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 les échoués + (orna)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 760
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❝ OCCUPATION : améthysse, huitième année dans le parcours maîtrise de la magie dans l'espoir de devenir soigneur de créatures magiques. batteur dans l'équipe de quidditch diamant, violoncelliste dans l'orchestre, serveur au cafey desplat et amant de la solitude

MessageSujet: les échoués + (orna)   Ven 1 Avr - 20:08

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
La cloche sonnait enfin l'amnistie des cours interminables de la journée pour le plus grand plaisir de l'améthysse. Il quittait le laborieux cours de potion dans lequel son chaudron avait explosé par deux fois en l'espace d'une simple heure. Dans ces moments là, il avait toujours privilégié la théorie à la pratique. L'Armoricain préférait l'odeur usée des vieux ouvrages dont il aimait s’imprégner inlassablement au coin du feu ou sous les branches ombragées du parc de l'académie. Les couloirs étaient animées par la sortie des étudiants qui se dirigeaient vers leurs dortoirs respectifs afin d'échapper aux caprices d'une mère nature intraitable et acariâtre. Les verrières inondées de pluies dont il suivait le chemin des gouttes sous le regard moqueur de pimbêches superficielles. Il ne comprenait pas pourquoi sa sœur tenait tant à vouloir leurs ressembler. Elles étaient insipides et dépourvues de toutes singularités. Le genre de filles avec lesquelles il ne perdait pas de temps, presque invisibles à ses yeux. Peut-être que c'était lui qui tournait pas rond à préférer la vision contemplatif des éléments aux derniers potins du château. La vérité étant qu'il en avait rien a branler des médisances de couloirs et autres commérages fadasses. Le ciel l'appelait dans un chant ensorcelant pour un entraînement de quidditch animé et bercé par l'orage et la pluie déchaînée.

Le visage encore tuméfié de sa précédente altercation avec les sangs bleus frelatés, le Breton était assis sur le banc à lasser ses bottines tranquillement pour l'entraînement à venir. Voler c'était la liberté, un moment privilégié qu'il attendait chaque semaines pour pouvoir profiter des cieux et se vider l'esprit. La barbe négligée et les cheveux mal coiffés, il faisait tâche au milieu des autres mecs tout droit sortit d'une publicité pour produits capillaires. Le monde continuait de tourner autour de lui, dans sa bulle, très loin de participer à l'hilarité générale masculine engendrée par les récits minables d'anthropoïdes stupides sur la gente féminine. Des propos sexistes et répugnants qui n'amusaient pas du tout le ténébreux. A l'écart, il était rare de le voir se mêler aux conversations des royalistes, n'y voyant aucun intérêt et aucune curiosité malsaine envers ces suprématistes au QI sous développés. Il captait par moment des regards haineux sur sa silhouette, les oppresseurs fiers d'avoir défiguré il y a quelques jours les traits du roturier à cinq contre un. Le protagoniste ignorait totalement ses co-équipiers afin d'éviter de relancer les hostilités. Loup solitaire, il préférait s'isoler et s'enfermer dans ses songes au lieu de cultiver encore et encore les récoltes factices d'ignorants en mal de virilité. Il avait choisi le quidditch pour l'unité et la solidarité, mais il n'avait trouvé que ecchymoses et regards en biais. Une généralité effrayante qui le laissait indifférent, préférant se concentrer sur ceux qui en valaient vraiment la peine. L'équipe n'était pas composée que de crétins élitistes, il y avait aussi des étudiants qu'il appréciait et qu'il aimait côtoyer. Il quitta alors le banc sous les regards agressifs des autres gars du vestiaire masculin, les lippes étirées dans un sourire dédaigneux, presque jubilatoire.

Le terrain souillé par les pas boueux et malencontreux de sportifs fatigués et trempés, le ciel grondait sa colère en inondant l'équipe diamant d'une pluie diluvienne. Le vent soufflait sur le domaine tandis que les joueurs avaient du mal à rester en équilibre sur leurs balais. Une météo capricieuse qui plaisait évidemment au protagoniste, enfant de l'eau qui aimait sentir sur sa carcasse abîmée les gouttes collantes sur son visage inondé. Il se laissait porter par les vents capricieux du début de soirée, pas freiné par le temps et le tonnerre en dirigeant son balais vers le sol glissant et bourbeux. Le capitaine se tenait au milieu de son assemblée tandis qu'il prenait place au côté d'une rouquine familière et intrigante. Orna retrouvait enfin le terrain après plusieurs absences, des retrouvailles froides et baignés d'averses indomptables et récalcitrantes. Une séance rapidement écourtée pour le bonheur d’aristocrates grégaires trop fragiles pour la pluie. Il faisait évidemment parti de ceux qui voulaient rester, mais une majorité emmenée par un capitaine blasé se dirigeait déjà vers les locaux réservés aux joueurs. Yann n'échappa pas à un violent coup d'épaule de la part d'un blondinet énervé, amoché et lâchement protégé par deux gorilles domptés. Il encaissa sans broncher sous les regards presque indifférents des autres joueurs, un sourire presque moqueur tandis qu'il se retrouvait rapidement seul sur le terrain en compagnie de sa co-équipière retrouvée. La batte sur l'épaule, il posa ses iris cuivrées sur la rouquine trempée. « Content de te revoir. Tu t'es bien remise de tes blessures ? » Souffla alors le brun tandis qu'il dégageait son front de quelques mèches mouillées. Ils se retrouvaient seuls sur l'immensité verdâtre avec pour douce compagnie la symphonie tempétueuse des intempéries.  Il n'avait pas spécialement envie de retrouver le château et sa chambrée d'attardés, le ciel étant un terrain de jeu synonyme de liberté qu'il aimait visiter inlassablement. « Tu veux faire quelques passes quand même ? L'éclaircie vient après la pluie paraît-il. » Le sorcier se baissa alors pour récupérer le souaffle abandonné dans la boue, prêt à troquer son poste de batteur pour celui de poursuiveur afin d'aider la gardienne rubissanne à retrouver ses cages sphériques trop longtemps délaissées.
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equo ne credite
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Sam 2 Avr - 15:42


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Orna ne put s'empêcher de grogner en mettant les pieds sur le terrain de Quidditch. Ô mon Amérique! Ma Terre-Neuve! Mon Royaume! Tu parles. Elle les aurait voulues plus douces, ses fameuses retrouvailles avec son art. Ce n'était pas la pluie en soi, le problème. Orna n'était pas en sucre et, bien que définitivement pas une grande aficionado de la flotte céleste, la météo n'était rien qu'un bon sort Ventus en rentrant aux vestiaires, suivi d'une douche brûlante de quinze minutes, ne pourrait arranger. Le réel facteur déception, c'était les humeurs de ses co-équipiers, oscillant entre désespoir et exaspération. Le capitaine, notoire pour aboyer ses consignes, faisait désormais dans les croassements noyés. La dernière arrivée chez les diamants, attrapeuse remplaçante qu'il était urgent de former car "on ne sait jamais qui peut nous fausser compagnie" – et cette remarque avait été accompagnée d'un regard lourd de reproches coulé en direction d'Orna – claquait des dents. A tel point que cette dernière, préférant se dire que c'était par agacement et non par préoccupation, finit par conjurer un souffle d'air chaud enrobant la nouvelle, qui la fixa avec gratitude. L'un des poursuiveurs avait accueilli le retour de la rouquine sur le terrain par le lancer enthousiaste d'un poing fraternel sur son épaule. A savoir, l'endroit de sa blessure. Crétin. Le léger gémissement que le choc expulsa de ses poumons resta bloqué derrière les dents de la gardienne. Hors de question de paraître faible, a fortiori après les ricanements qu'avait suscités son absence. Foutu cognard mal placé du match précédent. Le pire, c'est qu'elle ne pouvait s'en vouloir qu'à elle-même. Elle s'était crue intouchable car qui chercherait à cogner la gardienne ? Tragiquement, elle avait eu raison sur toute la ligne. Car ce n'était pas elle que les batteurs adverses avaient voulu atteindre. Preuve, s'il en fallait, que l'équipe Crystal avait désespérément besoin de revoir sa composition. Orna, fidèle à elle-même, avait été traînée hors du terrain en s'écriant derrière son épaule "mon patronus serait un meilleur batteur que toi !". Le soir-même, lorsque Victoire, venue voir son amie à l'infirmerie, avait soupiré en disant "c'est tout toi, tu ne regardes jamais en arrière", la patiente avait avoué en grommelant que peut-être, peut-être, la blessure était partiellement de sa propre faute.

Chez les Cheval, on ne faisait pas dans l'apitoiement. Aussi, malgré la douleur, malgré les gouttes cinglantes, malgré le sarcasme de ses co-équipiers, Orna s'était élevée vers ses cercles. Cerbère féroce de sa forêt de cuivre, prête à en découdre. Cependant, le capitaine avait jugé bon de faire travailler l'équipe sur les traversées de terrain, laissant la petite gardienne en chômage technique, fulminante. Pour ne pas remâcher le fait que ce choix sonnait, à ses oreilles à elle, dangereusement comme une punition, elle passa la moitié de l'entrainement à réciter entre ses dents les définitions de son cours d'Alchimie, slalomant machinalement entre les anneaux abandonnés. Tout ça pour ça, ou Séance finalement avortée. Orna atterrit à pieds-joints dans la boue, pour le simple plaisir puéril d'éclabousser les bottes du capitaine, gravées à ses initiales. "Sérieusement ?" lança Orna en direction des omoplates de ses camarades qui roulaient vers les vestiaires. Peine perdue. L'eau avait eu raison de ceux qui n'avaient jamais eu à se mouiller. Lorsque les consonnes graves, plus entendues depuis longtemps, se firent entendre juste derrière elle, elle sursauta. Toute à son impatience, elle n'avait pas remarqué son allié résistant. "Oh, Yann", bredouilla-t-elle en se retournant, replaçant une mèche échappée de sa tresse derrière son oreille. Comme de juste, la voix de Victoire s'éleva entre ses deux tempes, moqueuse. C'est tout toi. Tu ne regardes jamais en arrière. Mentalement, elle la bâillonna. "Tu t'es bien remise de tes blessures ?" Orna le fixa sans même s'en rendre compte. Pas une tape sur l'épaule, pas un reproche. Juste de la sollicitude. Elle aurait pu l'embrasser pour ça. "Ça va," répondit-elle en haussant les épaules. Le mince tiraillement dans le muscle quand elle amorça ce geste semblait vouloir la traiter de menteuse. Elle masqua son hésitation par un sourire franc, qui ne se fêla que quand Yann tourna légèrement le menton. Tu veux qu'on parle de blessures ? Des violettes avaient poussés le long des tempes du batteur. Et elles n'avaient définitivement pas la forme d'un cognard. Orna détourna promptement les yeux, alarmée à l'idée qu'il surprenne son regard inquiet. Elle songea en se mordant la joue qu'elle avait suffisamment de connaissances en magie vindicative pour faire pousser des violettes sur les joues des coupables. Elle n'en serait pas à son coup d'essai. Elle en avait fait, des parterres de petite noblesse. La proposition de Yann la tira de sa rêverie, et elle leva des yeux pleins d'espoir vers lui. "Tu ferais ça ? Ça ne t'ennuie pas trop ?" Elle désigna les vestiaires d'un index tirant dangereusement vers le bleu. "S'ils ne veulent pas se frotter aux éléments, qu'ils se mettent à la broderie." Lorsqu'il se saisit du souaffle, elle put sentir son propre visage s'éclairer. Saint patron des gardiennes désespérées, au visage trempé et délicatement indigo. Sans perdre de temps, Orna enfourcha son balais et s'éleva vers sa forêt dorée, fièrement resplendissante en contraste du ciel d'asphalte. Car elle avait hâte de pouvoir enfin se confronter à ses propres performances. Car elle voulait se prouver que la flotte ne pouvait rien contre elle. Et, franchement, car la vision des hématomes lui faisait serrer les dents.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Sam 2 Avr - 23:00

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Inondé par une pluie battante, le Breton se sentait presque de retour sur ses terres natales, baigné par une eau glaciale qui le rendait presque nostalgique d'une cité honteusement trompée avec le beau Paris. Les yeux levé vers des cieux en deuil, il contemplait son noir cortège de nuages tourbillonnants, admiratif et presque reconnaissant d'être qu'un simple spectateur de cette nature versatile. La pluie chantait sa mélodie, versant une myriade de joyaux sur le terrain désormais abandonné par une équipe fuyarde et effrayée, pas vraiment surpris par le manque de courage de certains de ses co-équipiers. Une seule avait osée braver la météo, rubissanne à la chevelure incandescente, fille du feu qui sous les perles de pluies n'en demeurait pas moins jolie et illuminée. L'intrigante Orna pour qui il éprouvait parfois des pensées spéculatives, croisant souvent sa chevelure érubescente au détour d'un corridor gelé ou dans les écuries aux majestueux chevaux esclave de la royauté. Peu démonstratif et d'une nature réservé, l'améthysse n'en demeurait pas moins content de la retrouver, gardienne d'une équipe divisée et dont le talent de la belle avait sévèrement manqué. Se prendre des coups, c'était l'apanage cruel des joueurs de quidditch, jouant au poste de batteur, son rôle était d'envoyer sur l'équipe adverse des cognards mal intentionnés. "Ça va," Avait-elle soufflée tandis qu'il hochait la tête pour acquiescer, pas vraiment doué pour échanger des banalités. Abandonnés, ils se retrouvaient comme deux cons mouillés sans pour autant avoir perdu l'envie de jouer. Il proposa naturellement à sa camarade de continuer, ils étaient là pour ça de toute façon, peu importe les caprices atmosphériques. "Tu ferais ça ? Ça ne t'ennuie pas trop ?" Un fin de sourire étiré sur ses lippes en guise de réponse, le souaffle boueux entre ses doigts désormais crasseux. Le ciel les appelaient dans une ode à la tentation et au jeu, l'envie soudaine d'aller pourfendre les cieux. "S'ils ne veulent pas se frotter aux éléments, qu'ils se mettent à la broderie." Un sourire qui ne voulait pas quitter les lèvres du protagoniste, le balais entre ses jambes, prêt à démarrer l'entraînement en duo. « Quand on est lâche, autant l'être jusqu'au bout . » Répondit le Breton en tapant du pied pour quitter la boue et épouser les déferlantes pluvieuses d'horizons brumeuses.

Sensation de liberté retrouvée, les cheveux balayés par un vent capricieux accompagné d'un froid mordant qui brûlait ses traits tuméfiés, le brun se sentait plus que vivant. Il discernait plus loin la silhouette flottante de la rubissane près des cages, mirage qui enflammait le ciel, presque chimérique. Figé dans les airs, le batteur tenait d'une main le souaffle cinabre prêt à être expédié vers les cercles mordorés. Il aurait sans doute aimé jouer comme poursuiveur, mais sa nature solitaire et protectrice l'avait poussé à vouloir défendre son équipe de cognards mal avisés. Les poumons gonflés, le sorcier s'envola à grande vitesse vers la gardienne en jetant la balle avec puissance vers la sphère centrale qu'elle protégeait. Il ne fut pas réellement surpris d'échouer, la rouquine n'étant pas vraiment rouillée malgré quelques absences justifiées. Il vola alors à sa rencontre pour récupérer le souaffle tandis que la pluie commençait à se fatiguer de pleurer. « Joli. » Cria alors le Breton pour se faire entendre tandis qu'il freinait près d'elle dans un magnifique dérapage aérien contrôlé — même pas pour frimer. Le ciel commençait à s'éteindre à force d'avoir trop brûlé, le terrain vidé et des cieux pas assez profané. Il se grattait la tête, presque embarrassé par la question à venir. Il n'était pas habitué face à cette nouvelle promiscuité, mais il avait envie de découvrir en profondeur la personnalité de la sorcière aux verbes bien tranchés. « Je me demandais si tu voulais aller boire un truc après ? Si t'as envie bien évidemment ... » Il piqua ensuite vers le ciel pour retourner à sa place initiale, prêt à se faire recaler si il le fallait. Mal à l'aise, il était d'ordinaire sûr de lui dans la vie, il ne voulait pas passer pour un dragueur ou un lourd à ses yeux ... Ou encore ressembler aux gars de sa classe. Il avait simplement envie d'apprendre à mieux la connaître et à approfondir les rares discutions qu'ils avaient déjà entamés.

Yann tenait avec fermeté le souaffle qu'il s'apprêtait à renvoyer à la sorcière dans un lancé beaucoup plus puissant et vicieux. Le ballon de cuir carmin s'envolait avec aleph vers la gardienne des diamants, le souaffle désormais dans son camp sur les perspectives de la soirée — sentant presque venir un nouveau vent annonciateur d'un samedi soir abandonné et délaissé de sa compagnie pourtant désirée.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Dim 3 Avr - 12:40


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Orna s'élevait avec l'anticipation crue, fiévreuse, de retrouver ce pourquoi elle s'était originellement enrôlée dans l'équipe. Des années auparavant, déterminée comme jamais, alors que tous la disaient mieux taillée pour les duels. A ce qu'il paraissait, on lui avait souvent fait la remarque depuis, elle avait un caractère trop tranchant pour les sports d'équipe. Invariablement, elle levait les yeux au ciel. N'importe quoi. Elle n'avait rien à se prouver en sortilèges. La victoire narcissique, le combat calibré, très peu pour elle. Elle avait un impérieux besoin de son bout de ciel, la fille de la terre. Habituée aux grands espaces, elle ressentait parfois l'urgence de s'échapper de la claustrophobique capitale. Orna supposait que c'était cette thérapeutique du vol qui faisait que le breton et elle, malgré les éléments, malgré le départ de l'équipe, malgré le déclin du jour, étaient restés. Car ils répondaient à une soif, pas à un emploi du temps. Elle alla se placer, cœur allègre pulsant autant que le vent, devant ses bienaimés anneaux. Etant le seul poste pour lequel elle avait postulé, gardien avait un merveilleux goût de discrète toute-puissance. Syndrome de la grande sœur, besoin de protéger. Douce vanité d'être le dernier rempart, l'ultime obstacle à franchir. Et elle était douée, Orna. Plus frêle que le gardien moyen, certes, mais ce qui lui manquait en épaisseur, elle le récupérait en vitesse, vision et une grosse dose d'opiniâtreté. Yann vola jusqu'à sa hauteur, cheveux battant ses tempes en rythme avec le vent. L'hémisphère gauche du cerveau rubissan traita l'effet manche à air des mèches bronze, instrument permettant à la gardienne de jauger efficacement de la direction et l'intensité des bourrasques. L'hémisphère droit, s'attardant quelques secondes inutiles sur l'expression de son nouvel adversaire, entre concentration et allégresse, remarqua que, décidément, c'était une bonne chose que Yann ne soit pas poursuiveur pour l'équipe Crystal. Pour l'amour d'Agrippa, Cheval, concentre-toi.

Le souaffle s'approcha à grande vitesse, puissant, gracieux. La moindre de ses coutures étant familière, ses mouvements, prévisibles. Yann aurait fait un bon poursuiveur, elle en était persuadée. Le geste était assuré, net. Mais à l'évidence, il la ménageait, avec l'élégance de prétendre ne pas s'en rendre compte. Orna put même s'offrir le luxe d'avancer vers le souaffle, laissant ses anneaux derrière, accueillant l'offrande avec jouissance entre ses paumes, la force d'inertie soudainement interrompue du ballon faisant reculer son balai d'une poignée de centimètres. Merlin que ça lui avait manqué. Orna affichait sans doute un sourire béat lorsque le poursuiveur d'un jour vint à sa rencontre. A ce stade, elle se fichait de ce à quoi elle ressemblait, visage niais ou non, son corps ne se résumant plus qu'aux mouvements de son balai et à la précision de ses mains gantées de cuir. Comme pour partager sa joie, la pluie s'adoucit, plus rosée que déluge. Toute à ses réelles retrouvailles avec son Quidditch, Orna n'assimila la question de Yann qu'une fois que celui-ci lui tournait le dos, repartant avec le souaffle sous le bras. Elle déglutit. Sa première pensée fut "pas besoin de paniquer. C'est juste un verre, totale décontraction. Juste un verre." Ouais, c'est ça. Avec Yann Kermarrec. Orna, en hommes comme en toute chose, elle détestait avec une assurance proche de l'enthousiasme, mais appréciait avec nettement plus d'angoisse. Erreur de néophyte – réfléchir pendant le jeu. Sois le souaffle, ou regarde-le t'échapper des mains, conseil de son frère, excellent joueur. La gardienne, ne valant au final pas plus que les nouveaux qu'elle regardait se débattre autour du terrain avec un dédain mêlé de tendresse, s'était sortie de son stress une fraction de seconde trop tard. Lorsqu'elle leva les yeux vers le souaffle, il volait vers l'anneau de gauche avec une célérité lui prouvant que Yann avait bel et bien retenu ses forces sur le coup précédent. Elle braqua sur le côté avec un peu de retard et la trajectoire du ballon étant trop haute pour qu'elle puisse l'accueillir à hauteur de son ventre, position offrant la plus grande stabilité, elle s'étira au maximum en étendant les bras vers les nuages. Juste à temps. Le souaffle cogna le gant dans un son de contact qui sonnait comme du violon aux oreilles des gardiens. Mais l'intensité du ballon stoppé net se réverbérant à travers le bras, jusqu'à atteindre avec force l'hématome convalescent sur son épaule, Orna ne put s'empêcher de laisser échapper un gémissement bref qui résonna dans le terrain vide. Son visage se ferma pour contenir la douleur tandis que, machinalement, son bras intact se referma sur le souaffle avant qu'il puisse dégringoler jusqu'au sol. Pliée au-dessus de son balai en tenant son épaule blessée, elle sentit plus qu'elle ne vit son équipier voler vers elle. "Erreur de débutant," siffla-t-elle entre ses dents serrées, comme pour le rassurer. "Je me suis laissée distraire." Sans aucun doute, le capitaine aurait eu un commentaire grinçant à émettre s'il avait été là. Tu traines la patte, Cheval. Ou devrais-je dire le sabot ? Se redressant, d'une façon tellement mécanique que son interlocuteur aurait sans doute pu entendre ses rouages cliqueter s'il tendait l'oreille, Orna tenta un sourire plein d'autodérision. "Désolée. Je crois qu'il va me falloir une minute avant de pouvoir reprendre." Et le ciel, compréhensif, lui offrit une accalmie. Un peu de lumière bleutée, entre chien et loup, tandis que ses battements de cœur erratiques, vibrant dans son épaule, laissaient la douleur se dissiper.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Dim 3 Avr - 17:29

Les échoués
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Yann ✧ Orna
Il n'avait jamais été doué pour jouer au jeu énigmatique et augural de la sociabilité, vainqueur de sa partie d’échecs solitaire cuisante. Il pratiquait avec brio l'ostracisme sociétal depuis des années. Préférant la compagnie simpliste des bêtes qui donnaient sans jamais rien attendre en retour. Non pas qu'il était inepte aux relations humaines, il comptait sur ses doigts de bons amis comme Victoire ou Absynthe, mais le Breton avait toujours eu du mal à se lier docilement. Réservé, la solitude était devenue une alliée solide et sordide à ses journées gaillardes, une amante parfois cruelle et amer qu'il délaisserait bien pour une partie à deux. Peut-être qu'il s'évitait tout simplement des futures déceptions en préférant le contact sibyllin d'ouvrages encore vierges et inexplorés. Faire le premier pas était en soit un gage de sa bonne volonté et de son intérêt envers elle, n'étant pas du genre à se forcer pour égayer les ego de camarades abrogés et dénués d'une quelconque utilité. Orna l'intriguait, de part ses mots qu'ils échangeaient furtivement, ses secrets qu'il aimerait pouvoir percer pour enfin découvrir la nature de cette sorcière élaborée. Une silhouette gracile et féminine qui ne le laissait pas pantois, même le visage trempé et la carcasse profanée par des billes de pluies gelés n'altéraient en rien sa beauté. Néanmoins, le ciel semblait enfin s'ouvrir à quelques carrés bleutés tandis qu'apparaissait une courbe irisée et baignée d'un splendide arc-en-ciel naissant et coloré. Il assista dans les hauteurs des cieux à ce doux mirage enluminé, spectateur d'une nature spacieuse et incommensurable.

La partie ne faisait pourtant que commencer, lançant de nouveau le souaffle vers les cerceaux dorés avec puissance et détermination. Si il avait voulu la ménager avec un premier tir contrôlé, le sorcier pensa alors que la rubissane ne faisait pas partie de celles à brosser dans le sens du poil. Ce n'était qu'un entraînement, lors de matchs contre l'équipe cristal, ces sportifs ne feraient pas de cadeaux à la jolie jument, prêts à exploiter ses faiblesses pour gagner. La préserver n'était donc pas rendre service à la rouge et à l'équipe. Il se demandait où elle puisait toute cette force, elle qui semblait si frêle, si petite à côté de lui et pourtant dépositaire d'une force surprenante qui le laissait parfois admiratif et muet. Le balle volait à toute vitesse vers la cage, brisant la pluie récalcitrante, sifflant son envie de marquer. Les yeux plissés, il vit alors le souaffle se figer dans la main gantée de l’érubescente gardienne. Il discernait alors les résultats douloureux d'une reprise trop précoce tandis qu'il piquait vers elle pour s'assurer qu'elle ne chuterait pas de son destrier. "Erreur de débutant." Souffla la rouquine entre ses lèvres pincées. Elle n'avait pas l'air bien et le visage du breton stigmatisé  se voilait qu'une mine inquiète. "Je me suis laissée distraire." Yann culpabilisa un instant d'avoir volé en compagnie de Orna sans prendre en compte sa blessure encore fraîche. Entre l'épaule abîmée de la rubissane et le visage marqué de l'améthysse, il ne pût s'empêcher de penser qu'ils formaient un véritable duo de cabossé. "Désolée. Je crois qu'il va me falloir une minute avant de pouvoir reprendre." Le brun hocha alors la tête tout en dévisageant doucement sa collègue pour regarder l'arc-en-ciel se manifester à l'horizon, la pluie ayant enfin cessée. « C'est peut-être assez pour aujourd'hui. Faut y aller doucement. Ça serait con d’aggraver ta blessure et que tu ne puisses pas rejouer. On peut reprendre demain si tu veux. » Yann avait du mal à donner des conseils qu'il ne suivait pas lui-même. Sa pommette et son arcade fracassées laissait penser que lui aussi avait besoin de se reposer. Il passa une main dans ses cheveux chocolat pour les ébouriffer, trempé de la tête aux pieds. La perspective d'une bonne douche brûlante et d'un café-clope le faisait presque frémir. « On se rejoint après la douche ? » Il offrit à sa camarade infortunée un fin de sourire tandis qu'il piquait vers le terrain pour retrouver la terre ferme et ses pensées agitées.

La douche fût rapide, brûlante, et salvatrice. Les muscles raidit par le froid mordant des vestiaires abandonnés, il abandonna sa serviette nouée pour un vieux jean noir usé et une chemise à carreaux rouge et noir cintrée qui lui donnait l'allure d'un bûcheron bourru et pas apprivoisé. Un style différent des mecs drapés de tissus hors de prix qu'il croisait sans cesse à la capitale. La clope aux bords des lippes gercées, il fumait tranquillement devant les vestiaires en attendant la rubissane. Celle-ci n'ayant toujours pas fait part de ses projets pour la soirée, il prit alors ce vent comme une réponse négative à sa précédente invitation. Néanmoins il ne comptait pas l'abandonner seule sur le stade boueux, prêt à la raccompagner et à finir la soirée devant un feu accompagné d'un Baudelaire belliqueux.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Dim 3 Avr - 22:44


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


On ne jetait l'éponge qu'en passant la baguette à gauche, chez les excessifs rubis. Tout le reste était surmontable. Aussi, quand Orna disait qu'elle avait besoin d'une minute, elle voulait dire précisément cela : soixante secondes, serrer les phalanges autour du manche de son Nimbus, faire une remarque auto-dépréciative ou deux en roulant les yeux, et elle serait repartie de plus belle. Certes, reprendre l'entrainement de façon trop abrupte et raviver le feu dans les tissus sensibles n'était résolument pas sage. Mais c'était bien ça, le problème. Orna était tout sauf sage. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle avait à prouver, et à qui, mais les faits restaient les mêmes : tant pis si elle se sabotait l'épaule, elle était toute prête à souffrir pour le sport. Elle avait une fiole remplie d'un épais liquide bleu supposé dissiper l'affliction, soigneusement rangée dans la poche de son sac. Courtoisie de l'infirmier qui avait roulé les yeux en la voyant pousser pour la énième fois la double porte de l'aile des blessés. Ils se tutoyaient, maintenant, Orna et lui. Ils avaient finir par se connaître. La rousse se cabossait de façon bimensuelle. Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle aurait continué. Jusqu'au sommet de la nuit, s'il le fallait, afin de récupérer les réflexes affutés dont elle se targuait. Mais Yann, à l'évidence, était beaucoup plus sage – ou serait-ce plus sagace ? – qu'Orna. En voyant le froncement des sourcils de son équipier, elle aurait voulu lui dire que ce n'était rien, juste une écorchure. Que Le Grand Gravissement de Portail de 2021, ou comment Orna s'était fracturé la rotule à cause du foutu couvre-feu, ça, ça avait été une vraie saloperie. Ses traits tombèrent sous le coup de la déception. Elle savait qu'il avait raison sur toute la ligne, et les mots "que tu ne puisses pas rejouer" étaient particulièrement amers. Coincée entre l'exaspération des moins compréhensifs parmi les diamants quant aux absences de leur gardienne titulaire, et les tiraillements des muscles courroucés, elle commençait vraiment à regretter sa propre impétuosité. Il était grand temps qu'elle se familiarise avec le concept ancestral de tirer des leçons. Le sourire disparu de la jeune femme fit une réapparition furtive lorsque Yann la bénit d'une poignée de mots qu'elle était bien déterminée à rattraper au vol. On peut reprendre demain si tu veux. "On se rejoint après la douche ?" Orna hocha la tête en baissant les yeux, laissant échapper un "hm hm" vague, gardant les lèvres fermées afin d'enfermer sous son palais les nombreuses remarques licencieuses que la présence démoniaque sur son épaule, aussi connue sous le nom de Victoire Weasley, susurrait de ses habituels tons railleurs à son oreille.

Orna, claquée par le froid plutôt que l'entrainement, préféra laisser son balai la déposer pile devant la porte des vestiaires féminins à l'idée éreintante de trainer les pieds dans la boue. Elle n'avait pas l'habitude de se doucher dans les vestiaires, QG des courants d'air et bien trop fréquentés. Rubissane qui se respecte, elle préférait foncer à travers l'école dans son uniforme boueux et profiter des salles d'eau fragrantes et fumantes de l'écrin incandescent. Une fois n'est pas coutume, elle se glissa, hésitante, sous le crachin tiède qui s'échappait du pommeau de cuivre. On voit où va le budget, ne put-elle s'empêcher de renâcler en songeant aux selles scintillantes qui servaient pour la chasse. Elle s'attarda longtemps dans la chaleur, massant son crâne frigorifié jusqu'à lui en faire oublier le déluge marqueté dans sa peau. Un peu trop longtemps, se rendit-elle compte en fermant la vanne résistante. Un bon Ventus plus tard, elle enfila son jean, son pull fin et sa courte cape de laine beige – toujours habillée bien trop chaudement pour la saison, l'apanage de la sorcière du bout du monde qui trainait son climat tropical partout avec elle. Orna, pas vraiment fin prête, ouvrit la porte des vestiaires en sautillant sur un pied, n'ayant pas achevé d'attacher sa seconde bottine mais ne laissant pas ce détail l'empêcher de se mettre en route. Elle se tourna vers Yann, adossé à la paroi, clope entre les doigts. "Bon, on va se le prendre, ce verre ? Je meurs de soif." Et sur ce, comme si c'est elle qui avait été occupée à l'attendre lui, et ne venait pas de bondir une seconde auparavant hors des vestiaires tel un licheur un jour de chasse, elle se lança vers les lumières du château, ouvrant la marche. "Par contre," continua-t-elle en se retournant pour faire face à Yann et marchant à reculons. "Si on pouvait éviter le café Pixie… Je n'ai plus le droit d'y retourner depuis –" depuis que j'ai malencontreusement mis le feu à leurs toilettes après un Feudeymon de trop. "Un incident," finit-elle, balayant les implications d'un vague mouvement de poignet. Se souvenant de la fiole dans son sac, elle glissa ses doigts à l'intérieur et en sortit le prisme de verre, dont elle dévissa le bouchon entre pouce et index. Le portant à sa bouche, elle en avala la moitié d'une gorgée brève ponctuée par une grimace involontaire. Considérant que, décidément, elle avait passé suffisamment de temps à prétendre ne pas s'apercevoir de la palette de pourpre sur les pommettes de Yann, Orna agita le flacon à hauteur de ses lèvres retroussées. "Si tu veux le finir... Paraît que c'est bon pour les coups."


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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Lun 4 Avr - 13:12

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Accoudé au mur immaculé du vestiaire, il fumait en attendant de voir surgir la rubissane. Les yeux cuivrés figés sur l'étendue de bleu et de gris au-dessus de sa tête, il songeait à l'entrainement furtif qui venait de se dérouler. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait seul en compagnie de la rubis, la seule personne dans son entourage qu'il avait du mal à cerner. Pas vraiment d'une nature à fouiner pour obtenir des vérités, il avait évité de demander à Victoire des informations sur la Calédonienne, peu enclin à être chambré avec les spéculations romanesques de la blonde longiligne. Un soleil au couleur du sang tentait de transpercer les nuages larmoyants, soufflant inlassablement la fumée vers les cieux qui s'éteignaient lentement à force d'avoir trop brûlés. Profitant d'une fissure dans les murs de sa prison invisible, il posa ses iris sur un pigeon malingre venu picorer les restes d'un bout de pain abandonné sur les pavés — image qui illustrait parfaitement bien le schéma social actuel. Il portait les stigmates de la connerie humaine, les marques de l'injustice et de la lâcheté. Pas vraiment du genre à se la fermer et à encaisser sans sourciller, le brun affrontait souvent les escouades d'aristos en mal de virilité. Des vagues de colères et du sel dans la gorge, il préférait crever que de courber l'échine devant la royauté. Il méprisait l'injustice, l'intolérance et le despotisme. Peu enclin au misérabilisme, il pointait sa baguette vers un système qui torturait les faibles, révolutionnaire dans l'âme sans pour autant prôner la guerre et la violence. L'histoire avait prouvée ô combien l'homo-sapiens s'était révélé être stupide au fils des années et pas du tout disposé à éviter les erreurs du passé. Les sorciers n'étaient pas bien différent des moldus de ce côté là, sans cesse à vouloir du pouvoir pour en faire de la merde. C'était pour cela qu'il se sentait attiré vers la rouge, il pourrait certainement passer la nuit à refaire le monde à ses côtés, mais il estimait que tout cela serait du temps perdu au vu de cet humanisme gangrené et incurable. Pour l'instant il n'était qu'un étudiant dans l'attente de savoir si il allait oui ou non passer le reste de la soirée bien accompagné — peu optimiste pour le moment.

La porte s'ouvrit enfin sur une Orna à peine chaussée qui offrait au Breton un spectacle divertissant qui faisait naître sur ses lippes un fin de sourire amusé. Elle était belle, même dans sa maladresse et ce n'était pas donner à toutes les filles. Il songeait bien évidemment aux pétasses superficielles qui pensaient stimuler les mecs d'un coup de maquillage et de décolletés. Yann faisait parti de ceux qui préférait la beauté dans son authenticité. Il n'était pas rare que quelques sorcières attirées par l'allure ténébreuse du breton viennent quémander quelques faveurs pernicieuses. Des propositions qu'il refusait sans cesse, trouvant cela plus bandant que la perspective insipide d'un missionnaire prosaïque en mauvaise compagnie. "Bon, on va se le prendre, ce verre ? Je meurs de soif." Presque décontenancé, le sorcier sortit alors de ses pensées en envoyant valser le mégot dans une flaque encrassée. Surpris, il suivit alors la rubissane qui ouvrait la marche en direction du château, presque penaud. "Par contre," souffla alors la rouquine qui marchait à reculons, il espérait ne pas la voir épouser violemment le sol et finir la soirée à l'infirmerie. "Si on pouvait éviter le café Pixie… Je n'ai plus le droit d'y retourner depuis –" Le visage voilé d'une expression interrogative, le breton enfonça les mains dans ses poches, curieux. "Un incident," Les babines étirées, le sorcier n'insista pas sur les détails de cette anecdote qui semblait pourtant croustillante. « Dans ce cas on évite le Desplat, ça me ferait chier d'y aller tandis que j'y bosse toute l'année. » Un clin d’œil furtif tandis qu'il conservait un fin de sourire sur ses lèvres amusées.

Ils marchaient tranquillement vers les grilles de l'académie, pas vraiment pressé de quitter l'air d'un printemps fraîchement installé. Orna dévoila rapidement un flacon tout droit sorti de son sac, piquant de nouveau la curiosité du breton qui l'observait vider la moitié du contenu qui ne ressemblait pas vraiment au liquide ocré dont il avait l'habitude d'avaler — la bière bien évidemment. La fiole agitée devant les yeux du batteur, elle souriait en dévoilant le tréfonds de ses pensées. "Si tu veux le finir... Paraît que c'est bon pour les coups." Yann savait qu'au bout d'un moment, la question finirait pas être posée. Il avait la chance d'avoir Victoire pour le soigner et il avait lui aussi un abonnement presque hebdomadaire dans les locaux de l'infirmerie. « Si seulement ta potion pouvait soigner la connerie humaine. » Répondit alors l'armoricain qui marchait désormais aux côtés de la rouquine, de nouveau ce sel brûlant sur les plaies. « Puis c'est que des égratignures, je voudrais pas te priver des dernières gorgées ... Surtout que ton truc à l'air délicieux. » Un sourire poli qu'il maniait à la perfection tandis qu'il évitait de justesse le goût inconnu et apparemment peu délectable de la mystérieuse potion. Les lumières presque aveuglante du château qui accueillaient les deux étudiants cabossés se profilaient à l'horizon, pas vraiment décidé sur l'endroit où ils allaient aller. Il s'approcha alors de Orna en posant respectueusement une main sur son avant-bras, elle semblait si petite que ça arracha presque un sourire moqueur au sportif. « Dans ce cas là je te laisserais choisir. » Ils transplanèrent alors vers la colossale capitale, explorateurs profanateurs d'une cité reine des anéantis.

Ébranlement du néant, les deux sorciers apparaissaient dans une ruelle adjacente des champs Élysées. Il respira cruellement les vapeurs écœurantes d'une pollution omniprésente et collante tandis qu'il entraînait la rubissane loin de la civilisation frelatée. Il n'aimait pas les grandes villes et cela se voyait à sa manière de pincer les lèvres. Il ne niait pas que Paris était joli, indéniablement attiré par la dame de fer et le sacré cœur, mais il préférait les campagnes de sa Bretagne où il pouvait respirer et s'évader vers un océan inexploré. « Désolé suis pas vraiment un grand connaisseur ici. Je me sens comme un touriste japonais qui n'a rien envie de photographier. » Yann ouvrait la marche pour s'éloigner le plus possible des foules de gens décidés à fêter le week-end, le pas lent et les mains dans les poches. Il n'avait pas vraiment l'habitude de sortir en ville, assez casanier et renfermé comparé aux autres jeunes de son âge. Il comptait secrètement sur Orna pour trouver un endroit posé susceptible de les accueillir pour la soirée.
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Lun 4 Avr - 15:39


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


"Si seulement ta potion pouvait soigner la connerie humaine." Orna se mordit la lèvre malgré elle. C'était bien ce qu'elle craignait. Elle était merveilleusement placée pour savoir que le schéma social de l'académie pouvait s'avérer hautement dangereux. Elle, elle s'en était protégée de la seule façon qu'elle ait jamais connu. L'offensive. Elle se cachait derrière sa baguette, la pointait autour d'elle comme on brandit une torche pour faire reculer les loups. Seule menace crédible pour celle que l'on ne prenait au sérieux que lorsqu'elle montrait les dents. Et elle en avait fait reculer, des loups. Peut-être trop, songeait-elle quand l'amertume lui inondait les gencives. Peut-être trop. Ça avait quelque chose de profondément rassurant d'apprendre que, malgré le cynisme, malgré les canines, malgré les rumeurs, certains avaient le courage de s'approcher. Yann déclina la potion et Orna, sentant la brulure dans son épaule commencer à faner, reboucha la fiole. Dans un murmure, en baissant les yeux sur son sac tandis qu'elle retournait le contenant à sa position initiale, elle souffla, mutine, "Si tu changes d'avis…". Comme tout samedi soir, les abords du château vibraient du doux bourdonnement de la vie étudiante. Des amas de premières années avaient sorti leur nez, en même temps que leurs manuels de Magie Ancestrale, à la seconde où la pluie avait cessé, et révisaient bruyamment sur les bancs de marbre blanc, sous les regards hautains des plus âgés qui attendaient en grappes leurs camarades retardataires avant de sortir grignoter la spécialité culinaire d'un pays dont nul n'avait jamais entendu parler. Lorsque Yann s'approcha d'elle afin qu'ils puissent transplaner ensemble, Orna se demanda machinalement si, d'ici lundi matin, elle risquait de recevoir un coup de coude discret d'un élève fouineur, qui hausserait un sourcil en chuchotant "Alors, Kermarrec, hm ?". Dire que la rubissane se fichait de ce qui se disait à son sujet aurait été un sévère euphémisme. Elle encourageait les murmures de couloir la concernant, n'y répondant jamais que par des sourires énigmatiques que le destinataire pouvait interpréter à son bon vouloir. Et après tout, qu'est-ce qu'un mensonge ? écrivait Lord Byron. La vérité sous le masque. Orna se cachait derrière les rumeurs, les laissant diluer les faits jusqu'à les rendre imperceptibles. De toute façon, on lui prêtait déjà une relation avec Léopoldine, qui avait semblé particulièrement intéresser les augustes mâles en manque d'imagination au sein de leur écrin.

Happée par l'ouragan de couleurs, Orna laissa Beauxbâtons et sa population – littéralement – derrière. Les genoux cotonneux, la jeune fille atterrit aux côtés du Breton sur un trottoir obscur, privé du couchant par l'ombre des hauts bâtiments le flanquant. Il lui fallut une paire de secondes avant de se souvenir de lâcher le bras de Yann, ce qu'elle finit par faire précipitamment en esquissant un pas sur le côté, alors qu'un type aussi large qu'Orna était haute sortait en pérorant du restaurant devant lequel ils étaient arrivés, et cogna malencontreusement la jeune femme entre les omoplates. "Ouais," siffla Orna en réponse à la pensée que son compagnon n'avait pas formulée. "Barrons-nous d'ici." Elle suivit le sillon qu'il avait commencé à tracer, espérant trouver une idée lumineuse sur le chemin. Ce fut lui qui la lui fournit. La rubissane était mieux placée que quiconque pour comprendre le mal du pays, arrière-goût qui restait sur le palais, baignant les paroles, infusant les mots. Il arborait un parfum différent pour chacun. Sa saveur à elle, c'était terre brûlée et eucalyptus. "Je connais," répondit-elle simplement. "Mais –" elle s'interrompit. Ferma les yeux. Souvenir nébuleux d'une soirée avec Victoire où, après avoir involontairement lâché un licheur dans les jardins de Beauxbâtons, les filles avaient transplané en toute urgence au cœur de la ville, et publié sur Instagram des photos d'elles deux devant une bière à moitié bue car ça renforce notre alibi, avait insisté Orna. Elle était absolument certaine que le bar était dans le coin. Si seulement elle pouvait se remémorer précisément où… Son visage s'illumina. "Par ici." Elle entraina Yann dans une ruelle à gauche, puis une autre. Elle dut revenir légèrement sur ses pas, s'inquiéta un instant de les avoir complètement perdus, avant de finir par y arriver. La devanture crasseuse lui parut une étrange récompense. "Certes, ce n'est pas la Bretagne mais…" commença-t-elle en poussant la lourde porte de la taverne. Mais on s'en approchait un tantinet. Un pub irlandais moldu, dont les vieux planchers sentaient la bière et la fumée, dont l'appartenance celtique se revendiquait sur le moindre mètre carré de mur revêtu de papier peint défraichi. Ce n'était pas la modernité du Cafey Desplat, ce n'était pas l'ambiance léchée du café Pixie, mais surtout, surtout, ce n'était pas Beauxbâtons. Orna tira une chaise de la table contre la fenêtre, qui crissa méchamment contre le sol, et s'assit, satisfaite de la certitude absolue qu'ils ne risquaient pas de tomber sur leurs antagonistes respectifs ici.


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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Lun 4 Avr - 17:38

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna


Ô Paris ville des lumières artificielles qui rendait presque aveugle le protagoniste, peu charmé par les montagnes de bétons qui l'entourait et l'odeur nauséabonde de la population. Les ruelles adjacentes hurlaient la vie tandis que son visage était presque voilé d'une expression de dégoût face aux inepties citadines qui l'encerclait. Ses baskets poussaient quelques détritus pour se frayer un chemin, observant le béton usé et tâché par les vicissitudes de la vie sous ses pieds. Il troquerait bien l'asphalte pour le sable, l'odeur des poubelles pour l'air marin mais en aucun cas la compagnie de Orna pour une autre. Il faillit même s'énerver quand la jeune femme se fit bousculée, mais l'arrogant panam était déjà bien loin devant lui et il n'était pas pressé d'ajouter de nouvelles couleurs à ses traits cabossés. "Barrons-nous d'ici." Des pensées partagées tandis qu'il suivait la rubissane vers une inconnue ardemment désiré. Peu habitué aux foules et à une civilisation qu'il jugeait sommaire et illusoire, le breton se sentait totalement perdu dans cette jungle parisienne. Le bruit des automobiles lui donnait presque la migraine tandis que ses iris étaient alpaguées par les passants moldus qui avaient toujours intrigué les pensées du breton. Il avait grandi dans une famille sorcier où la technomagie avait eu du mal à s'installer. Cela faisait que quelques mois qu'il avait décidé de s'offrir le luxe d'un téléphone et honorer de sa présence dantesque les réseaux sociaux. Il s'y était fait tandis que ses parents étaient incapable d'expliquer à quoi pouvait servir un lecteur MP3 ou autres objets familiers aux moldus. Le monde avançait, les gens s'enfermaient dans le virtuel et épousaient de nouveau un royalisme parsemé d'idées fangeuses et jugées désuètes par le protagoniste. Il n'expliquait pas l'évolution d'une civilisation développée vers un passé qui les avaient pourtant alertés maintes et maintes fois des dangers de la royauté. Monarchie écœurante, idées esquintées d'une élite dictatoriale et brutale, il ne lui restait plus qu'à gerber dans la Seine pour baptiser la ville de bile et de sel.

"Par ici." L'amétysse suivait d'un pas tranquille la sorcière pour finalement atterrir devant une façade altérée par le temps qui se différenciait du luxe auparavant dévoilé à ses yeux fringuant. "Certes, ce n'est pas la Bretagne mais…" Intrigué, il laissa la belle ouvrir la porte et s'engouffrer dans le commerce — suivi de près par le ténébreux qui refermait derrière lui. Une ambiance tamisée, un plancher tâché et l'odeur de la bière qui parfumait les murs miteux ... Il était de retour chez lui.  La trombine illuminée par un sourire satisfait, il observait le pub irish et ses occupants, les billes noisettes inévitablement attirées par le billard et les oreilles comblées par le punk celtique que crachaient les enceintes. Cela lui rappelait ses vacances à Kildare lorsqu'il était enfant, terre ancestrale d'où était natif sa famille du côté maternel. Une génitrice irlandaise qui avait transmis à son aîné l'amour de la culture celtique et des légendes gaéliques. Il suivit les pas de sa camarade jusqu'à une table isolée, loin des rires gras des habitués déjà habités par les vapeurs alcoolisées qui flottaient dans l'air. Il tira un siège à son tour et s'y percha en face de la rouquine tout en bougeant doucement la tête en rythme sur le tempo agité du groupe flogging molly. « C'est parfait. Mon oncle tient un bar comme ça à Dublin. Suis vacciné contre le whisky pur feu depuis des années. » Le brun tira alors la carte à côté de lui pour l'explorer rapidement, sachant pertinemment vers quel alcool ambré son choix allait se porter. La serveuse s'approcha alors du duo pour prendre les commandes, une pinte de guinness pour lui tandis qu'il tendait à l'employée un billet chiffonné pour la première tournée.  « Ton archipel doit te manquer non ? C'est plus facile pour moi de trouver un coin susceptible de me ramener en arrière que pour toi. » Il ne connaissait pas toute la vie de Orna, mais il s'imaginait que la Nouvelle-Calédonie devait être bien différente de l’hexagone coincé qu'ils fréquentaient désormais. Un point de divergence entre les deux roturiers, lui fils de terres tempétueuses et pluvieuses et elle fille du feu et des sempiternels étés — deux éléments radicalement opposés.  

Les commandes déposées devant leurs carcasses éclairées par les lumières tamisées, il remercia la serveuse d'un sourire poli tandis qu'il retroussait les manches de sa chemise sur ses avants-bras musclés. Il était prêt à renouer avec des vieux péchés comme l'alcool et les danses rythmées que seul quelques verres pourraient l'amener à se ridiculiser. Il leva sa choppe ridiculement épaisse et débordante de bières brunes, prêt à trinquer avec la rubissane à une soirée loin des aristos et des cognards mal avisés. « Cheers. Au petit peuple qui sait encore s'amuser. » Il fit tinter sa pinte contre le verre de la sorcière et laissa couler l'alcool ambrée dans sa gorge pour une bonne lampée. Il n'aurait peut-être pas besoin de la potion de Orna pour anesthésier son visage tuméfié, la bière finirait pas s'en charger au fur et à mesure que les verres se videraient.
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Lun 4 Avr - 19:26


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Si Yann renouait avec le familier, en passant la porte du troquet, pour Orna, c'était un bond dans l'inconnu. Certes, elle était déjà venue, et la vision des hauts tabourets recouverts de skaï contre le bar conjurait quelques souvenirs vaporeux, mais ses rares incursions dans le monde moldu s'étaient toujours déroulées en la compagnie d'un guide plus aguerri qu'elle. Victoire, pour la majeure partie, qui évoluait en métropole avec nettement plus d'aisance que son amie. Et là, avec pour seule compagnie le batteur qui semblait se fondre dans l'endroit comme une sirène dans l'eau, elle ne se rendait que plus cruellement compte du fait que quant à elle, elle jurait cruellement. La magie jouait un rôle tellement central dans sa vie, fluide vital au même titre que l'oxygène et le sang, qu'elle éprouvait de grandes difficultés à s'en passer pendant plus d'une poignée de minutes. Elle avait une conscience aigue du fait que cet endroit, et particulièrement en cette compagnie, c'était terra incognita. Pas un problème. Elle n'avait jamais su résister à l'inconnu. Se défaisant de sa cape et la laissant tomber sur le dossier de la chaise, elle se pencha en avant pour tenter de déchiffrer la carte. Sans surprise, son loyal Feudeymon n'y apparaissait pas. "Mon oncle tient un bar comme ça à Dublin." Orna hocha la tête au rythme de ses paroles, sourire amusé au bord des lèvres. Jamais elle ne le prononcerait tout haut, de peur de briser le charme, mais elle était absolument certaine qu'en presque quatre ans à évoluer dans l'orbite de l'autre, c'était la chose la plus personnelle qu'il ne lui ait jamais dite. Elle se félicita d'avoir choisi cet endroit. Il lui semblait bien avoir déjà vaguement entendu parler d'une ascendance irlandaise, ignorant si la source était Victoire, ou la sœur de Yann, avec qui Orna avait de nombreux cours en commun. Et dire que son prof de Potions lui reprochait de ne jamais être attentive… Quand l'améthysse annonça sa commande à la serveuse venue s'enquérir d'eux, Orna lança un bref coup d'œil sur le menu lui faisant face et, décidant que quitte à s'essayer à l'étranger, autant faire ça bien, elle énonça les deux mots les plus accrocheurs de la feuille. Bloody Mary. Tout un programme. Elle haussa un sourcil piqué à vif. "Ton archipel doit te manquer non ? C'est plus facile pour moi de trouver un coin susceptible de me ramener en arrière." Orna se mordit la lèvre afin de réfléchir, consciente une seconde trop tard qu'elle devait sérieusement contrôler cette mauvaise habitude. "Disons que… je ne veux pas vraiment être ramenée en arrière." Elle baissa les yeux malgré elle, regardant ses mains nouées, contraste saisissant du chêne sombre de la table. "Ça a été assez difficile de m'habituer à Beauxbâtons," expliqua-t-elle en croisant le regard de Yann, soupçonnant qu'il pouvait comprendre le concept. "Chaque fois que je rentre chez moi, et que je reviens, j'ai l'impression de devoir recommencer à zéro. Du coup, je rentre rarement," finit la jeune femme avec un sourire en coin, cherchant à alléger les révélations. Il serait trop long, et trop intime, de lui avouer qu'elle aimait son frère de tout son cœur, mais que chaque fois qu'elle rentrait au bercail avec sa malle sous le bras, cela ne faisait que rappeler à son frangin tout ce qu'il ne pouvait pas avoir et qui pourtant était devenu le quotidien d'Orna.  

Leurs commandes arrivèrent et la sorcière se redressa avec un grand sourire, soulagée de cette diversion. La serveuse ne quitta pas Yann des yeux tout le temps qu'il lui fallut pour transférer les deux verres du plateau à la table, complètement oublieuse, ou prétendant l'être, de la présence d'Orna. Celle-ci eut un rictus à peine dissimulé. Sans blague. Lorsque l'employée retourna vers le comptoir en roulant des hanches, Orna baissa les yeux vers sa boisson. Euh… Dur à dire dans la pénombre du lieu, mais le contenu semblait carmin. Ah. Elle comprenait le Bloody maintenant. Et un légume semblait crever la surface. Yann leva son verre, aussi Orna laissa ses interrogations sur le côté et l'imita. "Santé !" Hésitante, elle approcha timidement le verre de sa bouche et y trempa les lèvres. C'était bon certes, mais définitivement surprenant. Elle redéposa la boisson sur la table, regardant l'épais liquide pourpre avec circonspection. "Qu'est-ce que j'ai commandé, au juste ?" Elle rit à sa propre inadéquation, tandis que sur ses lèvres naissait le picotement familier. C'était fort. Il allait falloir qu'elle se tienne à l'œil, si elle voulait pouvoir retourner à l'académie en transplanant. Elle n'avait vraiment pas besoin d'un blâme de plus à ajouter à sa ô combien débordante collection. Elle jeta un coup d'œil vers la serveuse, qui fixait Yann; puis vers Yann, qui dégustait sa bière. Il finit par baisser le coude et ce ne fut que quand la lourde choppe rencontra le bois de la table dans un toc sonore qu'Orna s'aperçut qu'elle était en train de fixer ses lèvres. Les yeux de la rubissane papillonnèrent – et se posèrent sur sa joue. "Dis-moi juste ça," soupira-t-elle en se penchant vers lui, désignant du bout de l'index les taches pourpres sur son visage. "Dis-moi que ce ne sont pas les abrutis de l'équipe." C'est tout ce qu'elle voulait savoir, et elle lui ficherait la paix. Elle savait qu'elle prenait les choses trop à cœur, mais si leurs équipiers avaient la moindre responsabilité dans les dégâts du visage de leur propre batteur, elle allait devoir combattre l'impérieuse envie de leur ficher sa baguette entre les sourcils. Dédramatisant la question, moue chaste sur les traits, elle reprit une longue gorgée d'hémoglobine.


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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Mar 5 Avr - 16:51

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Le regard alpagué par un décor presque familier, le breton observait l'assemblée s'amuser et s’enivrer dans l'insouciance de lendemains douloureux. Il commençait à avoir chaud entre les néons au dessus de sa tête et la bière qui commençait doucement mais sûrement à se frayer un chemin dans son précieux véhicule de vie. Il se sentait dépassé et vieux jeu comparé aux autres étudiants venus s'amuser, plus vraiment habitué aux pubs et aux soirées. Peut-être parce-que la capitale ne lui donnait pas du tout envie de prendre ses marques et de s'intégrer. Il préférait bouquiner plutôt que d'ignorer sauvagement les avances évidentes d'une serveuse allumée qui semblait intéressée par le breton désabusé. Son attention était principalement portée sur la jolie rousse en face de lui, c'était la première fois qu'ils se retrouvaient tous les deux en dehors de l'académie et il trouvait cela plutôt agréable. Malheureusement peu démonstratif, il  était perdu en plein océan à naviguer sur le navire fou de ses sentiments troublés. Il pensait à sa famille qui lui manquait, à ses terres, ses animaux et aussi à sa sœur qui ces derniers temps devenait de plus en plus différente et chiante. Il craignait de voir l'influence de la jeunesse dorée faire d'elle une catin ou une droguée. Oriane étant l'opposée de son aîné, elle aimait s'amuser, rigoler et fréquenter la petite noblesse dans l'espoir d'un jour y gratter une place. Yann lui préférait la compagnie de gens authentiques et vrais comme Victoire, Pierre et maintenant Orna sur qui il posait un regard attentionné et intéressé. Il craignait de voir briller dans les iris de la rubissane l'ennui provoquer par la compagnie taciturne du sorcier, peu habitué à se retrouver au milieu de moldus bourrés et en tête à tête avec une fille susceptible de lui plaire. Un peu maladroit, il avait ouvert la conversation sur un sujet susceptible de les rapprocher, eux qui étaient presque des parasites dans cette capitale mordorée.

"Disons que… je ne veux pas vraiment être ramenée en arrière." Souffla alors la sorcière en baissant les yeux sur ses mains serrées. Yann venait de commettre une gaffe et il s'en sentait déjà désolé. Il ne voulait pas raviver des fantômes du passé ou mettre le doigt sur une douleur vive d'êtres manqués. "Ça a été assez difficile de m'habituer à Beauxbâtons," Il hochait la tête doucement tandis qu'il repensait à l'intégration difficile des premiers jours à l'académie. Malgré qu'il se sentait plus Breton que Français, il n'avait pas eu à traverser la moitié du monde pour sa scolarité contrairement à Orna qui avait dû tout quitter. "Chaque fois que je rentre chez moi, et que je reviens, j'ai l'impression de devoir recommencer à zéro. Du coup, je rentre rarement," Il offrit à la rouge un sourire qui se voulait réconfortant tandis qu'il imaginait à quel point la situation dans laquelle elle se trouvait pouvait être pénible. Il jouait avec des pelures de pistaches abandonnées, sans quitter le regard de la rousse en face de lui. « Un foyer c'est d'abord un endroit où on se sent bien. Un peu comme la famille, les amis que tu choisis. Je pourrais facilement vivre dans ce bar miteux avec quelqu'un que j'apprécie. » Il pensait inévitablement à Orna en disant cela, mais il ne voulait pas passer pour un dragueur à deux balles, pas du tout doué avec la flagornerie et la séduction. C'était juste une façon de dire que ses amis en France pouvaient être aussi sa famille. Peu importe l'endroit, si elle était en bonne compagnie, elle n'était pas seule. Certes il avait Oriane, mais il était content de pouvoir compter sur Victoire qu'il considérait elle aussi comme une sœur offerte par l'académie.

La soirée avançait bien, une bonne bière, un endroit sympa et surtout terriblement bien accompagné. Il ignorait totalement les regards insistants de la serveuse et le dédain qu'elle avait eu envers la rousse dont le rictus moqueur provoqua l'amusement du breton. "Santé !" Ils trinquèrent, loin des cons de Beauxbâtons, de la pluie du terrain de Quidditch et des aristos à qui quelques bloody mary dans la gueule  feraient du bien. La bière se vidait rapidement du côté du batteur, comme-ci il buvait de la flotte tandis qu'il reposait sa choppe pour éviter de passer pour un pochtron devant la calédonienne. "Qu'est-ce que j'ai commandé, au juste ?" Yann posa son regard sur le cocktail carminé où flottait une branche de céleri perdue dans la mer rouge. Il ne pût s'empêcher de se mordre la lèvre pour éviter de faire entendre son rire amusé. « Jus de tomate, épices et vodka je crois. En général c'est ce qu'on boit le lendemain d'une cuite pour faire passer la gueule de bois. Tu prends de l'avance en quelque sorte. » Amusé, il avala une nouvelle gorgée et s'enfonça dans son tabouret, calé contre le dossier tandis que la serveuse lui lançait encore et toujours des regards intéressés, blasé. "Dis-moi juste ça," Le doigt pointé sur le visage abîmé du breton laissait présager des questions en suspend qu'il pensait déjà avoir évité. "Dis-moi que ce ne sont pas les abrutis de l'équipe." Yann passa une main rapide dans sa barbe, le sourire envolé tandis qu'il repensait à l'altercation du début de semaine avec des crétins suprématistes. Il n'avait pas vraiment envie d'en parler et de donner plus d'importance à des gars qui n'en méritaient pas. Il voulait surtout pas que la rubissane s'en mêle, par fierté mal placé et aussi parce-que il ne voulait pas la voir se mettre en danger. « Tu penses que ça changerait quelque-chose ? Ils ont ramassés aussi. Même si à cinq contre un c'était pas forcément réglo pour moi. T'inquiètes pas. » Un sourire blasé tandis que ses lèvres épousaient une nouvelle fois le pourtour de son verre. Il n'avait pas vraiment envie de parler de cette histoire, sa soeur et Victoire ayant déjà gueulées en découvrant le visage cabossé du sorcier qui ne pouvait pas s'empêcher de répondre aux insultes. « Tu dois me prendre pour un looseur. » Souffla alors le breton qui n'était pas vraiment fière de passer pour une victime aux yeux de la rouge. Il avait certes rendu les coups donnés, mais il n'en demeurait pas moins le perdant de cette futile échauffourée.
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Mar 5 Avr - 18:19


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Orna noya ses semi-confessions dans une longue gorgée de la mixture qui, décidément, pour un brevage moldu, avait un sacré quelque chose de magique. Peu coutumière des grands étalages sentimentaux, elle avait tenté de masquer l'amertume derrière un sourire zélé et des généralisations expéditives. Elle savait que la mélancolie pointait derrière ses mots, car comment aurait-il pu en être autrement ? Elle vivait pour la magie et, cruelle farce des Parques, la personne la plus importante au monde à ses yeux, avec qui elle avait cru pouvoir tout partager, en avait été privée. Cela faisait six piges, désormais, qu'elle tenait une correspondance à sens unique, réconfortant son frère de quelques lignes vagues mentionnant des noms, des dates, sans jamais piper mot de l'insignifiant détail qui occupait l'entièreté de son quotidien : Beauxbâtons. Yann avait une sœur. Certes. Mais il ne pouvait pas comprendre. Alors elle se tut, estimant en avoir déjà beaucoup trop dit. "Un foyer, c'est d'abord un endroit où on se sent bien." Elle sourit à ses propres mains, serrées autour de son verre. Elle n'aurait pas pu être plus d'accord. Orna avait la certitude que dans cette philosophie se cachait la raison de son amitié fusionnelle, rapide, inconditionnelle avec Léo. Chacune répondait à un besoin chez l'autre, comblaient un manque laissé par la fraternelle déception. "Je pourrais facilement vivre dans ce bar miteux avec quelqu'un que j'apprécie." Orna hocha la tête, pensant comprendre parfaitement ce qu'il voulait dire. Symptomatique de sa précipitation, de sa candeur mal-placée, de son éducation roturière, elle ne lut pas dans cette clause quoi que ce soit la concernant. La rubissanne avait beau être dotée d'une grande confiance en ses capacités magiques, d'un tempérament ardent, d'un regard acéré, elle ne faisait pas dans la présomption. Ce que, naturellement, Victoire, qui avait toujours le mot pour plaire, qualifiait d''aveuglement suprême'. Pfff. Blanc bonnet, bonnet blanc.

Orna écouta avec intérêt Yann lui expliquer, tout en tentant tant bien que mal de contenir un sourire goguenard, ce qu'elle était en train d'ingérer. Alcool et vitamines C ? Orna leva deux sourcils impressionnés. Sur ce coup là, Moldus : 1, Sorciers : 0. La jeune femme savait pertinemment que la question qu'elle posa ensuite n'allait pas être accueillie avec euphorie avant même qu'elle n'ose la formuler, mais elle avait besoin d'en avoir le cœur net. "Tu penses que ça changerait quelque chose ?" Question évidemment rhétorique à laquelle elle ne put s'empêcher de répondre par un acrobatique lever du sourcil droit. Oui, ça allait changer un grand quelque chose. Ça allait changer la vision d'Orna des individus en qui, peu importe leur degré d'arriération, elle était supposée faire confiance une fois sur le terrain. Alors oui, ça changerait drastiquement quelque chose. "T'inquiètes pas." Elle répondit, bien malgré elle, d'un léger grognement en reculant à son tour contre le dossier de sa chaise. Orna voulut lui répondre que, grâce aux notions de vaudou que son amie Gabrielle lui avait fournies, que Yann le veuille ou non, la rouquine possédait la capacité d'empêcher ces illustres demeurés de performer au lit pendant quelques semaines. Mais s'il y avait une chose qu'elle avait apprise à Beauxbâtons, loin devant les incantations et les formules d'alchimie, c'était l'intérêt de filtrer. Aussi, à la place, elle caressa le contour de son verre du bout de l'index. Ce que finit par ajouter Yann la prit réellement au dépourvu. Orna pencha la tête sur le côté, yeux fixés sur son interlocuteur, entre amusement et incompréhension. Il étourdissait tellement Orna qu'elle avait failli en louper le souaffle, ou se décrocher le bras. Pour l'amour de Cornelius Agrippa, la serveuse ne l'avait pas lâché du regard depuis qu'ils avaient passé la porte. D'exemplification du ténébreux héros, le couteau entre les dents, ses bleus en avaient fait le paradigme. "C'est drôle. T'as vraiment pas une claire image de toi-même," remarqua-t-elle, la voix douce. D'autant plus surprenant qu'il paraissait porter un regard perçant sur tous ceux qui croisaient son chemin. Elle ne répondait pas à la question qui n'en avait pas été une. Car la réponse lui paraissait tellement énorme qu'elle tirait sur le pléonasme. "Tu sais," continua la sorcière en sirotant à nouveau son cocktail, "moi aussi j'ai tendance à faire dans la confrontation." Et c'était dit avec un tel soupir, un tel ennui, qu'on ne pouvait pas la soupçonner d'en être fière. Son impétuosité, sa loyauté exacerbée… Elle était sa propre pire ennemie. "Pas avec les poings, à l'évidence. Je ne sais pas ce que je vaudrais au corps à corps," ironisa-t-elle, poids plume qui avait la fâcheuse manie de s'en prendre aux plus grands qu'elle. Dans tous les sens du terme. Elle avait sa magie grise au bout de la baguette, oscillant entre le fortement déconseillé et le tout à fait illégal. Désormais, c'était d'avantage derrière sa réputation que ses sorts de protection qu'elle se cachait. Elle lança un coup d'œil aux alentours, vivement consciente du fait qu'ils étaient en territoire moldu. Certes, elle n'avait pas utilisé un seul mot portant à la curiosité, mais il valait mieux être sûr que désolé, comme disait sa mère. Surtout qu'avec sa chance, la serveuse laissait sans doute trainer ses oreilles. Voire l'entièreté de son corps.



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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Mar 5 Avr - 21:54

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Une bouffée d'air dans l'esprit torturé du breton, une soirée loin des déferlantes haineuses de l'académie spacieuse où il pouvait enfin entrevoir dans le regard de sa compagne du soir les lumières apaisantes de lendemains encore lointains. Il profitait de cette intimité avec la rouge pour se frayer un chemin vers sa personnalité éclairée. Elle avait toujours intrigué le sorcier, leurs échanges furtifs entre deux corridors l'avaient souvent troublé et laissé sur sa faim, désireux de connaître les secrets que la rubissane gardait pour elle. Il ne l'expliquait pas, mais il se sentait indéniablement attiré vers elle comme le papillon vers la flamme. Se brûlerait-il les ailes ? Il n'en savait foutrement rien, mais sa maigre expérience de vie lui avait apprise qu'il fallait prendre des risques pour pouvoir respirer pleinement. Il aimait échanger avec elle des paroles censées, écouter ses idées tranchées qu'il partageait et voir s'étirer sur les lippes rosées de la rouge la naissance d'un sourire comblé. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient en dehors des murs immaculés de l'école, pas d'abrutis pour les séparer, pas de cognards pour les malmener et encore moins la pluie pour les inonder. Échoués dans ce pub aux mauvaises étoiles, il en oubliait les regards insistants d'une serveuse pernicieuse et bien décidée à se faire remarquer par le brun cabossé. Orna captait toute l'attention du sorcier et ce n'était pas donné à tout le monde, lui qui se laissait volontiers kidnapper par ses propres songes torturés. La solitude comme amante dissolue et sybarite de ses nuits entachés de sombres cauchemars venus gâcher la beauté du jour. Il ne pouvait pas exprimer avec des mots la sérénité qu'il ressentait de peur de paraître incompris et surtout stupide aux yeux de la calédonienne. Il profitait tout simplement du moment présent dans l'insouciance confortable de perspectives palpitantes.

Poussée par la curiosité, la sorcière avait souhaité en savoir d'avantage sur les blessures du ténébreux, peu enclin à sortir des noms et à pointer son index énervé sur les coupables. La vérité étant qu'il en avait rien à faire, que malgré la douleur lancinante dans sa tempe, il avait gardé sa fierté et que ses bourreaux n'avaient pas gagnés. Pas du genre à courber l'échine, le sportif préférait crever que d'offrir à une élite vérolée la satisfaction d'un genoux plié. Il n'avait rien d'un héro, se considérant comme un mec lambda à qui il ne valait mieux pas faire part d'idées étroites comme la royauté ou la notion tabou de sang chez les sorciers. Il pouvait supporter beaucoup de choses, mais l'intolérance et le racisme le faisait gerber. Yann embrassait les idées révolutionnaires, mais n'acceptait pas la violence malgré les empreintes douloureuses marquées sur ses traits. Peut-être qu'un jour il déciderait d'agir avec plus de virulence contre le despotisme abject d'un schéma social jugé désuet. "C'est drôle. T'as vraiment pas une claire image de toi-même," Il fixait la couleur brune de sa bière, se demandant alors ce que Orna voyait en face d'elle. Elle était difficile à cerner tandis que le temps passait, un mystère qu'il finirait bien un jour par percer. « Difficile d'être objectif avec sois-même. Si nos actes nous définissent, suis pas certain d'être un modèle de vertu. » Souffla alors le brun tandis qu'il reposait ses billes cuivrées dans le regard de la sorcière rouge. Il ne se voyait pas comme un preux chevalier luttant pour la liberté, se sentant juste décalé avec la plupart des idées divergentes de la société. "Tu sais," ajouta alors la sorcière sous le regard attentif du breton qui prenait une nouvelle lampée. "Moi aussi j'ai tendance à faire dans la confrontation." Il laissa apparaître un petit sourire, content dans un sens de partager ça avec la rubissane dont il aimerait pas avoir à se mesurer. "Pas avec les poings, à l'évidence. Je ne sais pas ce que je vaudrais au corps à corps." Amusé, le brun vida sa chope dans une dernière gorgée, plissant un peu les yeux face à l'acidité du liquide alcoolisé. « Suis certain que c'est impressionnant. » Taquin, le breton leva alors la main en direction de la serveuse pour une deuxième tournée — les problèmes.

Il s'étira un peu tandis que la serveuse réapparaissait rapidement pour venir gâcher l'intimité des deux sorciers. Yann fouilla de nouveau dans son jean pour sortir un billet chiffonné tandis qu'il interrogeait du regard Orna sur la suite des festivités. « Pour moi la même chose et pour mademoiselle ... ? » Il souriait en observant le cocktail rouge de la rubissane qui ne donnait pas vraiment envie. La serveuse semblait s'impatienter tandis qu'elle lorgnait outrageusement sur le breton qui préférait regarder la rousse, amusé. « On peut rentrer si tu préfères ? Veux pas que tu penses que je te tente de te faire boire. » L'employée du pub patientait, totalement ignorée par le protagoniste qui faisait semblant de pas comprendre les regards lourd de sens de la brune trentenaire en mal d'amour. Il offrit alors un sourire poli à la serveuse qui s'empressa de lui répondre par un clin d'oeil outrancier et cliché. Une fois l'intruse loin du duo, il afficha sur ses babines la naissance d'un sourire presque insolent tandis qu'il s'approchait un peu plus de Orna avec une idée derrière la tête. « Ou alors ... Action ou vérité ? » Il avait envie de s'amuser un peu et ce jeu était le moyen parfait pour percer les mystères de la sorcière, quitte à se ridiculiser dans des actions loufoques qui risqueraient de le suivre à tout jamais.
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Mer 6 Avr - 1:32


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Il était bien trop tard pour jouer les anges, même si d'aucuns lui reprochaient son comportement trop sanguin. Yann l'avait vue se battre comme une lionne durant les intenses matchs de Quidditch, s'offusquer bruyamment des fautes de l'équipe adverse, rire aux éclats, partir au galop dans les jardins, sautiller en attachant sa chaussure et, désormais, se délecter d'un épais cocktail tomate-vodka qui devait probablement lui colorer les lèvres d'un puissant vermillon. Elle n'avait pas la plastique impeccable ni la dégaine d'étoile de cinéma de Gwen. Elle n'avait pas la douceur spectrale ni la délicatesse de Vic. Il était trop tard pour le prétendre, aussi préférait-elle jouer cartes sur table, avouer ses travers. Elle ne penchait pas du tout du côté Gandhi du spectre, alors si Yann s'imaginait descendre dans l'estime d'Orna pour quelques bleus, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Ça avait son charme, l'accidenté. Après tout, elle passait une bonne moitié de son temps libre à réparer. "Si nos actes nous définissent, suis pas certain d'être un modèle de vertu." Elle sourit pour elle-même mutine. Précisément, elle se trouvait là, la clé de la société cabotine dans laquelle ils évoluaient. Les actes ne définissaient personne, car les titres définissaient tout le monde. S'étant emparée des codes politiques à bras le corps, Orna s'était auto-accordée l'immunité de son anonymat. Le concept de vertu, dans un monde de perfidies et de phalanges aiguisées, semblait étrangement proche de celui  d'écraser. Si nos actes nous définissaient vraiment, songea-t-elle, l'important, par définition, était d'éviter la passivité. Go to heaven for the climate, hell for the company. "Suis certain que c'est impressionnant," railla-t-il gentiment, ce qui inspira à Orna d'observer sa propre main d'une moue appréciative, tandis qu'elle pliait les doigts un à un dans un geste menaçant.

La calédonienne avait beaucoup de mal à croire que la serveuse du pub était une moldue au vu de sa capacité à surgir de nul part tel un lutin de Cornouailles. Aie un tantinet d'amour propre ma vieille, conseilla mentalement Orna, pour qui cette attention unilatérale ne servait qu'à souligner l'absurdité de sa présence ici avec Yann. "Et pour mademoiselle…? On peut rentrer si tu préfères." Le breton se tourna vers elle et Orna, décidée à obliger la serveuse à la regarder dans les yeux, même si ça devait être la dernière chose qu'elle faisait avant de décéder sous le coup de l'effort, se pencha en avant, l'index au coin de la bouche. "Je suppose que vous n'avez rien contenant ou impliquant du feu ?" Sourire angélique. Son Feudeymon lui manquait. Certes, elle n'espérait pas trouver un équivalent moldu aux créatures incandescentes qui s'échappaient des bouches des buveurs en une pluie d'étincelles, mais peut-être dénicherait-elle dans ce bar une consommation légèrement plus brasero et légèrement moins vampire. "On a des cocktails flambés," répondit la serveuse d'une voix trainante, entre ennui et interrogation. C'était raté pour le contact visuel. Elle fixait un point cinquante bons centimètres au dessus du crâne d'Orna. "Très bien, je prendrais ça," déclara la sorcière d'un ton ravi. Et, car les rubis n'étaient tragiquement pas capables d'accepter la défaite, Orna leva sa mixture alcolo-médicinale et finit les quelques gorgées restantes d'une rasade expéditive. Elle tendit son verre vide au lutin de Cornouailles en décolleté, et lorsque ce dernier esquissa le geste de s'en saisir, Orna recula sa main imperceptiblement, donnant avec adresse à son mouvement les vagues naturelles de celle que l'alcool a rendu instable. Comme elle l'avait prédit, la serveuse dut tourner les épaules dans sa direction et la regarder pour savoir où viser. Leurs regards se croisèrent. Bingo. Orna, triomphante, lui tendit plus franchement le contenant vide, que l'employée lui arracha des mains avant de s'en retourner d'où elle venait. La sorcière l'observa du coin de l'œil se repositionner derrière le bar et se mettre à essuyer des verres, les prunelles toujours rivées sur Yann.

"Ou alors… Action ou vérité ?" Orna n'aurait su dire si ce qu'elle fit ensuite fut causé par la chaleur de la vodka sous ses tempes ou simplement son esprit de compétition exacerbé. Sans doute un mélange des deux, mais l'importance de ce détail était discutable. Plaçant ses deux coudes à plat sur la surface rugueuse de la table, Orna se décolla de son siège et approcha son visage de celui de Yann, mince sourire aux lèvres. Penchant la tête avec expertise, juste assez pour s'assurer que sa chevelure servait de paravent opaque entre eux deux et le regard indiscret de la serveuse, elle laissa le bout de son nez courir entre l'oreille de Yann et sa mâchoire, très attentive à ne pas le toucher. Elle laissa passer deux secondes, puis trois. Juste de quoi être sûre d'avoir atteint sa cible. Et se rassit. "Je crois qu'elle devrait nous ficher la paix, maintenant," justifia la rouquine en conjurant le sourire le plus innocent qu'elle possédait, décontraction apparente démentie par le fait qu'elle gardait l'odeur de Yann logée sous sa peau, quelque part entre iode et menthe. "Et je prendrais une vérité pour commencer," asséna-t-elle en guise de réponse à tout. En guise de non, je ne préférerais pas du tout rentrer maintenant.  


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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Mer 6 Avr - 16:35

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Il commençait à naviguer doucement sur les boissons alcoolisées ingurgitées, encore maître de ses mots et de ses volontés en ce début de soirée. Il n'avait plus envie d'entendre parler d'artistos et d'une royauté qui le faisait suffisamment gerber toute l'année. Il voulait profiter de cette petite escapade avec la rouge dans l'espoir d'en apprendre d'avantage sur elle. Un breton différent de l'académie, les lippes amusées, moins laconique qu'à l'accoutumée, il se laissait lentement mais sûrement découvrir par la calédonienne. Il avait l'image du gars solitaire qui était difficile d'approcher, loin des stéréotypes surfaits des autres mecs de la cité. Il ne comprenait pas vraiment l'intérêt concupiscent de la serveuse à son égard, pas vraiment conscient de plaire à la gente féminine, se trouvant banal comparé au reste de la population. Peut-être que son aura froide et mystérieuse était susceptible d'attirer sur lui les regards curieux de femmes souhaitant percer l'énigme Kermarrec. Il était doté d'un certain charme, mais il préférait séduire par des démarches cérébrales et censées. Ce n'était qu'un gars ordinaire, vacciné contre les beautés caricaturales et les décolletés fatales. Il lui était déjà arrivé de finir la nuit accompagné d'une inconnue aux formes gracieuses, mais les réveils douloureux de précédents coïts endiablés n'avaient laissé qu'un goût amer dans son palais. Il y avait bien une fille pour qui il avait éprouvé plus que de l'attirance charnelle, mais la blonde avait réduit un futur amoureux au néant, détruisant son cœur au passage et sa vision romanesque de la vie à deux et de ses sentiments. La solitude était devenue une amie dont il ne pouvait plus se lasser, épouser par peur et lâcheté de revoir son cœur piétiné. La serveuse était plus âgée, jolie dans son genre si on aimait la vulgarité, mais ce n'était pas le cas du brun blasé qui préférait fixer la fille de l'été.

Les yeux plantés sur sa pinte précédemment vidée, il tentait comme il pouvait d'éviter la confrontation visuelle avec l'employée, presque gêné. Il n'avait pas vraiment l'habitude de susciter un tel intérêt, casanier et habitué aux longues soirées accompagnées de bières et de rêves envolés. Il n'était pas vraiment doué dans l'art de la séduction, pas vraiment du genre à faire le premier pas — sans doute par peur du rejet. "Je suppose que vous n'avez rien contenant ou impliquant du feu ?" Yann continuait de fixer ses poings abîmés, laissant la serveuse faire son travail sans émettre une once de politesse envers la rubissane sous les sourires de l'améthysse amusé. "On a des cocktails flambés," souffla alors la brune presque agacée. "Très bien, je prendrais ça," Le breton releva enfin la tête pour tendre à la serveuse de quoi payer en répondant de nouveau à son sourire sans grande volonté. Orna était quand à elle complètement ignorée par la furie qui battait des cils en dévoilant à pleine dent un sourire satisfait. Elle dût alors trouver un stratagème pour capter le regard céruléen de la brune qui venait de perdre face à la ruse de la gardienne triomphante. Il secoua alors la tête, amusé par la situation tandis qu'il s'enfonçait contre le dossier, les bras croisé sur son torse en observant la rouquine, décontenancé.

La soirée battait son plein tandis qu'une escouade d'étudiants bourrés commençaient à danser sur la piste endiablée. Il tapait doucement du pieds sous la table, entraîné par les rythmes celtiques du punk craché. Penaud, le brun fût alors surpris par l'approche de la rouge en direction de son visage, penchée au dessus de la table, les lèvres habitées d'un sourire amusé. Le coeur battant, il se demandait si ce n'était pas son esprit qui était en train de lui jouer un tour en fixant les lippes rosées de la rubissane s'approcher lentement de son visage abîmé. Il pouvait sentir son parfum, une odeur qui lui rappelait certains délices sucrés tandis qu'il frissonnait doucement aux mots susurrés. "Je crois qu'elle devrait nous ficher la paix, maintenant," souffla alors la rouge dans l'oreille du batteur. Elle donnait presque l'illusion d'un baiser qu'il aurait sans doute aimer goûter. "Et je prendrais une vérité pour commencer," ajouta alors la rouge qui faisait emballer le cœur du breton qui jetait un coup à la serveuse désormais blasée. Il ne pût s'empêcher de sourire tandis qu'il s'approchait à son tour de l'oreille de Orna en se permettant de dégager son cou de quelques mèches enflammés, effleurant sa joue diaphane du bout des doigts dans une caresse incontrôlée. « Pourquoi tu as accepté mon invitation ? » Susurra alors le sorcier tandis qu'il se dégageait lentement de l'étreinte furtive pour retrouver le dossier inconfortable du tabouret avec regret. La serveuse apporta alors les commandes en posant violemment la bière du breton dans la perspective de l'éclabousser, mauvaise perdante tandis qu'elle laissait tomber la monnaie sur la table avant de s'envoler. « Rapide le service ici. Pour moi ça sera une action après. » Souriant et amusé par la conduite pathétique de l'employée et dans l'attente d'avoir la réponse capable d'éclairer les idées du sorcier, il buvait pour laisser le liquide ambrée se frayer un chemin vers sa carcasse pas assez alcoolisée.
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Jeu 7 Avr - 11:35


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Orna mettait son aplomb soudain sur le compte de la boisson vermeil et de ses étranges propriétés, plus magiques que quelconque créature de feu naissant sur sa langue et s'échappant d'entre ses lèvres. Soudain farouche, la prédatrice. Celle qui se targuait de n'avoir peur de rien avait le cœur qui battait dans la gorge. Talentueuse en rien tant qu'en auto-hypocrisie, elle préférait blâmer l'univers inconnu. Le fait de devoir garder sa baguette sagement rangée dans la poche de sa veste. Les moldus qui dansaient au rythme d'une musique totalement inconnue aux oreilles de la sorcière. Car la lumière était trop feutrée, la musique trop tapageuse, le cocktail trop enivrant pour s'adonner à l'introspection. Elle se demandait si son quotidien aurait ressemblé à ça si elle avait été moldue. Chêne à la place du marbre, bousculade à la place de maléfices. La facilité naturelle de ne pas devoir protéger ses arrières. Son principal souci, une serveuse aux yeux badauds. Ça n'avait pas l'air si mal, comme destinée, si l'on considérait qu'Orna aurait nettement plus de mal à atteindre le haut des étagères. Car qui avait besoin de Feudeymon quand le frôlement d'un index sur une joue suffisait à mettre le feu ? La rubis se félicitait d'avoir emmené Yann dans un endroit aux néons faiblards car, aléas de la génétique, ses pommettes constellées de taches de rousseur n'étaient pas d'efficaces cachottières. Elle reprit sa place en douceur, souffle inexplicablement court. "Pourquoi tu as accepté mon invitation ?" Elle s'inclinait. Bien joué, Kermarrec. Très Saphiroy comme question, et Orna n'avait aucune idée de comment y répondre. Par où commencer. Elle jouait le jeu, prête à faire le tri dans ses secrets, à en sacrifier quelques uns. Tandis que lui, prudent, l'informa qu'il se préférerait se rendre du côté gages lorsque leurs boissons furent servies. Elle contempla les flammes bleues ravager le liquide devant elle, tandis qu'elle faisait danser son doigt à travers. Lorsqu'elles eurent entièrement disparues, Orna ouvrit la bouche, et d'un ton égal, répondit : "Car les autorités m'ont demandé de t'occuper pendant qu'elles fouillent ta chambre." Elle évita le regard de Yann, prit une gorgée de son brasier, décidément plus à son goût que la mixture précédente, et le reposa sagement face à elle. Lorsqu'elle finit par lever les yeux, il lui lança un regard qui semblait vouloir rappeler à Orna qu'ils ne jouaient pas à Action ou Pipeau Monumental. Elle poussa un mince soupir et dit la chose lui paraissant de loin la plus sensée parmi celles qui s'agitaient dans son esprit. "Parce que j'avais envie ?" Inflexion interrogative. Elle n'était pas certaine. Pas de la véracité de ses propos, sinon du fait que cela soit une réponse acceptable. Joue posée dans la paume, elle se mordit la lèvre. "Parce que bien qu'on se connaisse depuis relativement longtemps, j'ai l'impression que la moindre information que j'ai sur toi, je la tiens de quelqu'un d'autre. Parce que j'en ai ma claque, des nobles. Parce que tu me rappelles chez moi, aussi, je crois." Cela ne s'appelait pas Action et Toute La Vérité, aussi devrait-il s'en contenter. Un Bloody Mary en moins dans l'équation, et elle s'en serait probablement tenue à la première version. Comme elle l'avait tôt découvert à Beauxbâtons, la franchise, c'était surfait.  

A son tour. Faisant claquer brièvement ses ongles sur la table, la jeune femme observa les environs. Etre privée de magie rendait tout terriblement plus compliqué, y compris les défis. Orna n'aimait rien tant que les étincelles, les illusions, les mauvais tours badins. Mais si à Rome, on faisait comme les romains… "Danse," décida-t-elle simplement en désignant la piste et leurs alter-egos moldus déchainés, tout en sirotant son cocktail avec un sourire chaste, image même de la sainteté. Oh, elle n'en demandait pas trop Orna, elle était bienveillante, charitable. Un amour de sorcière. Pas du tout intéressé, comme challenge, absolument pas le genre de la maison. Well. Peut-être qu'elle avait un tout petit peu envie d'assister au spectacle. Le tempo trop rapide pour être suivi, élémentaire dans sa fougue, terriblement plus révélateur que les bals guindés de l'Académie. Les jeunes moldus, sur leurs visages colorés par l'exercice, avaient cette expression d'exquise euphorie qui ne laissait aucune place aux énigmes, et elle avait envie de se frayer un chemin.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Jeu 7 Avr - 17:38

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna


Échoué dans un coin du pub en charmante compagnie, le monde pouvait bien tourner à l'endroit ou à l'envers, il en avait rien à faire. Peu importe les regards pernicieux d'une serveuse en manque de virilité, il n'avait de yeux que pour la sorcière à la chevelure de feu qui attisait la flamme de la curiosité chez le sorcier. Ils n'avaient qu'à danser, faire semblant d'exister, il trouvait tout cela insipide face à la sorcière enluminée qui captait toute ses pensées. Des années à se côtoyer sans réellement se connaître, sans rien découvrir ou ressentir. Il ne s'était jamais senti aussi vivant qu'en cette soirée, les lèvres habitées d'un sourire qui ne voulait plus le quitter, presque douloureux au vu du visage fermé qu'il arborait sans cesse à l'académie. Il n'y avait pas d'aristos pour les regarder de haut, pas de règlements pour les enfermer ou les restreindre — la nuit leur appartenait. Il accueillait cette nouvelle chope comme une ancienne amie trop longtemps délaissée, trempant ses babines assoiffées pour s'offrir une bonne gorgée. En bon breton, il lui en fallait beaucoup pour frôler l'ivresse de trop d'alcools ingérés. Mais le manque d'inactivités depuis la rentrée le rendait plus vulnérable aux liquides ambrés de sa pinte qu'il comptait bien vider. Il n'était pas prêt à laisser les alcools mener la danse, encore capable de jouer et de tenir une conversation censée. Il sentait juste ses oreilles bourdonnées, la chaleur cuisante d'un corps se réchauffer au fur et à mesure que les bières avalées faisaient leurs effets. Il avait lancé un action/vérité, prêt à s'auto flageller dans des confidences salées ou à se ridiculiser au milieu de moldus enivrés. La question avait été posée de manière clair et concise en observant le regard de la rousse en face de lui, le cocktail enflammé entre ses doigts ornés d'anneaux. Yann ne portait que sa chevalière améthysse, apanage des hommes de son écrin. Son col cachait la fine cordelette noire autour de son cou et le triskel argenté offert par sa mère il y a de cela bien des années. Il déboutonna d'ailleurs le sommet de sa chemise à carreaux, pouvant enfin mieux respirer en arborant de suite une allure plus décontractée. Peut-être qu'il allait avoir besoin de plus de souffle pour le reste des festivités, un besoin pressé de respirer en attendant la réponse de la rubissane.

"Car les autorités m'ont demandé de t'occuper pendant qu'elles fouillent ta chambre." Le Breton laissa entendre son rire pour la première fois, un son franc et venu de l'âme qui sonnait bien dans sa bouche amusé. Il secoua quelques secondes sa tête, pas d'accord avec la réponse de la rouquine. "Parce que j'avais envie ?" Cela était plus convainquant bien que peu explicite. Le brun se gratta alors la barbe, décontenancé par la franchise net de la rubis. "Parce que bien qu'on se connaisse depuis relativement longtemps, j'ai l'impression que la moindre information que j'ai sur toi, je la tiens de quelqu'un d'autre. Parce que j'en ai ma claque, des nobles. Parce que tu me rappelles chez moi, aussi, je crois." Calé au fond de son tabouret à noyer ses lèvres dans le liquide brun, il fixait la belle rousse derrière sa chope épaisse, laissant un ange passé tandis qu'il rembobinait ses mots dans sa tête. Le développement de la sorcière raisonnait encore dans ses oreilles bourdonnantes, secrètement satisfait pas sa réponse tandis qu'il posait la pinte devant lui. « Il suffit de me demander, mais j'ai pas vraiment d'anecdotes croustillantes à te dévoiler. Suis le gars simple au fond de la classe qui dessine sur ses jeans quand il se fait chier. » Il se voyait ainsi, pas comme l'étiquette de beau brun ténébreux solitaire que les étudiantes curieuses voulaient lui coller. Il n'était pas rare que Oriane vienne l'avertir des rumeurs à son sujet, jamais intéressé par ce qui pouvait bien se dire sur lui — complètement décalé avec cette génération de jeunes adultes corrompus par la technomagie, les réseaux sociaux et internet qui les avaient rendu encore plus lâche dans leurs comportements et leurs propos. Il se moquait de sa réputation et s'en foutrait jusqu'au jour où il quitterait l'académie pour rentrer dans la vraie vie.

Il n'était pas vraiment pressé de jouer son tour, incapable de deviner quelle action la demoiselle allait lui infliger. Il noyait son appréhension dans quelques gorgées susceptibles de lui donner du courage pour assumer. "Danse," ordonna presque la rubissane sous le regard presque blasé du sorcier. Instinctivement il jeta un regard en biais sur la piste habité par une cohorte de moldus déchaînés sur du punk. Il grimaça presque devant le gage qui l'attendait. Danser pour le breton signifiait se tenir debout et bouger la tête en rythme tout en se balançant sur ses pieds. « C'est toujours après qu'on regrette de ne pas avoir choisi la vérité, » grogna alors l'améthysse qui prenait une nouvelle gorgée en quittant son perchoir avec regret. Il défroissa sa chemise en jetant un dernier regard à la rouge en espérant secrètement que le cocktail enflammé finirait pas endommager sa mémoire pour la soirée. Il observait les pas déchaînés des danseurs alcoolisés, essayant d'assimiler leurs danses d’épileptiques tout en se laissant aller à son tour à quelques pas maladroits. Avait-il l'air idiot ? Complètement. Il avait le rythme, mais son visage était voilé d'une expression presque dégoûté tandis qu'une quadragénaire bien en chaire venait se frotter contre lui avec envie. C'était selon le protagoniste la définition même de l'enfer, être prit dans les griffes d'une cougar affamée et sans aucune dignité. La musique changea alors pour une balade plus posé, la piste se vidant pour  laisser les danseurs profiter d'une pause bien méritée. Il s'excusa auprès de la quadra qui se trouva une nouvelle proie et retourna à la table pour aller chercher Orna, lui laissant pas vraiment le choix en l'entraînant sur la piste. Il se colla alors respectueusement contre elle, la dépassant bien d'une tête et cela semblait le faire inévitablement sourire. La main posée dans la sienne et l'autre sur sa taille, il menait la danse sous le regard noir de la serveuse dégoûtée. « Peut-être qu'elle pense que je suis un homme battu, » souffla alors le breton en faisant tourner la calédonienne pour qu'elle puisse assister à la défaite cuisante de l'employée. Il faisait évidemment référence aux ecchymoses sur ses traits, une douleur anesthésiée par l'alcool mais surtout par la compagnie agréable de la sorcière rouge.  
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Jeu 7 Avr - 21:45


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Le rire de Yann, un vrai rire rond, expansif, qui montrait les dents, sonna comme une victoire aux oreilles d'Orna. La preuve concrète et irréfutable qu'ils faisaient des progrès – car il lui avait été inconnu jusque là, ce son grave et terriblement contagieux. Elle baissa les yeux sur son cocktail, commissures des lèvres peinant à redescendre. Peut-être ne l'entendait-elle que maintenant car c'était la première fois qu'ils quittaient Beauxbâtons ensemble. Ce rire ne pouvait qu'être trop à l'étroit sous les arches colorés à la feuille d'or. Là où tout résonnait, y compris les murmures auxquels personne n'échappait. Dans l'ambiance étouffée de leur pub miteux, où la liberté était assourdissante, rien n'avait d'écho, même pas eux. Peut-être que c'était pour ça, qu'Orna en disait beaucoup, en disait trop. Car l'embarras était parti en fumée en même temps que les flammes bleues. "Suis le gars simple au fond de la classe qui dessine sur ses jeans quand il se fait chier." Précisément, aurait-elle voulu lui répondre. Précisément. C'était les pensées de celui qui se taisait qu'elle avait envie d'entendre. La vérité de celui qui, se fichant de tout, ne démentait rien. Elle crut voir la remarque précédente qui était née sur ses lèvres flotter entre eux. Tu n'as vraiment pas une claire image de toi-même. Ceux qui s'imaginaient avoir des anecdotes croustillantes ne faisaient que s'user, contenants vides de souvenirs qu'ils avaient distribués. Ces nobles, interchangeables comme des perles sur un collier, elle les avait toutes entendues, leurs histoires. Les seules intrigues qui attiraient Orna était celles qui se tapissaient derrière les lèvres qui ne se desserraient pas.

Toute prête à le faire parler, même si elle devait y aller par un autre chemin, elle utilisa son pouvoir nouvellement acquis pour l'envoyer sur la piste de danse. Si certains lisaient les cartes, d'autres les étoiles, Orna aimait à se dire qu'elle lisait les corps. Venant d'une culture où, malgré la modernité, la danse continuait à être perçue comme hautement symbolique, offrande de ceux qui n'avaient pas besoin de parler, elle y prêtait malgré elle une saveur particulière. "C'est toujours après qu'on regrette de ne pas avoir choisi la vérité." Oh, il ne fallait jamais la sous-estimer. Elle lui ferait desserrer les lèvres. La sorcière sourit pour elle-même en suivant des yeux le dos de Yann qui s'avançait vers le ballet chaotique d'étudiants exaltés. Elle était soulagée de le voir jouer le jeu car, après tout, elle, elle s'était mise à nu. Tout était une question de savoir placer ses pions, et quand une dame quelque peu mûre prit sur elle de remédier à la solitude du breton avec une dévotion toute personnelle, Orna ne put s'empêcher de penser qu'elle avait gagné cette manche. Plaquant sa main sur sa bouche pour retenir l'éclat de rire suraigu qui menaçait de s'échapper, elle jubilait. Le gars simple du fond de la classe avait un succès fou avec les femmes plus âgées. Puis elle songea à la façon dont la trace des doigts de Yann avait continué à brûler sur sa joue longtemps après qu'il se soit reculé, et corrigea cette affirmation. Le visage entre les mains, elle le regardait véritablement pour la première fois ce soir là. La première fois depuis longtemps. Ça devait être l'alcool. Ça ne pouvait qu'être l'alcool. Mais elle avait des nœuds dans l'estomac. Le rythme puissant s'apaisa, laissant place à une mélodie liquide, tiède. Les yeux toujours rivés sans pudeur sur Yann, elle le vit s'approcher, pensant qu'il venait reprendre sa place auprès d'elle. C'est en poussant un cri surpris qu'elle le sentit l'entraîner à sa suite mais, bonne joueuse, elle n'offrit aucune résistance. La piste s'était vidée, ne laissant la place qu'à ceux qui étaient venus à deux. Orna, peu habituée à être guidée, laissa peu à peu se fissurer la surface d'indocilité. Elle fatiguait de se battre contre des moulins, et l'abandon simple à la musique, au moment, à lui, iode et menthe, avait quelque chose de délicieusement reposant. A la saillie de Yann, elle eut un rire doux qui laissa s'échapper l'air que ses poumons n'avaient pas eu conscience de retenir. La sorcière hocha la tête, heureuse de la diversion. "Quel ingrat tu fais," souffla-t-elle contre l'épaule solide de son cavalier. "Tout ce que voulait cette brave serveuse, c'était t'arracher à mes griffes." Malédiction des passionnés, à tout ressentir trop fort jusqu'à en avoir la peau électrisée, elle se demandait s'il pouvait entendre son anarchique palpitant battre à contretemps. Ayant du mal à déglutir, elle s'humecta les lèvres, y trouvant un goût de vodka et de vulnérabilité. Pas désagréable, mais certainement nouveau. Orna arracha lentement sa joue à la ô combien confortable chemise de Yann afin de le regarder dans les yeux. "Tu as droit à une question," chuchota-t-elle, de la voix faible de celle qui avait oublié comment lier paroles et pensées. Parce qu'elle ne voulait pas de défi. Pas tout de suite. Pas tant que la chanson ne s'était pas achevée. Parce qu'elle ne pouvait pas concevoir une réponse plus révélatrice que le battement de cœur dans son poignet.


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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Ven 8 Avr - 16:27

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna


Il serrait doucement mais fermement sa petite main dans la sienne, le corps brûlant se balançant au rythme du sien dans des mouvements lents et assurés. L'académie lui avait au moins enseigné les rudiments de la danse de salon, se souvenant des quelques bals où il avait participé malgré lui, entraîné par une cadette qui voulait absolument danser. Ce n'était pas vraiment la tasse de thé du breton qui préférait s'enivrer dans des festivals en pleine air que dans des soirées étudiantes luxurieuses sans intérêt. Préférant les baskets aux chaussures vernies, il se sentait dans son élément au milieu du bar miteux, du plancher jonchés de cacahuètes écrasées et de l'ambiance décalée. Les deux impressionnantes pintes commençaient à le faire vibrer, posant sur la rousse un regard nouveau et intéressé. Il ne savait pas si c'était l'alcool qui lui donnait chaud ou le corps féminin collé contre le sien, plus vraiment habitué à ce genre de contact humain. La dernière fois qu'il avait partagé l'intimité de deux organismes liés datait bien des précédentes vacances. Une amourette hivernale très vite oubliée pour retrouver amèrement le stresse de la vie d'étudiant. Des mois suivant à naviguer seul sur l'océan de la solitude et des fantasmes expiés. La tête rousse posée sur son épaule ne le laissait pas indifférent, le cœur battant, il ne regrettait pas d'avoir proposé à la sorcière de sortir. Sa compagnie était anesthésiante, n'écoutant plus la voix rocailleuse de ses songes torturés, souhaitait tout simplement que ce moment éphémère devienne éternité. Quelques couples avaient décidés d'imiter le duo magique, sentant sur lui quelques regards masculins envieux, fière de partager cette danse avec la plus jolie fille du pub. Un physique agréable qui égalait sa personnalité enivrante qu'il commençait doucement à s’approprier. Il ne pouvait pas encore se vanter de connaître les mystères émanant de la calédonienne, mais cette danse sonnait comme une délicieuse invitation à la découvrir plus intensément. Le parfum délicieux de la crinière rousse sous ses narines, elle semblait si petite dans ses bras que ça le faisait sourire au vu du paradoxe évident à ses yeux. Un petit bout de femme à la personnalité enflammée et aux connaissances magiques qui surpassaient grandement les siennes et celles de beaucoup de sorciers.

Les lumières tamisées révélaient les éphélides colorées sur les traits de la rubissane, un visage parsemé d'astres colorés qu'il aimait secrètement admirer. Baignée sous les lumières artificielles, elle ressemblait à un ciel enflammé d'étoiles plus belles les unes que les autres — captivé par ce trait commun qui la rendait unique aux yeux du sorcier. Si seulement la chanson pouvait perdurer toute la soirée, capable de danser encore des heures en sa compagnie et laisser le reste de cette société égrotante et vétuste se consumer dans les braises de l'absurdité. Il écoutait le rire accommodant de l’antagoniste parsemer la pièce d'étoiles filantes, heureux de l'amuser et de lui faire oublier un instant ces nobles irritants qui faisaient de leur quotidien un bagne parfois emmerdant. "Quel ingrat tu fais," souffla alors sa partenaire posée sur son épaule. Les lippes étirées dans un sourire insolent. "Tout ce que voulait cette brave serveuse, c'était t'arracher à mes griffes." Pourquoi ? songea alors le celte qui ne voulait en aucun cas mettre fin à cette aubade délicate et enivrante. Pourquoi délaisser cette délicieuse compagnie pour le goût insipide d'un monde qu'il connaissait déjà que trop bien et dont l'absurdité ne l'avait jamais séduit. Le charme de la nouveauté l'emportait clairement sur la gaillarde et vulgaire employée. Il n'avait jamais compris pourquoi ses semblables étaient attirés par ces caricatures de femmes étriquées.  « Il faut croire que je préfère tes griffes. Un vrai masochiste ce Breton. » Il se moquait de cette serveuse impolie qui semblait collectionner les aventures comme les idioties. La perspective d'être contaminé par le stupre bacchanale de la piquante vérole ne l'enchantait guère — au revoir vénus et ton noir cortège de saloperies.

"Tu as droit à une question," susurra la rousse au brun qui baissait son visage abîmé pour soutenir son regard chocolaté. Des interrogations, il en avait plein la tête. Elles se bousculaient dans son esprit dans une cacophonie assourdissante dont seul le breton était familier. Il leva les yeux vers les poutres illuminées, un sourcil haussé en essayant de faire le ménage dans ses pensées tout en continuant de mener la danse. « Partage un de tes plaisirs honteux. Un truc que tu fais seule et dont tu parles à personne. » Vicieux, il souriait en faisant tourner la belle sur la piste. Ils avaient tous des petits trucs qui les caractérisaient et dont ils avaient honte de parler. Par exemple, le breton n'avouerait jamais sa collection de pulls tricotés ornés de têtes de rennes portés à l'occasion de Noël et qui faisait grimacer sa cadette. Ou alors le fait qu'il adorait chanter en compagnie de sa guitare et des vagues déferlantes face à un océan spectateur et déchaîné — des côtés jugés ringards et qu'il se gardait bien de dévoiler. « Je te laisserais me poser une question pour te venger. Suis fairplay. » Un clin d’œil furtif tandis qu'il écoutait avec un regret perceptible les dernières notes de ce bon vieux Charlie se terminer pour passer à une piste toujours aussi calme et posée. Orna et cette reprise de wicked game ... Sa chanson préférée qui faisait partie des plaisirs honteux inavoués et dont les paroles pesaient lourdement sur sur son esprit hanté par la rouge, le regard charmé. Comme-ci l'univers semblait vouloir les rapprocher en offrant au pub une pause musicale romanesque bien méritée et une danse qui ne voulait pas se terminer de son côté.  
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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Sam 9 Avr - 12:49


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Naïve, elle avait cru que cela serait plus facile que ça. Après tout, elle connaissait l'exercice et s'y était plus d'une fois pliée, accompagnée de cavaliers hasardeux durant les nombreux bals de l'Académie. Aussi s'était-elle laissée emporter sur la piste avec une bonne foi qui débordait nettement sur l'envie. Mais il y avait une franchise acérée dans ce moment qui la laissait le souffle court et qui s'insinua sous sa langue avec un presque goût de terreur. Dénuée de tous ses artifices, elle était nue. Sans sa baguette, sans son sarcasme, sans ses inséparables acolytes, Orna n'avait plus rien derrière quoi se cacher. Elle qui s'était longtemps imaginée inébranlable s'apercevait doucement qu'elle s'était protégée des mauvais dangers. Yann resserra presque imperceptiblement son emprise sur elle, et elle aurait aimé pouvoir affirmer que ça n'était qu'au sens propre. Petite cage thoracique superflue craquetant tous les quatre ans, qui trouvait inévitablement l'expansion épuisante. "Il faut croire que je préfère tes griffes." Elle ferma les yeux un instant, mais l'absence de vision semblait monter le volume de tout le reste, monter son volume à lui, alors elle ouvrit les paupières. Le mélange des cocktails rendait sa tête légère, juste assez pour pouvoir l'appuyer contre lui sans pudeur. Juste assez pour garder la panique muselée. Mais pas suffisamment pour l'éradiquer entièrement. Orna laissa ses iris courir sur le côté du visage de Yann, marqueterie complexe de la chair qui vivait, étude en violet. Tellement loyal à son écrin qu'il en arborait les couleurs du menton à la tempe. "Un vrai masochiste ce Breton," continua-t-il, complètement oublieux des implications de cette boutade. Et franchement, elle n'aurait pas pu choisir de meilleur mot.

Aimant à se dire que c'était par courage, elle s'était soumise à un autre acte de franchise, ayant foi dans le fait qu'il n'y avait pas au monde de question à laquelle elle ne pourrait répondre, ou dans les cas les plus délicats, de laquelle elle ne pourrait se tirer avec une pirouette. Car, et la première manche lui en avait donné la preuve, elle n'était pas la seule dans le duo à pouvoir s'avérer rusée. Orna espérait trouver dans le regard de Yann des indices, des avertissements, mais celui-ci leva les yeux, semblant vouloir trouver la concentration loin d'elle. Elle l'observa lui échapper, la lumière ambrée dégoulinant des traits aiguisés, polis, abîmés de l'améthysse, jusqu'à l'éclabousser, elle. Quand il revint vers elle, elle prit une grande inspiration. "Partage un de tes plaisirs honteux." Ah. Elle étouffa son propre sourire dans la chemise à carreaux. "Un truc que tu fais seule et dont tu parles à personne." Elle retourna à Beauxbâtons, se dirigea toutes voiles dehors vers l'Aile du Levant, traversa le couloir, jusqu'aux deux portes se faisant face, la cinq et la dix, enseignes cuivrées reflétant la lumière sablée des lanternes. Elle se voyait, seule, allongée sur l'épais tapis de laine, parchemins en désordre autour d'elle. Plongée dans ses recueils de magie grise jusqu'à tomber de fatigue, la peau contre les runes. Elle se voyait dans la chambre de Juliette et Capucine, naviguer avec milles précautions au milieu des chaudrons et des fioles éparpillées sur le sol. Ses plaisirs honteux, elle les avait rassemblés, approfondis, bâtis, jusqu'à s'en faire une besogne, jusqu'à s'en faire une réputation. Aussi, quand elle secoua la tête avec une ironie mâtinée d'amertume et répondit "Si je te dis ce que je fais quand je suis seule, je devrais te jeter un Oubliettes," l'hyperbole était mince. Mais, tout aussi incapable d'accepter la défaite que le fait de priver Yann d'un peu d'honnêteté, elle creusa plus profondément. Jusqu'à être sûre de lui offrir quelque chose de si inédit, de sacrifier une information de si délibérément Orna, qu'à ses yeux à elle, ça prenait les traits d'un aveu plus que d'une confession. "Ok," laissa-t-elle échapper lorsqu'elle finit par mettre le doigt dessus. "Lorsque je commence un livre, la première chose que je fais en l'ouvrant, c'est lire la dernière ligne." Et cela en disait long sur la sorcière de savoir qu'elle considérait cette manie bénigne comme terriblement intime. "Ça m'a ruiné plus d'une fin, et j'ignore complètement pourquoi je le fais, mais je suis incapable de m'en empêcher." Et qu'est-ce que ça disait d'elle, l'impétueuse tête brûlée qui sautait les étapes, mourait d'impatience, voulait connaître le dénouement avant même de s'intéresser aux prémices ? Elle ne s'était jamais posée la question, acceptance inconditionnelle que l'on n'accorde qu'à ses propres tocs. De le formuler tout haut, pour la première fois, dotée de la lucidité aiguë de la fragile ivresse, Orna se demanda tout à coup si cela ne trahissait pas une enfouie peur de l'inconnu.  "Je ne sais pas si on peut appeler ça honteux, mais c'est certainement un de mes secrets les mieux gardés." Et c'était lui, le familier inconnu, le batteur battu, qui en était l'unique dépositaire. Etrangement, la certitude que Yann ignorait l'impact de cette offrande, l'avare dragon ayant cédé deux palefrois de son trésor, la rassurait. Car là, contre lui, laissant son corps osciller au rythme de celui du brun, elle n'était pas sûre qu'il lui reste quoi que ce soit de valeur à protéger. Il avait parlé de vengeance. Aussi Orna, le regard nu, les lèvres tremblantes – refusant de s'attarder sur la cause, entre froid, alcool, désir, angoisse – obéit. Se vengea. "Est-ce que ça t'arrive d'envier les moldus ?" Il rayonnait avec tant d'aise, dans ce bar, tandis qu'elle, elle avait l'impression que, dépourvue de magie, elle était dénuée d'intérêt. Pourtant, une société sans titres ne pouvait résonner autrement que comme un idéal, pour ceux qui, prisonniers des liens de la hiérarchie, se débattaient jusqu'à s'en briser les os.



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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Sam 9 Avr - 19:29

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Souffle saccadé, la bouche fermée pour retenir ses mots de peur de venir gâcher la magie captivante de cette sensation enivrante et agréable de deux corps liés. C'était comme une pause bien méritée après des années à fréquenter une solitude barbare adoptée par dépit. Un contact rapproché qui lui suffisait amplement sur le moment, percevant presque le cœur de la rubissane s'embraser contre son torse meurtrit. L’impression d'être lui-même, se sentant presque de retour sur ses terres armoricaines à écouter les vagues déferler et s'écraser contre les falaises baignées d'aubes orangées de matins pas encore profanés. Nul besoin de porter de masques, libre dans ce monde où la magie existait d'une autre façon  — comme dans les regards naïfs de deux jeunes adultes désarmés en train de danser en essayant de percer doucement les mystères de l'autre. Il trouvait la plupart des gens dénués d'intérêts, dépourvus de personnalité et d'originalité dont il arrivait sans cesse à cerner leurs psychés archaïques avec une facilité presque décevante. Ils faisaient tous semblant sous un costume de bonnes manières et de civilités, oubliant parfois qui ils étaient en rentrant chez eux, manquant d'ôter ce masque sans cesse arborer. Orna n'était pas de celles qui se cachaient, c'était quelque-chose qu'avait toujours apprécié le protagoniste. Elle avait sans doute ses propres peurs, angoisses, mais sortir du moule ne l'avait jamais effrayée et Yann ne pouvait qu'admirer de loin et aujourd'hui de près la rubissane se dévoiler sous les lumières factices de ce pub déchaîné. Ils se balançaient l'un contre l'autre dans l'attente d'un lendemain douloureux qui finirait par les séparer pour embrasser amèrement un quotidien parfois monotone et ennuyant. Il ne voulait pas penser à l'après, profitant tout simplement de cette entracte délectable et des souvenirs que ça engendrerait. Peu importe demain ou les jours suivants, cette soirée marquait peut-être le début de quelque-chose. Si ce n'était pas le cas, il serait tout de même reconnaissant de s'être senti compris et écouté le temps d'une soirée.

Les vérités pleuvaient doucement sur le duo perdu sur la piste parsemée de saletés. Parfois criantes, amusantes et bien souvent soulageantes. Pour le moment il se délectait des confessions de sa partenaire, prêt à foncer tête baissée dans ce jeu qu'il ne regrettait pas d'avoir lancé. Il était plutôt gagnant pour le moment en resserrant fébrilement ses doigts sur les hanches de la rousse qu'il dominait par sa taille. Il attendait la réponse à la question précédemment posée, le regard passant du décors irlandais à la silhouette féminine bercée dans ses bras. "Si je te dis ce que je fais quand je suis seule, je devrais te jeter un Oubliettes," lança alors la sorcière sous les lippes étirées du breton dont le visage été voilé d'une expression de défis. Il l'observait réfléchir en essayant de deviner quel plaisir honteux elle cachait, pas vraiment épargné par certaines pensées loufoques et amusées. "Ok," reprit alors la rousse tandis que les yeux cuivrés du sorcier se reposaient sur ses traits parsemés d'éclats rutilants. "Lorsque je commence un livre, la première chose que je fais en l'ouvrant, c'est lire la dernière ligne." Le brun pencha alors la tête sur le côté en se demandant pourquoi elle se gâchait volontairement une histoire trépidante. Difficile à analyser, il ne voulait même pas essayer de peur d'être confronté à une migraine et des questions hébétées. Peu surpris par l'aveu de la rouge, il s'attendait à une confession insolite de sa part car à ses yeux elle brisait tous les clichés qu'il se faisait des femmes de l'académie. "Ça m'a ruiné plus d'une fin, et j'ignore complètement pourquoi je le fais, mais je suis incapable de m'en empêcher." Il gardait ses lèvres scellées, à la fois surpris et amusé par la révélation de Orna. Dévoilait-elle un des traits de son tempérament ? L'impatience ? Il préférait le découvrir en temps et en heure. Pour le moment, il hochait la tête et accepta sa réponse qu'il jugeait personnelle et satisfaisante. "Je ne sais pas si on peut appeler ça honteux, mais c'est certainement un de mes secrets les mieux gardés." Yann ne trouvait pas ça inavouable, bien qu'il ne comprenait pas pourquoi elle s'infligeait elle-même cette déception. Un besoin de tout contrôler ? Il n'en savait rien, mais cela faisait une information de plus à ajouter à sa liste dans le dossier Orna et ses secrets.  « Si si c'est honteux de se gâcher sois-même une belle histoire, » souffla le brun amusé. Les dents blanches dévoilées dans un sourire moqueur et taquin, il finit par reprendre sur un ton plus solennel. « Ton secret sera bien gardé. Nul besoin d'un sort d'amnésie ou d'un serment inviolable. » Il offrit un clin d’œil complice à la calédonienne en la laissant réfléchir à la question qu'elle devait poser au sorcier.

"Est-ce que ça t'arrive d'envier les moldus ?" Yann baissa alors ses iris surprises sur la sorcière, le regard plongé dans le sien tandis qu'il réfléchissait à la question. Il avait grandi dans une famille de sorciers et malgré ses quelques connaissances sur le monde qu'ils étaient en train de fouler dans des pas de danses rythmés, il n'en demeurait pas moins qu'un simple touriste parfois troublé par les plaisirs simples d'une vie dépourvue de magie. « Très bonne question mademoiselle, » souffla le breton en fermant un instant les yeux pour mettre de l'ordre dans ses idées. Il avait peur de partir dans une réponse longue et fastidieuse, son point de vue étant compliqué face aux humains privés de pouvoirs avec qui ils cohabitaient dans le plus grand secret.  « Pas vraiment. Ils ont leurs propres difficultés et nous avons les nôtres. Bien qu'on choisisse plus souvent la facilité ... Mais je reste parfois admiratif vis à vis de leur façon simpliste d'exister et j'estime qu'ils ont eux aussi leur propre magie.  Si je dois envier quelque-chose chez eux, ça serait sûrement le fait de s'extasier devant des petites choses simples de la vie jugées futiles par nous, sorciers blasés. On a développé la magie pour s'enfermer dedans, c'est dommage. » Il se rendit alors compte qu'il était malheureusement parti dans un long monologue ennuyeux, un sourire confus sur les lèvres. « Désolé suis parti loin. » Il offrit un sourire à sa partenaire tandis qu'il écoutait avec regret les dernières notes du slow se jouer. Le sorcier se décolla alors doucement de la sorcière en s'inclinant respectueusement. Il effleura avec délicatesse sa main dans un baiser jugé dépassé dans ce monde sous le regard jaloux de l'employée. « Merci pour cette danse mademoiselle, » finit-il par conclure en invitant Orna à retrouver la table et leurs boissons presque terminées.

Le bar se vidait doucement pour laisser les employés commencer à ranger le désordre propagé par des clients fêtards et alcoolisés. Il avala alors les deux dernières gorgées de sa pinte en observant la serveuse pousser des soupirs tout en regardant sa montre. « Je crois qu'on nous fout gentiment dehors. » S'exclama le breton pour que la trentenaire puisse bien entendre les mots du sorcier. Il attendit patiemment que la rousse termine son cocktail enflammé pour enfin se lever et constater avec nostalgie le retour d'une pluie qui ne lui avait guère manqué. En passant devant la serveuse, il lui offrit un magnifique sourire de connard dont elle s'empressa d'interpréter comme un intérêt soudain et concupiscent de sa part. Il ouvrit ensuite la porte miteuse pour laisser passer la belle Orna et faire de nouveau connaissance avec les caprices ruisselants d'un ciel instable et ténébreux. Paris était enveloppé sous un sombre manteau noir, vidé de ses habitants tandis qu'il s'allumait une cigarette sous la pluie fine de la capitale en laissant Orna au sec près de la porte. Le froid lui faisait du bien après la chaleur du pub — réveil brutal  bercé par les gouttes qui s'écrasaient sur sa carcasse abîmée et rapidement mouillée. Il en avait rien à faire de paraître pour un con trempé, le regard posé sur la rouge éclairée par les lumières des réverbères cabossés. « Tu as un endroit préféré à Paris ou tu veux rentrer ? » Il s'approcha alors d'elle, la clope coincée entre ses lèvres qui lui donnait l'air d'un garçon peu fréquentable. L'était-il ? Seule la sorcière pouvait en juger. Il s'était dévoilé doucement, mais il restait encore des facettes inexplorées de sa personnalité qu'il se gardait encore de révéler.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Dim 10 Avr - 12:37


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Orna observait Yann, laissait ses iris courir sur ses traits, ne s'embarrassant pas d'une pudeur bienséante que le contact de leurs corps aurait de toute façon rendue superflue. Esprit scientifique, touchant d'un réalisme que certains qualifiaient de fataliste, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si cette intimité récemment née survivrait à Beauxbâtons. Si cette confiance résisterait à un quotidien si calibré qu'il ne laissait que peu de place à la franchise. Aussi, lorsque Yann, totalement ignorant du train de pensée de sa camarade, répondit "Si si c'est honteux de se gâcher soi-même une belle histoire," elle déglutit. Cela sonnait dangereusement prophétique. Voire presque comme une condamnation, lorsqu'on songeait que la dernière fois que son cœur avait battu contre quelqu'un, elle avait fait la morte, s'était volatilisée, mortifiée à l'idée d'éprouver des sentiments pour un duc. Elle avait laissé la haine remplacer l'inclination, emmenant la bataille sur son propre terrain. Mais étrangement, dans les bras de Yann, lignes de la main enchevêtrées les unes avec les autres jusqu'à se confondre, elle avait la délicieuse impression d'avoir laissé son défaitisme derrière, avec sa cape et sa baguette. La délicieuse facilité de devoir réfléchir à comment exprimer la vérité efficacement, et non pas comment la contourner. C'était confortable, c'était dévorant, c'était courageux. Et elle avait bien peur d'y prendre goût.

Orna attendait la réponse de Yann à la question qu'elle avait posée du bout des lèvres, bouche entrouverte dans l'expectative d'en absorber les mots. Elle n'y connaissait rien en moldus, elle, ou trop peu, dans ce climat d'engouement pour le non-magique. Elle venait d'une culture tellement superstitieuse, à l'ésotérisme profondément ancré dans les mœurs, que le qualificatif moldu ne convenait à personne. Où tout le monde était intimement persuadé de l'existence de la magie, et la vivait au quotidien. Simplement pas de la même magie. Orna, quant à elle, avait accordé beaucoup de temps à cette réflexion, jamais capable de s'arrêter sur une solution satisfaisante. Elle vivait pour et par la magie, mais là se trouvait l'énigme. Contrairement à ses condisciples sorciers, elle n'était pas du tout persuadée de l'absence de magie dans le monde moldu. La rubis aurait juré que la puissance surnaturelle était visible en toute chose, mais que les humains dépourvus de pouvoir lui avaient donné d'autres noms, d'autres médiums. Yann, à l'évidence, fut pris par surprise par l'interrogation de sa cavalière, mais la considéra avec le même sérieux. Lorsqu'il ouvrit la bouche, Orna se surprit, l'espace d'une seconde, à se demander s'il lisait dans les pensées. Si c'était cela la raison pour laquelle il disait les bons mots, au bon moment. Si elle devait commencer à faire attention aux songes qui traversaient son esprit, qui commençait à être sérieusement encombré par Yann et la somme de ses parties, chemise, lèvres, voix, parfum, coups. "On a développé la magie pour s'enfermer dedans, c'est dommage." Orna sourit. Plus que ça, elle rayonna. Elle ne réagit même pas lorsqu'il s'excusa de la profondeur de sa réponse, ni lorsqu'il se pencha dans un baisemain qu'elle sentit onduler jusqu'à sa nuque. Elle n'aurait pas pu, de toute façon. Elle avait la gorge bien trop serrée. Une poignée de secondes plus tard, la sorcière alla la dénouer dans le fond de son verre, chaque goutte la faisant approcher de la fin. La fin de quelque chose. Toute une époque qui avait duré deux chansons et des poussières. Le son que fit son verre lorsqu'elle le redéposa, vide, sur la table, avait un je-ne-sais-quoi de définitif. Le dernier coup de minuit d'une Cendrillon moderne, sa propre bonne fée et sa propre marâtre. Un prince qui, une minute plus tard, fumait sous la pluie, braise rougeoyante dans la rue sombre tel un Lumos paresseux. Orna, emmitouflée dans sa cape sur le pas de la porte, mettait de l'ordre dans ses idées nébuleuses, dans son sang teinté par les spiritueux. Elle laissait ses yeux détailler les bâtiments pour s'éviter de le détailler, lui. Parce qu'il allait bien finir par le remarquer, qu'elle l'étudiait avec une attention laissant à croire qu'il allait disparaître soudainement, la laisser seule avec ses bribes oniriques, lambeaux de souvenirs qui se dissiperaient inévitablement au réveil. Petite sorcière sceptique, amoureuse de la science, qui ne croyait aux phénomènes que quand elle avait pu les mesurer, les disséquer, les comprendre.

"Tu as un endroit préféré à Paris ou tu veux rentrer ?" Elle sursauta au son de sa voix. Les prunelles rivées loin au dessus, sur les toits, elle ne l'avait pas vu approcher. Orna haussa les épaules, sentant que le froid commençait à colorer ses joues. "Je ne connais pas grand chose, et en plus, je commence à-" cailler, allait-elle dire, mais elle s'interrompit. Oui, elle avait un endroit préféré à Paris. Laissé si longtemps de côté qu'elle avait failli l'oublier. Un endroit qui grondait de cette magie qui appartenait aux moldus, n'appartenait qu'aux moldus, ancienne et merveilleuse. Elle leva un sourcil malicieux. Certes, leur présence là-bas au milieu de la nuit ne serait pas exactement autorisée, encore moins appréciée, mais elle n'en serait pas à son coup d'essai. "Tu me fais confiance ?" demanda la rouquine dans un chuchotement, déposant ses doigts sur le poignet du sorcier pour l'emmener un peu plus loin, dans l'ombre d'une devanture, là d'où les employés du bar ne pouvaient pas les voir. Elle ferma les yeux, se campa fermement sur ses pieds. Se laissa envahir par l'impression de grandeur sans prétention, de connaissance brute, de leur destination. Orna prit une grande inspiration et se laissa emporter dans les couloirs chahutés du transplanage. Ils atterrirent sur une surface clinquante de marbre, ressemblant étrangement à Beauxbâtons, ce qui rendit paradoxalement enchanteur aux yeux de la sorcière le fait qu'ils se trouvaient désormais dans l'endroit possiblement le moins magique de la Ville Lumière. Le lieu était sombre, mais les souvenirs firent office de plan. La rubissane, dans un silence monastique visant à ne pas révéler leur présence aux probables gardiens de nuit, entraîna Yann le long de l'étroit couloir, vers la lumière bleutée qui scintillait de l'autre côté. Les yeux brillants, elle fut la première à déboucher sur la gigantesque salle ronde aux murs sculptés, arabesques fantaisistes qui couraient le long des parois, semblant exploser au niveau de la verrière surmontant la pièce, filtrant les rayons de la lune en une lueur spectrale. L'amour d'Orna pour le lieu ne tenait pas dans son architecture raffinée, non sans rappeler l'extravagante élégance de l'Académie elle-même, mais dans le son lourd, régulier, lancinant, qui crevait le silence. Elle s'approcha de l'installation produisant ce bruit avec une douceur qui tenait presque de la tendresse. Un large cadran posé au sol, entouré de cavaliers de bois, certains couchés tandis que d'autre, stoïques, campaient sur leurs positions. Etrange et obsédant jeu d'échec au dessus duquel dansait un gigantesque pendentif cuivré, qui distillait la lumière sur sa surface. "La magie des moldus," chuchota Orna, en guise de maigres explications. Elle fit quelques pas autour du cercle de fer, posant les pieds sur les joints des dalles de marbre, afin que le bruit ne se réverbère pas. Vieille habitude de celle qui n'obéissait jamais au couvre-feu. "La science," dit-elle simplement. Retrouvailles avec son bienaimé pendule de Foucault, course inaltérable, seule chose réellement immuable dans sa vie. Le palais des sciences, dans lequel, étudiante curieuse, elle avait passé beaucoup de temps durant ses ACORS, lorsque le rythme scolaire lui avait laissé d'avantage de temps libre. L'empire d'une connaissance élémentaire avec laquelle les sorciers considéraient inutile de s'embarrasser. "Je suppose que ça fait de moi quelqu'un qui s'extasie devant les petites choses qu'on devrait juger simplistes," continua-t-elle, embrassant du regard la beauté du pendule et de son mouvement entêtant. Comme si elle s'excusait du fait que, dans cette ville d'Histoire et de beauté, elle s'était entichée d'un bout de fil et d'un peu de ferraille.




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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Dim 10 Avr - 14:54

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
Les babines comblées et décorées d'une tige blanche incandescente responsable de sa toux malingre, addiction écœurante qu'il comptait bien bannir de sa vie un jour ou l'autre. Un corps très vite inondé par l'averse glaciale en observant l'immensité d'un ciel sombre et brutal le dominer. Cette escapade nocturne loin de l'académie avait quelque-chose de revigorant malgré le décors de bétons qui l’entourait, il respirait à plein poumon l'odeur de la liberté et des responsabilités oubliées. Une pluie qui n'effaçait en aucun cas le moment d'intimité partagé avec la rouge qui se tenait toujours près de l'entrée. Le froid envahissait la ville malgré les premières semaines printanières déjà installées. Il avait tellement hâte d'être réchauffé par le brûlant soleil d'été, sentir le sable sous ses pieds et l'odeur iodée de ses terres adorées. Il n'était décidément pas fait à la vie citadine, se sentait comme un animal en cage piégé dans un contexte qui ne le faisait pas vraiment rêvé. Les côtes bretonnes lui manquait, ses parents, son chien et aussi sa sœur qui avait été rapidement pervertie par la royauté, transpercée par le pique rouillé de la cinglante dame de fer qui dans les hauteurs du ciel, régnait en silence. Il posa de nouveau son regard ambré sur la calédonienne qui semblait ne pas apprécier de retrouver le froid mordant de la cité endormie, s'approchant alors en abandonnant le mégot consumé sur le trottoir déjà jonché de saloperies. Il laissait le choix à Orna de continuer ou de rentrer se coucher dans un château hanté par les fantômes du passé. Un breton qui n'était pas pressé de retrouver les ronflements sonores de son camarade de chambré, préférant explorer la nuit parisienne dans ses tréfonds. "Je ne connais pas grand chose, et en plus, je commence à-" Il attendit la fin de sa phrase en se posant devant elle pour faire barrage à la pluie vicieuse qui tentait d'inonder la silhouette gracile de la rubissane. "Tu me fais confiance ?" Les lèvres du brun s'étirèrent dans un sourire tandis qu'il hochait la tête en se laissant entraîner dans une ruelle adjacente au bar. Il n'avait absolument aucune idée de où il allait se retrouver, mais il avait foi envers la rouge qui n'avait cessée de l'étonner agréablement toute la soirée. L'alcool ingurgité continuait de lui faire tourner doucement la tête tandis qu'il se sentait aspirer dans le néant, le goudron se dérobant désagréablement sous ses pieds en se laissant engloutir dans le tourbillon violent d'une téléportation qui lui donnait presque la nausée.

Il atterrit  néanmoins sur ses deux pieds en compagnie de la rouge en tentant de retrouver rapidement ses esprits. Il n'aimait pas vraiment le transplanage, trop violent pour ses idées qui n'arrivaient pas à retrouver leurs places initiales après avoir été bousculées. Les yeux plissés, il tentait de discerner le décor endormi dans l’obscurité en laissant la rousse le guider vers une inconnue qui semblait le titiller. Silencieux, son petit doigt lui disait qu'ils n'avaient pas le droit d'être ici tandis qu'il laissait ses yeux s'éblouir d'un bleu lointain et éclatant qui s'évertuait à vouloir irradier dans les ténèbres. Ses pas raisonnaient doucement derrière lui tandis qu'ils empruntaient un long corridor qui les menaient rapidement vers une salle ronde illuminée par les lueurs lunaires qui transperçaient le verre au-dessus de leurs têtes alcoolisées. Le souffle coupé, il nourrissait son esprit de cette beauté atypique, n'ayant jusqu'à présent jamais foutu les pieds dans cet endroit insoupçonné. Un bruit sourd et vibratoire semblait titiller ses oreilles en observant l'immense pendule se balancer dans une danse hypnotique et presque chimérique. Il ne savait pas vraiment ce que c'était, peu familier avec cette technologie. "La magie des moldus," souffla alors la rousse en brisant les pensées interrogatives du brun qui observait le cadran mordoré à ses pieds. Il n'avait jamais rien vu de similaire de toute sa vie, habitué à vivre à la campagne où ses parents n'avaient jamais apprécier la technomagie. "La science," ajouta Orna qui semblait émerveillée par l'ingéniosité moldue qu'il n'arrivait pas encore à capter. C'était beau, impressionnant et cela semblait suffire au sorcier malgré cette curiosité qui piquait ses idées. "Je suppose que ça fait de moi quelqu'un qui s'extasie devant les petites choses qu'on devrait juger simplistes," continua la rouge sous le regard intéressé du sorcier qui se posait alors sur le marbre en tailleur, les mains jointes en observant le pendule cuivré se balancer en rythme sous ses yeux. « Hum ça fait plutôt de toi une personne énigmatique qui cesse de me surprendre. » Ses chuchotements étaient portés par l’écho tandis qu'il levait la tête vers les moulures du plafond qui semblaient grimacer dans la nuit. Encore une fois il était surpris par le choix de Orna, se sentant étrangement petit en face de cette installation étrange. « Pour moi ça n'a pas l'air simpliste. Tu m'expliques ? » Souffla alors le sorcier posé confortablement sur le marbre gelé tel un jeune étudiant dévoré par la soif de connaissance.

Il se laissa alors tomber en arrière, les mains derrières la tête et les jambes pliées. Bercé par le chant du pendule qui semblait le bercer, il ferma les yeux en attendant les explications de la rouge tandis qu'il ressentait les vapeurs d'alcools lui faire tanguer l'esprit. Se coucher était une mauvaise idée, mais il appréciait la vue et l'ambiance apaisante de la salle immaculée. « Ils ont du goût ces moldus. » souffla alors le breton qui rouvrait ses yeux en fixant le plafond.

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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Dim 10 Avr - 21:09


Je m'en souviens de la dernière pluie, elle piquait les yeux
Elle brûlait comme les orties, et puis comme le feu


Considérant que les sciences dures étaient, pour Orna, ce qui se rapprochait le plus d'une religion, l'endroit où elle avait amené Yann, par analogie, n'était rien de moins qu'une cathédrale. Elle avait délaissé sa foi, noyée sous les traités, les manuels et les essais, mais la pratique, la vraie, avait quelque chose de grandiose. Et le fait de prier une divinité si atypique, à ses yeux, ne révélait rien d'étrange en elle, n'avait rien d'une honte. La rareté faisait la valeur et, esprit curieux, bizarrerie chez les sorciers, elle se passionnait pour la physique. Le dieu des petits riens. Et cette dévotion n'avait rien d'un secret, c'était simplement un fait dont tout le monde se fichait. A l'exception des nés-moldus, la société sorcière considérait que seules ses propres disciplines étaient dotées d'intérêt. Que ne valaient la peine que celles qui étaient hors de la portée des individus non-magiques. Beauxbâtons avait beau se perdre dans des tours carrées romantico-mystiques, des observatoires rutilants, rien de tout ça ne possédait la magnifique de son pendule. Orna faisait le tour du cadran très lentement, précautionneuse à la direction de chaque pas, sans jamais ôter les yeux de l'entêtant balancier. "Ça fait plutôt de toi une personne énigmatique qui cesse de me surprendre." Elle sourit pour elle-même. Sans libérer son regard de l'installation ancestrale, elle devina qu'il s'était assis, à la manière dont la voix grave de Yann ricocha dans la gigantesque pièce. "Pour moi ça n'a pas l'air simpliste. Tu m'expliques ?" Orna arracha ses yeux au pendule, et observa Yann goûter à la beauté du lieu à son tour, allongé au sol. Rêvant à la verrière comme on regardait les étoiles. Oh oui, ils avaient du goût ces moldus. La rubis fit quelque pas à nouveau, jusqu'à se tenir de l'autre côté de la trajectoire, pendule n'ayant de cesse de tracer une ligne fantomatique entre eux. "C'est tout bête. Ceci, c'est tout simplement la découverte scientifique la plus brillante de l'Histoire." Certes, c'était elle qui le disait, mais qui aurait pu la contredire ? Nicolas Flamel n'arrivait pas à la cheville de Galilée. "Le pendule est suffisamment lourd, et l'impulsion qui le meut suffisamment puissante, pour que, quoi qu'il arrive, il garde sa trajectoire. Chaque matin, tous les cavaliers sont debout," expliquait Orna en poursuivant son tour de la structure, perdue dans ses réflexions, tandis que sa main effectuait des mouvements vagues dans le but de désigner les éléments dont elle parlait. "Au fur et à mesure de la journée, cognés par le pendule, ils tombent un à un. Sans que le pendule n'ait pu altérer sa courbe. Pourtant, en vingt-quatre heures, les vingt-quatre cavaliers sont au sol. La raison ?" La sorcière, transcendée par l'amour de sa doctrine, considérée par d'aucuns comme rien de plus que des anecdotes, se tourna vers Yann, mains sur les hanches dans une possessivité inconsciente du magnifique instrument. "La terre tourne sur elle-même." Champ d'étude qui n'avait jamais été abordé par les sorciers, car hors de portée de la magie. Tandis que les moldus, maintenus au sol par rien d'autre que la gravité, s'étaient élevés.

Ayant fini son tour de la terre, Orna s'assit à côté de Yann, jambes ramenées contre sa poitrine, la joue posée sur les genoux. A quelques centimètres, le profil sombre du Breton se dessinait sur fond de halo bleuté. S'il s'était senti à sa place dans le pub, ici, ils étaient chez elle. Ramenés à une vision fondamentale du monde, indivisible, importante. La beauté du savoir, du cuivre, et du clair de lune. "Désolée," commença-t-elle en se mordillant la lèvre. "Ce n'est pas très romanesque, mais c'est mon endroit préféré à Paris." Chuchotements assourdissants dans le calme du lieu, chaque mot semblait saccadé par la mélodie entêtante du pendule. Orna baissa les yeux, les fit voleter sur leurs mains posés sur le sol, séparées par une mince ligne de marbre gris. Saisie par le contraste entre les doigts athlétiques de Yann et les siens qui, par comparaison, lui semblaient fragiles pour la toute première fois. Elle avait froid, la fille du feu. Comme souvent. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais elle n'eut jamais l'occasion de savoir quoi. Deux bruits lourds, puis du silence. A nouveau, les mêmes sons mais qui cette fois continuèrent. Qui, au vu de l'amplification du son, se dirigeaient vers eux. Reconnaissable entre tous. Des bruits de pas. De plus en plus rapide. Sous le coup de l'adrénaline, sans réfléchir, sa main fraîche fondit sur celle de l'améthysse et en une seconde, ils étaient sur leurs pieds. L'avertissement vint de derrière eux. "Vous, là !" Orna ne prit même pas le temps de se retourner pour jauger leur poursuiveur, trop occupée à entraîner Yann à travers la pièce, jusqu'au couloir sombre qui les avait vu émerger. Les trois paires de pieds, les leurs nettement plus légers que ceux du gardien, fendaient dans un vacarme assourdissant le silence, qui retrouva soudainement ses droits lorsque leur chasseur, tournant au coin du corridor, trouva celui-ci entièrement vide.    

Devant les grilles de Beauxbâtons, Orna tentait de récupérer son souffle, courbée en deux. Le troisième transplanage de la soirée avait été celui de trop, et la sorcière oscilla dangereusement jusqu'à trouver un arbre contre lequel s'appuyer. Sa poitrine se soulevait dans des soubresauts irréguliers, tentatives de définir le sol du ciel à travers le soudain malaise. De sa migraine fulgurante, elle trouva la force de laisser échapper un éclat de rire bref. "Encore un endroit que je vais devoir éviter," expira-t-elle, paupières fermées. Orna et son dangereux amour du clandestin, du défendu, des lieux que tout le monde fréquentait au moment où personne n'en avait le droit. Orna, et la fuite en avant. Qui les avaient ramenés à la case départ. Du retour à la réalité ou du sort d'Apparition, elle ignorait qui était le plus brutal.



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MessageSujet: Re: les échoués + (orna)   Jeu 14 Avr - 21:09

Les échoués
Tous  ces  moments se perdront dans l'oubli, comme des larmes dans la pluie.
Yann ✧ Orna
ll était encore bercé par les slows précédemment dansés, presque nostalgique du corps frêle de la rubissane contre le sien, de son parfum sucré et de ses sourires écrasant l'obscurité. Une solitude qu'il avait abandonné au profit d'une compagnie qui savait l'intéresser et lui faire oublier le poids de tant d'années esseulées. Il ne pouvait pas lire dans les pensées, ne sachant pas vraiment comment la rouge percevait les moments passés en sa compagnie, il espérait juste que cette sortie était tout aussi agréable pour elle qu'elle l'était pour lui. Plusieurs printemps à se tourner autour sans réellement apprendre à se connaître malgré cette attraction évidente aux yeux du breton. Captivé par sa chevelure de feu qui semblait inlassablement brûler sous ses yeux, ses idées et ses mots bien tranchés qui le laissait charmé après chaque syllabes prononcées. Il ne pouvait décemment pas mettre cette attirance sur le dos de l'alcool, pas vraiment bourré après deux bières ingurgitées. Il laissait les heures s'écouler tout en espérant voir mûrir après cette nuit le début de quelque-chose que le temps ne s'évertuerait pas à bousiller. Une nuit qui offrait une place privilégiée au mystère et au rêve, loin de toutes les entraves de la vie diurne et des harassantes responsabilités. Tout cela s'effaçait sous un lourd manteau noir — la nuit permettant aux visions les plus irréelles de s'imposer comme cette étrange invention qui se dessinait à ses pieds ainsi que la silhouette flamboyante de la rubissane sous son regard ambré. Il appréciait voir de nouvelles choses s'ouvrir sous ses yeux curieux comme l'univers de la science et d'un monde inexploré pour le sorcier. Il avait toujours été fasciné par la façon étrange de vivre des moldus, un mode de vie que les sorciers jugeaient décalé et désuet. Yann arrivait pourtant à s'extasier devant leurs arts qu'il trouvait terriblement fascinant, leurs livres dans lesquels il se perdait inlassablement ainsi que cette histoire troublée qu'il aimait parfois revisiter. Il avait ce soir pour guide la belle Orna et son amour pour les sciences qui arrivaient à captiver le breton qui observait l'invention moldu, silencieux. Une effraction dans un milieu inconnu, aimant le goût du risque de cette exploration nocturne qui avait l'odeur attirante de l'interdit.

"C'est tout bête. Ceci, c'est tout simplement la découverte scientifique la plus brillante de l'Histoire." Il souriait en écoutant les mots de la sorcière, allongé sur le sol et baigné sous les rayons de l'astre lunaire. "Le pendule est suffisamment lourd, et l'impulsion qui le meut suffisamment puissante, pour que, quoi qu'il arrive, il garde sa trajectoire. Chaque matin, tous les cavaliers sont debout," continua alors Orna tandis qu'il écoutait attentivement en essayant d'assimiler correctement le flot d'informations qui lui tombait dessus. "Au fur et à mesure de la journée, cognés par le pendule, ils tombent un à un. Sans que le pendule n'ait pu altérer sa courbe. Pourtant, en vingt-quatre heures, les vingt-quatre cavaliers sont au sol. La raison ?" Ce putain de sourire qui ne voulait plus le quitter, figé dans un contentement perceptible chez le sorcier qui observait la rubis lui énoncer une question. La réponse lui brûlait les lèvres mais elle sortit rapidement de la bouche de la rousse qui faisait une excellente enseignante pour le coup. "La terre tourne sur elle-même." Il n'avait jamais été très doué dans les sciences, trouvant parfois que cette matière venait gâcher la beauté de l'inconnue. Il avait toujours préféré laisser une place aux élucubrations folles de son cerveau. Pourquoi toujours vouloir tout comprendre ? Tout expliquer ? Il y avait certaines choses qui les dépassaient et l'univers restait une énigme que l'homme s'évertuerait à vouloir percer. Il avait les yeux posés sur la verrière au-dessus de lui ainsi que les explications de la sorcière qui raisonnaient encore dans son esprit. "Désolée," souffla alors la rubissane qui était désormais assez proche du breton pour qu'il puisse de nouveau s'enivrer de son délicieux parfum. "Ce n'est pas très romanesque, mais c'est mon endroit préféré à Paris." Il n'était pas vraiment surpris par ce choix après plusieurs heures passé avec elle. Désormais les lieux étaient marqués avec une empreinte indélébile dans l'esprit du sorcier qui se revoyait déjà revenir en pleine journée avec un regard nouveau et parsemé de jolis souvenirs. « Justement. Je trouve ça romantique parce-que c'est pas censé l'être, » avoua le breton en tournant son visage cabossé dans le direction de la rousse. « Puis ça te correspond assez bien je dois l'avouer. Mystère interstellaire et beauté. » Il offrit alors à la calédonienne un sourire sincère tandis qu'il sentait ses doigts s'agiter doucement en direction de ceux la rouge dans l'espoir de la frôler ne serait-ce qu'un instant. Il ne pensait pas qu'il serait récompensé aussi rapidement tandis que l'inconnue douloureuse venait semer le trouble chez les deux sorciers. La main de la rouge se resserrant sur celle de l'améthysse qui sortait péniblement de ses rêveries en se relevant après avoir entendu des pas pressés se faire porter pas l'écho. "Vous, là !" Le cœur battant et fatigué par la pause qu'ils s'étaient offerte, il suivait la fille du feu loin des bruits de pas du gardien qui semblaient les pourchasser tandis qu'il se laissait de nouveau transporter dans le tourbillon magique qui les arrachaient désagréablement à un confort qu'ils n'avaient qu'à peine effleurer.

De nouveau cette sensation de nausée et de vertige désagréable, l’atterrissage dans une flaque d'eau le renvoya rapidement à la cruelle réalité. Un œil fermé et l'autre à moitié ouvert à tenter de discerner les formes qui l’entourait, il leva alors son pied de la petite mare en sentant déjà l'eau froide s'infiltrer dans sa basket inondée. Le rire de Orna le fit inévitablement sourire tandis qu'il marchait d'un pas vacillant jusqu'à elle. "Encore un endroit que je vais devoir éviter," lâcha la rubissane sous le regard amusé du breton qui se prenait une grosse claque à la vue ennuyeuse de l'académie devant eux. Il ne voulait pas que cela se termine, maudissant intérieurement l'adage qui disait que toutes les bonnes avaient un fin. « Encore un ? Je vois que tu aimes vivre dangereusement, » ajouta alors l'améthysse qui s'adossait contre l'arbre où se trouvait la belle tout en observant les tours de l'académie le narguer. « Fuir pour au final retrouver la prison. » Ironie dans la voix, les traits du sorcier semblaient désormais beaucoup moins enjoués. Une soirée qui se terminait amèrement tandis qu'il tournait la tête vers Orna pour lui offrir un fin de sourire et surtout pour la remercier. « Merci d'avoir accepté cette invitation. J'espère que tu ne regrettes pas ... J'aime ce que j'ai découvert de toi ce soir et j'adorerais avoir l'opportunité d'en découvrir d'avantage. » Il ne savait pas si c'était la fraîcheur nocturne, les hématomes ou bien l'embarras qui faisaient chauffer ses joues mais elles étaient bien enflammées et cela le trahissait. « Enfin si tu en as envie bien sûr. » Il n'était pas certain, la rouge étant difficile à cerner. Il se pencha alors vers la commissure de ses lèvres pour lui offrir un baiser, ignorant l'appel attirant de ses lippes rosées pour ne pas paraître inconvenant ou pressé aux yeux de la calédonienne. Une soirée qui avait un goût d'inachevé. Comme l'hiver avant le printemps, le crépuscule précédant la nuit, un baiser qui  représentait les derniers feux de cette escapade chimérique que le jour finirait par dissiper dès les premières lueurs.  
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