, jamais ma mère n’accepterait, parce qu’elle vous déteste. Mais je ne suis pas comme ma mère, Buffenoir, et je pensais que tu le savais ». Elle n’avait pas d’autre choix que de le laisser parler. Il avait besoin de s’exprimer à ce sujet et elle entendait ce qu’il lui disait. Ils s’appréciaient. Oui, il était important d’en parler au passé, parce que désormais, ce serait tout l’inverse. Il la détesterait. Et elle se détesterait aussi, quelque part. Elle avait tellement l’habitude que les gens aient pitié, tellement l’habitude que les autres la voient comme la pauvre fille ruinée, qu’elle n’arrivait plus à faire la différence entre ceux qui lui voulaient du bien et ceux qui lui voulaient du mal. Pour elle, ils étaient tous dans le même panier. Il y avait bien quelques exceptions, comme Elysée ou Erendis, mais elles étaient rares. Narcisse avait fait cela par bon coeur, il avait tenu tête à sa mère qui détestait la famille Buffenoir et alors qu’elle aurait dû se sentir fière, elle se sentait honteuse. Il approcha finalement son visage du sien. « C’était une mauvaise idée, de toute évidence. Alors tu sais quoi, brûle-le, fais-en du feu de bois, je m’en contre-fiche. Mais ne t’avise pas de raconter que je t’ai offert ce cadeau par pitié ». Il termina la discussion par les mots qu’elle avait employé quelques mois plus tôt, quand il lui avait manqué de respect. Puis, il la laissa plantée là. Il s’éloigna à grandes foulées, alors que les élèves la fixaient encore, la pointant du doigt. Elle leur jeta un regard noir, avant de s’élancer à sa poursuite.

Il allait vite et bientôt, il n’y avait plus personne pour les écouter. Il était fou de rage. « Attends », demanda-t-elle une première fois. Il n’écoutait pas. Il avançait, borné comme il l’était si souvent. « Attends ! », ordonna-t-elle à nouveau. Elle se mit à courir, et attrapa son bras. Cette fois, il s’arrêta. Il n’avait pas envie de l’écouter, il n’avait sans doute plus envie d’avoir affaire à elle mais elle voulait lui expliquer ce qui l’avait emmenée là. Il fallait qu’il comprenne. Il se retourna alors, pour lui faire face. Elle pouvait lire la peine dans ses yeux et elle détestait ça. « Ne me regarde pas comme ça, d’accord ? », dit-elle. Elle ne voulait pas s’excuser, elle ne voulait pas reculer mais elle ne savait pas par où commencer. Il y avait tant à dire. Elle devait employer les mots justes. Mais Anthéa parlait souvent avec le coeur, jamais autrement. Elle n’était pas une jeune femme très raisonnée. Elle savait qu’elle pouvait très bien envenimer les choses. Mais elle devait tout tenter. « Tu n’avais pas à m’offrir ce balai, Boisbleau. Tu n’aurais pas dû ! En le faisant, tu as mis des mots et des sentiments sur ce lien qui nous unissait et je ne veux pas. Je ne veux pas que ton nom et le mien soient associés, je ne veux pas que l’on soit amis, je ne veux pas … De toi dans ma vie ». Elle avait peur, et ça se voyait. Encore une fois, les émotions l’emportaient, ce qui était nouveau chez elle. Elle n’avait pas pour habitude de se livrer. Elle déglutit et se tourna, pour reprendre ses esprits. Si Narcisse analysait la situation de plus près, il pouvait tout à fait comprendre qu’elle était émue. Elle se cachait derrière ce comportement hautain, elle se cachait derrière des mots durs mais en réalité, elle était loin d’être la dure à cuire qu’elle prétendait être. Elle avait même un coeur, aussi étrange que cela puisse paraître. Pourtant, elle avait tout fait pour qu’ils ne soient pas plus que des coéquipiers. Ils partageaient une passion, rien de plus. Avec ce cadeau, ils partageaient tellement plus. Et Anthéa n’était pas prête. « Va-t’en, je crois que nous n’avons plus rien à nous dire », dit-elle. Mais il ne bougeait pas. Elle se retourna alors, le suppliant du regard. Va-t’en, par pitié. Il n’en fit rien. Comme à son habitude.
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La colère : le sentiment le plus terrible, le plus redoutable, mais avant tout le plus insidieux. Elle était rarement amenée avec brusquerie. Son arrivée était souvent tapissée d’un lit de bonnes intentions, qu’elle s’empressait de détruire une à une. Anthéa avait laissé la colère s’immiscer dans son esprit avant même de comprendre ce que signifiait vraiment ce cadeau. Narcisse ne ressentait aucune pitié pour elle. Jamais. C’était un sentiment qui lui était inconnu. Même cette fois où il l’avait aidée à se relever, dans les vestiaires : il l’avait fait parce que c’était juste, pas par pitié. Et voir aujourd’hui qu’Anthéa n’avait pas compris cela, qu’elle doutait encore de lui, le rendait triste. Triste, et surtout, furieux. Parce qu’il avait fait confiance à la duchesse. Il lui avait dédié de précieuses heures de son temps, il l’avait aidée, il s’était battu pour elle ; tout ça pour qu’elle lui jette ces mots à la figure, tout ça pour qu’elle le gifle. Il partait donc, comme un lâche ; il partait pour ne pas l’entendre lui répondre des mots qu’il détesterait, pour ne pas détruire davantage ce qui a été anéanti en quelques secondes. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Tout était de sa faute. Foutue Buffenoir. S’il n’avait pas franchi le seuil de cette boutique, s’il n’avait pas acheté ce balai, cette conversation n’aurait jamais eu lieu. Foutu Boisbleau. Son pas était rapide, sa gorge sèche. Il voulait s’échapper d’ici aussi vite que possible. Ne plus soutenir son regard clair, ses foutus yeux de biche qui le faisaient chanceler malgré lui. Non, il n’était pas amoureux. Il refusait de l’être. Buffenoir était comme Berthelot. Elles avaient la même façon d’attaquer, de planter la pique là où ça faisait le plus mal. Décidément, elles se ressemblaient beaucoup trop.
« Attends », entendit-il derrière lui, mais il ne répondit pas et accéléra même. Fuir, quoiqu’il arrive, quoiqu’elle dise, quoiqu’elle fasse. « Attends » cria-t-elle avant d’attraper son bras, premier contact depuis cette baffe dont l’écho résonnait encore dans ses oreilles. Sans qu’il comprenne pourquoi, il s’arrêta. Il lui suffit d’un seul regard pour ravaler sa haine et la remplacer par une immense tristesse, celle de perdre son amie, sa confidente, celle qui lui permet d’enfourcher son balai et de tout oublier. Elle est belle, Anthéa, quand elle furieuse. Elle a ces grands yeux qui semblent te fusiller, ces gestes tremblants qui sont encore plus gracieux qu’à leur habitude. Cette bouche tordue, menaçante, ces dents serrées et ce cœur qu’il entendrait presque taper contre sa cage thoracique. Narcisse s’apprêta à dire quelque chose, un mot, n’importe quoi. Pardon, une autre ânerie du genre. Il n’était pas désolé. Mais si c’était ce qu’elle voulait l’entendre dire, il le dirait, cent fois, mille fois. Pardon. Ses pensées furent interrompues par une phrase, une petite phrase qui ne voulait rien dire. « Ne me regarde pas comme ça, d’accord ? ». Comme ça. Comme un garçon qui vient de dire à une fille qu’il lui avait offert quelque chose parce qu’il l’apprécie. Comme quelqu’un qui avait parlé de sentiments à une personne qui n’était visiblement pas prête. Il inspira profondément. Ce qu’elle allait lui dire était beaucoup trop prévisible. Mais il voulait l’entendre de sa bouche. Il voulait qu’Anthéa Buffenoir lui dise explicitement qu’ils n’étaient pas suffisamment proches pour qu’il lui offre quelque chose. « Tu n’avais pas à m’offrir ce balai, Boisbleau. Tu n’aurais pas dû ! En le faisant, tu as mis des mots et des sentiments sur ce lien qui nous unissait et je ne veux pas. Je ne veux pas que ton nom et le mien soient associés, je ne veux pas que l’on soit amis, je ne veux pas… De toi dans ma vie ». Narcisse l’observa fixement, impassible. Ni mots, ni sentiments. Juste du Quidditch, juste une relation cordiale de deux nobles qui se fréquentent. Presque chaque soir. Dans le secret le plus total. Je ne veux pas que ton nom et le mien soient associés. La douche froide. Si Narcisse s’écoutait, il partirait immédiatement, parce que ces paroles sont celles de trop. Ce sont celles qui détruiront à jamais leur amitié. Il aimerait lui crier qu’il se moque que leurs noms soient associés. Que les gens peuvent bien raconter ce qu’ils veulent sur leurs familles ; il ne leur accorde aucune importance. Ils sont petits et eux sont des géants. C’est ce que Valentine lui avait appris. « Ne te laisse pas faire, Cisse. Ils sont minuscules. Ils ne peuvent rien contre toi, contre nous ». Tous ces ils qu’il avait appris à détester grâce à sa sœur. Tous ces nobles, tous ceux qui s’étalaient en rumeurs sur la famille Boisbleau, ces traîtres à la couronne, ces mages noirs. Ils ne savaient rien sur eux, rien. Et Anthéa non plus. Elle s’ajoutait à la liste de ces minuscules que Narcisse s’était efforcé d’éviter. Ceux qui lui tournaient leur dos, comme elle le faisait en ce moment-même, parce que c’était plus facile que de le regarder dans les yeux.

Il la trouvait lâche. Ces mots n’étaient pas d’elle, cette attitude non plus. Elle se forçait à dire des choses qu’elle ne pensait pas. C’était exactement ce qu’il avait prédit, ce qu’il avait voulu lui faire comprendre quelques instants plus tôt. Elle allait contre ses sentiments, et ça crevait les yeux. « Va-t’en, je crois que nous n’avons plus rien à nous dire ». Une nouvelle fois, elle le repoussait. Il aurait dû s’en aller, parce qu’elle avait raison. Ils avaient vidé leur sac ; il n’y avait rien à ajouter. Pourtant, il ne bougea pas d’un pouce. Si elle devait le sommer de partir, il voulait que ce soit face à face. Et comme pour l’exaucer, elle se retourna. Son visage montrait une palette d’émotions qu’il ne lui connaissait pas. Elle semblait éreintée de le repousser, d’essayer de faire en sorte qu’il la déteste. Elle n’aurait pas à maintenir cet effort plus longtemps. Il allait disparaître, pour de bon. « Je crois que tu as peur », dit-il finalement. « Et tu m’en tiens pour responsable. C’est injuste. Tu es mon amie, ma meilleure amie. Je t’ai offert ce cadeau parce que je tiens à toi. Et je peux le répéter, même si ça t’effraie. Je tiens à toi. Et je sais que tu tiens à moi aussi ». Il secoua la tête, continuant de la regarder. Anthéa, froide, distante comme elle ne l’avait jamais été. « Je ne peux pas continuer, Anthéa. Je ne peux pas continuer à tenir à toi quand tu me dis des choses comme ça. Quand tu me dis que tu refuses que je fasse partie de ta vie. Tu as raison. On ne peut pas être amis. Pas comme ça ». Il baissa les yeux vers le paquet, pinça les lèvres. Son hésitation fut perceptible l’espace d’une seconde, puis finalement, il poursuivit. « Tu peux le garder. Je te l’ai offert, après tout ». Un soupir, un dernier regard. Jamais Narcisse n’aurait pensé en arriver là. Pas avec Anthéa. Pas de cette façon. Il pensait que si un jour, ils devaient ne plus se voir, ce serait à cause de Clémence, ou d’un autre élément perturbateur. Pas à cause d’un cadeau.
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Elle claque la porte d’entrée avec violence. Les larmes ont coulé sur ses joues, elle ne sait plus comment les arrêter. Elle est en colère, elle ne comprend pas cette méchanceté gratuite, elle les déteste tous. Elle n’a que sept ans pourtant, elle est loin d’avoir vécu assez longtemps pour apprendre que grandir sera bien pire, qu’elle aura d’autres épreuves à vivre, d’autre coups bas à encaisser. Mais Anthéa n’est qu’une enfant, qui peut lui en vouloir ? Sa mère passe la porte du salon, inquiète. Elle sait que sa cadette a le tempérament le plus difficile de la fratrie, mais elle ne s’emporte que rarement pourtant, préférant se montrer hautaine. Elle fronce les sourcils. « Anthéa ? Que se passe-t-il ? », demande-t-elle. La jeune fille lui lance un regard noir. C’est de ta faute, voudrait-elle lui répondre. Mais ce n’est pas vrai. Au même moment, Anselm ouvre la porte dans un bruit sourd, visiblement à bout de souffle. La petite blonde soupire et monte les marches menant au premier étage. Visiblement, elle ne veut pas parler. « Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’il se passe ? », ose alors Céleste. Le jeune garçon pose sa besace sur le sol et fait quelques pas en direction de la matriarche. Il est calme, Anselm, il sait toujours trouver les mots, Anselm. « Je m’en charge », dit-il. Il n’a que huit ans mais il a déjà tout compris. Il tente de veiller sur sa cadette, comme on le lui a demandé, comme il a envie de le faire de lui-même. Le frère et la soeur ne communiquent que rarement parce qu’ils n’ont jamais su comment se parler et s’écouter, mais ils se font confiance. Anselm monte les marches à son tour et ouvre avec douceur, la porte déjà fermée de la chambre de Théa. « Va-t’en », aboie-t-elle. Mais il n’écoute pas. Il s’approche d’elle et remarque que les larmes n’ont pas cessé. Cela fait plusieurs jours que la petite encaisse, elle fait croire à tous qu’elle est forte et dure, mais il n’en est rien. Elle est sensible. Vulnérable. L’enfant du milieu prend place aux côtés de sa soeur et pose une main dans son dos. Contact rassurant. Elle le regarde, triste. « Anthéa, je sais que ce n’est pas facile. Je suis passé par là. Les enfants sont cruels mais tu dois être plus forte qu’eux ». Il connait la situation, il sait ce qu’il s’est passé. Après tout, il est un Buffenoir lui aussi. Il comprend mieux que quiconque. Pourtant, même si Anselm ne veut rien montrer, il est furieux. Furieux qu’on touche à sa famille, furieux qu’on fasse pleurer sa soeur. Anthéa n’a pas encore les épaules pour ça. Elle n’arrive pas à encaisser. « Je ne veux plus jamais y aller », dit-elle. Il lui lance un petit sourire triste. Il faut qu’elle soit forte, il faut qu’elle tienne bon. Raisonné, il hausse les épaules. « Ce n’est pas une solution. Tu sais que ce n’est que repousser le problème. Non, il faut simplement que tu rendes les coups, Théa ». Elle ne comprend pas, mais comment le peut-elle du haut de ses sept ans ? Anselm sait, lui. Il sait que la vengeance est un plat qui se mange froid. Il sait que tôt ou tard, ils payent toujours. Il caresse avec douceur le visage de sa soeur et sèche les quelques larmes qui roulent encore sur ses joues rondes. Elle y arrivera. Avec le temps. Elle saura se protéger, peut-être même trop bien. Mais il sait. Il sait qu’Anthéa Buffenoir ne se laissera plus jamais faire. Elle aura vite appris la leçon.

La jolie blonde ne sait pas quoi dire, elle ne sait pas quoi faire. Lorsqu’elle ne sait plus se défendre, elle fuit. Elle a toujours été ainsi. Acerbe, hautaine, méchante, elle a appris à appuyer là où ça fait mal sans ne jamais se poser de questions. Parfois à tord. Voilà ce que la souffrance a fait d’elle. Une coquille vide. « Je crois que tu as peur », commence Narcisse. Elle déglutit. Il a tout juste. Comme toujours. C’est bien ce qu’elle ne supporte pas chez lui. Il ne se trompe que rarement mais ce n’est jamais très modestement qu’il le fait alors remarquer. Et ce matin, elle n’aime pas le ton qu’il prend avec elle. Elle n’aime pas sa façon de la regarder. Elle n’aime pas Narcisse de Boisbleau. Elle le déteste. « Et tu m’en tiens pour responsable. C’est injuste. Tu es mon amie, ma meilleure amie. Je t’ai offert ce cadeau parce que je tiens à toi. Et je peux le répéter, même si ça t’effraie. Je tiens à toi. Et je sais que tu tiens à moi aussi », dit-il. « Arrête », lui siffle-t-elle. Elle est froide, elle est distante, elle n’est pas la fille qu’il a connu, sur le terrain. Elle est différente. Là est le problème. Anthéa sait être tant de filles à la fois qu’elle arrive souvent à se perdre, à ne plus savoir qui elle est vraiment. Alors que tout pourrait être facile, elle préfère tout détruire. Quand une amitié pourrait se transformer en quelque chose de plus fort, elle sème le doute et la panique. Oui, elle a peur. Mais peut-on lui en vouloir ? Doit-il lui en vouloir ? « Je ne peux pas continuer, Anthéa. Je ne peux pas continuer à tenir à toi quand tu me dis des choses comme ça. Quand tu me dis que tu refuses que je fasse partie de ta vie. Tu as raison. On ne peut pas être amis. Pas comme ça ». Il semble triste, confus. Il a de la peine, et son discours est tout à fait cohérent. Pas le sien. Anthéa n’arrive plus à faire semblant. « Tu peux le garder. Je te l’ai offert, après tout ». Elle pince les lèvres. Elle est allée trop loin et elle le sait. Elle ne peut plus faire marche arrière.

Elle soupire et fait quelques pas pour s’éloigner de Narcisse. Elle ne veut pas se trahir, elle ne veut pas qu’il analyse la moindre de ses mimiques, qu’il ait réellement pitié d’elle cette fois. « Ne me dis pas que j’ai peur, Cisse, parce que je n’ai peur de rien ». Elle utilise volontairement son surnom. Comme elle l’a fait de nombreuses fois l’an dernier. Elle bombe le torse, pour donner du crédit à ses mots. Ses yeux bleus, froids comme la glace, profonds comme l’océan, fixent le jeune homme. « Et je ne te tiens pas pour responsable. Tu n’es pas responsable, les autres le sont. Mais je sais qu’un jour ou l’autre, tu m’aurai tourné le dos ». Elle prend soin de ne pas lui répondre sur de potentiels sentiments qu’elle pourrait avoir à son égard. Oui, elle l’apprécie mais cela se sert à rien de le dire car dans quelques minutes, ils se tourneront le dos pour toujours. Elle hausse les épaules. Il ne veut pas continuer ? Très bien. Tant pis. Tant mieux. « Non, on ne peut pas. Et je ne t’en blâme pas. Ta vie va reprendre son cour, sans la moindre erreur au tableau. Sans la Buffenoir pour te pourrir l’existence. Ta mère sera contente de l’apprendre », conclue-t-elle. Pourtant, elle serrait le balai dans sa main. Le seul lien qui leur restait. Ce lien qu’elle avait pris tant de mal à détruire pour de bon.
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Son cœur et sa tête ne parvenaient pas à se mettre d’accord. L’un lui disait d’essayer de faire comprendre à Anthéa, juste essayer de lui montrer qu’ils tenaient l’un à l’autre. L’autre ne pensait qu’à partir, parce que ses mots étaient clairs : « Je ne veux pas de toi dans ma vie ». Il pouvait retourner ces mots dans tous les sens, c’était clair, net, précis. Elle le chassait, pour de bon. Et si le cadeau semblait être la première raison de ce rejet, autre chose se dessinait. Anthéa refusait de s’impliquer dans une relation avec lui, qu’elle soit amicale ou amoureuse. Narcisse avait compris qu’elle ne le portait pas dans son cœur, au début, du moins. Mais il pensait que les choses avaient évolué depuis. Qu’elle avait appris à le connaître, à comprendre qu’il n’avait que des pensées positives à son égard. Tout cela n’avait été que de la poudre aux yeux, un leurre pour leur faire penser que leurs séances n’étaient pas simplement un prétexte pour enfourcher leurs balais. Si Narcisse lui disait toutes ces choses, ces sentiments qu’il aurait voulu taire s’il en avait eu la possibilité, c’était simplement pour qu’elle ouvre les yeux. Pour qu’elle s’aperçoive qu’ils étaient plus que de simples camarades de jeux, pour qu’elle comprenne que le Quidditch ne définissait pas leur relation. « Arrête », disait-elle. Ça lui faisait mal, à Anthéa, d’entendre ces mots. Ça lui rappelait qu’elle avait tort, qu’elle le savait, et que pourtant, elle continuait de le repousser. Elle qui se voulait froide, il la sentait trembler, il sentait tout son être chavirer. Narcisse commençait à la connaître par cœur, la petite Buffenoir. Il savait quel était le ton de sa voix quand elle mentait, il savait que son sourcil bougeait d’une certaine manière lorsqu’elle cachait quelque chose. De petits détails bien trop subtils pour l’œil peu avisé, mais il avait eu le temps de l’observer. Elle prit le soin de s’éloigner, peut-être pour qu’il ne puisse plus la jauger, estimer ses véritables émotions. « Ne me dis pas que j’ai peur, Cisse, parce que je n’ai peur de rien ». Elle utilisait son surnom, celui qu’elle avait mis tant de temps à prononcer – il semblait si doux dans sa bouche. Pourtant, il sonnait comme une insulte à cet instant. Comme si elle se servait de leur proximité passée pour le repousser le plus loin possible. « Et je ne te tiens pas pour responsable. Tu n’es pas responsable, les autres le sont. Mais je sais qu’un jour ou l’autre, tu m’aurais tourné le dos ». Bien sûr, les autres. Ceux qu’il avait entendus déblatérer des insultes à son égard, ceux qui les avaient pointés du doigt. Ces Buffenoir qui n’avaient plus rien à offrir au monde, si ce n’est leur titre de noblesse. Anthéa était l’héritière d’un duché ; à l’heure actuelle, c’était bien tout ce qu’il lui restait de sa gloire passée. Mais penser que Narcisse accordait une quelconque importance à son infortune, aux problèmes que traversait sa famille, était bien mal le connaître. Lui qui était tombé dans les bras d’Estë Doriath à une époque ; lui qui s’entichait régulièrement de roturières. Sa noblesse n’avait aucune importance. Ce qui comptait, c’était qu’elle se sente bien avec lui et qu’elle veuille le faire entrer dans sa vie. Mais impossible de savoir ce qu’elle ressentait ; elle prenait soin de ne jamais répondre sur la question des sentiments. Anthéa toute crachée. « Non, on ne peut pas. Et je ne t’en blâme pas. Ta vie va reprendre son cours, sans la moindre erreur au tableau. Sans la Buffenoir pour te pourrir l’existence. Ta mère sera contente de l’apprendre ». Une erreur. Des mots si durs pour parler d’elle-même. Elle qui était talentueuse, douce, intelligente. Elle qui était bourrée de qualités, mais ne pensait pas valoir suffisamment pour qu’il la fréquente.

Narcisse s’approcha d’elle, lentement. Chaque pas, il se demandait ce qu’il pouvait lui dire pour qu’elle interrompe ce flot de sottises qui s’échappait de sa bouche. Il baissa les yeux, le temps de voir son poing serré sur le balai, ce même balai qui avait provoqué cette dispute insensée. Elle devrait le jeter. Elle devrait refuser ce cadeau. Et pourtant, elle le gardait contre son flanc, incapable de le laisser tomber. Tous ses gestes n’avaient aucun sens, aucune logique, lorsqu’il l’entendait prononcer ces mots assassins. « Je suis désolé que tu aies souffert, Théa. Vraiment. J’aurais aimé pouvoir étouffer ces rumeurs immédiatement, ne pas les laisser faire de toi ce que tu es devenue ». Il se trouvait à un pas d’elle, désormais. La duchesse prenait soin d’éviter son regard. Se distancier de lui, autant que possible. « Mais je ne t’aurais jamais tourné le dos. Jamais. Et je suis déçu que tu puisses penser que j’en serais capable », murmura-t-il simplement. Oui, elle le décevait. L’amitié était importante aux yeux de Narcisse. Il n’était pas le garçon le plus entouré au monde, mais il restait fidèle à ceux qui lui accordaient leur confiance. L’exemple le plus frappant était Daphné. La roturière homosexuelle anti-nobles était rapidement devenue la confidente de Narcisse, alors que tout les opposait. Ils n’étaient pas censés devenir amis, jamais. Quand ils avaient commencé à se rapprocher, le jeune duc avait même pris peur. Est-ce qu’il était sage de s’attacher à une jeune-femme qui finirait peut-être par le détester, juste pour ce qu’il était ? Et puis, il avait ouvert son cœur à Daphné. Ils étaient devenus inséparables. Leurs origines importaient peu, au final. Ce qui comptait, c’était qu’ils s’appréciaient, vraiment, sincèrement. Comme Narcisse et Anthéa avaient pu s’apprécier, avant que la blondinette ne s’embrase. Pour un simple balai. Un petit pas de plus. Ils se trouvaient maintenant presque l’un contre l’autre. Une proximité qui leur était étrangère. Ils n’avaient connu un tel rapprochement qu’une seule fois, lorsque Narcisse s’était blessé à la joue et qu’Anthéa l’avait soigné. Ce moment, ce petit instant à part où ils avaient crevé leurs bulles respectives pour n’en former plus qu’une, qui semblait alors si belle. Les doigts de la jeune-femme contre sa joue, son regard sur lui, l’observant de si près pour la première fois. Il avait pensé à l’embrasser. À réduire cette courte distance qui les séparait. Quelques centimètres qui pouvaient se combler en une seule seconde. Un simple baiser. Mais il n’avait rien fait, rien dit, à part un timide merci. Lorsqu’il était rentré chez lui, il avait humé l’air de sa chambre, avec l’impression de ne sentir que le parfum d’Anthéa.
Même s’il voulait le nier, même s’il détestait l’idée-même d’une relation avec la rubissane, les faits étaient suffisamment éloquents. Anthéa sans Narcisse. C’est ce qui arriverait s’il ne faisait rien. Il attrapa son visage. Elle l’ignorait, encore, toujours. Anthéa si fière et  digne qu’elle ne s’apercevait même pas de ce qu’elle allait perdre. Le pouce de Narcisse caressa sa joue avec la mélancolie de quelqu’un qui dit au revoir mais qui ne souhaite pas vraiment partir. Un soupir, avant de chuchoter « tu as tout gâché », dans un souffle, alors qu’il déposait un baiser sur son front. « Je te souhaite d’avoir une belle vie », ajouta-t-il, avant de lâcher son visage et de s’éloigner à grands pas.
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❝ STATUT SOCIAL : Haute noblesse
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Le coeur a ses raisons, que la raison ignore. C’est comme si, soudain, ses membres agissaient à l’inverse que ce que lui dictait sa tête. Elle aurait voulu le remercier mais pourtant, elle l’avait giflé. Elle le voulait près d’elle mais elle faisait tout pour l’éloigner. L’éternel débat entre ce qu’elle voulait et ce qu’elle faisait. Anthéa Buffenoir dans toute sa splendeur. Le problème, c’est qu’elle avait toujours agi de cette même façon. Elle était une énigme à elle seule, elle se battait avec son for intérieur, comme si plusieurs personnes vivaient dans un unique corps, comme si quelque chose était cassé pour cause de dysfonctionnement. Elle n’y pouvait rien. Et elle ne faisait qu’éloigner les personnes qui comptaient pour elle, incapable de les retenir. Elle n’essayait même pas, en fin de compte. Elle savait qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même. Par ses mots, par son ton, elle se donnait un genre. Elle prétendait être une fille forte mais Anthéa savait que tout ce qu’elle tentait de faire n’était que de cacher qui elle était vraiment : un être sensible. Mais aurait-elle eu la force d’être une autre, face à tous ceux qui la jugeaient, la détruisaient ? Elle n’aurait fait que leur donner le bâton pour se faire battre, accepter sa condition. Et elle valait mieux que ça. Elle méritait mieux que ça. Mais alors, que faisait-elle à éloigner l’une des rares personnes qui avait compris qui était véritablement Anthéa Buffenoir ? Elle l’ignorait.

Il semblait tout faire pour essayer de rester, pour la raisonner mais Narcisse était fatigué de se battre. Elle pouvait le voir, le deviner. Après tout, à quoi bon ? Elle le repoussait un peu plus chaque minute. Elle mettait de la distance entre eux, pour éviter toute souffrance. Mais ça ne changeait rien. Rien du tout. Ils auraient pu être amis, peut-être même plus que cela, ils auraient pu être ensemble. Elle avait tout gâché. Elle ne lâchait pas le balai, hésitant entre le serrer un peu plus fort pour en abîmer sa perfection ou en prendre soin, accepter le cadeau pour de bon. « Je suis désolé que tu aies souffert », commença Narcisse. Elle serra les dents. Elle détestait qu’on le lui rappelle. Elle détestait se mettre à nu. Et il n’avait rien à faire, le jeune homme lisait en elle comme dans un livre ouvert. « Théa, vraiment ». Lui aussi utilisait son surnom. Il avait été celui qui avait fait le premier pas. Sans doute pour se faire pardonner, dans un premier temps. Parce qu’il s’en était voulu de lui avoir fait du mal, quand il l’avait humilié devant tout le monde. Au début, elle avait refusé. Elle ne voulait pas de cette étrange proximité. Et petit à petit, elle s’était habituée, allant jusqu’à apprécier de l’entendre l’appeler ainsi. Etait-ce la dernière fois ? « J’aurai aimé pouvoir étouffer ces rumeurs immédiatement, ne pas les laisser faire de toi ce que tu es devenue ». Il avait avancé, quelques pas seulement les séparaient. Elle déglutit. Elle évitait son regard, incapable de l’affronter. Elle aurait voulu courir, le plus loin possible. Mais elle restait là. « Mais je ne t’aurais jamais tourné le dos. Jamais. Et je suis déçu que tu puisses penser que j’en serais capable ». Elle soupira. Elle comprenait parfaitement. Elle avait mal joué, elle avait été idiote. Elle le savait. Mais Théa ne s’excusait jamais. Jamais. Elle préférait passer pour la petite peste de service, celle que tout le monde déteste et méprise. Un rôle qui était bien plus facile à assumer. Vraiment.

Ils étaient maintenant très proches. Trop proches. Elle pouvait presque entendre les battements de son coeur. Et entendait-il le sien, tambouriner contre sa poitrine ? Anthéa ne pouvait pas le cacher. Soudain, il attrapa avec douceur son douceur. Elle aurait voulu se débattre mais elle le laissa faire, sans le regarder pour autant. Il caressa sa joue, elle ferma les yeux quelques secondes. Elle acceptait d’être la véritable Théa. Jusque quelques secondes. « Tu as tout gâché », dit-il dans un murmure. « Je sais », répondit-elle. Il déposa un baiser sur son front, avant d’ajouter dans une ultime tirade « je te souhaite d’avoir une belle vie ». Puis, il s’éloigna.

« Je suis tellement désolée, Cisse. Si tu savais ». Elle prit la direction opposée, balai en main.

_________________


I remember tears streaming down your face
When I said, I'll never let you go, When all those shadows almost
killed your light. I remember you said, Don't leave me here alone
But all that's dead and gone and passed tonight. safe&sound
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why would a genius be tripping on me (Anthéa)

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