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 Some nights I wish that this all would end (Dstë)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 314
❝ CÔTE DE POPULARITE : 1306
❝ MIROIR : Eliza Taylor
❝ CREDITS : méloria & alaska
❝ DIALOGUES : steelblue
❝ ÂGE : 23 ans
❝ STATUT SOCIAL : Simple roturière, ce n'est pas pour lui déplaire.
❝ OCCUPATION : Améthysse, 8ème année, parcours littéraire et artistique ; Obédience des Compagnons ; Vendeuse au Lys Dansant


Some nights I wish that this all would end
Daphné & Estë
If I could find a way to see this straight I'd run away to some fortune that I, I should have found by now. So I run now to the things they said could restore me, restore life the way it should be. I'm waiting for this cough syrup to come down. ▬ YOUNG THE GIANT

Janvier 2017 –

Le retour à Beauxbâtons est presque brutal. Presque douloureux. Ses pas résonnent dans les couloirs, se mélangent à la cacophonie qui règne, comme à chaque rentrée. Elle se laisse emporter par la foule, se laisse transporter par les rires des amis qui se retrouvent. Pour la première fois, elle n’y participe pas. Elle ne squatte pas les photos des plus jeunes ou des plus vieux qui célèbrent la nouvelle année par un selfie approprié. Elle ne chante pas à tue-tête. Elle ne saute pas sur les gens qu’elle reconnaît. Elle se fond dans la masse, laisse l’envie de rentrer chez elle l’envahir, se cache derrière des cheveux noirs, sous une capuche aussi noire que son sweat trois fois trop large. Le retour à Beauxbâtons lui fait mal et pour la première fois de sa vie, elle n’arrive pas à le dissimuler sous un sourire éblouissant.

Ses mains tremblent, dans ses poches. Depuis qu’elle et Benoît sont passés dans le monde magique, depuis qu’ils se sont séparés à l’entrée du château, elle n’a pas arrêté de trembler. Elle ne sait pas comment faire. C’était une chose de vivre cachée, sans jamais l’admettre à haute voix, sans jamais oser le dire dans sa propre tête. C’était facile de faire semblant. S’en est une autre de le dire à quelqu’un. De l’avouer enfin. De laisser sa famille l’entendre et le comprendre. S’en est une autre de vivre ainsi et de laisser le monde, ce monde, la juger, la jauger, lui répéter sans cesse qu’elle ne vaut rien. Elle tremble. Et ravale les larmes dévastatrices qu’elle ne s’est jamais laissé pleurer. Et baisse la tête, pour éviter qu’on ne la reconnaisse.

Elle est obligée de se battre contre la foule d’élève, lorsqu’elle arrive à l’Aile La Voisin. Rejoindre les appartements Améthysses est un parcours du combattant. Elle manque par trois fois de se faire emporter, marche sur les pieds d’une bonne dizaine d’élèves sans jamais s’excuser. Sans jamais prendre son air penaud, faussement innocent. Mettez-la devant un miroir, elle ne se reconnaîtra pas. Elle ne se ressemble pas. Elle le sait. Elle l’a fait exprès. Ce ne sont que les mots de Benoît, et ses bras réconfortants autour de ses épaules, qui l’ont convaincu de ne pas laisser sa métamorphomagie la transformer en homme. Elle serait mieux acceptée ainsi. Peut-être. Non. Jamais ça ne le serait. Et un sanglot s’échappe lorsque la porte se referme derrière elle.

Les appartements sont bondés, mais elle les reconnaît tous. Elle voit Narcisse près d’une fenêtre et elle se demande. Elle se demande si elle pourra un jour lui dire. Elle se demande s’il la repoussera, comme beaucoup le feront lorsque la nouvelle aura fait le tour. Et elle voit Estë, de l’autre côté de la salle, et les larmes menacent de couler. Elle a le cœur en lambeau et son corps ne tremble plus. Il se tord de douleur. Il est secoué de spasmes qu’elle ne sait pas contrôler.

Personne ne la voit, pas même lorsqu’un septième année la bouscule en entrant. Elle tombe, comme elle en a l’habitude, mais elle ne sait pas si elle peut se relever. Personne ne la voit et elle ne sait pas si c’est un soulagement ou la pire des trahisons. Elle ne sait plus rien.

Assise, cachée dans l’ombre, son ombre, celle de la porte, celle des autres, elle les regarde vivre et rire et faire semblant et elle les jalouses. C’était sa spécialité et elle n’y arrive plus. Les genoux collés contre sa poitrine, elle repose son front dessus. Elle a besoin de son frère. De son cocon familial. Celui qui ne la juge pas, jamais, qui la laisse rire, vivre et pleurer.

Elle ne sait pas trop comment, mais Estë la trouve. Les appartements se sont vidés, les heures se sont écoulées, elle n’a pas su bouger. De ses yeux toujours aussi bleus, la seule chose qu’elle n’ait pas changée de son physique, elle pose la question silencieuse. « Comment m’as-tu reconnue ? » Elle n’attend pas vraiment de réponse. Elle n’en veut pas. Et la peur qui s’empare d’elle fait repartir ses spasmes de plus belle. Sans un mot, elle se relève, s’éloigne de sa meilleure amie. Un pas. Deux pas. Trois pas. Pour courir jusqu’à leur appartement.

Le soulagement la frappe de plein fouet et pour la première fois depuis qu’elle a remis les pieds à l’Académie, elle laisse les sanglots s’échapper. Une myriade d’entre eux. Sa poitrine se bloque au même moment, ses poumons se contractent, incapables de récupérer l’air qu’elle essaie par tous les moyens d’inspirer. Et elle tremble toujours un peu plus. Collée contre un mur, elle se laisse glisser jusqu’au sol. Les mains dans les cheveux, elle essaie de se les arracher. Les mains plaquées contre les oreilles, elle essaie de bloquer le son étranglé qui s’échappe de sa propre bouche. Les mains sur le visage, elle laisse ses ongles parfaitement coupés essayer d’arracher sa peau. Cette peau qu’elle déteste, exècre, hait d’une telle ferveur qu’elle a envie de hurler. Elle a chaud. Et froid. Et elle tremble. Et elle hurle dans ses mains qui recouvrent son visage, étouffent le son.

Pourquoi est le seul mot qui résonne dans sa tête. Plus rien d’autre que ce mot et cette peau qui lui va si mal n’existent. Et elle a mal. Si mal. Si mal qu’elle voudrait en crever. Elle pourrait. Du fin fond de l’abîme dans laquelle elle est tombée, elle sait qu’elle pourrait. Elle ne vaut rien, après tout. Et ce serait si facile.  


© Gasmask

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Stars when you shine, you know how I feel. Scent of the pine, you know how I feel. Yeah, freedom is mine, and I know how I feel. It's a new dawn, it's a new day, it's a new life for me... and I'm feeling good.  › ©️ alaska.  

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❝ HIBOUX : 193
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❝ MIROIR : Daisy Ridley
❝ CREDITS : (c) wild heart
❝ DIALOGUES : #EB6B21
❝ ÂGE : vingt-trois ans
❝ STATUT SOCIAL : Autrefois fille de comte, depuis le récent emprisonnement de ses parents, les sœurs Doriath ne sont plus que des Évincés au yeux de la France, ceux qui avaient et ont tout perdu.
❝ OCCUPATION : Huitième année de gramme, étudiante Améthysse en parcours scientifique. Poursuiveuse dans l'équipe de Quiddtich Diamant.


Some nights I wish that this all would end


daphné delacroix & estë doriath
✧ ✧ ✧


La rentrée a toujours été une expérience que Estë avait appris à apprécier au fil des années, un air de renouveau et d'amitiés retrouvées. Beauxbâtons était devenue pour beaucoup une deuxième maison et cette idée remplissait le château d'une atmosphère agréable, chaleureuse. La jeune Doriath ne pouvait s'empêcher de regarder avec humour la foule incontrôlable, de la cacophonie qui partirait au fil des heures, le temps que l'euphorie des vacances partent pour laisser place à leur quotidien scolaire. Parce que finalement, les habitudes revenaient très vite et l'été s'éloigne petit à petit. La bretonne se retourna vers ses sœurs à l'entrée d'un couloir, les héritières Doriath allaient se séparer, chacune appartenant à des écrins différents. « Profitez-bien de votre soirée ! », leur sourit-elle en les enlaçant chacune leur tour. Eilinel s'en alla en première, Erendis resta quelques secondes, étrangement en train de la toiser. La jeune sorcière soupira, « Je ferais attention promis, je suis majeure aussi maintenant Eren. », si elle admirait sa sœur, un modèle d'autorité et une figure plus maternelle que leur propre mère, Estë espérait que Erendis soit moins méfiante à chaque fois qu'elle devait partir pour Beauxbâtons. Toutes les deux connaissaient le problème, Daphné, sa meilleure amie. Pourtant au fond, la bretonne était persuadée si elles mettaient leurs différents de côté, elles pourraient s'apprécier. « Bonne journée! », sa grande sœur esquissa un sourire avant d'à son tour partir pour ses appartements.

C'est en marchant vers les Améthysse que Estë commença à s'inquiéter. Cette sorte de boule dans le ventre, un instinct qui traîne dans son corps depuis son enfance. Ses yeux bruns cherchait à l'affût une tâche blonde, la petite boule qui lui sautait dessus à chaque rentrée, des yeux bleus qui pétillent de malice. Erendis était partie et la voilà seule et dubitative de n'avoir vu sa meilleure amie. Peut-être était-elle en retard ? Dans tous les cas, c'est les sourcils froncés qu'elle s'installa dans sa chambre quelques minutes plus tard. Et plus les heures avançaient, boule se transforma en monstre qui s'amusait à lui manger l'intérieur, rongée par l'inquiétude. Les personnes les plus tristes ont toujours les plus beaux sourires, pensa-t-elle. Peut-être c'est la vérité, après tout le sourire de la métamorphomage l'avait attiré dès leur première rencontre. Daphné l'avait révélé, sans elle Estë n'aurait peut-être jamais eu le courage de s'affirmer, elle lui doit beaucoup et ne pas être au courant de ce qu'elle faisait ou d'où elle était, la rendait folle. Les Appartements se vidaient petit à petit et la brune restait sur un des canapé, à regarder son téléphone dans l'attente d'une réponse, d'un signe de vie. Elle avait même hésité à envoyer un message au frère de la blonde, mais elle ne le connaissait que trop peu pour l'harceler comme elle venait de faire avec Daph. Peut-on dire que 14 messages relevaient de l' harcèlement ? Peut-être. La brune s’apprêta à lui envoyer un quinzième quand son regard s'arrêta vers l'ombre de la porte et en un instant elle comprit.

La personne – non la masse – noire ne faisant qu'une avec l'ombre releva sa chevelure, aussi ébène que le reste quand elle sentit la Doriath s'approcher – quand ? Comment ? Elle ne savait même plus. Dans un flash, deux pupilles azures contrastèrent avec le fond noir et Estë sût qui c'était, même si son corps avait réagi avant même qu'elle ne le découvre. Doucement, elle s'avança, inquiète. Si elle l'avait déjà vu triste, jamais elle ne l'avait vu utiliser sa métamorphagie pour se cacher, pour devenir cet être si différent de ce qu'elle était. La brune se retrouva encore plus angoissée que quand elle ne savait pas où elle se trouvait. Dans ces yeux reflétaient une fragilité étrangère qui était insupportable, que c'était-il passé ? allait-elle lui poser. Mais soudainement, tel un animal apeuré elle s'enfuit vers les dortoirs, précipitamment, ses gémissement raisonnant dans ses oreilles. Surprise, Estë mit quelques secondes avant de réagir et de la suivre en courant.

« Daphné ! », l'appela-t-elle, avant d’étouffer sa voix. Le spectacle était affolant, horrible, la brune ne prit même pas le temps de scruter les alentours, ses yeux étaient restés fixé tout ce temps sur sa meilleure amie. Oh sa pauvre meilleure amie. Sans une seconde de plus, elle fonça sur elle. Elle devait arrêter, pourquoi se faisait-elle du mal ? Estë heureusement était plus forte que la blonde, merci les entraînements, ce qui n'empêcha pas d'avoir dû mal à la contenir. « Daph ! », cria-t-elle pour qu'elle se réveille de cette folle transe. « Arrête, Daph, s'il te plaît. », sa gorge était nouée, elle ne pouvait pas supporter de la voir se blesser, sans connaître la raison de ses maux qui plus est. « Daphné ! », couina la brune avant de tomber à genoux à ses côtés, bloquant d'une main ses poignets et caressant ses cheveux de l'autre. Avec ses jambes elle immobilisa son corps dans une étreinte peu confortable mais suffisamment pour lui montrer sa présence. « Chuuut. », chuchota-t-elle en caressant ses cheveux noirs, étrangers. Elle essayait de contenir ses larmes mais voir Daphné, sa Daphné si forte n'être plus que l'ombre d'elle-même, la rendait émotive. Parce qu'elle ne méritait pas de s'infliger cela, elle était la dernière personne à devoir vivre cela. « Daph, calme-toi, c'est moi. Je suis là, tu n'es pas seule. » Estë posa son menton sur le haut de son crâne, essayant de la bercer en murmurant des petits mots, si elle ne savait pas ce qu'il se passait, la brune était sûre d'une chose ; elle sera là pour elle.


(c) Illmarë

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Daphné & Estë
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Elle n’arrive pas à respirer. Sanglot après sanglot elle tente d’avaler l’air qui lui manque. Spasme après spasme elle le recrache et larme après larme, elle laisse la douleur l’envahir. Une douleur qui s’étend du haut de son crâne jusqu’à la pointe de ses pieds, se niche au fond de son cœur et s’attache à elle, s’agrippe, se cramponne si désespérément que Daphné n’arrive pas à identifier une autre sensation. Comme celle des mains d’Estë qui tentent par tous les moyens de calmer ses gestes frénétiques. Ou sa voix qui cherche à la réveiller du cauchemar qu’est devenue sa vie. Et tout ça parce qu’elle a osé le dire à haute voix. À quelqu’un. Elle n’était pas prête. Elle ne l’est toujours pas. Et sa peau, cette peau qu’elle habite et qu’elle exècre, elle veut s’en défaire. Parce que c’est de sa faute, tout est de sa faute.  

Et dans les bras immobilisés par une Estë bien trop forte, Daphné pleure. Des sanglots qui partent du plus profond de son âme et révèlent le démon qu’elle cache depuis trop longtemps. Des pleurs qui lui déchirent les oreilles et la gorge. Des larmes qui l’aveuglent. Et une fatigue telle qu’elle ne sait pas comment elle arrive à rester consciente. Dormir lui ferait oublier quelques instants. Mais dormir lui rappellerait jusqu’à quel point le déni s’ancre et arrache chaque parcelle de son être. Et sa peau, cette peau qu’elle arbore et abhorre, elle veut la tuer. Parce qu’elle ne l’a jamais voulue et qu’elle veut la rendre, l’échanger contre une peau plus banale et ennuyeuse, mais une peau que le monde accepterait sans sourciller.

Elle pleure. Longtemps. Les bras d’Estë, ses paroles, ses gestes réconfortants n’ont pour seul effet que de lui faire réaliser que si. Elle est seule. Incurablement seule. Et c’est cette solitude qui pèse douloureusement, lacère son esprit et lui murmure des pensées qu’elle n’aurait jamais cru avoir un jour. Des pensées qui n’ont aucun sens et qui pourtant ont plus de poids que la présence de sa meilleure amie. Elle pleure. Inlassablement. Jusqu’à ce que son corps, épuisé, ne se calme tout seul.

Un soupire. Une respiration tremblante. L’air frappe ses poumons, soulage ses muscles, lui fait réaliser à quel point sa réaction est excessive. Mais elle ne l’est pas. Et elle veut Benoît. Les yeux fermés, elle se remémore la semaine précédente. Où le froid du décembre toulousain lui glaçait les os, l’ancrait à l’ici et maintenant. Où Noël n’était pas si joyeux et festif que d’habitude. Où son frère, plus inquiet qu’il ne l’avait laissé paraître l’avait rejoint dans le jardin, pour fixer le ciel étoilé sans vraiment savoir ce qu’il devait regarder, ni à quoi il devait s’attendre. Elle essaie de retrouver la paix qui l’habitait à ce moment-là, mais les bras d’Estë l’oppressent. Elle essaie de retrouver la conviction qui l’habitait à ce moment-là, mais la présence d’Estë l’effraie. Et elle a si peur. Si peur de former ces mots. Ces trois mots qui la hantent et la détruisent. Parce que Benoît est con, mais il l’aime inconditionnellement. Et il a toujours été là. À peindre les pires horreurs pendant qu’elle se cachait sous le piano familial. Son piano. À attendre qu’elle ose enfin s’ouvrir. Parce qu’Estë est sa meilleure amie depuis le premier jour passé dans cette Académie. Parce qu’Estë est noble, une simple comtesse peut-être, mais elle est noble. Et Daphné sait que c’est mal vu. Et tabou. Et honteux. Et si elle n’arrive pas à se regarder dans la glace, alors Estë ne pourra plus jamais la regarder en face. Et elle est si seule qu’une nouvelle larme coule. Trop fatiguée pour pleurer, pourtant, elle essuie sa joue de sa main. Et elle soupire. Et respire lentement. Et elle tremble. Parce qu’elle ne sait pas quoi dire ni quoi faire.  

Elle ne dit rien. Retrouve le silence qui ne lui ressemble pas, mais qui lui fait du bien, autant qu’il la détruit. Le silence qui retient chacune de ses pulsions, chacun de ses mots. Et c’est peut-être mieux ainsi. Elle est restée cachée pendant si longtemps. Peut-être qu’elle peut continuer. Se relever. Sourire. Faire semblant. C’est sa spécialité.

Elle donnerait tout pour retrouver son piano, se cacher dessous et faire comme si le monde ne tournait pas. Pour reprendre son souffle et attendre. Attendre que son cœur s’allège de lui-même et que ses doigts s’agitent sous l’envie de jouer, ou de dessiner. Et sans trop savoir comment, elle se détache d’Estë. S’éloigne de ses bras emplis de bonnes intentions pour s’enfermer dans son monde. Sa baguette lui amène son crayon et ses parchemins. C’est plus simple de dessiner. Elle voit le monde sous un meilleur jour quand elle dessine. Un visage, puis deux. Une main, puis deux. Des mains qui s’enlacent. Et les silhouettes suivent. Et le couple naît. Un couple fictif. Un couple tabou.

Elle réalise qu’elle pleure à nouveau lorsqu’une larme tombe sur la joue d’une des femmes qu’elle vient de créer, mais elle ne s’arrête pas. Elle pourrait se relever. Sourire. Faire semblant. Mais elle ne pourrait pas ignorer ce vide douloureux qui l’empoigne et qui la fait tomber, jour après jour, nuit après nuit, toujours un peu plus au fond de l’abîme.

« J’aime les filles. »

Elle ne s’entend pas les murmurer. Ces mêmes mots qu’elle a lancés à son frère. Elle ne réalise pas qu’elle parle. Elle ne réalise pas que sa gorge se resserre et que les larmes coulent un peu plus fort.

« Et j’ai l’impression de crever un peu plus chaque jour depuis que je l’ai dit à Benoît. »

Pourquoi ? Le mot résonne dans sa tête. Pourquoi elle ?

« Et j’ai peur que tu me voies différemment. Que tu réalises que ta sœur à raison. Que je suis une mauvaise influence. Une fille de rien qui ne devrait même pas exister… »

Sa voix se brise, mais elle ne lève pas les yeux pour observer Estë. Les mains crispées autour de son parchemin, elle ne peut que retenir son souffle et attendre. Mais attendre quoi au juste ? Elle n’en a aucune idée. C’est ce qui l’effraie le plus.  


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Le temps passait sans qu'elle n'est aucune notion de celui-ci, à vrai dire Estë n'a jamais été autant perdue de sa vie. Daphné avait toujours représenté cette figure forte, inébranlable. Cette confiance en elle, qu'elle essayait tant d'atteindre. Ce soleil, cette liberté que la brune avait tant chercher à avoir. Aujourd'hui elle ne semblait plus l'ombre d'elle-même et Estë culpabilisa immédiatement d'avoir élevé sa meilleure amie au statut d'une déesse au lieu de la considérer comme un humain. Les pleurs de la blonde finirent par s'étouffer, sans qu'elle n'y fasse attention, comme s'ils avaient été présent tout ce temps. Stupeur, honte, inquiétude avait enveloppé la bretonne, en clignant des yeux elle se rendit compte que la masse qu'elle tenait dans ses bras avait disparu, quelques mètres plus loin. Daphné crayon et parchemin à la main, dessinait ses maux dans une familière transe. C'était une légende urbaine de dire que les artistes étaient possédés lorsqu'ils créaient, néanmoins Estë à chaque fois qu'elle regardait sa meilleure amie dessiner elle n'arrivait pas à se détacher de cette idée. Comme une pensine, elle en ressortait toujours plus calme, soulagée même. La brune resta immobile, l'observa en silence et dans leur chambre seul ses coups de crayons résonnaient. Son instinct l'obligea de ne pas aller l'enlacer de nouveau, pour la rassurer. Comme si ses actions n'avaient fait qu'empirer son état, jamais de sa vie elle ne s'était sentie aussi impuissante, pas même devant ses parents. Elle avait toujours aspiré à devenir une personne qui aidait les autres, aujourd'hui elle ne semblait pouvoir rien faire à part se contenter d'observer.

« J’aime les filles. »

La Doriath releva la tête au murmure à peine audible, elle resta silencieuse néanmoins, les informations ayant dû mal à arriver jusqu'à destination. Daphné aimait les filles. Elle ne va pas mentir, c'est une nouvelle choquante, parce que d'où elle venait c'était un sujet encore plus tabou que dans le monde sorcier. Monde archaïque cela avait été un sujet dont personne ne parler, à vrai dire de sa vie jamais elle en avait rencontré. Estë rit intérieurement du ridicule de la situation, les moldus avait accepté les homosexuels mais se refuse de croire en la magie. Tandis qu'eux, êtres magiques avaient peur de quelque chose qui n'avait pas lieu d'être.

« Et j’ai l’impression de crever un peu plus chaque jour depuis que je l’ai dit à Benoît. »  

Elle sursauta, pourquoi elle ressentait ça ? Où était la Daphné révolutionnaire, qui levait la tête devant les critiques ? Pourquoi avoir peur maintenant ? Elle n'avait pas le droit d'abandonner, ce n'était pas elle.
« Et j’ai peur que tu me voies différemment. Que tu réalises que ta sœur à raison. Que je suis une mauvaise influence. Une fille de rien qui ne devrait même pas exister… » La brune se leva précipitamment vers sa meilleure amie, elle tomba à ses côtés jetant un regard sur son dessin qui se froissait entre ses mains. Magnifiquement torturé. La bretonne fronça des sourcils et posa ses mains sur les épaules de sa meilleure amie, la forçant à la regarder dans les yeux. « Erendis ne te connaît pas Daphné et pour être honnête elle est méfiante de toute personne qui n'est pas noble. Mais elle changera, tout le monde le fait, surtout quand ils apprennent à te connaître. », elle esquissa un sourire doux. Nombreux lui ont reproché de ne regarder que le bon côté des humains, mais si elle ne le faisait pas, qui le ferait ? « Daph, tu m'as donné le courage de devenir celle que j'ai toujours caché. Tu ne m'as pas jugé d'être une noble et tu as été ma première amie.. », croassa-t-elle, « Tu ne peux pas dire que tu ne mérites pas d'exister, tu es ma meilleure amie Daphné, une autre sœur. » La brune posa sa tête contre la sienne, elle avait l'impression que ses mots ne l'atteignait pas, elle aurait voulu être Benoît à cet instant, lui elle l'écouterait. Elle resta silencieuse, impossible de trouver les mots pour guérir sa meilleure amie.

« Puis pourquoi je devrais te rejeter ? Tu as bien choisi, les seins c'est super confortable. », tenta-t-elle pathétiquement, en réalité la blagueuse de leur duo c'était Daphné, mais elle pouvait bien essayer de remplir le rôle en attendant. Sa main chercha la sienne, pour la lui serrer, pour que lui montrer qu'elle était présente, qu'elle ne la jugeait pas à défaut de trouver les mots pour.


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Tic toc. Les secondes passent et l’étau se resserre autour d’elle. Combien de temps avant qu’Estë ne la rejette ? Entre ses mains, le dessin tremble, se froisse, se déchire. L’attente est aussi terrible que salvatrice. Peut-être… peut-être que la réplique cinglante ne viendra pas. Peut-être qu’elle réagira comme sa mère, avec un sourire soulagé aux lèvres et une étreinte réconfortante. Peut-être qu’elle réagira comme Anaïs, avec un regard désintéressé et un haussement des épaules blasé. Ou peut-être qu’elle réagira comme son père avec sa question aussi soudaine que déplacée : « ça veut dire que tu as quelqu’un à nous présenter ? » Mais l’espoir n’est pas une chose qu’elle peut se permettre. Pas lorsque l’éducation d’Estë lui a toujours rabâché que l’homosexualité est une tare. Pas lorsque c’est sa meilleure amie qu’elle risque de perdre pour une chose qu’elle ne peut pas contrôler. Espérer, c’est prendre le risque d’être détruite par le rejet inévitable. Mais si elle s’attend au pire, alors… alors elle pourra peut-être ravaler ses larmes, se relever et reprendre le cours de sa vie. Elle n’y croit pas, à ce mensonge, mais le déni offre une place confortable.

Tic toc. Les secondes passent et les mains d’Estë viennent se poser sur ses épaules. Sa voix offre des mots se voulant réconfortants, mais qui ne sont que mensongers. Erendis ne changera pas. Erendis ne veut pas la connaître et pour être tout à fait honnête, Daphné n’en a pas plus envie. Moins elle fréquente l’aînée Doriath, mieux elle se porte. Sous ses yeux, Estë sourit. Elle ne voit pas, n’entend pas le rejet auquel elle s’attendait. Et la douleur force de nouvelles larmes aux coins de ses yeux. Il n’y a que Daphné qui se rejette et elle s’en veut. Elle s’en veut de ne pas lui faire confiance, elle s’en veut de se détester à ce point, elle s’en veut de n’avoir été que mensonges et déceptions pendant près de trois ans. Dans un flash, ses cheveux passent du noir ébène à un rouge sombre.

Tu mérites d’exister, murmure Estë, mais c’est faux, murmure son cœur. La douleur martèle toujours un peu plus fort. C’est faux. C’est vrai, mais c’est faux. Elle n’est pas fille de rien, sa Cavalière de mère serait la première à lui rappeler. Elle n’est pas bonne à rien, lui gueule l’expérience. Elle fait danser l’Académie lors des bals, après tout et elle les fait rire lorsqu’elle s’essaie à la danse et elle n’est pas noble, mais ça ne change rien à ce qu’elle est. Alors pourquoi ? Pourquoi n’entend-elle que la fatigue qui lui murmure d’en finir ? Et le désespoir qui lui murmure que ce n’est pas une vie qu’elle s’offre. Pourquoi n’entend-elle pas le réconfort d’Estë, qui n’est pas différent de celui de Benoît ?

« Puis pourquoi je devrais te rejeter ? Tu as bien choisi, les seins c’est super confortable. »

Malgré elle, un rire s’échappe de sa gorge. Presque amère. Un rire sans joie qui se transforme en un sourire triste. Si seulement c’était si simple. La simplicité lui manque. Se lever, sourire, faire l’imbécile et faire semblant, jour après jour. C’était douloureux, mais c’était simple. Pourquoi avoir décidé de tout arrêter ? Parce que la douleur rendait le poids du mensonge toujours plus difficile à porter. Et parce que dans un coin de sa tête, elle se souvient des lèvres qui ont effleuré les siennes. Rien de bien marquant. Rien qui ne lui donne envie de recommencer. Mais de quoi lui donner envie d’être honnête. De quoi lui donner envie de ne plus se cacher si une fille l’intéresse. Et c’était une erreur monumentale. Parce que le poids du mensonge était lourd, mais le poids du rejet l’est encore plus. Et même si ceux qui comptent ne la rejettent pas, elle sait que la nouvelle se répandra comme une traînée de poudre et la honte qui vient avec cette publicité non désirée, elle n’en veut pas. Et si ceux qu’elle aime ne la rejettent pas, ceux qui condamnent ce qu’elle est sauront la trouver. Et elle n’est pas capable de les regarder dans les yeux et de leur dire d’aller se faire foutre.

Elle aimerait pouvoir sourire de toutes ses dents et dire à Estë combien elle a raison. Qu’outre le confort, il y a aussi la beauté et l’attirance et le désir et le plaisir et que s’il y a bien quelque chose de parfait dans ce monde, c’est bien le corps des femmes, mais Daphné n’est encore jamais allée au-delà de roulages de pelles incroyablement frustrants. Elle n’en sait rien. Elle ne peut qu’admirer de loin, imaginer, supposer… Et même si elle s’était envoyée en l’air, elle serait bien incapable d’en parler. Les mots se forment à peine dans sa tête, se meurent dans sa gorge, s’éteignent dans un soupir.

Tic toc. Les secondes passent et le silence l’étouffe un peu plus.

« Tu connais cette sensation quand… quand tu te réveilles d’un cauchemar et que t’as l’impression que le monstre est toujours là ? Ou que tu es encore en train de tomber dans le vide alors que t’as bien les fesses posées sur le matelas ? »

Un énième soupir s’échappe de ses lèvres pendant qu’elle essuie ses joues humides avec les manches de son sweat. Avec l’aide de sa main, elle plisse le nez une seconde. Le temps que le rouge de ses cheveux disparaisse pour laisser la place à son blond naturel. Et son visage reprend sa forme originelle. Et ses yeux ne changent pas, mais ils se remplissent de larmes et sa voix tremble à nouveau. Et elle se déteste. Se hait d’une telle ferveur qu’elle a le souffle coupé.

« Je suis mon cauchemar. Et j’arrive pas à me réveiller. »

Nuit après nuit après nuit. Jour après jour après jour. Réveil, sourire, faire semblant et se regarder dans le miroir et ne jamais pouvoir penser à autre chose qu’à cette différence qui fait d’elle, elle, mais dont elle ne veut pas.

« J’veux dire. La première chose que je vois quand je me lève c’est toi, ok ? » Pas sûr que ce soit un compliment, dit comme ça, mais passons. « Et la première chose qu’on entend quand on sort d’ici, c’est à quel point Narcisse, ou pire, Yann, est beau. » Elle est obligée de plisser le nez sous le dégoût et c’est terrible, parce qu’elle est censée les trouver beaux, mais il n’y a rien. Rien, excepté un réflexe nauséeux. « Et je ferais n’importe quoi pour faire partie de ces idiotes qui bavent et gloussent dès qu’ils passent à côté d’elles. Ils sont pas moches, mais la seule chose qui me traverse l’esprit, c’est que si je devais choisir entre Marien et Angélique Leblois, je choisirais Angélique. Et s’il fallait comparer Hortense et Angélique Leblois, Hortense serait très franchement un 9,5, mais Angélique un 10. » Loin d’elle l’idée de les traiter comme des objets, et surtout, loin d’elle l’envie de penser aux Leblois, mais autant être honnête. « J’aimerais juste me réveiller de ce cauchemar Estë. Je veux juste être normale. »


© Gasmask

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Stars when you shine, you know how I feel. Scent of the pine, you know how I feel. Yeah, freedom is mine, and I know how I feel. It's a new dawn, it's a new day, it's a new life for me... and I'm feeling good.  › ©️ alaska.  

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❝ STATUT SOCIAL : Autrefois fille de comte, depuis le récent emprisonnement de ses parents, les sœurs Doriath ne sont plus que des Évincés au yeux de la France, ceux qui avaient et ont tout perdu.
❝ OCCUPATION : Huitième année de gramme, étudiante Améthysse en parcours scientifique. Poursuiveuse dans l'équipe de Quiddtich Diamant.


Some nights I wish that this all would end


daphné delacroix & estë doriath
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Si son cœur se sentit un peu plus léger en entendant le rire de sa meilleure amie, elle savait que c'était loin d'être gagné, le bruit qu'elle avait entendu étant à des années lumières du rire made in daph. Estë s'en voulait profondément, elle avait l'impression de faillir sa meilleure amie, celle-ci plus l'ombre d'elle-même, qui s'enfonçait dans l'obscurité se refusant d'écouter sa voix. Mentalement la noble se maudit de ne pas être Benoît, le frère qu'elle avait à peine croiser mais qui était si important dans la vie de Daphné. Si elle avait bien compris, elle lui avait dit pendant les vacances et cela s'était bien déroulé, enfin jusqu'à maintenant. Mais voilà qu'elle, pauvre Doriath avait été impuissante pour rassurer sa meilleure amie. Comment lui faire comprendre que non, même si elle avait été éduqué par des nobles, elle avait toujours refusé de dévisager la différence, parce qu'elle s'était elle-même longtemps sentit comme un mouton noir parmi la bourgeoisie. Néanmoins, Daphné semblait ne pas vouloir la croire, elle se rabaissait, chose qu'elle n'avait jamais fait. Où était la  blonde  avec un stetson ridicule sur la tête, qui la poussait à devenir qui elle voulait être, et non celle qu'on voulait d'elle ?

« Tu connais cette sensation quand… quand tu te réveilles d’un cauchemar et que t’as l’impression que le monstre est toujours là ? Ou que tu es encore en train de tomber dans le vide alors que t’as bien les fesses posées sur le matelas ? »

Estë hocha la tête, silencieuse, persuadée que sa meilleure amie n'avait pas fini. Néanmoins elle n'arrivait pas à détacher son regard de sa silhouette, une main sur le genou de l'améthysse, se voulant rassurante, présente. Sous ses yeux, Daphné reprit ses trais, ceux de la Delacroix qu'elle connaissait. Encore maintenant, le don de sa colocataire l'emplissait de curiosité et d'admiration, mais aujourd'hui c'était le sentiment de soulagement qui gagnait sur le reste. « Je suis mon cauchemar. Et j’arrive pas à me réveiller. »
Cette phrase la remplit d'horreur, jamais elle n'eut ressenti un tel effroi envers quelque chose depuis qu'à ses douze ans Eili lui avait fait peur avec le dolichocéphale de son père. Elle ne pouvait plus supporter voir sa meilleure amie dérailler, oublier qui elle était, ce qu'elle valait ! Estë avait été perdue au milieu du troupeau de la bourgeoisie et Daphné l'avait remis sur le droit chemin tel un berger. Etait-elle à la hauteur de la métamorphomage ? Jamais elle ne remplacera les mots rassurants de Benoît, mais peut-être, sûrement elle pourrait lui ouvrir les yeux. Elle arrivera hein ? Estë n'a jamais été autant déterminée de rendre la pareille à sa meilleure amie, à un moment où elle avait besoin d'autant de soutient possible.
 « Et je ferais n’importe quoi pour faire partie de ces idiotes qui bavent et gloussent dès qu’ils passent à côté d’elles. Ils sont pas moches, mais la seule chose qui me traverse l’esprit, c’est que si je devais choisir entre Marien et Angélique Leblois, je choisirais Angélique. Et s’il fallait comparer Hortense et Angélique Leblois, Hortense serait très franchement un 9,5, mais Angélique un 10. » . « J’aimerais juste me réveiller de ce cauchemar Estë. Je veux juste être normale. »

Estë fronça des sourcils en se levant. Elle allait finir cette idiotie, elle n'arrivait plus à ne faire qu'être aux côtés de Daphné, impuissante à la regarder se morfondre, avoir peur, disparaître. Non, aujourd'hui, elle va lever la blonde, lui flanquer son stetson tout cabossé sur la tête, la secouer jusqu'à ce qu'elle redevienne normale. L'ironie était de voir la fille de comte avoir moins de préjugés que la roturière en face d'elle. « Tu te considérais normale avant ? Parce que je n'ai jamais pensé cela. Tu es une métamorphomage Daph, tu n'es pas normale. Non tu es extraordinaire, tu as un don qui n'est pas commun chez les sorciers, tu n'as jamais été normale. » Elle posa ses mains sur ses hanches, la fixant d'une lueur certaine. « Merlin, pour les moldus on est des sortes de vieux qui boivent des nectars magiques et qui les transforme en grenouilles ! Tu sais ce que font les français moldus avec les grenouilles en plus. » Après un silence où Estë marmonna « Et c'est nous les anormaux dans l'histoire. » elle tendit la main à Daphné, encore à terre, un grand sourire. « Écoute ma blondie, faut se faire à l'idée qu'on n'est pas normales à partir du moment où on peut faire jaillir de l'eau d'un bout de bois de 30 centimètres. » Elle se refusait de bouger tant que Daphné agrippe sa main, et elle pouvait rester longtemps dans une position c'était comme gainer, facile. Les amis étaient des voleurs de temps, peut-être, si c'était la vérité, Estë était prête à voler tout le temps de Daphné jusqu'à ce qu'elle se rappelle de qui elle est. « Alors non, tu ne seras jamais normale et ce n'est pas un cauchemar non plus. Tu m'as dit une fois de ne pas retenir la vraie Estë qui était en moi, aujourd'hui je te dis la même chose. » Elle prit son souffle, puis lui sourit une nouvelle fois, plus grand comme si c'était possible. « Ne la retiens pas, elle a toujours été là et tu ne peux pas la nier. Tu n'es pas seule Daphné, je suis là, ta famille aussi, tes amis. Tu n'as pas de raison de te cacher quand nous on est là sans jugements et prêt à tout pour toi. »



(c) Illmarë

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