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 there's a curse between us (erendis)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 51
❝ CÔTE DE POPULARITE : 1057
❝ MIROIR : Jack Falahee
❝ CREDITS : BALACLAVA (ava)
❝ ÂGE : 23 ans
❝ STATUT SOCIAL : Noble (Comte de Cornouailles)
❝ OCCUPATION : Chef de l'Obédience des Onze


Je ne savais pas ce qui m'avait poussé à convoquer Erendis ce soir-là. Sans doute était-ce la folie, un excès de témérité ou que sais-je encore. Le spectre de nos anciens sentiments planait toujours, rendant cette perspective douloureuse. J'en étais désormais convaincu, cette entrevue allait être éprouvante, pour l'un comme pour l'autre. Il faut dire que depuis que j'ai rompu nos fiançailles, on ne s'est pas beaucoup parlé, elle et moi. La distance s'était installée, amère et cruelle et avait distendu le peu de liens qu'il restait entre nous. Désormais, le mieux que je puisse faire était de la regarder de loin. Mon instinct protecteur avait pris le dessus. Depuis que j'ai appris sa destitution, j'étais inquiet pour elle. Je voyais ses ennemis rôder autour d'elle comme des vautours, attendant le moindre faux pas de sa part pour se ruer sur une éventuelle place qu'elle laisserait vacante. Pour l'instant, Erendis tenait bon, mais pour combien de temps ? Je laissai échapper un profond soupir tandis que je sentais la culpabilité me taillader. Penser à elle me faisait réaliser à quel point j'avais été con. Entre l'amour et le devoir, j'ai choisi le devoir car à mon sens, les deux étaient incompatibles. Si je m'étais offert le luxe d'une romance, cela aurait obscurci mon jugement et j'aurais été détourné du chemin qui était mien depuis ma naissance. Mon destin, c'était de servir le peuple de France aux côtés du Dauphin, le reste était accessoire, une série de distractions pour passer le temps. Erendis n'était pas une distraction, et tu le sais très bien. Je déglutis péniblement tandis que je sentais mon cœur se contracter douloureusement. Quand bien même il se serait passé plusieurs mois depuis notre rupture, la peine, la souffrance étaient toujours là. Je sentais comme un vide à l'intérieur, un vide que même mes conquêtes d'un soir ne sauraient combler. Voir sa chevelure d'ébène passer dans les couloirs m'écorchait le cœur et, concomitamment, je me rappelais de ces instants d'intimité où je laissais mes doigts vagabonder dans ses mèches brunes. Je terminai mon fond de whisky pour me donner du courage. Le goût âcre de l'alcool me faisait grimacer, je n'aimais pas vraiment ça, mais c'était suffisant pour noyer mes doutes, mes remords. Jamais rien n'effacera ce qui avait été fait, je le savais et pourtant, je restais persuadé qu'une autre issue était toujours possible.

J'ai entendu des rumeurs à son sujet, dont certaines qui ne me plaisaient pas vraiment. Certaines prétendaient qu'Erendis n'en avait plus pour longtemps à la tête des Rosière. Les vipères complotaient dans l'ombre, se voyaient déjà à sa place. Nous avions ça en commun, elle et moi. Nous n'étions peu de chose de par notre naissance, mais notre ascension avait été rapide et aujourd'hui, beaucoup iraient jusqu'à tuer pour prendre notre place. Aujourd'hui, notre position était plus périlleuse que jamais. À titre strictement personnel, je ne voulais pas qu'Erendis soit remplacée. Si en tant que chef des Onze je devais continuer à collaborer avec la présidente des Rosière, alors c'était elle que je désirais comme partenaire et personne d'autre. J'en étais convaincu, à nous deux, nous aurions fait de grandes choses. L'histoire se serait souvenue de nous comme les Roi et Reine de la Bretagne, nous aurions unifié les trois comtés bretons et nous aurions court-circuité la famille ducale. En tant que futur bras droit du Dauphin, j'aurais pu asseoir mon pouvoir sur cette région chère à mon cœur et nous l'aurions, lentement mais sûrement, amenée à l'indépendance sans heurts et sans cris. Avec la destitution d'Erendis, tous ces beaux projets étaient partie en fumée. Elle ne pouvait même plus être ma femme et je trouvais cela profondément injuste. J'aurais pu m'intéresser à d'autres perles issues de la noblesse, conclure des alliances avec elles, trouver ma future épouse parmi elles, mais ma capacité à aimer était morte en même temps que ma relation avec Erendis. Il n'y avait plus que des vieux fantômes, des souvenirs amers et un goût d'inachevé qui traînait sur le bout de la langue et qui me donnait envie de hurler toute ma frustration.

Bien. Il était désormais temps de faire face. Je marchais d'un pas décidé vers la Tour Carrée, le lieu où je lui avais donné rendez-vous. Je ne savais pas encore ce que j'allais lui dire. Devais-je lui faire part de mes inquiétudes sans autre forme de préambule, ou devrais-je prendre de ses nouvelles d'abord ? Il y avait tout de même une forte probabilité pour qu'elle m'envoie balader. Après tout, j'étais le responsable de tout cela, celui qui avait initié notre rupture, aussi n'avais-je a priori aucune raison de m'inquiéter pour elle, je devrais même m'en foutre. Seulement, je n'arrivais pas à faire preuve d'indifférence envers tout ce qui concernait Erendis. Elle comptait pour moi malgré tout, quoiqu'on en dise, quoiqu'il advienne. Elle était déjà là lorsque j'entrai dans la tour. En l'espace d'un instant, je crus être légèrement en retard, mais un coup d'oeil discret à ma montre me rassura. Ce n'était pas moi qui étais en retard, c'était plutôt elle qui était en avance. Combien de temps m'avait-elle attendu ?

« Erendis. » saluai-je, la gorge légèrement nouée, tandis que je sentais la fébrilité me gagner.

Je n'avais pas pensé une seule seconde que me trouver face à elle déchaînerait ce tourbillon de sentiments. L'amour que j'éprouvais encore pour elle me submergeait et c'était douloureux. Mon regard scrutait les lieux. La Tour Carrée était tapissée de runes qui, selon la légende, représentaient un poème qu'un sorcier aurait dédiée à son aimée. Je haussai les épaules. Pour moi, ce n'était que du folklore, je ne croyais pas vraiment aux légendes. Les légendes n'étaient que des contes, destinés à nous rassurer sur toutes ces choses que nous ne comprenions pas. Pourtant, les runes du poèmes s'étaient mises à scintiller, baignant la tour d'une lueur mystique. Je m'approchai des murs de pierre, étonné par ce prodige. Mes doigts effleurèrent les runes gravées dans la roche. Je tressaillis. Je ne savais que trop bien ce que ce scintillement signifiait. Je ne pus m'empêcher de ressentir un certain soulagement. Elle m'aimait encore, malgré tout. Mais ce n'était qu'une légende, pas vrai ?

« Hum... » je m'éclaircis la gorge, tout en tentant de reprendre mes esprits. « Tu vas bien ? »

Bravo Nolan, superbe entrée en matière ! Je me morigénai pour ma stupidité. On avait rarement vu une tentative d'approche aussi ridicule. C'était tout de même triste de se dire qu'après avoir partagé tellement de choses, nous étions presque redevenus des inconnus l'un pour l'autre.
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SWALLOWED WHOLE BY THE DARKNESS
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there's a curse between us
Nolan Le Floch
feat.
Erendis Doriath


 

 



 

 

I, I've been waiting for someone like you but now you are slipping away. Why does fate make us suffer ?

Assise au coin du feu, les flammes dansent sous ses yeux, lèchent avidement les quelques bûches déposées là. Elle ne voit pas la lancinante danse du feu, elle n’entend plus le crépitement régulier du bois qui se consume. Figée, Erendis Doriath respire à peine. Elle tient encore fermement dans ses mains un bout de papier froissé. Quelques mots griffonnés qui lui avait fait autant de bien que de mal. L’heure approche et elle se sent incapable de prendre une décision ferme.  Son cœur meurtrie saigne à nouveau, son âme hurle à lui faire perdre la tête. Tandis que le chaos règne à l’intérieur, prend possession de son être, Erendis demeure calme en dehors. Une statue de marbre que rien ne peut altérer. Elle jette finalement ce petit bout de papier dans les flammes, le regarde se consumer entièrement comme son âme avant lui. Le soleil n’est pas encore couché. De son pas lent, aérien, elle se dirige vers l’aile du Levant, croise quelques regards malins, détestables. Sa longue robe virevolte au grès de ses pas, ses cheveux d’ébène parfaitement coiffés cascadent dans son dos, ses yeux gris perçant transpercent quiconque à l’audace de la regarder en face. Elle grimpe en haut de la tour carrée, inspecte les lieux d’un simple coup d’œil, passe une main délicate, tremblante sur les runes. Elle sourit tandis que la légende ressurgit dans sa tête. Près de la fenêtre, elle regarde en bas le calme prendre peu à peu possession du château. La légende qui circulé sur cet endroit la transperce, fait son chemin dans son cœur. Les légendes font parti d’elle. Bretonne de sang, elle en connait tous les secrets et les légendes sont bien plus que de simples histoires pour endormir les enfants. La preuve en sera faite ce soir. Il ne peut en être autrement. Alors peut-être reviendra-t-il sur sa parole. Peut-être prendra-t-il enfin conscience de ce qui les lie. Bien plus qu’une amourette de passage, un amusement de quelques mois. L’amour, le vrai. Elle l’avait toujours su. Erendis ne jouait pas. Pas avec Nolan. Son esprit malade, capable du pire comme du meilleur, ne réussissait pas à la détourner.

Elle murmure des paroles inaudibles. Son joli sourire s’estompe tandis qu’elle se retourne pour lui faire face. Sa respiration s’accélère tandis que son cœur lâche, perfide organe qui a déjà trop souffert. Ils se dévisagent. Et les runes brillent tout autour d’eux. Elle s’approche d’un des murs, caresse du bout des doigts ces mots à jamais gravés dans le marbre. Preuve d’amour ultime. Impossible de nier. « Je le savais. » Elle ne répond pas à sa question, ne l’a même pas entendu, trop absorbée par les runes. Obsédée par la vérité qui lui transperce le cœur. Elle rit sans même s’en apercevoir. Âme noircie, dérangée par trop de déceptions et de souffrances. Sa vision se trouble, quelque chose coule le long de sa joue. Elle regarde Nolan, s’essuie violemment le visage. « Non ! » Elle hurle. Dégoûtée par elle-même, elle déteste cette petite marque de faiblesse qui trahie tout ce qu’elle est. A nouveau tourné vers la fenêtre, elle regarde en bas le monde qui continue d’avancer sans elle. Un calme étrange règne dans sa voix tandis qu’elle prononce lentement ces quelques mots. « Tu ne peux plus mentir. »
© Gasmask



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    hopeless
    ALONE IS WHAT I HAVE. ALONE PROTECTS ME. but who knows what she spoke to the darkness, alone, in the bitter watches of the night, when all her life seemed shrinking, and the walls of her bower closing in about her, a hutch to trammel some wild thing in ?


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Les runes ne mentaient pas. Elles scintillaient, éclairant nos silhouettes plongées dans la pénombre d'un léger halo ambré. Je me maudissais en silence. Le choix de cet endroit comme lieu de rendez-vous n'était pas le plus judicieux qu'il soit. En fait, il s'agissait même d'une erreur de stratégie. Non sans cynisme, je notai qu'avec Erendis, j'avais tendance à les multiplier, les erreurs. Une de plus sur cette longue liste ne fera pas grande différence, n'est-ce pas ? Pourtant, cette erreur là était comme toutes les autres : douloureuse. Elle réveillait des sentiments profondément enfouis que je m'évertuais à tuer pour qu'ils se taisent pour de bon. Je ne voulais plus me laisser consumer par cet amour qui me détruisait de l'intérieur. J'aurais voulu oublier, mais était-ce seulement possible ? Tu as fait un choix. Ma conscience venait de se rappeler à moi, sévère comme à son habitude. Combien de fois je m'étais blâmé depuis notre séparation ? Je ne les comptais plus. J'entassais les remords et le pire dans toute cette histoire était que je ne m'y habituais pas. En l'espace d'un instant, je fus véritablement tenté de rebrousser chemin, mais agir ainsi reviendrait faire preuve de lâcheté. Dans le fond, je n'étais ni plus ni moins que cela : un lâche, un poltron, incapable d'assumer les conséquences de ses actes. J'inspirai profondément, tentant de calmer la douleur qui se diffusait en mon for intérieur et me tordait les tripes. Je n'osais toujours pas la regarder, toujours honteux de ce que j'avais fait quelques mois plus tôt.

Quel gâchis.

Cette mésaventure m'apprendra à croire aux légendes. J'étais cérébral, rationnel, je calculais bien plus que je ne ressentais et quand c'était le cas, je muselais le tout au terme d'un long combat. Cette technique m'a permis de survivre toutes ces années alors que je voyais mes proches partir un à un. D'abord Étienne, puis Charlotte. J'ai même cru que j'étais maudit, condamné à porter le deuil des personnes qui m'étaient chères. Je m'étais résigné à vivre une vie entière de solitude et je pensais que mon devoir, ma destinée allait pouvoir compenser le vide qui me bouffait de l'intérieur. J'avais tort, sur toute la ligne. Même si mes deux vies semblaient incompatibles entre elles, jamais elles ne se rejoignaient. D'un côté, il y avait Erendis, et de l'autre, il y avait le chemin royal qui s'étalait sous mes pieds, promesse d'une gloire future. Quel homme étais-je donc pour choisir la gloire au grand amour ? Quel genre de personne étais-je donc pour sacrifier sur l'autel de ma vanité les sentiments d'une des rares personnes qui m'aient un jour aimé pour ce que j'étais et non pour ce que je représentais, à savoir, le bras droit du Dauphin ? Marien aurait compris réalisais-je alors, tandis que je sentais la culpabilité me submerger et m'étouffer à moitié. Il aurait peut-être manqué d'enthousiasme, tout du moins au début, mais il aurait compris, le temps aidant. J'eus un mouvement de recul, légèrement sonné par toutes ces choses que je comprenais, peut-être même trop tard. Et voilà qu'Erendis disait qu'elle le savait. Savoir quoi, au juste ? Elle savait que je l'aimais, tout autant qu'elle m'aimait. C'était aussi simple et aussi compliqué que cela. Et maintenant ? Oui, maintenant que c'était compris, intégré, assimilé, qu'étions nous censés faire de cette information ? Je rationalisais, encore une fois, fidèle à mes habitudes. Je rationalisais, mais c'était pour contenir la vague de sentiments qui bouillonnait à l'intérieur, fougueuse et impétueuse comme au premier jour.

Ses éclats de rire se répercutaient jusque dans mes entrailles, mais cela n'avait rien à voir avec un rire joyeux et insouciant, non, c'était le genre de rire empli de douleur et de désespoir, quelque chose de nerveux. Elle pleurait. J'avais envie de la serrer dans mes bras, de lui dire que j'étais désolé, de lui demander de tout recommencer à zéro mais je n'en avais pas le droit. J'étais celui qui avait tout foutu en l'air sans vergogne, anéantissant le bonheur que nous aurions pu connaître ensemble si les choses s'étaient déroulées autrement. Peut-être même que notre mariage aurait été célébré pendant l'été, et qu'aujourd'hui, elle serait ma femme. J'étais tellement amoureux que je n'aurais pas pu attendre la fin de nos études, de toute façon, dans les familles de nobles, il n'était pas rare de voir des mariages célébrés alors que les deux époux étaient encore étudiants. Puis, ce fut la phrase de trop, celle qui me transperça le cœur. Je fermai les yeux et serrais les poings si fort que mes ongles grattèrent la chair de mes paumes. Elle ne me regardait plus, ma vision lui était sans doute devenue insupportable. En venant ici, je m'étais attendu à tout, sauf à ça.

« Je suis désolé. » murmurai-je, plus que conscient que ça ne réparera rien de ce que j'ai pu faire, mais c'était en tout et pour tout la seule chose que j'étais capable de dire tant l'émotion m'obstruait la gorge. « Je suis tellement désolé. »

Mes excuses étaient à peu près aussi lamentables que mon choix l'était, c'est dire. J'en avais complètement oublié la raison de cette convocation, pourquoi j'avais sollicité un rendez-vous avec elle tant j'étais obnubilé par ce que je voyais. Sidéré serait peut-être un terme plus juste. Je baissai le regard pour regarder mes pieds. Que devais-je faire pour me racheter ? La supplier à genoux ? J'aurais l'air encore plus pathétique que je l'étais déjà, si toutefois c'était possible. Je touchais le fond, mais je creusais encore.

« Je n'ai jamais menti. » repris-je, tout en tentant de me donner une certaine contenance. « Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Erendis, mais j'ai dû faire un choix. »

Sans doute n'avait-elle pas besoin d'entendre ça, peut-être même qu'elle s'en fichait, mais je ressentais le besoin de le dire, de me justifier, d'expliquer pourquoi je m'étais soudainement détourné d'elle alors qu'elle était au plus mal, mais rien que je puisse dire ne justifiera l'injustifiable, alors mes excuses, je pouvais me les garder, je pouvais même me les mettre bien profond. Je savais que j'avais fait une connerie en lui donnant rendez-vous en ces lieux, l'état dans lequel elle était à présent ne faisait que le confirmer.
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(i've been waiting for someone like you but you are slipping away. why does fate make us suffer ?) Le calme avant la tempête. Un calme mensonger qui ne trompe personne surtout pas le jeune Nolan Le Floch. Il la connait. Il connait son corps, la moindre courbe qui la constitue. Il connait son cœur qui ne bat que pour lui. Il connait son âme torturée, déchirée par ce monde trop brutal pour sa personnalité. Fragile petite chose bercée par les vagues qu’une tempête emporte au loin. Son corps menace de s’effondrer, ses jambes ne supportent plus le poids qu’elle y met. Elle s’efforce pourtant d’avancer, toujours. Le regard au loin, le port droit. Une reine. Elle agrippe les murs, se force à tenir bon. Elle le regarde et tout ce qu’elle voit c’est l’homme qu’il a toujours été. D’abord le jeune garçon qu’elle aimait timidement, sans l’avouer. L’ami, le confident. Un garçon toujours là, prêt à faire n’importe quoi pour elle. Ensuite le jeune homme qu’elle aimait sans conditions. Elle avait cessé de se poser des questions et avait aimé de tout son être. Elle avait rejeté les doutes, les envies de grandeur pour se donner entière à ce jeune homme. Ensemble ils pourraient tout accomplir, être qui ils voulaient. Reine dans son cœur à lui. Reine dans son âme à elle. Rien n’était impossible. Vils mensonges. Des rêves brisés avec violence, éparpillés sur le sol, écrasés sans ménagement. L’homme s’était emparé de son cœur pour mieux le briser entre ses mains. Tombée de haut, à genoux, la jeune femme s’était physiquement relevée. Son âme et son cœur demeuraient à terre, piétinaient à tout jamais. Vide de toutes émotions, elle avance les yeux ouverts sans pour autant voir. Existant hors de son corps, elle voit enfin l’homme devant elle pour ce qu’il est vraiment. Des murmures d’excuses qui la transpercent, la touchent. Une décharge électrique qui lui rend la vue. La promesse qu’elle s’était faite éclate en morceaux. Elle n’est pas capable de tenir ses propres vœux. Pauvre minable poupée désarticulée. Faible. Elle ne pouvait pas supporter de voir son nom assimilée à autant de faiblesses. Elle ne le permettrait pas. Pourtant, l’amour qu’elle avait porté à Nolan toutes ces années l’avaient rendu faible. Faible et pourtant si forte. Une contradiction assumée qui faisait d’elle ce qu’elle était. Une étoile flamboyante qui tombe du ciel, s’écrase sur terre et s’éteint. Une étoile qu’on oublie. Ses yeux embués de larmes qu’elle déteste de tout son être se tournent vers lui. Elle le voit. Lui qu’elle aime d’une passion qui dépasse l’entendement. Elle les voit briller ces stupides runes. Et elle sent son amour la détruire, lui brûler les entrailles. Elle le sent couler dans ses veines, battre dans son cœur meurtri. « Un choix. Un choix… » Elle répète les mots qu’il emploie comme pour mieux les comprendre. Elle s’en imprègne, les analyses, cherche dans sa mémoire la signification de toutes ces conneries. Elle s’accroche au mur, sent son corps se dérober. Et elle rit. « Un choix ! » La lumière s’allume dans son esprit, une étincelle s’éveille dans ses yeux tandis qu’elle réalise la triste vérité. « Je t’avais choisi. J’ai fais ce choix. Je t’ai choisi Nolan. » L’étincelle s’est éteinte, la folie est passée comme la pluie passe après l’orage. « J’ai fais preuve de faiblesse. Pour toi. » Oh combien elle se détestait d’être aussi stupide. Elle n’avait rien d’une grande dame. Rien qu’une fillette abandonnée, laissée sur le côté de la route. Bientôt les haillons viendraient remplacés sa jolie robe. Ses cheveux brossés avec soin deviendront pareils à la paille. Elle errait sur les routes, le regard vide, le corps criant famine. Elle déglutit, respire profondément. Sa poitrine se soulève, son cœur bat plus fort. La vipère crache finalement son venin, saute sur sa proie. « Tu es incapable d’aimer. » Elle abat ses cartes, dit les mots qu’elle prend pour la vérité. Perdue dans la tempête des sentiments, Erendis Doriath s’affaiblie, se laisse emporter par le vent et les vagues. Elle dérive à la limite de la folie. Le sol l’appelle, l’enfer sous ses pieds s’ouvre, le Roi de l’Autre Monde lui-même lui tend la main.


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J'étais incapable de regarder Erendis en face tant j'avais honte. J'avais honte de l'avoir abandonnée lâchement, sans même avoir tenté de me battre pour nous. Je crois bien que j'ai pris peur, peur de l'ampleur que cette histoire prenait. C'était trop grand, trop fort, bien plus que mon cœur glacé ne pouvait supporter. En tant que Jadérial digne de ce nom, mon âme n'était pas adaptée aux grandes passions. Quand elle disait que je n'étais pas capable d'aimer, elle n'avait pas tort. J'avais perdu tellement de personnes qui m'étaient chères qu'au fil des ans, j'avais érigé une muraille solide autour de mon cœur, une muraille que seule une poignée réduite de personnes avait réussi à franchir. Erendis en avait fait partie. Pendant des mois, elle avait égayé mes nuits sans fin, apportant un peu de compagnie à mon cœur meurtri par la solitude. Elle avait déchiré mon ciel sombre comme une comète, enflammant mes horizons avec sa fougue et sa passion. Entre ses bras, je m'étais senti vivant, je respirais enfin, elle avait été mon air, mon oxygène et le centre de mon monde dévasté par la rage et le chagrin. Aujourd'hui, il ne restait plus rien, si ce n'est qu'une terre aride où plus rien ne pouvait prendre racine, plus jamais parce que je ne voulais pas prendre le risque de souffrir à nouveau. Ça faisait trop mal. Je n'avais pas imaginé un seul instant que la revoir aujourd'hui, face à face, à voir ses yeux trempés de larmes me broierait le cœur, surtout pas de la sorte. J'avais envie de la toucher, de l'effleurer pour la réconforter mais je n'en avais pas le droit, parce que c'était moi qui l'avais mise dans cet état. Erendis était une femme forte, elle se serait remise de sa destitution, de la perte de tous ses titres, mais on ne pouvait pas réparer un cœur brisé qui avait été touché par l'amour. Imperceptiblement, je serrais les poings. Tout comme elle, je voyais ces runes briller, nous jetant à la face cette vérité sans vergogne, mais je n'avais pas le droit de souffrir car comme je l'avais dit quelques instants plus tôt, j'avais fait un choix. Choisir, c'est renoncer à quelque chose, dit-on. En choisissant la Couronne, le Pouvoir, j'avais renoncé à mon amour, à cette passion dévorante, à cette idylle et par extension au bonheur, car pendant tout le temps que j'ai pu passer à ses côtés, je m'étais senti incroyablement entier et heureux, pour la première fois depuis trop longtemps.

Pourtant, l'idée qu'elle puisse me détester me paraissait insupportable. Je n'avais pas envie qu'elle m'échappe pour de bon, parce que ça me tuerait de la voir avec quelqu'un d'autre. La blague. Je l'avais meurtrie, brisée, humiliée sans doute, je n'avais plus aucun droit sur elle si tant est que j'en ai eu un jour. Je ne pouvais pas claquer dans les doigts et exiger qu'elle revienne, ça ne marchait pas comme ça. Pourquoi je n'arrivais pas à me débarrasser de l'idée que cette histoire était loin d'être terminée ? Cela me revenait par intermittence, comme une rengaine insupportable, cette petite voix qui me disait à l'oreille qu'en rompant ces fiançailles, j'avais fait une belle connerie. Avais-je seulement le choix ? Oui, on a toujours le choix. Alors oui, peut-être qu'elle a raison de me le  reprocher, ce choix. Peut-être qu'à sa place j'aurais été furieux qu'elle me laisse tomber comme une vieille chaussette. Et il y avait la douleur. Il y avait cette douleur qui bouillonnait de l'intérieur, qui venait grossir le rang de tout ce que j'avais perdu. Il y avait cette douleur qui se transformait peu à peu en colère, en haine. De cette vie, il ne restait plus que la souffrance, qui annihilait peu à peu ce qui me restait de raison. Je ne vivais plus qu'à moitié, perdu entre cette réalité et une autre que je n'arrivais même pas à considérer comme un refuge. Elle me disait qu'elle m'avait choisi moi. C'était vrai. Elle avait choisi d'être ma femme, ma famille, mon foyer. Elle avait choisi de me donner tout d'elle, tout comme je lui avais donné tout de moi. C'était bien plus qu'une promesse, qu'un échangé équitable. C'était quelque chose de fort, de sacré, tout  un symbole.

« Et toi, tu étais ma plus grande faiblesse, mon talon d'Achille. » répondis-je enfin, la gorge nouée. « Il suffisait qu'ils s'en prennent à toi pour me faire tomber, et il en était hors de question. Je n'ai pas compris qu'à nous deux, nous étions invincibles. Par contre, sur ce point, tu as raison, parce que seuls, nous sommes faibles. »

Ce n'était probablement pas ce qu'elle avait envie ni besoin d'entendre, mais j'avais besoin de le dire. À l'époque où je l'ai laissée derrière moi, quand je suis parti sans me retourner, je n'avais pas considéré le problème sous cet angle. Je pensais bêtement qu'elle pourrait compromettre mes plans d'avenir, alors qu'au contraire, elle aurait été une alliée extraordinaire, pour la simple et bonne raison qu'il n'y en avait pas deux comme elle. Des filles d'ascendance noble, il y en avait des tas. Toutes pouvaient faire une bonne épouse, une bonne mère, car elles avaient été élevées dans cette optique. Par contre, des femmes aussi redoutables, aussi ambitieuses qu'Erendis, j'en connaissais peu. Je lui adressai un regard plein d'amertume. Pourquoi a-t-il fallu que tu sois déchue? Ça n'avait pas d'importance dans le fond, qu'elle soit déchue ou pas. évincée ou non, nous aurions régné, en tant que mari et femme. Elle aurait même brillé plus fort que moi, qui étais fade et sans saveur en comparaison.

« C'est faux, Erendis. » affirmai-je avec aplomb, tandis que je détournais le regard, incapable de la regarder en face plus longtemps. « Je t'ai aimée, je t'ai vraiment aimée, sincèrement, passionnément, et une partie de moi t'aime encore malgré tout. Peut-être que tu ne me crois pas, et tu aurais sans doute raison, mais les runes elles, ne mentent pas. »

Peut-être était-il trop tard pour être honnête, mais ça se tentait. De toute façon, je n'avais plus rien à perdre. Quitte à me bousiller encore un peu plus, autant que ce soit fait dans les règles de l'art. Je n'avais plus que ça de toute façon, je n'avais plus que cet abîme sans fin qui engloutissait tout, même l'espoir.
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(i've been waiting for someone like you but you are slipping away. why does fate make us suffer ?) C'est à peine si elle l'écoute. Elle ne veut pas entendre, refuse d'être à nouveau blessée par des mots. Cent coups de couteaux lui paraîtrait moins douloureux. Blessée dans son orgueil, dans toute sa fierté, c’est pourtant son cœur qui saigne et la harcèle de douleur. Elle sait maintenant qu’elle doit le faire taire et concentrer toute sa force dans sa tête, le seul organe qu’elle juge fiable et qui pourtant lui joue des tours. Elle ne laissera plus son cœur battre la chamade, s’emballer pour une amourette de passage qui la détruira, la rendra plus faible que jamais. Elle prend la décision de se fermer aux sentiments, de laisser ces sottises derrière elle une fois pour toute. Nolan avait gagné la partie. Il avait réussi à la dompter, à la tromper de ses belles paroles et de ses douces caresses. Prise dans ses filets, elle s’était endormie au son de sa voix. Désormais éveillée, elle balaie de la main ces souvenirs piquants. Elle ne laisserait plus de douces illusions l’aveugler. Plus jamais.

Forte Erendis, belle Erendis. Etoile brillante dans la nuit, elle éclaire de sa peau translucide, ce monde froid et sans couleurs. Pourtant, sa lumière s’éteint peu à peu, se transforme en ténèbres, laisse le monde vide. Elle regarde de ses yeux morts, l’homme qui déchire son cœur, n’ose pas même un regard vers elle, peut-être trop conscient du mal qu’il lui inflige. Et en cet instant elle le détestait. Lui, sa famille, les Leblois, et même ses propres parents qui avait jeté sur elle le déshonneur. Elle ne devait son malheur qu’à eux et aux normes instaurées. Sans ces idioties, jamais Nolan ne se serait détourné d’elle. « Des idiots disent que l’amour est plus fort que tout. » Sa voix n’est que murmure, celui d’une enfant espérant encore quelque chose de ce monde. Naïve petite Erendis. Elle enterre l’enfant qui s’accroche encore à ses bras, redevient la femme sans pitié qu’elle côtoyait jadis. Elle doit survivre. « Oui nous étions invincibles. Ensemble. Toi et moi. Mais tu as balayé notre amour comme on balaye des nuisibles. » Sa voix étonnement calme trahissait son mal-être et la blessure béante qui fendait son cœur. Erendis n’existait plus qu’à moitié. Toute sa ferveur, sa force, s’était mise en sommeil. « Tu n’a même pas essayé. Tu as abandonné au premier obstacle sous de faux prétextes. » Toujours piquante, toujours mordante mais avec ce goût pour la vie qui lui manque cruellement.

Lorsqu’elle capte enfin son regard, ce n’est pour y lire que des regrets, une amertume tranchante. Elle retient les cris qui lui brûlent la gorge. Son corps pleure le sien, supplie qu’il la prenne dans ses bras, la soutienne avant qu’elle ne sombre et ne s’écrase. Il lui assène un dernier coup mortel, la met dans une rage folle. « Je sais. Je te crois. » Ou plutôt croyait-elle en ces runes qui brillaient atour d’eux, les rapprochant et pourtant les séparant encore davantage. Rien, pas même ce sortilège, ne ramènerait Nolan vers elle. « Tu as tué notre amour à tout jamais. Et dans ce processus égoïste, tu n’as pas un instant pensé à moi et à ce que ce choix me ferait subir. » Elle laisse la rage s’exprimer, venin craché de la plus douce des manières, avec cette voix calme et enfantine qui la caractérise tant. Et dans tous ses mots transpirent une vérité unique. Celle qu’elle ose regarder en face et qui ne l’effraie plus. Elle n’aimera plus jamais. Son cœur se ferme à ces sentiments dangereux, ses yeux se ferment devant le bonheur et son âme noircie peu à peu. « L’attrait du pouvoir et ses mensonges ont été plus fort. La couronne s’est finalement glissé entre nous. J’ai toujours pensé que je serais celle qui la choisirait et la porterait avec fierté et amertume. J’avais tord. » Son regard glisse sur les runes tandis qu’elle laisse ces mots flotter dans l’air, épée de Damoclès, vérité avérée, jamais vraiment cachée. Combien de fois s'était-elle imaginée reine de son royaume ? Reine de sa propre Bretagne, maîtresse du monde. Dans ses visions elle y avait vu Nolan. Plus maintenant. Seule, désespérément seule, c'est seule qu'elle règnerait. Seule et sans merci.



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❝ STATUT SOCIAL : Noble (Comte de Cornouailles)
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Elle me disait que seuls les idiots pensaient que l'amour était plus fort que tout. C'était pourtant une jolie fable, une fable en laquelle on pouvait croire comme d'autres pouvaient croire au bon dieu. Pourtant, j'étais bien placé pour savoir que Dieu n'existait pas, ou alors, s'il existait, je n'avais vraisemblablement pas été touché par sa grâce. Dans un cas comme dans l'autre, peut-être qu'il était tout simplement question de foi. Une histoire ne pouvait marcher que si les différents protagonistes impliqués y croyaient. Dans le cas contraire, il était inutile de persévérer, toutes les tentatives resteront vaines si nous ne mettions pas plus de conviction. Ça aurait pu marcher avec Erendis, ça avait été une putain de belle histoire, une histoire qu'on ne vivait qu'une fois dans toute une vie. C'était le genre d'histoire qui prenait aux tripes, qui chamboulait une existence toute entière. Il y avait forcément un avant et un après. Peut-être finalement que c'était moi, l'impie. Je n'avais pas suffisamment eu la foi. Pourtant, j'étais un des plus fidèles hérauts de la monarchie. Mon allégeance envers les Leblois était infinie. Depuis longtemps, trop longtemps, je m'étais investi corps et âme dans une cause, une seule : celle de voir Marien accéder un jour au trône. J'y avais mis toute ma foi, tous mes espoirs. Pas une seule fois je me suis détourné de mon but, parce que j'y croyais. C'était mon fanatisme qui avait eu raison de cette si belle histoire. En embrassant ma cause, j'avais perdu mon amour. Elle avait raison quand elle disait que j'avais tout bousillé et ça me crevait le cœur de l'admettre. Nier ne servait à rien de toute façon, parce qu'elle avait raison, sur toute la ligne. Chaque accusation portée à mon encontre avait le même effet qu'un coup de poignard en plein cœur.  Puisque j'avais choisi la monarchie, je pouvais tout au moins essayer de mourir en martyr. En cela je n'étais pas en position de me plaindre, de la supplier d'arrêter de m'asséner ces vérités qui faisaient un mal de chien. Je n'avais pas le droit de lui voler sa peine, de me l'accaparer. Rester droit, digne et fier faisait partie de mon châtiment. Si seulement j'avais suffisamment de décence pour ne pas lui montrer que je regrettais mon choix, que j'aurais tout donné pour retourner en arrière, pour effacer ce malheureux épisode d'un coup de baguette magique...Je ne pouvais pas être le bourreau et la victime, c'était complètement incompatible.

Elle disait que je n'avais même pas essayé, que j'avais abandonné au premier obstacle rencontré. J'ai toujours été un peu lâche quand il s'agissait d'assumer mes sentiments, ou mes actes, d'ailleurs. Pourtant, je m'étais montré d'une étonnante sincérité lorsque je lui ai dit que je l'aimais encore quelques instants plus tôt. Ces runes me rappelaient ce que j'avais perdu, et ce que je n'aurai plus jamais, parce que j'avais choisi ma cause. Pourtant, à l'époque, Erendis avait la foi, elle aussi croyait dur comme fer en la monarchie. Elle ne pensait pas que tout ce que nous avions connu pourrait finir un jour par disparaître. Elle aussi se voyait reine de notre peuple, et le rôle lui aurait convenu à merveille. Elle m'accusait d'avoir tué notre amour, de ne pas avoir pensé à elle. Je ne pouvais m'empêcher de penser que dans n'importe quelle guerre, il y avait forcément des dommages collatéraux. Je la dévorais du regard, tout en me tenant à une distance respectable d'elle. Je savais que si je m'approchais un peu trop, je serai happé par son aura et c'était suffisant pour que je plonge à nouveau dans les affres de la passion. Le jadérial que j'étais n'aimait pas l'amour. L'amour, c'était un poison, une distraction qui mettait un frein à ma haine et qui me rendait moins performant pour défendre ma cause. Si je voulais être un bon soldat, j'avais tout intérêt à ne pas céder à la frivolité. L'amour en faisait partie. J'ai fait l'erreur de croire qu'elle comprendrait.

« Ce n'est pas moi qui suis responsable de ta destitution, Erendis. » répondis-je, tandis que je ne la lâchais pas du regard. « J'ai fermé les yeux sur tes pratiques. » J'entendais par là la magie noire, les forces dangereuses qu'elle déchaînait à l'abri des regards. « Toi aussi tu as fait des choix, Erendis. Tu m'as suivi alors que tu savais pertinemment que mon destin était intimement lié à celui de la monarchie. Tu m'as suivi parce qu'à ce moment là, tu partageais mes croyances, tu croyais également en cette cause. En invoquant ces forces obscures, tu as toi-même scellé ton destin. »

Ce n'était pas une série d'accusations que je lui balançais à la figure, mais bel et bien un constat. Nous deux, nous étions similaires, c'était même ce qui nous avait rapprochés. Elle m'accusait de lui avoir préféré le pouvoir. Elle parlait même de mensonges. Il est vrai que notre milieu n'était pas exempt d'intrigues, et il se pouvait que j'avais pris part à certaines d'entre elles, mais c'était un milieu qu'elle avait aussi affectionné dans le temps.

« Mais oui, tu as raison. » concédai-je enfin, le regard exprimant la ferveur qui m'agitait tout entier. « Peut-être que je n'avais pas suffisamment la foi, en notre histoire, en nous. Parce que tout n'est qu'une question de croyance, pas vrai? »

La fin de mon beau discours sonnait comme une question rhétorique, et c'en était sûrement une. J'étais un prince, il est vrai, mais je n'avais rien de charmant. Sur le long terme, je n'aurais peut-être pas pu lui offrir la vie dont elle rêvait. J'avais le cœur trop corrompu par la rage et la rancune pour seulement songer à être heureux. Elle même s'était adonnée aux ténèbres trop souvent pour seulement espérer revenir en arrière.  Peut-être que c'était mieux ainsi, finalement, car tôt ou tard, je l'aurais détruite, et cette fois pour de bon.
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(i've been waiting for someone like you but you are slipping away. why does fate make us suffer ?) Il lui avait pris son cœur, l’avait fait battre pour la première fois. Elle s’était sentie en vie, réelle. Elle s’était sentie aimée, désirée. Des sentiments jusque là ignorée étaient née en elle et avec la même rapidité ils avaient disparu. La colère s’insinuait à nouveau dans ses veines, la rongeait de l’intérieur, la rendait plus dangereuse qu’auparavant. Aveugle à toutes choses, elle laissait sa rage guider ses pas. Petite princesse bien née, étoile dans les cieux, on ne lui refusait jamais rien. Née pour régner, le port royal, une intelligence à toute mesure. On lui avait prédit un destin hors du commun. On l’avait assise sur un trône invisible, ployait le genou devant le moindre de ses désirs. Bercée d’illusions depuis l’enfance, elle avait grandi dans l’attente de la couronne. Aujourd’hui son monde s’écroulait. Les murs de sa tour d’ivoire l’écrasait, l’empêchait de respirer. Happait par les ténèbres, elle ne résistait plus à leur appel pressant. Fatiguée de se battre, elle cède à ses instincts sans un regard en arrière. Elle embrasse ce pour quoi elle est née. Plus de barrières, plus de belles paroles et de bras pour la retenir. Seule au milieu des abysses, elle avance les yeux ouverts, le cœur lourd de douleurs.

Et elle rit Erendis. Elle ne peut pas s’en empêcher, n’a jamais su comment arrêter. Elle rit pour ne pas pleurer, elle rit à en perdre haleine. Elle rit parce qu’il ne lui reste rien d’autre que de belles illusions. Elle rit avec cette fragilité qui la caractérise. Ce rire qui ne lui ressemble pas, la fait paraitre fausse. Elle dard ses yeux sur lui, transperce la chair, transpire la haine. L’étincelle de vie est morte. « Tu aurais peut-être dû retirer tes œillères petit prince. » C’est la haine qui parle, le serpent qui s’éveille dans sa bouche, crache son venin sans hésitation, sans même un clignement des yeux. Elle regarde les runes, voudrait tant faire cesser leur scintillement, lui montrer qu’elle est au-dessus de tout, que l’amour la désertait. Elle ne contrôle pas son cœur et le déteste pour ça. « Je t’ai suivi parce que j’étais faible et stupide. J’ai baissé ma garde en croyant que tu pouvais m’offrir un foyer, une famille. » De jolis rêves réduits en cendres. Une douce mélodie à ses oreilles, un avenir brillant qu’on lui refusait. Elle y avait cru de toutes ses forces. Et la chute lui avait brisé les ailes.

Elle frissonne, fronce les sourcils et détourne le regard, presque honteuse de lui confier ses noirs secrets. Honteuse de savoir qu’il la jugeait si brutalement. Blessée dans son orgueil, blessée par le seul être qu’elle pensait incapable de lui faire du mal. Illusion douloureuse. « L’obscurité est tout ce que j’ai. Elle m’entoure de son long manteau, me protège. C’est toi qui m’a laissé meurtrie dans les ténèbres Nolan. Toi. » Elle n’avait pas demandé à souffrir ainsi. Il avait choisi pour elle, avait scellé son destin en s’éloignant. Il l’avait poussé dans le noir, poussé à s’enfermer d’avantage en elle. Il ne pouvait rien lui reprocher. Et tandis qu’elle divaguait, seule dans ses pensées, elle avançait inexorablement. Poussée par devant lui, attirée par son parfum, par sa seule présence. Elle aurait tout donné pour qu’il enserre à nouveau son cœur et lui murmure des mensonges à l’oreille. « Non. Il ne suffit pas seulement d’y croire Nolan. » Son regard cherche désespérément le sien. Elle y cherche une étincelle, un peu de lumière pour l’éveiller. Rien. Il n’y a plus que le néant et toujours cette douleur dans sa poitrine.




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