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 ✩ i'll never wear your broken crown (nopoldine)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 197
❝ CÔTE DE POPULARITE : 1119
❝ MIROIR : sophie cookson.
❝ CREDITS : ice and fire.
❝ DIALOGUES : crimson.
❝ ÂGE : vingt-trois ans.
❝ STATUT SOCIAL : roturière, l'insignifiance dans les veines, la révolte dans le coeur.
❝ OCCUPATION : étudiante à beauxbâtons, rubis, première année de gramme, parcours mystères de la magie (fantômologie), danseuse classique.



I will not speak of your sin, there was a way out for Him. The mirror shows not, your values are all shot

Nan mais regarde-le. Léo avait arqué un sourcil. Elle n’avait même pas eu besoin de lever les yeux pour deviner de qui son amie pouvait bien parler. Il l’obsédait, elle en parlait tout le temps, et toujours pour l’insulter. Ce n’était pas comme si Léo ne faisait pas de même avec presque tous les nobles qui avaient le malheur de passer devant elle. Mais Achille avait un don pour énerver la rouquine, sans doute était-ce sa mâchoire trop carrée qui l’énervait. Ou alors sa chemise avec trop de carreaux. A vrai dire, Léo s’en fichait pas mal, c’était un noble, il méritait d’être haï, point barre. Il a vraiment une sale tête aujourd’hui, on dirait que tu lui as jeté un mauvais sort ce matin. Léo n’avait jamais compris jusqu’où les pouvoirs de son amie pouvaient aller, mais infliger un diarrhée devait être bien dans ses cordes. Elle ne sut jamais si Orna était responsable de la mine pas très fraiche d’Achille puisqu’elle décida de se rendre à l’extérieur, plutôt que de rester enfermée à la bibliothèque. Le beau temps commençait à finalement montrer le bout de son nez, attirant de nombreux élèves dans les jardins de l’école. Léo devait admettre que le soleil avait un effet plutôt positif, même sur elle qui était, pourtant de nature pessimiste, toujours de mauvaise humeur, prête à agresser quiconque se dressait sur son chemin. Mais avec les rayons du soleil qui caressaient son visage, la nostalgie s’emparait à nouveau de son cœur. Il n’y a pas si longtemps, elle se baladait dans ces mêmes jardins avec Gwen, puis avec Ségolène, mais ce temps était révolu. Pourtant, elle ne regardait pas en arrière avec amertume, pour une fois. Elle était heureuse, heureuse d’avoir eu l’occasion de connaître feu son amie, d’être née à quelques minutes d’intervalle de sa jumelle, et même si tout ça était fini, au moins, elle avait eu la chance de le vivre. Elle savait aussi qu’une fois retournée dans l’enceinte du château, Léo recommencerait à ruminer ses problèmes, ses conflits internes et éternels. Mais pour le moment, elle savourait cet élan de positivité, partagé par tous les élèves. Les rires s’élevaient, les couples se formaient et les amis se retrouvaient sur la pelouse parfaitement tondue. Voir ce spectacle lui aurait presque mis du baume au cœur si son regard n’avait pas rencontré celui de Nolan. LE FLOCH ! Elle n’avait pas même besoin de réfléchir à un prétexte pour lui adresser la parole. Entre eux, c’était instinctif, épidermique, aucun neurone n’entrait en jeu dans leur relation. Tout se faisait grâce au feu de la passion, cette hargne qui les animait tous les deux, les attirait inévitablement pour mieux se consumer. Il ne la lâcha pas du regard. Aucun des deux ne flancherait, ils le savaient très bien, tout était une question d’ego entre eux, et ils étaient aussi bon l’un que l’autre. Tu pourrais pas dire à tes cabots d’arrêter de glousser comme des dindes s’il te plait ? Ses cabots ne gloussaient pas plus que les autres élèves de sortie, mais il fallait bien trouver une remarque cinglante à lui offrir, pas vrai ? Chef des Onze, Nolan avait de l’autorité sur sa petite armée de toutous. Des toutous de pure race, mais des toutous quand-même, à la solde de la monarchie et de leur maître. Maître qui lui lançait un regard assassin et qui s’apprêtait sans doute à lâcher sa meute sur la pauvre roturière bien trop aventureuse.

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❝ HIBOUX : 51
❝ CÔTE DE POPULARITE : 977
❝ MIROIR : Jack Falahee
❝ CREDITS : BALACLAVA (ava)
❝ ÂGE : 23 ans
❝ STATUT SOCIAL : Noble (Comte de Cornouailles)
❝ OCCUPATION : Chef de l'Obédience des Onze


La journée n'avait pourtant pas si mal commencé. En fait, c'était comme d'habitude, ni pire, ni meilleur. Je vaquais à mes occupations et une fois seul, mes vieux démons revenaient me chatouillaient. Je noyais la douleur dans les vapeurs d'éthanol et je me faisais surprendre par une affreuse gueule de bois au réveil. Le Floch, tu as l'air d'une épave semblait me dire mon reflet, comme pour me narguer. Bien des fois, j'avais voulu briser le miroir sous mes poings pour ne plus voir cette image qu'il me renvoyait, celle de cet autre qui m'insupportait. Parfois, l'air venait à me manquer. L'angoisse pointait le bout de son nez, m'obstruant la trachée, rendant ma respiration difficile, erratique. J'avais le visage ravagé par les cernes, un teint de cadavre, la gueule à l'envers. Je n'avais de noble que le titre, pour le reste, je ne valais pas mieux que tous ces roturiers que je regardais pourtant de haut. Le plus difficile n'était pas de me l'avouer, c'était surtout de l'admettre. Pour moi, il s'agissait de deux choses très différentes. Se l'avouer n'était qu'un prélude, un préambule à l'acceptation. Tant que nous n'avions pas accepté la situation, il y avait toujours une porte de sortie : je parlais évidemment du déni, qui était un sport national en ce qui me concerne. Plus rapide est l'ascension, plus dure est la chute. Voilà des mois que j'étais sur le fil, à me balancer au bord du vide, au mépris du danger qui me guettait. Il n'y avait que dans le vice que je trouvais une forme de réconfort. Il n'y avait que les bras de mes maîtresses qui étaient capables de combler le vide qui me rongeait depuis la rupture de mes fiançailles et encore, ce n'était qu'une illusion, une de plus. Rien ne pourra jamais remplacer le manque qu'Erendis avait laissé au creux de mes entrailles. Tout ça, c'est de ta faute, me chuchotait ma conscience, de sa petite voix aiguë et cruelle. Oui, c'est vrai, c'est moi qui ai rompu nos fiançailles, qui avais provoqué la situation dans laquelle je me trouvais actuellement. Entre l'amour et le devoir, j'avais choisi le devoir, parce que c'était à cela que j'étais destiné et ce depuis mon plus jeune âge. Depuis que je marchais aux côtés du Dauphin, que j'étais son ami, son frère, on me répétait que j'étais amené à réaliser de grandes choses qui dépassaient les espérances des gens de ma condition. Je n'ignorais pas que beaucoup enviaient ma place, au point qu'ils seraient prêts à tuer pour avoir l'opportunité de me remplacer. J'étais prisonnier de cette cage dorée, sans cesse tiraillé entre l'affection que j'avais pour eux, mon sens du devoir et mes propres aspirations. Je n'avais pas imaginé que conjuguer le tout eut été aussi difficile mais en attendant, la folie guettait, elle bouffait chaque cellule de mon cerveau, elle n'était même plus un rempart efficace contre les ténèbres qui menaçaient de m'engloutir tout entier.

En attendant, je devais faire bonne figure, sourire, serrer des mains, faire comme si de rien n'était. Oublier mes tourments pour me consacrer uniquement à mon devoir. Ce jour-là, j'avais décidé de réunir les Onze pour une réunion informelle et il était inévitablement venu le temps de se séparer jusqu'à la prochaine fois. Encore des poignées de main, des sourires affables, des saluts pleins de retenue. Il me tardait d'être en tête à tête avec la solitude, ma vieille amie, là où je pourrai enfin laisser tomber les masques, ne plus faire semblant d'être ce que je n'étais pas. Je me tenais avec eux, dans les jardins d'Acanthe, profitant des premiers rayons du printemps. Les températures se réchauffaient considérablement ces temps-ci et l'atmosphère était douce et agréable. Les premières floraisons commençaient même à embaumer l'air. J'aurais aimé être capable de renaître, exactement comme la nature une fois que l'hiver a tiré sa révérence. Pourtant, mon cœur restait désespérément mort et aride, piégé dans des neiges éternelles. Parfois, il y avait un sursaut de vie, quelque chose qui me rattachait au monde des vivants. Erendis en avait fait partie, mais elle n'était plus là. J'avais volontairement sabordé le seul lien qui me rattachait à la vie et maintenant, j'étais tout seul, comme un con, à faire le clown parmi des gens que je ne supportais qu'à petite dose. J'étais en train de rire à une plaisanterie lancée par un de mes pairs quand le son d'une voix m'électrisa, aussi agréable que des ongles crissant sur un tableau noir. Je n'eus même pas besoin de me retourner pour deviner de qui il s'agissait.

« Le Gall ! » saluai-je, tout en plaquant un sourire factice sur mon visage. « Que me vaut donc ce plaisir ? »

De toute évidence, je me moquais d'elle. Quiconque nous fréquentait l'un et l'autre saurait que nous ne pouvions pas nous blairer et encore, c'était un euphémisme. Cela faisait bien des années qu'une guerre ouverte avait éclaté entre nous, ravageant tout sur son passage comme le pire des fléaux. Mon sourire s'élargit. Mon chaos personnel était là, devant moi, et un plaisir malsain commença à pétiller dans mes veines, dans mon corps, comme des dizaines de bulles de champagne. Je jubilais à l'avance car cette rencontre aura le mérite de me sortir de la torpeur dans laquelle j'étais habituellement plongé. Je croisai les bras sur mon torse lorsqu'elle parla de mes cabots et de leurs gloussements. Mon regard accrocha le sien, moqueur comme jamais.

« Bientôt, il faudra lui demander la permission pour respirer le même air qu'elle. » lançai-je à l'attention des cabots en question, comme pour les prendre à témoin. « Mais ne te fatigues pas, Le Gall, nous nous en allons, nous ne voudrions pas nous intoxiquer en respirant le même air que toi. »

Après tout, Léopoldine Le Gall n'était qu'un nuisible que je pouvais écraser d'un coup de talon si je le désirais. Mais tu ne le feras pas, parce que tu as besoin d'elle même si tu ne te l'avoueras jamais. C'était bien là le nœud du problème. Elle était une plaie, une épine dans mon pied et pourtant, je prenais un malin plaisir à la titiller et quelque part, je la considérais comme étant mienne. Il était hors de question que quelqu'un d'autre s'en prenne à mon souffre-douleur préféré, il n'y avait elle qui pouvait m'aider à expier toute cette colère qui me rongeait et ce constat me tuait à petit feu.
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Il ne mit pas une éternité à répondre, lançant du tac au tac. Le Gall ! Que me vaut donc ce plaisir ? Ce n’était pas du grand spectacle, mais ils en étaient arrivés là, au bout de tout ce temps : bien bas. Ce qui avait été un concours de vacheries blessantes s’était transformé en disputes quotidiennes, insultes lancées à tout va, sans qu’il n’y ait plus vraiment de sens à leurs mots. Mais ils continuaient, parce qu’ils ne pouvaient faire autrement. Jamais Léo ne pourrait se résoudre à le laisser gagner. Elle devait avoir le dernier mot, et Le Floch voulait exactement la même chose : paraître plus puissant que cette petite roturière agaçante à l’égo surdimensionné. Elle l’avait détesté pour avoir simplement viré Estelle de sa stupide confrérie de gens hautains et soi-disant supérieurs. Heureusement qu’ils n’étaient pas tous là ce jour-là, assis dans l’herbe à se prélasser comme des pachas à l’avenir tracé dès la naissance. Heureusement que Guillaume n’était pas là, sinon l’une de ses insultes aurait fini par lui être destiné. Heureusement aussi qu’Antoine avait choisi de ne pas être là. Quoiqu’il n’aurait pas pu faire grand-chose sinon lui lancer un regard désapprobateur.

La journée avait pourtant bien commencé, le ciel était bleu, les gens étaient de bonne humeur et Léo n’avait même pas fait attention à De Colnet lorsqu’il était passé à côté d’elle dans un couloir. Mais Le Floch, elle ne pouvait pas l’ignorer. Il était le seul à avoir la langue assez pendue pour répondre à ses insultes, il était le seul à être assez gamin pour ne pas l’ignorer non plus. C’était un jeu qui leur plaisait, ils ne pouvaient pas vraiment le nier. La confrontation les soulageait, quelque part. Il était devenu son rival, celui qu’elle espérait croiser dans les couloirs juste pour pouvoir mieux l’écraser une fois la première insulte lancée. Parfois c’était elle, parfois c’était lui. Ce simple fait montrait que leur attirance était réciproque. Enfin, attirance était un grand mot, quoique plutôt exacte en vue de leur situation. Ils ne pouvaient pas s’ignorer, c’était vital. S’ignorer, c’était comme capituler, perdre la guerre silencieuse qu’ils menaient l’un face à l’autre. Bientôt, il faudra lui demander la permission pour respirer le même air qu'elle. Si ça ne tenait qu’à elle, il se serait asphyxié depuis longtemps. Mais ne te fatigues pas, Le Gall, nous nous en allons, nous ne voudrions pas nous intoxiquer en respirant le même air que toi. Elle lui adressa un grand sourire, tout aussi faux que la prétendue supériorité des nobles.

Tu me laisserais gagner aussi facilement ? Lança-t-elle nonchalamment. Pas besoin de faire du grand sarcasme, il ne fallait pas plus que quelques mots, aussi pauvres soient-ils, pour faire sortir de ses gonds le jeune Le Floch. En tout cas, lorsque Léopoldine les prononçait, elle savait qu’elle aurait une réponse. Je te fais fuir ? T’as peur de moi ? Elle se rapprocha de Nolan, un air de défi peint sur le visage. Il avait ruiné sa journée, et il allait le payer. Aussi fidèles soient-ils ses toutous ne s’interposeraient pas. Ils savaient, depuis le temps, qu’entre eux, c’était personnel, que n’importe quelle aide serait vue comme de la tricherie, un signe de faiblesse. C’était une guerre personnelle qui durait depuis trop longtemps pour que quiconque en dehors d’eux prenne encore leurs menaces au sérieux. Après tout, ils n’en étaient jamais arrivés aux mains, se contentant de quelques remarques assassines. C’était un accord tacite entre eux, il ne fallait pas franchir cette limite, leurs réputations en dépendaient. Mais vas-y, cours, la queue entre les jambes, petit chiot apeuré. Elle aimait bien user de références canines avec Nolan, c’était presque devenu une habitude. Sa meute s’était offusquée, et puis finalement, elle avait laissé tomber, pensant sans doute que leur alpha savait gérer le problème.

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A croire que Le Gall cherchait à attirer l'attention. Tous les moyens étaient bons pour parvenir à ses fins, même les pires bassesses. Je n'étais guère mieux qu'elle, je me laissais volontiers prendre au jeu et le pire, c'est que j'y prenais goût. Dans ces moments là je me fichais bien d'être un proche du Dauphin, la pupille de la famille royale, un aspirant au futur gouvernement composé et étudié par Marien. Parfois, je m'autorisais à être simplement un jeune con, comme n'importe quel type de mon âge. Chercher des noises aux roturiers faisait partie du jeu. Oh, bien sûr, je ne visais pas spécifiquement les roturiers, je variais mes cibles parfois, mais au moins cela me donnait-il une excuse. Je justifiais mon comportement en invoquant la différence de classe sociale. Comme souvent, c'était leur parole contre la mienne et comme je faisais partie des proches de l'héritier de la Couronne, on m'excusait tout. Beaucoup fermaient les yeux sur mon comportement car ils espéraient que je saurai m'assagir un jour. Il faut bien que jeunesse se fasse, après tout. Je n'étais pas fier de profiter ainsi de mes privilèges, mais mes scrupules disparaissaient lorsque je voyais les lèvres de Le Gall se tordre de dégoût. La façon dont elle me renvoyait au visage chacune de mes répliques était absolument jouissive et je ne me lassais pas de ce cercle infernal. J'aurais tout aussi bien pu laisser tomber, l'ignorer, l'écrasant du haut de mon rang et de mon futur glorieux, mais je ne résistais jamais à un échange musclé, surtout avec elle. C'était ma dope, mon adrénaline, mon spectacle du jour et il aurait été idiot de s'en priver sous prétexte qu'il fallait bien se tenir.

Je savais que du côté de Le Gall, c'était la même chose. Elle avait besoin de moi tout comme j'avais besoin d'elle, et c'était la raison pour laquelle elle revenait à la charge, toujours. Elle ne lâchait jamais le morceau, elle était coriace, une vraie vermine. Le Gall était une saloperie de mauvaise herbe qui ne crevait jamais. Elle était un nuisible, un cafard et elle infestait mon environnement. J'étais tenté de lui demander si elle avait quelque chose d'autre à foutre de sa vie à part venir m'ennuyer, mais elle aurait vite fait de me renvoyer la balle. Il en a toujours été ainsi entre nous, c'était une partie de ping-pong interminable, toujours dans la surenchère. Il fallait frapper toujours plus loin, toujours plus fort, faire mieux que l'autre, avoir le dernier mot. C'était comme un combat à mort qui se jouait entre nous, où une seule issue était possible : l'un d'entre nous allait mordre la poussière et je l'avais juré, ça ne sera pas moi. Mon orgueil y était pour beaucoup dans cette histoire, et il s'agissait là de mon talon d'Achille. Quiconque voulant m'atteindre savait que ma fierté était ma plus grande faiblesse, et c'était notamment ce qui m'avait empêché de revenir ramper aux pieds d'Erendis pour la supplier de revenir dans ma vie. Son absence me tuait à petit feu, j'avais besoin d'elle près de moi mais je refusais de revenir sur mes positions. D'une, parce que j'avais fait un choix, aussi douloureux soit-il et je devais en assumer pleinement les conséquences et de deux, parce que je ne voulais pas passer pour une girouette, quelqu'un d'inconstant qui changeait d'avis tous les quatre matins. Si je voulais m'ériger en chef politique digne de ce nom, j'allais devoir apprendre à rester ferme dans mes décisions, à être moins faible, un peu plus incorruptible. Il en allait de ma crédibilité. Dans un monde tel que le nôtre, la stabilité était le maître mot. Dans nos rangs, il y avait bon nombre de sorciers très conservateurs qui supportaient mal le changement. Pour permettre à nos idées progressistes de germer dans leur esprit, il fallait y aller doucement, par strates successives. La fougue, l'impétuosité n'avaient pas leur place. Il fallait réfléchir, et non prendre des décisions sur un coup de tête. Pendant des années, je m'étais efforcé de paraître discipliné, rigide, afin de devenir incontestable. C'était difficile, ma rage me rongeait de l'intérieur comme le plus corrosif des acides, mais j'avais tenu la route, non sans sacrifices. Le Gall faisait partie de ces personnes qui avaient le pouvoir de saccager tous mes efforts et je ne pouvais pas la laisser faire. C'est pourquoi il fallait que je la fasse taire, pour ne pas me perdre davantage dans nos jeux.

« Tu sais bien que je n'abdiquerai jamais. » répondis-je aussitôt lorsqu'elle me demanda si je la laisserais gagner aussi facilement. « Tu ne me fais pas fuir, je n'ai pas peur de toi. »

En mon for intérieur, je savais que ce n'était ni plus ni moins qu'un mensonge, un leurre. Jamais je ne me l'avouerai mais elle me rendait faible, d'une certaine façon. J'avais peur de ce qu'elle réveillait en moi, ces pulsions destructrices que je ne maîtrisais pas. C'était un combat acharné que j'avais engagé contre moi-même, il me fallait fournir un effort herculéen pour refermer la boîte de Pandore. Plus d'une fois j'avais eu envie de laisser ma noirceur s'exprimer, laisser l'obscurité m'envahir pour de bon. Il n'était pas question de mal ou de bien, de magie noire ou de magie blanche, ça allait bien au delà, repoussant sans cesse les limites. J'étais tenté de laisser ma colère exploser, m'engloutir tout entier mais je ne pouvais pas, parce que cela compromettrait mon avenir, ma destinée. J'avais plus que tout envie de lui faire payer tout ce qu'elle remuait au fond de mon être, au creux de mes tripes. Elle n'était qu'un catalyseur, un concentré de nitroglycérine qui ne demandait qu'à faire boum. Mon regard soutenait le sien, volontaire, défiant, hargneux. C'était un face à face électrique qui se jouait en cet instant précis. Nos spectateurs retenaient leur souffle, suspendus à nos lèvres. Le temps, lui, semblait s'être suspendu. Il n'y avait que nous dans ces jardins, nous et notre jeu plein de vices et de malice.

« C'est drôle que tu parles de chiens. » repris-je, outrageusement moqueur. « Parce que chienne comme tu es, tu as l'air de t'y connaître, sur le sujet. »  

Quelques uns émirent un sifflement offusqué. Sans doute étaient-ils outrés que je qualifie la demoiselle de chienne et ils auront sans doute raison. Même si je noyais ma peine dans les bras de conquêtes d'un soir, évoquer sa sexualité restait un tabou difficile à briser. Qui plus est, je n'avais aucune leçon à lui faire à ce sujet, parce qu'à l'évidence, sur ce plan là, je ne valais pas mieux qu'elle. Ceci étant dit, les autres n'avaient pas besoin de savoir, cela ne les regardait pas.
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