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 just give me a reason ⊰ valentine

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 634
❝ CÔTE DE POPULARITE : 1185
❝ MIROIR : gemma arterton
❝ CREDITS : gentleheart.
❝ ÂGE : vingt-sept ans
❝ STATUT SOCIAL : enfant d'une infidélité, elle ne peut prétendre à la noblesse de son père et se mêle ainsi à la plèbe, roturière, comme sa mère.
❝ OCCUPATION : actrice au mélusine et alchimiste à son propre compte



Augustine pousse un léger ronflement alors même que son esprit s’extirpe de son lourd sommeil. Elle a échoué dans son lit la veille, ou plutôt ce matin avant l’aube, après avoir bu quelques verres avec son jumeau. Enfin, Anatole a bu quelques verres, elle pour sa part a bien failli épuiser le stock de liqueur du bar. Elle a noyé le poisson dans l’eau comme on dit, ou du moins elle a essayé. Essayé d’embrumer son esprit suffisamment pour oublier la souffrance de son frère, qu’elle ressent en sa présence aussi fortement que si elle était sienne. C’est comme ça: d’un regard elle a tout vu, tout compris. Il a sourit en venant la chercher après la représentation, il a essayé de cacher l’impossible. Car quand il s’agit de son double, Augustine voit tout, ressent tout. D’un regard elle lui a posé la question, en une phrase il a tout dit: “elle a répondu non”. Et aussitôt elle lui a attrapé la main pour l’emmener dans son bar préféré de la capitale. Noyer la douleur de son frère dans l’alcool, faire taire leur connexion psychique, vite. Augustine ne savait pas même que son frère avait eu l’intention de demander Valentine en mariage. Plus tard dans la soirée vint l’explication: ça n’était pas prévu justement. Ça ne voulait pas dire qu’il ne l’avait voulu de tout son cœur, ça elle l’eut bien compris. Dans son lit, l’actrice étouffe un bâillement et fronce les sourcils alors que les souvenirs de la soirée lui reviennent en même temps qu’un mal de crâne à lui fendre la cervelle. Avec tout l’effort du monde, elle se tire de ses draps suffisamment pour attraper un cachet blanc dans le tiroir de sa table de nuit et l’avaler avec l’aide de la bouteille d’eau toujours présente à proximité pour ce genre de situations. Ça n’arrive pas si souvent: Augustine n’est pas une grande buveuse, elle aime sortir, elle aime s’amuser, mais elle n’abuse que rarement de la boisson. Heureusement les cachets - un peu arrangés par ses soins — fonctionnent assez rapidement et bientôt elle est capable de rejoindre la salle de bain. Son esprit s’éclaircit de seconde en seconde et elle est bientôt capable de repenser à la demande ratée de son frère. Elle peut admettre qu’on a vu plus romantique qu’une capsule de canette en guise de bague et une demande faite dans l’urgence poussée par l’envie de doubler une mère entremetteuse. Mais elle ne voit pas là une raison de rejeter une proposition qui vient du cœur. Valentine aime Anatole non ? Ça devrait suffire.

Elle n’a pas eu le temps de rager la veille, elle n’a même pas pensé à Valentine à dire vrai, juste à Anatole, à sa souffrance, sa déception. Désormais il lui est facile de se focaliser sur la jolie noble: tout est de sa faute. C’est elle qui rend son frère malheureux or Augustine s’est fait il y a bien longtemps déjà la promesse de ne jamais laisser une telle faute impunie. Elle s’habille en vitesse, sa décision prise: elle va s’enquérir calmement de la chose auprès de la dracologue. Ou plutôt elle va hurler, bousculer, accuser, avant de poser quelques questions. Jusque-là elle a toujours apprécié Valentine. C’est presque automatiquement en effet qu’elle l’a adoptée quand elle et Anatole ont commencé à sortir ensemble. Pour Augustine, Valentine est déjà sa belle-sœur, alliance au doigt ou pas. Sauf que son affection pour la jeune femme n’est pas prête de rivaliser avec la loyauté infaillible qu’elle voue à son frère. Elle prend le temps de réfléchir avant de plonger ses doigts dans le bocal de poudre noire posé sur le rebord de sa cheminée. Où Valentine peut-elle se trouver un mercredi matin ? Elle est peut-être chez elle, c’est-à-dire chez Anatole à Toulouse, mais vu l’heure elle a plus de chance d’être déjà sortie. Et puis Augustine n’est pas certaine d’avoir envie de risquer qu’Anatole ne les voit “discuter”. Elle ne lui a pas demandé son avis, mais est à peu près certaine que si elle l’avait fait elle n’aurait certainement pas son aval pour une telle entreprise. Elle s’en fiche, elle le fait pour lui, malgré lui s’il le faut. Elle peut comprendre que lui n’ose pas forcément s’énerver contre sa bien-aimée, alors elle le fait à sa place. La poudre est lâchée dans l’âtre de la cheminée et le nom du café sorcier le plus proche de l’atelier de la dracologue est prononcé. Une méfiance nouvelle s’insinue en elle. Et si la douce noble se jouait de son frère ? Et si elle comptait un jour rentrer au bercail et ne fait en réalité que s’amuser un peu avec un roturier avant de rentrer dans le rang ? Elle est mauvaise: elle a toujours vu la sincérité de l’amour dans le regard de Valentine. Leur relation coule de sens. Elle ne peut pas être si bonne actrice que ça. Mais alors, elle ne comprend pas ce qui peut motiver une réponse par la négative. Ses grosse bottes martèlent le parquet du café, elle adresse à peine un regard au barman occupé à nettoyer les tasses derrière son comptoir. Augustine n’est pas contente et ça se voit. L’atelier de Valentine lui est assez familier, elle est venue plusieurs fois lui rendre visite, l’entendre parler de ses découvertes, en apprendre un peu plus sur ces magnifiques créatures que la petite-amie de son frère étudie. C’est le premier endroit auquel elle a pensé mis à part leur appartement, elle ne sait pas si la Bloisbleau y sera, mais ça vaut certainement le  coup d’essayer. BOUM BOUM BOUM son poing fermé s’écrase violemment contre la porte. « VALENTINE. » hurle-t-elle presque. Ça n’a pas de quoi inquiéter en soi: Augustine hurle quand elle est compte, hurle quand elle est triste, hurle quand elle est énervée. Quand Valentine lui ouvre, c’est avec un calme presque olympien qu’elle lance, sans fausse politesse:  « Dis-moi, le nom Leroy n’est pas assez bien pour toi ? » Elle croise les bras contre sa poitrine la moue boudeuse. D’habitude elle saute dans les bras de Valentine, pas aujourd’hui. Elle n’attend pas de réponse et enchaîne, haussant déjà le ton « Donne-moi une raison pour laquelle je devrais pas te casser la gueule. » Elle hausse un sourcil et laisse cette fois-ci une chance à Valentine d’en placer une. Elle n'est probablement pas crédible pour un sou, pourtant c'est mal la connaître que de croire que la menace est lancée en l'air. Si elle ne compte pas forcément user de ses poings — dont elle ne sait de toute façon pas se servir — contre Valentine, elle compte bien déchaîner une colère d'une violence rare sur la jolie noble si elle ne lui donne pas une explication digne de ce nom et plus vite que ça.

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❝ HIBOUX : 170
❝ AUTRES VISAGES : Elysée L. Berthelot ; liens, instagram
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❝ MIROIR : Alicia Vikander
❝ CREDITS : Lady Azraël
❝ DIALOGUES : #cc9966
❝ ÂGE : 26 ans
❝ STATUT SOCIAL : Valentine appartient au Duché de Bretagne, mais elle préférerait ne pas avoir de titres.
❝ OCCUPATION : Valentine a étudié à Beauxbâtons jusqu'aux DIADEMS. Elle est désormais dracologue, un métier qu'elle souhait exercer depuis sa plus tendre enfance.


On pourrait se marier. Les mots qu’il avait prononcés, lentement, sûrement, comme si le mariage était la solution idéale, celle qui finirait par régler tous leurs problèmes. Elle avait entendu les mots, un à un, avait senti ses oreilles rougir, de colère, de surprise, ou de tendresse, elle ne savait pas très bien. Elle s’attendait à tout sauf, bien sûr, à ça. Ce n’était pas dans ses plans. Elle l’avait regardé, dévisagé, cherché dans les traits de ses expressions s’il était sérieux, ou s’il plaisantait, s’il la faisait marcher. Elle n’avait reconnu que le feu de l’amour, ce regard qui lui était réservé depuis des années, déjà. Anatole Leroy ne pouvait pas être plus sérieux. A l’aide d’un petit anneau en fer, il demandait Valentine en mariage. Elle avait eu envie de rire, hurler, de fuir. Le mariage, elle n’y avait jamais pensé de façon sérieuse. Toute sa vie, elle avait entendu sa mère, Clémence, lui rechigner les mêmes discours. Toi, Valentine, tu te marieras avec un duc, au pire, un compte. Tu seras heureuse, tu verras. Heureuse, comment, se demandait-elle toujours. Valentine, elle, rêvait d’espaces verts, de liberté. Les palais, les châteaux la laissaient indifférentes. Leurs pierres froides, leurs statues qui représentaient de grandes figures de l’histoire sorcière, elle n’en avait que peu à faire. Elle les voyait, les regardait sans les admirer. Elle ne les aimait pas. Elle n’aimait pas le marbre qui ornait les marches du perron. Elle n’aimait pas les colonnes blanches sublimant le jardin. Elle n’aimait pas la longue table à manger en chêne. Elle n’aimait pas le luxe dans lequel elle avait grandi. Anatole avait été comme une bouffée d’air. L’air que l’on respire lorsque l’on se sent oppressé. Valentine se sentait oppressée depuis des années, trop d’années. Elle avait levé les yeux vers lui, simple roturier, pauvre bâtard, enfant non désiré, non aimé, par un père qui préférerait détourner le regard plutôt que d’apprécier le bonheur qu’aurait pu lui procurer ses enfants. Anatole. Au premier regard, elle avait su. Lui serait son échappatoire, la route vers un monde meilleur, son avenir, sa destinée. Elle en était tombée amoureuse, vite, trop vite, comme elle n’aurait jamais imaginé aimé avant. Il était son exception.

Pour autant, elle ne voulait pas de ce mariage proposé au détour d’une révélation, d’une dispute. Il pensait que c’était la solution idéale pour éloigner Clémence, pour l’empêcher de venir détruire tout ce qu’ils avaient construit, ensemble, depuis quatre ans. Elle comprenait. Mais Valentine n’acceptait pas. Au fond d’elle, même amoureuse, elle restait l’enfant qui ne rêvait que de liberté. Elle était têtue, désobéissante. Elle provoquerait sa mère, jusqu’au bout. Elle se mettrait en rogne, crierait, mordrait, elle le savait. Mais, elle ne se marierait pas. Jamais.

Elle lui avait dit non. Elle l’avait blessé, et ça, ça, lui bouffait les plus profondes de ses entrailles. Elle ne voulait pas lui faire du mal, jamais. Elle n’avait pas pu s’empêcher. Il avait quitté l’appartement, sans un mot, sans un regard. Elle savait qu’il allait rejoindre la seule personne qui pouvait le consoler, à ce moment-là. Sa sœur. Et lorsqu’il claque la porte derrière lui, laissant Valentine dans un cercle de solitude, elle comprit qu’elle était destinée à faire souffrir les gens qu’elle aimait. Alors qu’une larme coulait sur sa joue, elle imaginait ses deux sœurs et son frère. Elle imaginait surtout Narcisse, qu’elle avait abandonné. Il avait souffert, certainement. Et aujourd’hui, elle recommençait. Comme si elle était tout simplement incapable de rendre les gens autour d’elle heureux.

Tôt le matin, Valentine s’était levée. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Tard, Anatole s’était glissé dans le lit, sans lui parler. Elle avait essayé, pourtant, de lui demander pardon, qu’il lui laisse une chance de s’expliquer. Il n’avait rien voulu savoir, et s’était endormi, rapidement, sans doute sous le poids de l’alcool qu’il avait dû ingurgiter. Ce matin, elle ne s’était pas sentie la force de croiser son regard, de lui parler. Elle avait besoin de retrouver seule, de réfléchir. Il n’y avait qu’un seul endroit où elle pouvait se trouver tranquille : son atelier.
C’est après une heure occupée à observer avec attention les écailles d’un dragon disparu qu’un bruit sourd la fit sursauter. On toquait à la porte de l’atelier. Et elle entend son prénom. Et ça lui glace le sang, son prénom, qu’elle prononce, qu’elle hurle, elle sait très bien qu’elle n’est pas là pour une visite amicale, pour jouer aux cartes, elle sait qu’elle est là pour se disputer, pour chercher dans ses yeux la raison, pour entendre ses justifications. Augustine Leroy pouvait être sanguine lorsqu’on touchait à son frère – une qualité qu’elle avait toujours apprécié chez elle, pour laquelle elle se ressemblait. Elle n’avait simplement jamais pensé qu’elle serait un jour la cause de cette furie. Sa présence ici ne la surprenait pas, pourtant, elle avait su, à l’instant même où Anatole avait quitté l’appartement, qu’elle allait devoir affronter sa sœur, très vite. Trop vite.

Respire, une, deux. Inspire. La main légèrement tremblante, Valentine tourna la poignée de la porte et vit Augustine pénétrait dans l’atelier calmement, presque trop. Elle ne la salua, ne cherche pas même pas à observer Valentine avant de lui lancer, « Dis-moi, le nom Leroy n’est pas assez bien pour toi ? », les griffes presque sorties. Et Valentine soupire, avec cette insolence, qui est la sienne, et qui énerve. Elle a presqu’envie de lever les yeux au ciel, si elle savait que cela n’énerverait pas encore plus Augustine. Elle aimait Augustine. Elle remplissait, à sa manière, le vide que lui avait laissé l’absence des propres membres de sa famille. Elle s’était entendue vite, très vite. Elle était son amie, et plus que son amie, sa sœur. Si elle perdait Anatole, elle la perdait, elle. Mais cela n’était pas possible. Une vie sans Anatole, sans elle, n’était pas possible. Quoi qu’elle ait pu faire, la veille au soir, Valentine ne doutait pas une seule seconde que c’était réparable. Du moins, c’est ce qu’elle se répétait sans cesse depuis des heures, pour se rassurer. Elle ouvre la bouche pour répondre, mais n’a pas le temps. Déjà, Augustine reprend la parole, prête à laisser éclater sa colère à tout moment, à la moindre mauvaise réponse. « Donne-moi une raison pour laquelle je devrais pas te casser la gueule. » Bon. Le ton n’était décidément pas à la rigolade. Les jumeaux étaient soudainement bien sérieux, une demande en mariage, et maintenant, elle qui menaçait de frapper celle qu’elle considérait comme une amie. Valentine se passe une main dans ses longs cheveux bruns avant de tirer une chaise vers Augustine. « Assieds-toi », ordonna-t-elle d’une voix douce. Valentine, elle, s’assoit sur un bout de table, face à sa belle-sœur. « Tu me connais, Augustine, que vous vous appeliez Leroy ou Leblois n’a aucune importance pour moi », elle fronce les sourcils, contrariée de devoir préciser quelque chose qui semble pourtant clair depuis des années. « J’ai juste… » elle hésite ; mettre des mots sur ses sentiments n’a jamais été chose facile pour Valentine. Comment pouvait-on expliquer, décemment, que l’on ne voulait pas épouser quelqu’un, même si on l’aimait de tout son être. « Je ne suis pas prête », finit-elle par lâcher, en hausser les épaules, comme si elle-même n’était pas convaincue de cette réponse. Elle se tourne vers Augustine, plonge son regard dans le sien, et demande, finalement, « il m’en veut ? » souffle-t-elle d’un ton suppliant, comme si sa vie entière dépendait de cette question – et de sa fatidique réponse.

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Who says life is fair? Where is that written?
Down the long white road we walked together, down between the grey hills and the heather, where the tawny-crested plover cries. You seemed all brown and soft, just like a linnet, your errant hair had sunbeams in it, and there shone all April, in your eyes.
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Valentine ne semble pas vraiment étonnée de la voir, ce qui est loin de rassurer Augustine. Elle préférerait la voir drapée d’une surprise innocente et naïve, ignorant tout des raisons de sa visite. Mais bien sûr Valentine la connait et elle se doute des motivations de sa présence. Elle accuse le coup sans semblant de justification, laissant le temps à l’actrice de proférer sa menace. « Assieds-toi » fait-elle finalement en lui présentant une chaise. Augustine hausse un sourcil devant l’ordre qui lui est ainsi donné et hésite un instant à prendre place. Elle n’est pas là pour s’attarder, pour prendre le thé avec elle ou discuter gaiement. Elle est là pour lui laisser une chance de s’expliquer, et rapidement si possible. La patience n’est pas une de ses qualités premières ainsi que son amie doit certainement le savoir. « Tu me connais, Augustine, que vous vous appeliez Leroy ou Leblois n’a aucune importance pour moi » Valentine semble exprimer l’évidence même, son expression lasse l’indique aussi bien que son ton. Augustine accepte de s'asseoir, mais elle ne s’adoucit pas pour autant. L’accepter pour les autres et le vouloir pour soi sont deux choses bien différentes. Valentine peut parfaitement être tolérante sans vouloir un jour avoir à porter un nom de roturier, un nom de bâtard. Ça serait surprenant de sa part, mais rien d’impossible. « J’ai juste… » Les doigts d’Augustine pianotent sur la table, elle s’impatiente de l’hésitation de son amie. Si la raison est bonne, elle doit être simple, facile à énoncer. Elle doit couler de source et convaincre Agos en un rien de temps. Plus les secondes s’écoulent, plus Augustine se dit que ses explications sont probablement mauvaises, ses prétextes fallacieux. L’hésitation, si sincère soit-elle, n’arrange ainsi pas son cas, au contraire. « Je ne suis pas prête » avoue-t-elle finalement, trop simplement au goût de l’actrice qui fronce les sourcils peu convaincue. Non pas qu’elle n’estime pas qu’il puisse s’agir d’une bonne raison; après tout le mariage n’est pas dans ses projets immédiats à elle non plus. Elle peut bien concevoir qu’on puisse ne pas être prête et il serait malvenu de sa part d’oser critiquer Valentine pour cela. Mais elle n’est pas en couple avec quelqu’un depuis quatre ans elle, elle ne vit pas avec la-dite personne elle. Alors elle a besoin d’un peu plus que ces cinq petits mots pour comprendre le refus de Valentine. Certainement quand on en arrive à un tel point de sa relation on peut bien ajouter une bague à son doigt ? À bien des égards ils agissent déjà comme un couple marié, alors quelle différence cela peut-il bien faire ? Mais le pire en réalité c'est qu'elle voit bien que Valentine ne semble que peu persuadée par ses propres paroles. Et ça l’irrite, car elle ne demande qu’à la croire, qu’à lui pardonner, qu’à trouver une solution pour que tout redevienne comme avant, pour recoller le cœur de son frère et tout oublier.

« il m’en veut ? » Augustine renifle, réprimant tout juste un rire sans joie. Anatole est incapable de détester Valentine, même s’il essayait il n’y parviendrait pas. C’est elle la plus en colère dans l’histoire, parce qu’elle est la seule à ne pas être aveuglée par les sentiments. Elle, elle est capable de détester, de haïr même celle qu’elle considère pourtant déjà comme sa belle-sœur, celle qui est pour elle une excellente amie, la frangine qu’elle n’a jamais eu. « Qu’est-ce que tu crois ? » crache-t-elle en roulant des yeux, pleinement consciente que sa réponse, en plus d’être emprunte d’agressivité, n’aide pas beaucoup Valentine. La vérité, c'est qu'elle ne sait pas quoi lui répondre. Anatole est blessé c’est évident, mais — et il est possible qu'elle se trompe — elle est à peu près sûre qu’il lui a déjà pardonné, parce qu’il lui pardonnerait n’importe quoi à sa jolie noble, parce que l’amour rend stupide. Malgré son rejet Anatole n'oserait pas mettre en péril leur relation. Sa jumelle en revanche, si elle ne s'en moque pas totalement, a d'autres priorités: le bien-être de son frère avant celui de sa relation avec Valentine. « Tu l’as blessé. » fait-elle platement, ravalant toute sa colère, parce que si elle la laisse sortir, si elle se laisser aller à toute l’émotion que lui font ressentir ces quelques mots, elle ne donne pas cher de la peau de la de Bloisbleau. Elle, elle s'en fiche qu'il lui en veuille ou pas, le mal est fait, Valentine a commis l'irréparable en amochant son cœur. « S’il t’en veut je n’sais pas, il devrait ceci dit. Comment tu prendrais la chose toi si les situations étaient inversées ? Si tu lui proposais de passer le restant de ta vie avec lui et qu’il te disait non, hein ? » Elle croise de nouveau les bras contre sa poitrine, le regard accusateur, une moue mécontente sur les lèvres. Elle a l'impression que son interlocutrice ne réalise pas ce qu'elle a fait et prend la chose trop à la légère. Son semblant d'explication est très loin de l'avoir satisfaite et elle lui en veut toujours autant, si ce n'est plus, pour ce qu'elle ose par sa supplication prétendre se soucier d'Anatole. Elle n'en a pas le droit, estime Augustine. Et si c'est l'absolution que Valentine cherche, c'est à quelqu'un d'autre qu'il faudra la demander car la benjamine Leroy n'est pas disposée le moins du monde à la lui offrir. « Tu lui dois des explications. » Oui elle parle en son nom et non il ne lui a rien demandé. Mais c’est ça la famille, c’est ça d’avoir un double que l’on fait passer avant soi. On croit savoir ce qui est le mieux pour lui. On croit pouvoir l’aider. Cet amour-là aussi, il rend idiot.

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Elle n’avait pas voulu se retrouver dans cette situation. Pas maintenant. Ni jamais, d’ailleurs. Elle s’était enfuie avec Anatole, avec Augustine, des années plus tôt, et elle était certaine, à l’époque, que cette fuite serait synonyme de bonheur. Loin, loin, des commandements de sa mère. Elle n’avait pas eu tord, au fond. Jusque là, ils vivaient dans une petite bulle, que rien ne pouvait briser. Ils étaient éloignés du monde, des autres. Chacun vaquait à ses occupations, Valentine s’occupait des dragons, Anatole s’entraînait au quidditch et Augustine jouait la comédie. Ils en avaient passé des soirées, à acclamer, applaudir la jolie brune, qui déclamait ses lignes, ses répliques, avec toute sa vigueur et sa splendeur. Elle était belle sur scène, elle rayonnait. Elle était pleine de vie, et Valentine savait que c’était sur les planches qu’elle se sentait le mieux. Ils en avaient partagé, des moments de joie, où les rires se mêlaient aux souvenirs d’enfance racontés, avec justesse, par Augustine. Et Anatole qui, toujours, la regardait émerveillée, sa sœur, sa moitié. Valentine les enviait, parfois, se rappelait des liens qui l’unissait autrefois à Narcisse, et la mélancolie l’envahissait, alors, mais toujours, toujours, Augustine avait su lui offrir un mot gentil, la sortant alors de cette nostalgie oppressante.

Non, non, elle n’avait pas voulu éclater leur bulle, cet ailleurs, cet île, mais elle n’avait pas eu le choix. Il lui avait fallu renoncer, briser les rêves d’Anatole. Mais quel rêve, se demande-t-elle encore ? Le mariage n’avait jamais été l’un de ses rêves. Du moins, il ne lui en avait jamais fait part. Et elle, non plus, n’avait jamais évoqué la question même de l’union maritale. Elle avait trop souffert, de ce mariage arrangé, des regards noirs que lançaient sa mère vers son père, dès qu’ils n’étaient pas d’accord. Sa mère qui, toujours, leur rappelait que dans la noblesse, on se mariait pour les titres, et non pas pour l’amour. Elle n’aimait pas le mariage, elle détestait le mot même, elle n’en voulait pas, jamais, ni pour elle, ni pour son frère et ses sœurs, au fond, personne ne méritait un tel emprisonnement.

Augustine est là, face à elle, visiblement en colère, et Valentine ne sait pas trop comment agir, face à elle. Elles ne se sont jamais retrouvées dans cette situation. Jamais n’avaient-elles eu un mot plus haut que l’autre, l’entente avait toujours été merveilleuse. Augustine n’était pas seulement son amie, elle était cette sœur qui avait su combler le vide laissé par l’absence de sa fratrie. Elle n’aimait pas la voir ainsi. Pas contre elle. « Qu’est-ce que tu crois ? » elle crache, quand Valentine ose lui demander si son frère lui en veut. Elle est inquiète, et elle mourrait de savoir, d’imaginer, qu’Anatole ne pourra pas lui pardonner l’affront qu’elle venait de lui faire. Elle baisse les yeux, comme une enfant prise en faute. « Tu l’as blessé » et elle acquiesce, reconnaissant la connaissance de ses actes. « Je sais », répond-t-elle presque bêtement. Elle n’a pas voulu, pourtant, elle ne pensait pas que ce refus l’affecterait autant. En réalité, elle avait simplement cru qu’il plaisantait, qu’il essayait de la faire sourire, rire, après la honteuse lettre de Clémence. Augustine ne sait pas si Anatole lui en veut, vraiment. Cela ne soulage pas Valentine, elle aurait préféré, peut-être, entendre, oui, il t’en veut, mais ce n’est pas fini, tu ne le perdras pas, il pourra te pardonner. Le pouvait-il, cependant ? « Comment tu prendrais la chose toi si les situations étaient inversées ? Si tu lui proposais de passer le restant de ta vie avec lui et qu’il te disait non, hein ? » Valentine se lève, d’un saut. Elle veut bien admettre ses fautes, mais ça, non, non. La colère lui tiraille le ventre. « Je n’ai jamais qui dit que je ne voulais pas passer le reste de ma vie avec lui, Augustine. » Et ce nom qu’elle prononce, à l’instant même, presque comme une insulte. Elle se trompe sur toute la ligne. Elle a dit non au mariage, pas à sa vie avec Anatole. Le mariage, finalement, ce n’est qu’une signature, une alliance partagée. Rien de plus. L’amour n’avait rien à voir là-dedans. « Le mariage est différent, dans nos mondes. » Et elle insiste, lui rappelant alors ces origines qu’elle prend pourtant la peine de dénigrer. « Dans mon monde, le mariage, ce n’est pas de l’amour. C’est même le contraire. » Elle n’y peut rien, au fond, si elle a été élevée comme une duchesse. Les coutumes ont du mal à s’effacer. Valentine avait beau mettre son ancienne vie derrière elle, les dictats restaient ancrés dans son esprit. Elle regarde par la fenêtre, les passants, ceux dont la vie n’a pas été chamboulée la veille. Elle soupire quand elle entend Augustine reprendre la parole : « Tu lui dois des explications. » Elle se retourne, alors, et lui demande : « tu sais pourquoi il m’a demandé en mariage ? » Pourquoi cette décision si soudaine ? Elle laisse s’écouler quelques secondes, et face à l’absence de réponse de sa belle-sœur, reprend : « J’ai reçu une lettre, de ma mère. Elle veut me fiancer. » Ce n’était pas nouveau, mais cette fois-ci, c’était différent, c’était plus officiel. « Anatole s’est imaginé qu’on pouvait se marier pour la contrer. » Elle se passe une main dans ses longs cheveux lisses, distraitement. « Il se trompe, tu sais ? Ma mère obtient toujours ce qu’elle veut. » Elle ne savait pas bien pourquoi elle racontait tout ça à Augustine. « Je n’ai pas tout dit à ton frère… » avoue-t-elle, les yeux baissés. « Ma mère a déjà trouvé un fiancé. » Et cette fois, elle lève vers Augustine des yeux brillants de larmes. Elle ne voulait pas, elle ne voulait pas se fiancer. Pas à Anatole, et surtout pas à un autre. Le mariage lui donnait envie de vomir. La vie loin d’Anatole lui donnait envie de mourir.

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Augustine croise les bras contre sa poitrine. Elle se laisserait presque convaincre par l’argumentation de Valentine. Merlin sait qu’elle en meurt d’envie, de pardonner sa belle-sœur, de la consoler même si elle en a besoin. Elle déteste être entre les deux tourtereaux, déteste avoir à mettre son affection pour la dracologue de côté. Alors elle essaye de voir les choses de la même manière que Valentine. Elle peut concevoir qu’on puisse vouloir partager sa vie avec quelqu’un sans nécessairement signer de contrat, ce n’est pas bien difficile à comprendre même pour elle. Mais ça n’écarte pas le fond du problème et le fait que Anatole lui veut se marier et que si, au fond le fait de se mettre la bague au doigt ne change rien, alors pourquoi pas le faire et le rendre heureux ? Mais Valentine ne s’arrête pas là et s’enfonce définitivement. Augustine ne peut plus se laisser convaincre, pas même un peu, parce que même si ce que Valentine lui explique a du sens, en parlant de son monde, la comédienne comprend qu’elle parle de la noblesse, un monde qu’elle a pourtant quitté de son plein gré quand elle a choisi les jumeaux Leroy comme famille et décidé de vivre avec Anatole. Pour Augustine, leurs mondes ne font plus qu’un désormais et avant de venir elle ne se doutait qu’il puisse en aller autrement pour son amie. Pour elle, Valentine fait partie de son monde, celui où le mariage n’est pas synonyme de stratégie politique. Elle n’a jamais songé que la jolie noble puisse se voir encore comme rattachée à cet univers qu’elle déteste. Mais l’actrice n’extrapole pas, c’est bien ce que les propos de Valentine signifient. Peut-être qu’elle ne le fait pas exprès la de Bloisbleau, peut-être qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit, qu’elle ne voit pas qu’elle risque d’aliéner un peu plus sa belle-sœur en avouant malgré elle qu’elles sont encore différentes qu’elles le seront toujours en vertu de leurs classes sociales de naissance. « tu sais pourquoi il m’a demandé en mariage ? » Oui elle le sait et c’est pour ça qu’elle ne répond pas. Parce qu’elle sait qu’Anatole ne lui a pas fait la plus romantique des demandes en mariage. Elle sait qu’il a été provoqué par l’urgence, que ce n’est pas la plus belle des raisons de demander la main de sa bien-aimée. Mais si ç’avait été la vraie raison de son refus, Valentine l’aurait dit tout de suite, aussi quel intérêt de le mentionner maintenant ? « J’ai reçu une lettre, de ma mère. Elle veut me fiancer. » Ça ne justifie rien évidemment et Augustine hausse une épaule. Peu importe la raison qui a poussé Anatole à lui proposer des fiançailles ce jour-là, ce qui importe c’est qu’il les a réellement voulu, qu’il l’a voulue elle, pour le restant de sa vie, dans sa famille, officiellement. Plus qu’elle ne se voit elle-même descendre l’allée de l’église, ou plus vraisemblablement de la mairie, dans une robe blanche Agos s’imagine sans mal demoiselle d’honneur de Valentine, voire témoin de leur mariage secret. Sans le savoir, leur union a toujours relevé pour elle de l’évidence, c’était certain qu’ils s’épouseraient un jour, du moins jusqu’à maintenant. Jusqu’à ce que Valentine ne lui fasse comprendre que c’est hors de question.

« Anatole s’est imaginé qu’on pouvait se marier pour la contrer. » Si Valentine croit arranger la situation, croit pouvoir s’attirer ses faveurs, elle se trompe lourdement. « Je sais. » préfère-elle donc la couper sèchement, des fois que Valentine en viendrait à lui raconter comment c’est avec la capsule d’une canette qu’il a fait sa demande. Elle s’en fiche. Et même: elle comprend son frère, elle ne voit pas ce qu’il y a de stupide dans l’idée. Bien sûr c’est difficile pour elle de se mettre à la place de son amie. Pour commencer, elle n’est pas noble. On ne la fiancera jamais malgré elle. Et si on cherchait à le faire elle saurait faire passer l’envie à la personne concernée. Et si un homme cherchait à la sauver d’un pareil engagement, elle lui ferait comprendre en des termes non équivoques qu’elle n’en a pas le moindre besoin, qu'elle peut se débrouiller seule merci beaucoup. Mais ce n’est pas d’elle dont il s’agit, et Anatole n’est pas n’importe quel homme, c’est la moitié de Valentine, presqu’autant qu’il est la sienne. Et son raisonnement se tient et sa proposition ne sort pas de nul part. « Il se trompe, tu sais ? Ma mère obtient toujours ce qu’elle veut. »  Profondément agacée, Augustine s’apprête à lui demander où elle veut en venir, ce qu’elle propose de faire elle, puisque l’idée de son jumeau lui paraît si stupide. Et en quoi ces propos sont-ils censés arranger quoique ce soit ? En quoi sont-ils censés la rassurer ? Elle est loin d’être indifférente à l’émotion apparente de Valentine, mais elle n’est pas encore prête à jouer les confidentes. Elle s’impatiente de son inertie et s’irrite de la façon qu’elle a d’envenimer la situation. « Je n’ai pas tout dit à ton frère… »  Augustine hausse les sourcils tandis que Valentine fuit son regard. La voilà peut-être enfin la vraie raison de son refus, elle retient son exaspération pour laisser cette ultime chance à son amie de s'expliquer. « Ma mère a déjà trouvé un fiancé. » Elle laisse échapper un rire sans joie devant l’ultime confession. Au moins Valentine peut se flatter de l’avoir surprise. « Oh mais alors forcément ça change tout ! » roule-t-elle des yeux, imperméable au regard empli de larme de son interlocutrice. Elle se lève soudain et manque de renverser la chaise sur laquelle elle était assise. « C’est vrai, ta mère a déjà quelqu’un en tête, pour ce qu’on en sait elle pourrait être en train de planifier le mariage et tu comptes rester-là à rien faire ? » Elle hausse le ton presque malgré elle tant elle fulmine. Elle est obligée de faire les cent pas autours de Valentine pour contenir sa colère. « Ça devrait plutôt t’inciter à dire oui à Anatole si tu veux mon avis, ça règle le problème non ? » Lui au moins il cherche une solution, elle que fait-elle dans son atelier à part briser le cœur de celui qui cherche à l’aider à tout prix ? Elle plisse alors les yeux une idée nouvelle et terrifiante lui traversant soudain l’esprit. Et si, et si elle lui disait ça parce que ça a de l’importance, parce que le fait que Clémence ait déjà trouvé un fiancé change effectivement la donne ? C’est la seule façon d’expliquer sa confession pense-t-elle, aussi horrible que ça puisse lui paraître. « À moins… à moins que ce soit l’identité du potentiel fiancé qui te fait douter ? » Est-ce pour ça qu’elle ne l’a pas dit à Anatole ? Elle se penche vers Valentine, suspicieuse. C'est probablement la pire chose qu'elle lui ait jamais faite, de douter ainsi de la fidélité de Valentine, de son amour pour Anatole. Elle est trop en colère, elle ne sait plus ce qu'elle dit. « Qui est-ce ? »

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❝ STATUT SOCIAL : Valentine appartient au Duché de Bretagne, mais elle préférerait ne pas avoir de titres.
❝ OCCUPATION : Valentine a étudié à Beauxbâtons jusqu'aux DIADEMS. Elle est désormais dracologue, un métier qu'elle souhait exercer depuis sa plus tendre enfance.


Anatole lui avait dit, un jour, « toi et moi, pour toujours », elle avait acquiescé, sans même sourciller, tant cela allait de soi. Lui et elle, à tout jamais, voilà un adage auquel elle croyait. Il lui avait présenté Augustine, quelques semaines seulement après leur rencontre, et tout comme elle était tombée amoureuse d’Anatole, elle se prit immédiatement d’affection pour sa sœur jumelle. Comme lui, elle rayonnait, ses yeux brillaient dès qu’elle évoquait son rêve. Au fond, les trois se ressemblaient ; tous n’avaient qu’un seul but : vivre de leur passion. Elle aimait Augustine, presqu’autant qu’elle aimait Anatole, de manière différente, bien sûr, elle n’éprouvait pas de désir pour la jeune actrice, non, non, mais elle l’aimait, vraiment. Elle savait que faire souffrir Anatole signifiait faire souffrir Augustine, également, et elle ne supportait pas le poids de ce fardeau, trop lourd à porter pour elle. Elle ne voulait pas les voir malheureux. Sa vie, désormais, était avec eux. Elle n’avait plus qu’eux, et pour rien au monde ne souhaitait-elle mettre fin à cet équilibre. La situation semblait lui échapper, pourtant. Impuissante, elle observait le monde s’agiter contre elle, lui dire, finalement, qu’elle n’avait pas le choix sur sa propre destinée. Fille de duc, tu es née, fille de duc, tu resteras, n’est-ce pas ? On se fichait des centaines de kilomètres qu’elle avait pu mettre entre elle et sa famille, ses racines. Un nom ne s’effaçait pas, des souvenirs n’étaient jamais réellement oubliés. Valentine était une noble et le monde semblait s’acharner à lui dire qu’il était temps qu’elle accepte ses responsabilités.

C’était dur, pour elle, de lui faire face, ainsi. Elle avait déjà pu observer le caractère impétueux d’Augustine, et, songé, qu’elles étaient les mêmes. Elles ne se laissaient pas faire, montraient, toujours, des dents quand une situation lui déplaisait. Alors qu’elle aurait pu deviner quelles attaques, quelles piques, Augustine allaient lui envoyer, Valentine se sentait démunie : il semble, en réalité, être plus difficile de se battre contre soi-même, presque. Bien plus que sa propre sœur, Augustine reflétait parfois Valentine, ses pensées, ses combats. Elles riaient d’un même éclat aux mêmes blagues idiotes d’Anatole, fronçaient les sourcils d’un même trait quand une nouvelle leur déplaisait. Elles étaient pareilles, tout en étant uniques. Elles se ressemblaient, sans aucun lien de sang. Elles étaient pratiquement sœurs, et – tout comme elle avait détesté se disputer avec Hester ou Narcisse pendant son enfance – Valentine haïssait avoir sa belle-sœur à dos.

Elle ne pouvait pas revenir en arrière ; le mal était fait. Elle avait refusé la proposition d’Anatole, sans réellement prendre le temps de réfléchir, au fond. Mais, même si elle avait réfléchi, aurait-elle changé d’avis ? Elle n’en était pas certaine. Le mariage ne l’avait jamais fait rêvé, surtout pas dans ces circonstances-là. Elle était comme prise au piège. Sa mère, déjà, lui avait trouvé un fiancé, sans sourciller. Clémence n’avait pas vu sa fille depuis quatre longues années, et n’avait même pas songé à lui demander son avis avant de prendre, comme toujours, une décision à la hâte. Clémence aimait décider de tout, contrôler les moindres faits et gestes de ses enfants. Valentine lui avait échappé, une fois, et elle ne comptait apparemment pas la laisser s’envoler à nouveau. Augustine laisse échapper un rire mauvais. Augustine est féroce, cruelle. Elle se lève, trop vite, d’un seul geste, comme portée par la colère qui s’est emparée de son être. Le ton haut, elle la provoque, lui demande : « C’est vrai, ta mère a déjà quelqu’un en tête, pour ce qu’on en sait elle pourrait être en train de planifier le mariage et tu comptes rester-là à rien faire ? » Valentine se courbe, lasse, épuisée même, par ces critiques qu’elle reçoit, sans même pouvoir se défendre, sans même pouvoir agir. « Bien sûr que non, » murmure-t-elle entre ses dents. Valentine n’est pas du genre à se laisser faire, elle se battra, jusqu’au bout, mais pour le moment, elle se sent juste incapable de faire quoi que ce soit. La nouvelle l’a abasourdi, en réalité, et elle n’a pas encore eu le temps de l’accepter, de l’avaler. C’était elle, au fond, qui était touchée, la victime de l’histoire, et l’entêtement d’Augustine à la provoquer commençait doucement à l’agacer profondément. « Je n’ai pas dit que je n’allais rien faire. » C’est vrai, elle n’a jamais dit qu’elle accepterait de se résigner à la décision idiote de sa mère. « Ça devrait plutôt t’inciter à dire oui à Anatole si tu veux mon avis, ça règle le problème non ? » Valentine secoue la tête, soupire, sa belle-sœur ne comprend pas le problème. Ce serait facile, bien sûr, de se marier vite, pour contrer les plans de Clémence, mais Valentine ne voulait pas ça. « Tu ne comprends rien », dit-elle en arquant un sourcil, « je ne veux pas qu’Anatole m’épouse parce qu’il se sent obligé. » C’était donc ça le problème ; elle ne voulait pas d’une demande en mariage sortie de nulle part, d’un projet qui n’avait pas été mûrement réfléchi. Elle imaginait qu’il y avait d’autres moyens que le mariage pour se battre contre la duchesse. Augustine fait les cent pas autour d’elle, lui jette un regard noir, et commet finalement l’erreur qu’elle n’aurait pas dû commettre. Elle lâche les mots qui font mal, et Valentine sent le monde se dérober sous ses pieds. Elle pouvait comprendre la colère d’Augustine mais elle ne pouvait pas accepter qu’elle se méprenne ainsi sur sa personne. « À moins… à moins que ce soit l’identité du potentiel fiancé qui te fait douter ? » Valentine lui attrape le bras, la force à s’arrêter, à la regarder. Elle serre, un peu trop fort, certainement, mais ce geste est à la hauteur de la colère, et de la déception, qu’elle ressent à ce moment même. « Pour qui me prends-tu, Augustine ? » Pour qui se prend-t-elle, pour la juger ainsi, comme si elle ne la connaissait pas ? « Tu penses vraiment que je préférerais être mariée de force à un parfait inconnu plutôt que de vivre en toute liberté avec l’homme que j’aime ? » Elle fait claquer sa langue contre son palais, signe de son mécontentement. « Je peux comprendre que tu sois en colère. Mais tu n’as aucun droit de me parler ainsi. » Elle lui serre le bras encore un peu plus. « Tu n’as pas le droit d’émettre des conjectures stupides sur l’amour que je porte à ton frère. » Son ton est sec, froid, presque méconnaissable. Elle est en colère, elle aussi, et ses joues rosies s’accordent parfaitement à celle d’Augustine. Elle finit par la lâcher quand la curiosité de sa belle-sœur reprend le dessus. « Qui est-ce ? » demande-t-elle. Valentine recule de quelques pas, s’éloigne d’Augustine et hausse les épaules. Quelle importance ? Le nom du potentiel fiancé ne réglera pas leur problème, ou n’apaisera pas leur dispute. Mais Augustine lui jette un regard pénétrant et Valentine connaît son caractère obstiné, et sait qu’elle ne lâchera rien tant qu’elle ne saura pas. « Un certain de Monteynard. Valery, je crois. » Valentine se fiche du nom de cet homme à qui elle ne se fiancera jamais. Son nom, seulement, sonnait ridiculement à ses oreilles, et elle l’imaginait comme un vieil homme, bedonnant, et à l’allure consternante. Elle ne sait pas, elle, que ce qu’elle vient d’annoncer pourra déclencher une autre tempête chez Augustine.


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Quelque part Augustine a conscience d’être allée trop loin. Elle le sait malgré la colère qui la fait trembler, malgré ses points serrés instinctivement. Elle le sait parce qu’une partie d’elle a envie de prendre Valentine dans ses bras, de la serrer fort et de lui dire que tout ira bien. Mais Augustine aussi a besoin d'être rassurée. Elle n’est qu’un tiers à cette histoire. Peu importe son implication, peut-être importe les éventuels dommages collatéraux sur sa propre vie, Valentine est la protagoniste de la tragédie romantique qui se joue. Elle-même n’est qu’un personnage secondaire, la sœur, l’amie. C’est égoïste de sa part d’attendre que Valentine la réconforte avant de pouvoir le faire alors que c’est la dracologue la plus touchée, celle des deux qui a le plus besoin d’un câlin. Elle le sait bien au fond. « Je n’ai pas dit que je n’allais rien faire. » Elle devrait s'arrêter là certainement, prendre le temps de lui demander ce qu'elle comptait faire, essayer de se calmer. Mais elle est déjà lancée et trop ancrée dans ses positions, dans sa vision des choses, elle refuse de se laisser détourner aussi simplement, refuse de tendre l'oreille. « Tu ne comprends rien je ne veux pas qu’Anatole m’épouse parce qu’il se sent obligé. » C'est là qu'elles divergent le plus, c'est là qu'elles ne se comprennent plus, elles qui se ressemblent pourtant tant et qui n'ont jamais eu de mal à se déchiffrer l'une l'autre. Agos sait que son frère n'a pas demandé Valentine en mariage parce qu'il se sentait forcé. Elle sait qu'il veut vraiment l'épouser et que la lettre de Clémence de Bloisbleau n'est qu'un prétexte. Certainement la demande n'aurait pas été faite ce soir-là et dans ses conditions sans cette missive, mais elle aurait eu lieu quoiqu'il arrive, ça ne fait aucun doute. Il ne le lui a pas dit, mais elle devine, elle a toujours deviné. Et c'est pour ça qu'elle ne peut pas laisser passer les excuses de la jolie noble. Alors elle balance la terrible accusation qu'elle regrette presque aussitôt, mais qu'elle ne peut plus reprendre. Valentine lui attrape le bras fermement, la forçant à arrêter de tourner en rond, elle lui fait savoir physiquement qu'elle est allée beaucoup trop loin. Augustine comprend qu'elle veut qu'elle la regarde et s'exécute, sans néanmoins pouvoir soutenir son regard bien longtemps. « Pour qui me prends-tu, Augustine ? » Ses orbes noisettes s'intéressent soudain à une tâche sur le sol de l'atelier. « Tu penses vraiment que je préférerais être mariée de force à un parfait inconnu plutôt que de vivre en toute liberté avec l’homme que j’aime ?  » Elle ne sait pas justement, elle ne sait plus ce qu'elle pense. Après tout elle ne s'est jamais attendue à se retrouver dans une situation pareille, entre Anatole et Valentine. Elle n'aurait pas cru avoir à réconforter son jumeau, pas pour Valentine qui semblait être faite pour lui. « Je peux comprendre que tu sois en colère. Mais tu n’as aucun droit de me parler ainsi.  » Elle a de la poigne et Augustine grimace sous la pression de l'étau trop serré autour de son bras. Pourtant elle ne fait rien pour s'en débarrasser, sûrement parce qu'elle sait qu'elle le mérite un peu.

« Tu n’as pas le droit d’émettre des conjectures stupides sur l’amour que je porte à ton frère. » L'actrice relève brusquement les yeux. Son discours est bien beau, mais Valentine ne lui laisse pas beaucoup le choix. Ses réponses sont au mieux élusives, au pire franchement peu convaincantes. Elle est obligée de conjecturer, obligée d'émettre des hypothèses même certaines auxquelles elle ne croit pas un instant. Et si la colère de Valentine la rassure, parce que ça veut dire que sa supposition n'a aucun fondement, elle ne se calme pas pour autant. Elle a envie de secouer Valentine, de lui dire de faire quelque chose alors, au lieu de rester ici à se plaindre. Et quand enfin son bras est libéré, elle n'a pas appris sa leçon et revient à la charge. « Qui est-ce ? » Ça importe peu certainement, surtout au vue de tout ce que Valentine vient de lui dire. Mais elle a besoin de savoir, besoin d'avoir toutes les informations en main. Elle sait que ce n'est pas à elle d'agir, qu'elle est censée soutenir le couple depuis les coulisses, qu'elle n'a pas à intervenir dans l'intrigue. Seulement Augustine, ne sait pas rester inerte, elle ne sait pas attendre que les choses se fassent. Ce n'est pas tant une envie d'être au devant de la scène et d'être applaudie à la fin pour avoir sauvé la situation, qu'un besoin d'agir pour aider ceux qu'elle aime. « Un certain de Monteynard. Valery, je crois. » Son esprit en ébullition s'arrête soudain de fonctionner, la jeune femme s'immobilise regardant son amie comme si elle lui avait sortie la pire aberration qui soit. Le nom n'aurait rien du lui dire, Augustine n'étant pas de ceux qui savent tout sur tout sur les nobles, surtout les petits comtes et autres barons. Elle connaît les familles ducales, c'est déjà ça et ne serait capable d'énumérer que les membres de celle dont elle est malgré elle issue, les De Rouvière ainsi que peut-être ses cousins Buffenoir. Pour le reste, elle connaît des individus éparpillés, des gens avant d'être des noms, comme Valentine. Elle n'en connaît pas beaucoup toutefois, elle préfère souvent la compagnie des roturiers, plus simples, plus comme elle. Mais Valéry elle le connaît. Plutôt bien, très bien même. Ou plutôt elle l'a connu. Elle éclate de rire, un rire aux accents amers. La vie a un sens de l'humour particulier, mais prévisible. C'est évident que non, le noble promis à Valentine ne serait pas un nom parmi d'autre, un individu lambda qu'elle pourrait détester sans vergogne. Il faut, c'est nécessaire, que ce soit quelqu'un qu'elle apprécie sincèrement, quelqu'un même qu'elle pourrait presque souhaiter à Valentine si celle-ci n'était pas avec son frère. En cet instant pourtant, elle a surtout envie de lui hurler dessus, de lui demander comment lui, adulte indépendant, veuf d'une roturière, peut accepter une telle union. « Valéry de Monteynard ? Sérieusement ? » Sa colère a trouvé un autre réceptacle, elle n'est plus agressive le moins du monde, quoique ses bras soient toujours croisés contre sa poitrine, marquant son mécontentement continu. « Peu importe. » Au fond Valentine a raison, c'est assez peu important qu'il s'agisse de Valéry ou d'un autre, dans tous les cas sa belle-sœur ne l'épousera pas. Et peut-être Augustine sera-t-elle même capable de tourner cet inconvénient en avantage; elle pourrait toujours essayer de convaincre Valéry de refuser, si tant est qu'il ait accepté et si, du moins, il accepte de lui parler après ce qu'elle a fait. Mais il serait bien temps pour elle d'y penser plus tard. Elle se radoucit légèrement. « Bon. Qu'est-ce que tu comptes faire alors ? À part essayer de réconforter Anatole je veux dire. » Parce que bien sûr ça reste sa priorité que de s'assurer que son frère va aussi bien que possible. Et si Valentine a bien dit qu'elle ne comptait pas rester là à rien faire, pour être parfaitement rassurée Augustine a besoin d'un plan un peu plus précis.

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Elle se sent en colère. Contre celle qui était devenue sa sœur. C’est la première fois. Et c’est étrange. Trop étrange. Elle n’aime pas ça, bien sûr qu’elle n’aime pas cette situation mais elle ne peut pas s’en empêcher. Augustine l’a blessé. Malgré elle, sûrement, mais le mal est fait. Elle aime Anatole, plus que tout, et elle aimerait interdite à quiconque d’en douter. Les deux jeunes femmes semblent se trouver à un croisement contradictoire. L’une défend son frère, l’amour qu’il porte à Valentine. L’autre défend ses décisions, se défend elle, au fond. Elle assume, a toujours assumé ses moindres actes, même ceux qu’elle n’aurait pas dû faire, même ceux qui avaient blessé, détruit une famille entière. Elle assume tout, du début à la fin. C’est sa force, à Valentine. Avancer, ne jamais regarder en arrière. Ça lui avait coûté, beaucoup. Sa sœur, même si elle avait assuré essayer de lui pardonner. Son frère, surtout, lui. Narcisse. En regardant Anatole et Augustine, elle pensait toujours à lui. Ils n’avaient pas le même âge, et pourtant, il lui semblait qu’ils partageaient, autrefois, la même complicité que les jumeaux. C’était loin, tout ça. Elle se souvenait, bien sûr, n’avait rien oublié. Mais les souvenirs s’effacent avec le temps. Elle voyait encore le visage de son petit frère, la forme de ses yeux, ses lèvres rieuses. Elle ne se souvenait plus le son de sa voix, cependant. Elle s’en est aperçue, un jour de printemps. Elle pensait à lui, comme souvent, et au surnom dont il l’affublait tout le temps ; et puis, elle remarqua que c’était sa propre voix qu’elle entendait, et non plus la sienne. Elle avait pleuré, des heures. Il n’était pas mort, non, mais il n’était plus qu’un souvenir lointain. C’était Augustine qui l’avait trouvé, ce jour-là, assise dans la cuisine, la table inondée de larmes et de mouchoirs. C’était elle qui l’avait consolé, qui l’avait écouté. C’était sur son épaule qu’elle s’était endormie, finalement. C’était Augustine, son amie, sa sœur.

Et c’est cette même Augustine qui la regarde avec un air de dégoût. Elle veut la secouer, lui faire mal pour lui faire entendre raison, mais elle lâche son bras, la laisse partir. Elle n’est pas violente, Valentine. Elle a le sang chaud, elle est impulsive. Mais la violence n’a jamais fait partie de son tempérament. Sinon, elle aurait, depuis bien longtemps, détruit sa mère, de ses propres mains, ou de sa baguette. Elle aurait pu, elle aurait du. Ils ne seraient pas dans cette situation, aujourd’hui. Elle, Anatole et Augustine. Elle, Narcisse et Hester. Un fiancé tout trouvé, un mariage arrangé. Valentine, après toutes ces années, aurait presque pu oublier le monde dans lequel elle était née. Elle rêvait d’être libre, comme elle, Augustine. Elle qui pouvait avoir le monde à ses pieds, qui pouvait faire ce qui lui semblait bon. Libre, la liberté, celle rêvée toute sa vie entière. Elle s’était échappée pour avoir, ne serait-ce qu’un goût de cette vie. Cette vie qui n’était pas la sienne, qu’elle n’aurait jamais le droit d’avoir. Elle était fille de duchesse, et les duchesses ne se mariaient pas avec des roturiers. Les nobles se mariaient entre eux, pour contribuer aux bienfaits de la monarchie. Ce système qu’elle haïssait tant.

On lui proposait un fiancé, dont elle ne voulait pas. Valéry de Monteynard. Sans comprendre pourquoi, ce nom qu’elle prononce, distraitement, avec lâcheté, presque, fait rire Augustine. Elle lève vers elle des yeux étonnés. Quoi, quoi, qu’est-ce qui est drôle ? Elle veut savoir, son estomac se serre, elle a peur. « Eh bien, tu le connais, peut-être ? » Elle demande ça, sans savoir pourquoi. Ils pourraient se connaître, ce n’est pas impossible. Après tout, elle ne sait rien de l’homme, elle ne sait pas qui il est ni à quoi il ressemble. Qu’est-ce que cela change au fond ? Augustine n’a pas les pouvoirs de s’opposer à des fiançailles. Comme son frère, aux yeux de Clémence de Boisbleau, elle n’est personne.

Elle s’assoit à nouveau, Valentine, sur le bord du bureau en bois. Elle regarde Augustine qui affiche toujours une moue boudeuse, mais qui a perdu son regard noir empreint de colère. Les deux amies pourraient peut-être calmer leur entrevue. Elle se tourne vers elle, lui demande, « Bon. Qu'est-ce que tu comptes faire alors ? À part essayer de réconforter Anatole je veux dire. » Valentine soupire, hausse les épaules. « Je ne sais pas, Augustine. » Cette question tourne en boucle dans son esprit depuis des jours. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ? « M’enfuir à nouveau ? Mais ça ne changerait rien. Elle finira toujours par me retrouver, essaiera toujours de m’imposer un mariage dont je ne veux pas. » Clémence était comme ça. Obstinée, têtue. Des traits dont Valentine avait hérité. Elle était perdue, ne savait plus ni quoi ni comment faire. Renoncer à son héritage ? Et alors ? De toute façon, elle refusera quoi que ce soit à la mort de sa mère. Et puis, Hester héritera du titre, et non elle. Changer de nom, d’identité ? Vivre une vie de mensonge, mentir à soi, aux autres, pour fuir une mère trop ambitieuse ? « Je ne sais pas », elle répète, pour elle, pour Augustine. Et alors, elle regarde la sœur jumelle de l’homme qu’elle aime, y retrouve son regard, et sa vue se trouble. La solution était là, au fond, non ? Le mariage. Si elle est déjà mariée, on ne pourra jamais la forcer à en épouser un autre. « Il avait raison, n'est-ce pas ? », elle demande, baisse la tête, honteuse, finalement. Ce n’est pas une question qui attend une réponse. Bien sûr qu’il avait raison. Mais, comme toujours, Valentine a fait passer sa propre liberté avant les autres, et comme toujours, elle les fait souffrir, et s’en mord les doigts. Trop tard, toujours trop tard.


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❝ STATUT SOCIAL : enfant d'une infidélité, elle ne peut prétendre à la noblesse de son père et se mêle ainsi à la plèbe, roturière, comme sa mère.
❝ OCCUPATION : actrice au mélusine et alchimiste à son propre compte



L’ultime question est lancée, celle que Valentine ne peut pas espérer esquiver. Que compte-t-elle faire, si ce n’est épouser Anatole, pour contrecarrer les plans de sa mère ? Ce n’est pas qu’Augustine tient particulièrement à ce mariage après tout, oui c’est triste pour son frère, oui il est vexé certainement, perdu et elle le ressent presque comme si c’était elle-même qui le vivait. Mais s’il y avait une autre solution au problème de Valentine, la jeune femme l’accepterait sans souci et essayerait après un temps de faire voir la lumière à son frère. Son insistance n'est donc du au fait qu'elle-même ne voit pas d'autre solution que celle, si évidente, proposée par Anatole. « Je ne sais pas, Augustine. » Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est décevant et Augustine ne s’en cache pas. Après cette bataille, elle a osé espéré que son adversaire ait au moins une proposition à lui faire, elle qui ne cesse de lui répéter que ce n’est pas si simple. Tout ça pour ça. Tout cette colère lâchée pour un : je ne sais pas. L'actrice roule des yeux. « M’enfuir à nouveau ? Mais ça ne changerait rien. Elle finira toujours par me retrouver, essaiera toujours de m’imposer un mariage dont je ne veux pas. » Augustine écoute, mais ne comprend pas. Valentine réfléchit à voix haute sûrement parce que tout ce qu’elle dit n’aide en rien. Au contraire, le bourbier dans lequel est enfoncé la de Bloisbleau ne devient que plus imposant chaque fois qu'elle ouvre la bouche et les solutions se font moins nombreuses. Elle ne peut pas fuir, elle ne peut pas simplement dire non, très bien; que peut-elle faire alors ? Elle ne cesse, depuis qu'Augustine est venue la voir, de lui dire ce qu’elle ne peut pas faire (épouser son frère) et de lui dépeindre une situation pire que celle que s’imaginait Augustine en arrivant. Les choses s'enveniment et toujours pas de solution à l’horizon. « Je ne sais pas » Elle n’a pas besoin de le répéter, son interlocutrice a compris. Et ça fait plus que commencer à l’agacer, Augustine s’impatiente très sérieusement et son calme relatif ne tient plus qu’à un fil. Il va falloir avancer une solution, une alternative au mariage et vite, sinon ça va barder.

Et puis, miracle: « Il avait raison, n'est-ce pas ? » Anatole et Augustine les voix de la raison. C’est pas quelque chose qu’elle a l’habitude d’entendre bien souvent et ça devrait lui faire plaisir de voir Valentine se rendre à l’évidence. C’est pour ça qu’elle est venue n’est-ce pas ? Pour lui montrer qu’elle a eu tord. Mais Augustine ne ressent aucun sentiment de satisfaction devant la mine dépitée de son amie. Pas même un petit éclat de “je te l’avais bien dit”. Parce qu’elle sait que ça ne les avancera pas d’un poil, au contraire. Toute la tension accumulée semble redescendre d'un coup et Augustine est épuisée. Elle prend Valentine dans ses bras sans prévenir, seule réaction à laquelle elle peut penser devant la tristesse de sa belle-sœur, tristesse qui l’atteint enfin pleinement, maintenant qu’elle a avoué ses tords. Maintenant qu’elles sont complètement du même côté. Qu’elles se comprennent de nouveau. « Je suis désolée. » Ce n'est pas de sa faute si Clémence veut la fiancer. Pourtant c’est pour ça qu’elle s’excuse, pour tout ce qui tombe sur les frêles épaules de la dracologue. Pour tout ce qui la met dans un tel état. Et puis c’est pour l’avoir poussée à bout aussi, pour avoir dit des choses qu’elle regrette déjà et regrettera certainement longtemps. Elle se convainc que c'était nécessaire cependant pour en arriver au point où elles en sont. « Il n’est pas trop tard. » songe-t-elle à voix haute. Certainement elle ne s’en serait pas pris à Valentine avec tant de véhémence si elle avait cru toutes ses chances perdues. Ceci dit, elle a beau connaître son jumeau sur le bout des doigts, elle n’en sait rien Augustine de l’ampleur de l'impact sur sa fierté. Elle pense qu’il n’est pas trop tard, elle en est quasi-sûre, mais on peut toujours la surprendre, il peut toujours la surprendre. C’est qu’en fait elle l’imagine mal, voire pas du tout, dire non à une Valentine qui lui re-proposerait la chose. En revanche elle peut aisément l’imaginer réticent à l’idée de refaire sa demande aussi rapidement. Même si c’est Augustine qui essaye de le convaincre, il n’est pas dit qu’il veuille se risquer de nouveau de heurter à un refus. Il faudrait donc selon toutes vraisemblances que ce soit Valentine qui fasse la demande. Chose à laquelle l’actrice ne voit aucun inconvénient, quoiqu'elle doute légèrement de la bonne volonté de sa belle-sœur en la matière. « Il le veut toujours c’est certain mais je suis pas sûre qu’il refasse une demande de si tôt. » avoue-t-elle donc finalement après quelques instants de réflexion et se détachant enfin de la jolie noble.

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❝ STATUT SOCIAL : Valentine appartient au Duché de Bretagne, mais elle préférerait ne pas avoir de titres.
❝ OCCUPATION : Valentine a étudié à Beauxbâtons jusqu'aux DIADEMS. Elle est désormais dracologue, un métier qu'elle souhait exercer depuis sa plus tendre enfance.


C’était une journée d’hiver. Il l’avait regardé courir dans le couloir, elle qui était en retard – comme toujours. Il avait souri, l’un de ces sourires en coin qu’il lui réservait, quand il la prenait en faute. Elle passa devant lui, sans le voir, et lui, lui, attrapa son bras, l’interrompant dans sa course. Elle poussa un cri, bien sûr, surprise de se voir arrêter, ainsi, surprise de le voir là, au détour d’un couloir. Celui qu’elle n’avait croisé que quelques jours plus tôt. Par hasard. Il l’avait bousculé, plongé son regard dans le sien, elle avait frémi sans comprendre. C’était étrange. Et le voilà, là, qui l’attrapa, sans un mot. Elle ne bougeait plus, n’était même plus capable de sentir ses jambes. Il s’approcha d’elle, posa une main sur ses hanches. Et elle, elle qui aurait dû reculer, s’éloigner, lui demander pour qui il se prenait, ne bougea pas. Immobile. Il s’approcha encore, et déclama un poème, lentement, dans un souffle, avec cet accent français qui ne buta pourtant pas sur les mots anglais.


She walks in beauty, like the night
Of cloudless climes and starry skies;
And all that’s best of dark and bright
Meet in her aspect and her eyes;
Thus mellowed to that tender light
Which heaven to gaudy day denies.


Un clin d’œil, un dernier regard, de ce brun profond qu’elle n’oubliera jamais, et puis, il disparût. C’était là, là, qu’elle avait su. Cet Anatole ne serait pas n’importe qui, il n’était pas n’importe quel garçon. C’était lui, lui qu’elle aimerait jusqu’au bout de la nuit, de la vie.

C’est à ça qu’elle pense, Valentine, quand Augustine la prend soudainement dans ses bras, repoussant alors les dernières rancœurs derrière elles. Elle s’accroche à elle, consciente qu’elle ne peut très bien n’avoir plus qu’elle dans sa vie. Elle enfouit son visage dans les cheveux de sa belle-sœur, y retrouve l’odeur de son frère jumeau. C’est pour ça aussi qu’elle l’aime, au fond. Parce que dans ses yeux, son sourire, sa gestuelle, elle retrouve Anatole. Aussi loin qu’il puisse être, la distance reste infime, au fond. En ayant Augustine auprès d’elle, elle sent la présence du joueur de quidditch. Ses yeux rieurs, son sourire moqueur. Les cheveux défaits et l’allure nonchalante. Son amour, sa vie.

Valentine ferme les yeux, ne pleure pas. Valentine ne pleure jamais, même dans les moments les plus difficiles. Elle n’aime pas pleurer, n’aime pas montrer ses faiblesses. Elle aime, toujours, être plus forte que les autres. Elle n’est pas raisonnable, ne l’a jamais été. Elle s’enflamme vite, s’énerve pour rien, dit des choses qu’elle ne pense pas et regrette, toujours. Elle entend Augustine s’excuser, et elle hausse les épaules, finit par se détacher d’elle. « Ce n’est pas à toi de t’excuser », répond-t-elle. Elle n’a pas besoin d’être pardonnée, elle. Valentine comprend sa réaction. Elle imagine soudain Narcisse dans la même situation, rejeté sans raison par l’amour de sa vie. Elle sait, elle sait qu’elle aurait réagi de la même façon. Quatre ans plus tôt, certainement. Car aujourd’hui, Narcisse est loin.

« Ce n’est pas trop tard », finit-elle par entendre et Valentine sourit, essayant de se convaincre, elle aussi, que tout n’est pas fini. Les erreurs peuvent être réparées, peuvent être pardonnées. Elle l’espère, du moins. Elle connaît Anatole sur le bout des doigts, et elle sait qu’il peut être comme lui. Elle sait que la rancune peut pénétrer sa peau, ses os.  Elle se sent pessimiste, et c’est bien normal, au fond, mais elle sait aussi qu’Anatole l’aime, elle plus que tout. Un regard, un sourire, un baiser, et tout cela pourrait être derrière eux. Mais comment avancer encore, sans regarder dans la même direction ? Elle ne veut pas du mariage, n’en a jamais voulu. Pourtant, cette union semble à présent la seule solution à leur problème. Fuir sa mère, éviter le mariage forcé, vivre en paix. À elle, encore, de faire des sacrifices. Pour sa liberté. C’était à son tour de faire un pas vers lui. Et comme si les deux sœurs partageaient leurs pensées, Augustine déclare : « Il le veut toujours c’est certain mais je suis pas sûre qu’il refasse une demande de si tôt. » Les deux jeunes femmes se détachent, et Valentine soupire. « Je sais. » Anatole est fier, elle a reconnu la tristesse et la déception dans ses yeux. Il ne lui proposera pas une seconde fois. Pas tout de suite, en tout cas. « Je peux prendre les devants, s’il le faut, » dit-elle en haussant les épaules. Après tout, les protocoles n’ont jamais convenu à Valentine, alors une demande en mariage par une fille ne l’inquiète pas. Elle lève les yeux vers Augustine. « Tu sais, je n’ai vraiment aucun problème à épouser un roturier. J’aime Anatole, plus que tout. J’aime la vie qu’il m’a offert, cette liberté de faire ce dont j’ai envie, de ne pas avoir à me tenir droite à table ou de ne pas prononcer de jurons au milieu de la noblesse. » Elle se mord la lèvre. « Je t’aime, toi, aussi, Augustine. Vous êtes ma famille, tous les deux. Je n’ai rien besoin d’autre que vous deux. » Elle s’approche de l’actrice, prend ses mains dans la sienne. « Alors, s’il faut se marier pour vous garder, je le ferai. » Elle sourit légèrement. «  Je ne vous abandonnerai jamais », finit-elle par promettre. Eux, contre le reste de sa famille, mais qu’importe. C’était eux, finalement, qu’elle avait choisi.


Spoiler:
 

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Down the long white road we walked together, down between the grey hills and the heather, where the tawny-crested plover cries. You seemed all brown and soft, just like a linnet, your errant hair had sunbeams in it, and there shone all April, in your eyes.
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