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 undisclosed desires + (yorna)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ OCCUPATION : améthysse, huitième année dans le parcours maîtrise de la magie dans l'espoir de devenir soigneur de créatures magiques. batteur dans l'équipe de quidditch diamant, violoncelliste dans l'orchestre, serveur au cafey desplat et amant de la solitude

MessageSujet: undisclosed desires + (yorna)   Sam 16 Avr - 19:02



(UNDISCLOSED DESIRES)


Lointaines pluies qu'il avait autrefois apprécié en compagnie d'une rubissane évanouie entre les murs de l'académie, un silence douloureux qui le ramenait dans les bras d'une solitude moqueuse et odieuse. Le corps étendu dans le gazon parfaitement taillé à écouter une nature chanter les louages d'un printemps fraîchement installé. Les glycines frissonnaient sous les alizés tandis qu'il assistait à la naissance d'une saison qui avait balayé un long et douloureux hiver larmoyant. Le beau jour sonnant la fin des épaisses ténèbres, les arbres en fleurs balayant ses idées sépulcres et funèbres. Un vent nouveau soufflait sur l'académie mordorée, espérant voir les problèmes de sa vie s'envoler et les cons s'évaporer dans un amas de cendres oubliés. Il se moquait de froisser son costume d'étudiant azurite déjà tâché par la verdure humide sous sa carcasse baignée par un soleil culminant. Les mains derrière la tête, il ignorait les railleries d'adolescentes derrière son dos, se foutant de passer pour un illuminé en train de bronzer tandis que la majorité des occupants du palais préféraient jouer sur les apparences coincées. Cravates parfaitement nouées pour les éphèbes et robes admirablement repassées pour ces courtisanes de la royauté dont le bleu ottoman ne cessait de l'aveugler. Ce n'était pas le cas du protagoniste qui continuait d'arborer une apparence presque négligée, cheveux en bataille et barbe mal rasée qui faisait de lui le cliché de l'étudiant bohème inaccoutumé. Une brise légère venait caresser son visage désormais amnistié d'anciennes blessures que sa meilleure amie avaient admirablement soignées. L'après-midi s'installait doucement sur le domaine fleuris, dépourvu d'enseignements magiques pour le reste de la journée, il ne savait pas comment occuper son temps et son esprit hanté par le rouge synonyme de la couleur des sentiments. Le terrain de Quidditch lui semblait même ennuyeux sans la Calédonienne, abandonnant en même temps les écuries désormais délaissées par la rubissane qui avait marquée de son parfum chaque recoins de Beauxbâton qu'ils avaient autrefois foulés à deux. « Yann ! » S'exclama alors une voix familière au-dessus de lui tandis qu'il ouvrait ses yeux cuivrés sur sa sœur accompagnée de trois filles hautaines et méprisables qu'il ne pouvait pas supporter. « Qu'est-ce-que tu fais couché par terre ? » Le sourire moqueur de Oriane lui piqua le cœur tandis qu'elle essayait de garder la face devant le trio de nobles qui riaient du breton et de son allure dépenaillée. Profitant de l'éloignement de ses copines, elle se pencha alors pour souffler son embarras à son aîné qui quittait sa couche pour se remettre debout. « Tu m’embarrasses devant mes copines !  » Le brun jeta alors un coup d’œil furtif sur la triade bleutée avant de les dévisager sèchement pour ensuite reposer son regard sur Oriane. « Navré. Si ça peut te rassurer, ton comportement me fais tout aussi honte. » Il abandonna alors la bretonne aux verbes tranchés de son aîné tandis qu'elle tentait de sauver les apparences en roulant des yeux devant ses copines hilares et amusées.

La bêtise était partout, sachant qu'un endroit de l'école était pas encore profané par la connerie royale d'une élite qu'il ne pouvait pas supporter. Il retrouvait la fraîcheur des couloirs de l'académie tandis qu'il marchait d'un air penaud vers l'aile des trinités en tentant de renouer sa cravate bleutée. La bibliothèque était agréablement dépeuplée, les sorciers profitant des premières chaleurs printanières en délaissant les ouvrages poussiéreux et les révisions ennuyeuses. Un temple de la connaissance et de la sagesse se dressait alors sous ses yeux, aimant l'odeur du vieux et le silence quasi religieux des lieux. Entouré de livres et de rayons perçant les plafonds, ses iris captèrent la couleur familière du rouge. Le cœur battant, la gorge sèche tandis qu'il demeurait figé sur place à observer Orna ranger des livres sur les étagères déjà bien chargées. Il ne s'était pas attendu à tomber sur elle aujourd'hui, n'ayant pas répété la scène ou préparé une éloge de retrouvaille. Pensif, il se gratta alors la barbe en optant pour l'attitude la plus logique — la sienne. Il s'avança alors vers elle, les derbies couleurs cognac agressant le marbre sous ses pas portés par l’écho. « Ravi de constater que tu es bien vivante, » souffla alors le celte qui posait l'épaule contre l'échelle en bois, le ton presque sentencieux. « J'espère que tu vas bien ... Je voulais juste m'en assurer. » Il offrit tout de même un sourire à la rousse tandis qu'il s'éloignait vers un autre rayon pour trouver de quoi apaiser ses songes et le détourner de la sorcière qui n'arrêtait pas d'envahir ses pensées. Depuis leurs dernières explications sur les rumeurs et l'entraînement qu'elle avait manqué en le laissant poireauter, il en avait tout simplement conclût que la sorcière avait préférée en rester là et qu'elle n'était pas intéressée. Pas vraiment du genre à venir harceler, il se résignait à accepter l'évolution tragique de cette merveilleuse nuit où il avait pu goûter à ses lèvres. Il laissa alors glisser ses doigts sur les reliures antiques d'ouvrages séculaires, prêt à se noyer dans des récits assommants et barbants d'histoires écrites dans une langue vernaculaire.

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Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace, la fête de la vie ? Ou quelque vieux désir, Éperonnant encore ta vivante carcasse, Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ? ©️alas.
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❝ OCCUPATION : rubissane, diadems en sciences magiques afin de devenir baguettiste, gardienne pour les diamants - et, en échange de quelques palefrois, répare les baguettes cassées et fait du discret trafic de maléfices et sortilèges kanaks.



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Pour ce qui lui paraissait être la millième occasion de la journée, Orna lissa sa jupe. Foutus uniformes coupés droit qui empêchaient toute liberté de mouvement. En y réfléchissant, peut-être avait-ce été la prérogative même du maudit créateur, car quelle sorcière trouvait le temps de marauder lorsqu'elle était occupée à tirer sur sa robe ? Ça n'aurait tenu qu'à elle, la rubissane ne s'en serait pas inquiétée le moins du monde. Et bien quoi, le satin étroit remontait sur ses cuisses lorsqu'elle se hissait sur la pointe des pieds pour atteindre la cinquième étagère ? Si le bibliothécaire tenait si fermement à la décence victorienne au sein de ses locaux, il n'avait qu'à lui laisser utiliser sa magie pour classer les ouvrages. En temps normal, elle se serait fait un plaisir de partager ses réflexions avec monsieur Calix, maudit superviseur de sa maudite sanction, et de laisser sa tenue suivre librement les mouvements que la physique lui imposait. Mais en temps de crise, on s'adaptait, et puisqu'Orna se retrouvait dans l'obligation formelle de filer droit, elle lissa sa jupe pour la millième fois en laissant ses talons retrouver le marbre, après être allée introduire un épais manuel de droit sorcier dans la travée des nouvelles acquisitions littéraires de l'académie. Levant le nez vers la voûte, d'où la verrière laissait tomber des particules de lumière sur son visage offert, Orna soupira. Le soleil, son ingrate étoile à elle, qui ne s'était mise à briller qu'une fois sa disciple enfermée. Qui ne s'était présenté qu'après qu'un corps trempé lui ait appris à aimer la pluie. Ce qu'elle avait trouvé ironique au début de sa pénitence, après une paire de jours entre quatre murs débordait sur le tragique. Murée dans son ennui avec ses souvenirs pour seule compagnie, souvent, dans sa bibliothèque hermétique, elle avait l'impression de sentir les gouttes fraiches rouler dans ses cheveux.

Trop amoureuse du soleil pour savoir s'en passer, elle avait décidé de le faire rayonner sous ses yeux. C'était sa dernière lubie, un uniforme doré. Un petit sort de rien du tout, trouvé dans un fin volume intitulé Enchantements des surfaces, coincé entre deux épais manuels de magie esthétique qu'une tête à claques de futur duc lui avait ordonné de ranger à sa place. Dès que sa baguette lui avait été rendue, la veille, en quittant la bibliothèque si tard que l'expérimentation vestimentaire était le seul divertissement disponible, elle l'avait essayé. Techniquement, techniquement, sa robe était toujours bleue. Ce n'était que quand le tissu se mouvait sous une source de lumière qu'il révélait sa teinte scintillante. Elle était tout à fait en ordre, car le règlement ne mentionnait pas de législation des reflets – et la sorcière incarcérée avait bien eu le temps d'éplucher le protocole en long et en large. Aussi, lorsque Calix, trop homme d'intérieur pour admirer les astres, lui avait chuchoté un "Vous m'éblouissez, Cheval !" courroucé, c'était forte de son vide juridique qu'Orna s'était lentement retournée et, absolument pince-sans-rire, avait répondu, stoïque, "Merci Monsieur. Je fais de mon mieux." Tournant les talons, elle s'en était allée plus loin, près des doubles portes de l'entrée, trier les ouvrages que des étudiants retardataires venaient de restituer. Un désespoir sur le visage qui tranchait méchamment avec son uniforme lumineux. Qu'elle lissa. A nouveau. Pff.

Elle sentit qu'on l'approchait, mais ne s'en formalisa pas, désormais trop habituée à faire obstacle entre les lecteurs avides et les ouvrages désirés. "Ravi de constater que tu es bien vivante." Un coup dans la poitrine, cette voix. Ton bien trop familier, inflexions inconnues. Elle tourna la tête et, ayant trop de choses à lui expliquer, ne sut souffler qu'un "Yann…" contemplatif en guise d'introduction. Bien joué, Cheval. Terriblement informatif. "J'espère que tu vas bien… Je voulais juste m'en assurer." Un bref sourire qui la cloua sur place, et il continua son chemin. Dans le genre frapper quelqu'un qui est déjà à terre…  Estomaquée, tout en sachant pertinemment que toute autre réaction de la part du sorcier aurait été illogique, elle observa son dos s'éloigner avec une envie tirant sur la nostalgie. Loi de la mémoire, elle s'était attachée à la chemise à carreaux. Au visage violet. A leur alter-egos, de l'autre côté des grilles. Le cœur battant entre les paumes, Orna envoya Une histoire brève des écrins rejoindre ses confrères sur l'étagère avec peut-être légèrement moins de délicatesse que requis, et se saisissant du dernier livre sur sa pile, un traité devant être retourné aux rayonnages d'Herbologie, elle suivit le sillon de son fantôme. Elle le trouva tournant le dos à la travée des annales et s'y glissa, le dos fatigué contre le cuir abîmé des reliures. Réticente à l'idée de s'imposer à la vue de Yann, elle préférait secrètement s'adresser à ses épaules qu'à sa bouche, qui s'était déjà avérée bien trop déconcentrante par le passé. "Ton visage s'est rétabli. Tant mieux," finit-elle par dire, alors que ses traits semblaient vouloir dire dommage. Elle aimait ses bleus. Ils lui avaient donné l'impression qu'ils étaient assortis, Yann et elle. "Je n'ai plus droit aux entrainements de Quidditch jusqu'à la fin du mois," ajouta-t-elle avec un empressement qui ressemblait étrangement à une excuse. "Plus droit à rien, en fait. Mon… 'désaccord' avec Le Gall était ma quatrième infraction grave de l'année, alors ils m'ont emmurée ici." Et à la façon dont sa voix douce, murmure parmi les pages, avait insisté sur ces deux mots, il était aisé de deviner ce qu'elle en pensait, de la supposée gravité de ses infractions. On ne légiférait pas sur le dédain, sur le terrorisme verbal. Mais un infime sort de répulsion, en présence d'un comice bien trop zélé, ça l'avait fait atterrir ici. Dans le silence. Sur la touche, aussi, puisque le règlement était formel : cinq enfreintes sérieuses au règlement, et l'étudiant insubordonné devait faire face au conseil académique, qui décidait si oui ou non, un renvoi pur et simple de Beauxbâtons devait être prononcé. Lion en cage à qui on avait retiré les griffes. A peu de choses près, un chaton. Elle fit un pas hésitant vers Yann. "Je suis désolée. Pour l'entraînement." Pour tout. "Ils me confisquent mon portable et ma baguette quand je suis ici, et je n'avais aucun moyen de te prévenir –". Elle s'interrompit. Se mordit la lèvre. Embarrassée à la seule mention du degré d'infantilisation dans lequel le bibliothécaire la maintenait. D'avoir à ce point donné raison à Yann, "fuir pour au final retrouver la prison". De s'enchevêtrer dans ses justifications, car elle était trop occupée à fixer le sol, pour s'éviter de le regarder lui et tous les regrets que ça lui causerait immanquablement. "Enfin, si t'as besoin de quelque chose, fais-moi signe," conclut-elle, la gorge serrée, se donnant une vague contenance en rassemblant quelques livres qui trainaient là.  


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(UNDISCLOSED DESIRES)


Il regrettait déjà de s'être éloigné d'elle, putain de fierté mal placé. Dans sa tête où s'entremêlait de sales pensées, cela avait été trop beau pour être vrai. Une piètre estime de lui-même tandis qu'il jetait un rapide coup d’œil à la rubissane abandonnée. Peut-être qu'il s'était tout simplement fait des idées, que ces verres partagés, sourires, confessions et baiser brûlant échangé sous la pluie ne signifiaient rien dans l'esprit de la rouge. La solitude semblait toujours vouloir le rattraper et l'enchaîné avec elle dans un océan salé. Il était venu chercher le calme et la tranquillité et il se retrouvait à trop penser en essayant de ne pas regarder la rousse afin d'éviter de ressentir ce putain de cœur se serrer. Foutue académie où se cachait à chaque recoins des fantômes du passé accompagné d'un noir cortège de douleurs et des perspectives d'avenirs abandonnées et tuées par un temps impétueux. Une matinée chiante à étudier, un début d'après-midi gâché par une sœur sardonique et cette rencontre douloureuse venue ébranler les sentiments du celte laconique. Il feignait de lire, n'arrivant même pas saisir le sens profond du bouquin de métamorphe avancé sous ses yeux fatigués, se tâtant déjà à rebrousser chemin pour retrouver le réconfort de son lit et de ses rêves anéanties. "Ton visage s'est rétabli. Tant mieux," souffla alors la rouge qui capta l'attention du brun qui reposait l'ennuyeux ouvrage pour se concentrer sur la rubissane. Il était certes débarrassé de ses bleus et de ses écorchures, mais son cœur portait des stigmates invisibles aux yeux de la belle. Un simple hochement de tête de sa part tandis qu'il s'adossait contre le rayon, le regard perdu sur l'imposant plafond décoré. "Je n'ai plus droit aux entrainements de Quidditch jusqu'à la fin du mois," ajouta Orna tandis qu'il écoutait sans la regarder, bien trop peur de lire dans ses yeux l'ennui ou le rejet que le breton lui insufflait. "Plus droit à rien, en fait. Mon… 'désaccord' avec Le Gall était ma quatrième infraction grave de l'année, alors ils m'ont emmurée ici." Yann commençait à voir plus clair à l'évocation du nom de son ancienne amante qui était encore fois responsable du malheur de quelqu'un d'autre. Il avait pourtant eut le droit à des explications, sans parlers des rumeurs d'un nez cassé et de sortilèges de la mort formulés. "Je suis désolée. Pour l'entraînement." Le brun posa alors son regard sur la rouge qui semblait réellement sincère. Il n'aimait pas la voir emprisonnée et en proie à une culpabilité qu'elle n'était pas censée éprouver. La faute à qui ? La fatalité ... Ses pensées étaient dirigées vers Gwen qu'il détestait sur l'instant. Elle qui avait brisé son cœur, qui l'insultait sans cesse et l'envoyait chier à longueur de journée. "Ils me confisquent mon portable et ma baguette quand je suis ici, et je n'avais aucun moyen de te prévenir." Le sorcier restait dans un silence inébranlable, ne sachant quoi dire ou faire pour redonner à cette relation négligée un élan de bonne humeur et de gaieté.

"Enfin, si t'as besoin de quelque chose, fais-moi signe." Il l'observait se détacher de lui pour s'en aller trier quelques livres abandonnés. De quoi pouvait-il avoir besoin si ce n'était qu'un peu de répit dans le flot permanent d'idées qui venaient le maltraiter. Il ferma un instant ses yeux dans l'espoir de calmer ses pensées et de trouver comment faire taire ce cœur assourdissant dans sa poitrine. Il se sentait désormais fautif de ne pas avoir ouvert la bouche pour lui éviter de ressentir une culpabilité qui ne lui était pas destiné. Il ne pouvait décemment pas lui en vouloir, victime des règles douloureuses de l'académie et des mots venimeux d'une saphiroy que le temps avait pervertie et rendu aigrie. Yann poussa alors un soupir tandis qu'il rejoignait silencieusement la rousse dans un glissement presque imperceptible. La bibliothèque limitait leurs échanges, sentant parfois sur lui le regard curieux de passants venus lire dans la tranquillité. « C'est moi qui suis désolé de ne pas pouvoir t'arracher à cette prison. » Souffla Yann qui aidait la rouge à ranger les livres en lui offrant par moment des regards presque insondables. « Et aussi d'être un crétin qui préfère se faire des idées que de venir chercher la vérité. » Des épaules qui se frôlaient à chaque fois qu'il levait le bras pour poser un livre au-dessus de lui. Même si elle ne souhaitait pas aller plus loin, il l'appréciait et cela devait rien changer — peu importe l'issu de ce baiser qui n'arrêtait pas de le hanter. « Et pour conclure, je m'excuse aussi de ne pas t'avoir dit que tu étais très jolie aujourd'hui. » Cette fois-ci les lèvres du breton s'étiraient dans un sourire qu'elle commençait à connaître. Il se retourna alors pour s'adosser de nouveau contre l'allée d'ouvrages sempiternels. Quelques rayons solaires s'infiltraient par le verre comme pour les appeler à aller profiter du beau temps. Une météo splendide qu'il était prêt à sacrifier pour revoir son païen sourire se dessiner. « T'es coincée ici combien de temps ? Je dois tuer qui pour te libérer de cet ennui ? » Il fronça alors les sourcils pour prendre un air menaçant qui fut rapidement balayé par son regard amusé. La vérité étant qu'il était presque sérieux, cherchant déjà dans son esprit un moyen de s’éclipser sans éveiller les soupçons de celui qui veillait dans l'ombre à l'aboutissement de cette retenue.

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Et franchement, elle détestait ça. Elle se demandait si ça valait le coup, dans le fond. Si une seule soirée, aussi merveilleusement glaciale et délicieusement brûlante qu'elle avait pu être, justifiait quatre jours d'angoisse. Une centaine d'heures de questionnement. Au revoir la concentration. Bonjour la tachycardie. Elle était douée en arithmancie, Orna. C'était une de ses spécialités. Elle aimait la beauté des chiffres, la grandeur des équations, les faisait danser avec une facilité déconcertante. Elle comprenait les nombres, alors elle essayait de faire de ses mystères des formules. Mais ça, ce truc, l'élastique invisible tendu entre leurs deux poitrines, que Yann, par son silence, avait lâché avec tant de désinvolture qu'il était revenu à pleine vitesse cogner les côtes d'Orna, elle n'avait pas de formule pour ça. Pas de résolution. Un bleu de plus, un bleu de moins, au final… Alors, elle s'activait. Faisait semblant de dépoussiérer quelques reliures, changer l'ordre de deux ouvrages, parce que fuir aurait été trop criant. Aussi, et peut-être surtout, parce qu'elle espérait quelque chose. Une réaction, même infime. C'était presque un réflexe de survie, à ce stade. Si elle devait encore passer une demi-journée ici, à ressasser le silence et le mécanisme exact par lequel, pour la millième fois, elle avait réussi à saboter tout ce qui l'entourait, elle allait devenir folle. Et demain, ou le surlendemain quand, toujours bloquée à la bibliothèque, elle se reverrait mentalement babiller bêtement devant le visage fermé de Yann, elle saisirait probablement la première occasion de renouveler une infraction grave. Juste histoire d'être renvoyée. Ça règlerait pas mal de trucs – puis elle en avait sérieusement sa claque, de ses putains d'uniformes trop étroits. Elle le vit s'approcher du coin de l'œil, mais ne tourna pas la tête. Elle avait peur de ce qu'elle pourrait lire dans les yeux du Breton, alors celle qui affrontait tout préféra ne s'exposer à rien. Au cas où. Certes, elle portait un rubis autour du cou. En temps normal, elle se délectait du tourment, puissante source d'énergie qui stimulait comme aucune autre. Mais là, entre sol et plafond jusqu'au coucher du soleil, avec ses pensées et une poussière lumineuse comme seule compagnie, elle n'était pas du tout certaine d'avoir besoin de nouvelles malédictions, de nouveaux regrets. "C'est moi qui suis désolé de ne pas pouvoir t'arracher à cette prison." Son cœur rata un battement. Sa main rata le livre. Quoi ? "Et aussi d'être un crétin qui préfère se faire des idées que de venir chercher la vérité." Orna tourna la tête, croisant enfin le regard dans lequel elle mourrait d'envie de se baigner. Elle était partagée entre le soulagement, l'incompréhension, et l'envie distincte de l'embrasser, là, entre les chroniques et les mémoires. Consciente que son impulsivité n'était pas sa meilleure amie – après tout, elle l'avait fait atterrir ici –, elle s'abstint. L'observa à la dérobée tandis qu'il lui donnait un coup de main sur le rangement des ouvrages, sa taille lui offrant un méchant avantage par rapport à Orna. "Et pour conclure, je m'excuse aussi de ne pas t'avoir dit que tu étais très jolie aujourd'hui." Instinctivement, elle baissa la tête. Elle ne faisait pas confiance à ses joues de rester dignes, ces traîtresses qui affichaient tout. Pour l'amour d'Agrippa. Peut-être que le silence était plus facile, tout compte fait. Peut-être qu'elle savait mieux réagir à la rancœur, vieille amie, qu'à l'inconnu. Elle déglutit. Songea qu'elle avait de sérieux remerciement à présenter à l'auteur de Enchantements des surfaces.

La proximité était étouffante. Orna sentait l'insoutenable bruissement qu'émettaient les étoffes de leurs uniformes en se frôlant, et toutes ses bonnes résolutions récemment acquises ne tardèrent pas plus longtemps à se dissoudre dans ses poumons. Depuis le début de sa sanction, certes, elle avait senti les murs se refermer autour d'elle, n'étant rien si pas une créature d'extérieur. Mais cette claustrophobie avait quelque chose de nouveau. Cause de malice, et non d'accablement. Aussi, quand, comme lisant dans ses pensées, il lui demanda "T'es coincée ici combien de temps ? Je dois tuer qui pour te libérer de cet ennui ?" la rubissane bascula la tête en arrière, poussant un long soupir. Elle qui avait cru que la torture ne pouvait pas s'accentuer d'avantage. Il fallait qu'il ait cette voix, ce sourire, qui lui faisait tout remettre en question. Elle qui s'était jurée de devenir irréprochable. Elle était bien fragile, sa vertu. "J'ai pensé au crime parfait," chuchota-t-elle, ne blaguant qu'à moitié. Après tout, coincée ici, elle avait eu tout le temps du monde pour réfléchir à la meilleure façon d'assouvir ses fantasmes de vengeance. "Mais mon mobile est trop évident," finit-elle, secouant lentement la tête. "J'ai essayé de prétendre d'être malade aussi, pour venir à l'entraînement, mais il a des fioles pour-" tout soigner, allait-elle finir, lorsqu'elle entendit l'habituel raclement de semelles sur le marbre. Calix, dans le rayon adjacent. A la surveiller, selon toute probabilité, plus geôlier que bibliothécaire. Il devait les avoir entendu parler, mais vu leurs tons feutrés, la sorcière aurait pu être en train de dispenser des conseils de sélection littéraire pour tout ce qu'il pouvait en savoir. Automatiquement, Orna fit deux pas en arrière. Préférant s'éviter de potentielles foudres, car Calix avait un sérieux problème avec le spectre complet des relations humaines, à ce qu'elle avait pu en constater. La veille, complètement paralysé devant l'image d'une jeune étudiante qui sanglotait silencieusement devant une des tables de travail, il avait demandé à Orna de s'en occuper, et avait tourné les talons, droit comme un I, épaules et poings crispés. Tournant la tête vers Yann, la détenue ouvrit grand les yeux. Mais bien sûr. Elle osa un coup d'œil dans l'allée centrale, vérifiant l'absence d'autres étudiants dans les parages. Elle n'avait franchement pas besoin d'un public, elle avait eu sa dose annuelle du moulin à ragots de Beauxbâtons. Naturellement, par une si belle journée, l'endroit était désert. La rousse avança silencieusement vers Yann, et approcha ses lèvres de son oreille. "Galerie des glaces dans deux minutes ?" Elle allait exécuter un pas en arrière à nouveau, mais se ravisa. Pinça les lèvres, et ajouta : "Je m'excuse sincèrement d'avance." Et sans lui laisser le temps de s'inquiéter, elle se recula et, dans une voix prétendant se vouloir étouffée, mais pourtant assez forte pour que Calix, rôdant toujours dans les parages, n'en rate pas une miette, s'exclama : "Et tu me le dis comme ça ? Alors que-" Elle s'interrompit, imita les bouffées d'air saccadées causées par les sanglots. Ne pas finir ses phrases, c'était typique des explosions. Une touche particulièrement réaliste. Et très Orna, à vrai dire. "Avec ma meilleure amie ? Comment vous avez pu ? Pendant que je suis bloquée ici ?" Les murmures avaient pris en volume, se modulant doucement en cris. Pour une touche supplémentaire, Orna fit tomber un livre au sol. Calix n'aurait qu'à l'interpréter comme il le voulait. "Non, je- je ne veux rien entendre !" Et dans un gémissement étranglé, elle tourna les talons et se mit à se presser vers la sortie, le visage entre les mains. Les chances que Calix vienne à sa poursuite, après un tel étalement d'émotions, approchaient le zéro absolu. Une fois la bibliothèque derrière elle, la rubissane se dépêcha d'atteindre le bout du couloir – ce qui s'avéra inutile, en réalité, puisque sans surprise, le château entier avait été dépeuplé en faveur du bon temps. A l'angle, elle s'engouffra à travers les doubles portes qui menaient à la salle des trophées, et les referma derrière elle. Endroit méconnu de la plupart des étudiants, qui ne s'y rendaient qu'une fois par an pour des occasions particulières, la galerie des glaces disposait pourtant d'un avantage non-négligeable : son balcon. Ouvrant la porte vitrée en grand et passant à l'extérieur, Orna se délecta de son premier contact de la journée avec le soleil, le vrai. Leva le nez face au ciel. Sous la lumière chaude, son uniforme se mit à scintiller, concurrence terrestre de son bel astre. Que c'était bon, de renouer avec la transgression. Quelle naïveté, de s'être imaginée capable de se soumettre à ses chaînes. Elle aurait dû s'y attendre. Face à Yann, tout partait en fumée.



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Indécise harmonie des peines ignorées, il se demandait comment il avait pu être aussi lâche d'avoir préféré croire des idées inventées et des ragots colportés plutôt que d'être venir lui-même demander. La vérité, il pouvait la lire dans les traits parsemés d'étoiles de la rouge, se laissant de nouveau aller sur le navire fou des sentiments ranimés. Il aimerait pouvoir retourner dans ce pub, ressentir de nouveau le corps chaud de la rubissane danser au rythme du sien. Conquérir de nouveau les lèvres de la rousse inondée par une pluie glacée que leurs baisers viendraient réchauffer. Prisonniers de la bibliothèque, les livres comme seule échappatoire à des songes ennuyés, le breton aidait la calédonienne à ranger les bouquins, n'apportant que très peu d'attention aux titres et aux intitulés. Il préférait observer ses traits, se plonger dans ses iris et espérer voir naître sur ses lippes la naissance d'un sourire marqué à jamais dans ses pensées charmées. Amusé, il lui proposait clairement de trouver un moyen de se débarrasser de cette corvée, élaborant dans ses songes la naissance d'un plan d'évasion. Pour elle, il était prêt à risquer le cachot, les retenues, et même des châtiments corporels. Après tout la France semblait vouloir s'enfermer dans un système politique désuet, pourquoi ne pas remettre aux goûts du jour les fustigations dépassées qui rimait avec ce royalisme gangrenée ? Il souriait à cette pensée, s'imaginant fouetté pour avoir osé libérer la princesse rouge de cette prison faîte de verres et de papiers. "J'ai pensé au crime parfait," souffla alors l’érubescente au sorcier qui tendait l'oreille. "Mais mon mobile est trop évident," finit-elle par ajouter tandis que le brun se tournait pour observer le surveillant pénitencier au loin qu'il gratifiait d'un sourire insolent. "J'ai essayé de prétendre d'être malade aussi, pour venir à l'entraînement, mais il a des fioles pour-" Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase tandis qu'il dévisageait le prénommé Calix et qu'il reprenait un livre pour le ranger dans un geste lasse et ennuyé. Pauvre Orna, payant injustement le prix de la sévérité du corps enseignant et de ses idées.

"Galerie des glaces dans deux minutes ?" Les traits du Breton se voilèrent d'une expression interrogative, se demandant quel stratagème elle avait bien pu trouver pour pouvoir quitter ces allées de parchemins griffonnés.  "Je m'excuse sincèrement d'avance." Yann ne comprit pas de suite en l'observant se reculer, restant figé près du rayon, carrément paumé. "Et tu me le dis comme ça ? Alors que-" Perdu, le brun s'apprêtait à rétorquer, mais la rouge n'avait évidemment pas terminée de cracher sa peine. "Avec ma meilleure amie ? Comment vous avez pu ? Pendant que je suis bloquée ici ?" L'amétysse tentait de cacher son amusement, se mordant la lèvre inférieure pour éviter de céder à l'hilarité et risquer de compromettre le plan judicieux de la sorcière de feu. "Non, je- je ne veux rien entendre !" Surpris par les talents d'actrice de la rouge, le brun se retrouva seul face à un Calix tout aussi décontenancé que lui. Abandonné, il ne savait pas trop quoi ajouter, ayant le mauvais rôle de cette pièce inventée. Il se tourna alors vers l'homme, mains dans les poches en prenant un air penaud. « Les femmes et l'émotivité ... » Le bibliothécaire sembla d'accord avec les propos sexistes de l'étudiant tandis qu'il quittait à son tour le temple de la connaissance, les babines amusées. Le plan avait marché parfaitement et les deux étudiants pouvaient désormais profiter d'un moment privilégié loin des regards indiscrets et des médisances proclamées. Il marchait d'un pas rapide pour rejoindre la salle des trophées, les corridors peu fréquentés grâce à l'astre solaire qui venait réchauffer les locataires du vieux palais. Il poussa alors les lourdes portes de la galerie, observant toutes ces vieilles coupes oubliées, des reliques que l'académie gardait précieusement pour chanter les louages d'une gloire passée. Il aimait venir ici de temps en temps pour profiter du calme de la pièce, s'imprégner des légendes d'autrefois et s'imaginer brandir un jour son propre trophée.

La plus beau des trésors ne pourrissait pas dans un coin, suivant alors les précédents pas de Orna pour la retrouver sur le balcon, libérée et scintillante comme jamais. Yann sortit alors sa baguette pour y faire apparaître une rose tout aussi rouge que les flammes dansantes de ses cheveux animés par la brise printanière. Il lui tendit, s'approchant d'elle armé un sourire conquit. « Tu m'avais caché tes talents de comédienne, » s'exclama alors le sorcier qui venait s'accouder au balcon, ses yeux noisettes presque dorés sous les lumières solaires et enflammées. « J'ai bien cru que t'allais me gifler pour y ajouter une note dramatique. » Il ferma un instant les yeux pour profiter de la magie instantanée de cette météo, accompagné de la plus belle des compagnies souhaitée. Il en profita alors pour dénouer un peu le nœud de sa cravate et libérer son cou du col de sa chemise trop serrée et termina par retrousser ses manches sur ses avants-bras musclés. « Suis content de te retrouver. Tout me semblait si fade ces derniers jours. Même le ciel semblait bouder ton absence. J'espère que tu ne va pas t'attirer plus d'ennuis. » Avoua alors le brun qui posait son regard cuivré sur elle, éclairé par la clarté d'un jour illuminé par une saison synonyme de renouveau et de promesses ensoleillées. Qu'elle était belle la jument carminée.

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Stooped down and out, you got me begging for thread
To sew this hole up that you ripped in my head


Le cas de conscience aurait été nettement plus douloureux si la lumière du soleil n'avait  pas été aussi merveilleusement confortable. Le retour à son étoile, après les quelques jours de confinement, tenait du divin. Certes, échapper à la surveillance perçante de Calix, causer une micro-scène dans le haut temple de la connaissance, mentir à son superviseur, mettre le nez dehors sans permission, a fortiori accompagnée – tout cela ne serait pas du plus bel effet sur son épais dossier scolaire, que l'abruti au sang bleu de comice rubissan avait qualifié de "aussi taché que ton visage, Cheval". Elle avait relevé les commissures des lèvres mécaniquement, cerveau cartésien mentalement occupé à calculer le pourcentage de chance qu'elle se casse une phalange si elle lui envoyait son poing au milieu du visage. La jeune femme ne versait habituellement pas dans l'offensive physique, mais l'absence de sa baguette, se faisant douloureusement sentir dans la poche enchantée de son uniforme, appelait à la créativité. La décision avait été cruelle, la décision avait été stratégique. Ils privaient la sorcière de sa magie comme l'on débarrassait un serpent de son venin. Pour la première fois, elle était inoffensive. Pour la première fois, elle éprouvait un respect éclairé envers son frère. Tandis que ce collabo en uniforme tiré à quatre épingles lui avait conseillé de canaliser son énergie vindicative dans un environnement structuré (tel que, ohjenesaispasmoi le club de duels par exemple, où, tiens donc, une place vient d'être libérée depuis qu'un première année a décidé d'abandonner la sienne après avoir été envoyé à l'infirmerie deux réunions de suite - et on aurait bien besoin de Pur Sangs dans ton genre pour représenter l'écrin, si tu vois ce que je veux dire), elle avait levé les yeux au ciel. (Moi, au club de duel ? Tu m'as bien regardée ?) Avait gardé les mains le long du corps, bien qu'elle sentait les picotements habituels grimper dans ses doigts. Pas qu'elle ait peur pour ses os; elle faisait entièrement confiance aux talents de l'infirmer qui, s'ils savaient réparer un idiot de première année qui s'était surestimé, pourraient aisément faire de même d'une Orna cabossée. Elle avait seulement peur pour sa peau. Cinquième avertissement, son épée de Damoclès. Le crin de Cheval était déjà très, trop fin – et la pertinence de la métaphore était gâchée par le fait de savoir ô combien elle aurait plu à l'idiot.  

Le cas de conscience aurait été nettement plus douloureux si, en regardant par au dessus de son épaule, Orna n'y avait pas trouvé Yann avançant sur le balcon. Elle ouvrit la bouche, probablement pour réitérer des excuses quant aux modalités exactes, et pas forcément les plus avantageuses pour lui, qui avaient permis sa fuite, mais la ferma aussitôt pour observer le travail de baguette de l'améthysse. "Tu m'avais caché tes talents de comédienne." Elle ne put s'empêcher d'émettre quelques notes d'un rire grave en acceptant la fleur qu'il lui tendait, occupée à observer celle-ci avec l'admiration méthodique de la passionnée d'artefacts magiques qu'elle était. Si elle se concentrait sur la sensation au bout de ses doigts, elle pouvait percevoir l'infime fourmillement magnétique dansant sur les pétales. Agrippa, qu'est-ce que ça lui avait manqué. Sa comedia dell'arte de la bibliothèque avait été nourrie par plusieurs jours d'une observation presque anthropologique de Calix. L'homme vivait dans son propre classement alphabétique, réagissait épidermiquement au contact humain. S'était mis à bégayer lorsque, la veille, Orna lui avait demandé depuis combien de temps il gérait le lieu, juste pour faire la conversation, juste pour retrouver sa voix, que plusieurs heures consécutives de silence étaient allées enfoncer au fond de sa gorge. Si elle voulait qu'il comprenne quoi que ce soit, il fallait "jouer pour le fond de la salle". "J'ai bien cru que t'allais me gifler pour y ajouter une note dramatique." Orna leva enfin les yeux vers lui, et les laissa courir le long du profil oublieux de Yann, sourire mutin aux bords des lèvres. "Alors que tu viens de récupérer ton visage ? J'ai un cœur, tout de même," – même si, certes, nombreux étaient ceux qui semblaient avoir un avis divergent sur la question. Peut-être était-ce dû à la subite chaleur, à la nouvelle lumière, après avoir été si proche de se changer en fille de papier. Peut-être était-ce l'adrénaline sous-jacente d'avoir échappé à sa gigantesque cellule. Ou peut-être simplement Yann, desserrant sa cravate, nez tourné vers le ciel. Mais elle avait un cœur, et elle crut l'entendre battre. "Suis content de te retrouver. Tout me semblait fade ces derniers jours." Elle osa à peine goûter aux mots, car elle était consciente qu'ils n'allaient que rendre le retour à son châtiment, plutôt tôt que tard si elle tenait à la vie, davantage agonisant. Elle posa les mains à plat sur le garde-fou de pierre, observant en contre-bas les grappes d'étudiants sur les pelouses, se prélassant plein sud avec quelques livres ouverts entre eux en guise de prétexte. Elle se serait probablement mêlée au tableau, si elle avait eu le choix. Ou se trouverait quelque part au dessus du terrain de Quidditch, ayant négligé d'enfiler les protections de son équipement car il faisait trop chaud pour s'en embarrasser, et au diable les avertissements agacés de leur bienaimé capitaine. "J'espère que tu ne vas pas t'attirer plus d'ennuis." Elle aussi, elle l'avait espéré. Elle y avait cru. A l'évidence, c'était plutôt mal parti. Elle se mordit la lèvre, habitude ornesque inconsciente, bloquant le passage aux aveux inutiles. S'il voulait lui éviter les ennuis, il fallait que lui commence à éviter la bibliothèque jusqu'à nouvel ordre. "On m'a toujours dit de ne pas faire de promesses que je ne suis pas sûre de tenir," ironisa-t-elle en tournant les yeux vers Yann, se rendant compte qu'elle était plus proche de lui qu'elle ne l'avait cru et se demandant quand exactement son corps répondant bien trop à l'intuition avait décidé de faire un pas vers lui. "Je suis ici, non ?" Et ça en disait long sur son self-control, sur sa capacité à obéir aux règles. "Mais… Je jure solennellement de faire un effort, étant donné qu'à la prochaine infraction, je risque le renvoi, et Merlin sait que, sans moi, l'équipe est foutue." Et voilà qu'elle faisait une rechute. Habitude toute personnelle de dédramatiser les ennuis, la trouille, les mots et la rose, posée sur la rambarde entre ses deux mains.



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(UNDISCLOSED DESIRES)


Doux balcon de la délivrance dans cette prison faîte de pierres et de barreaux dorés. Une semi sensation de liberté tandis que les deux sorciers touchaient presque du bouts de leurs doigts l'exemption temporaire de leur truculente témérité. Insouciance et décadente jeunesse, ignorant que plus tard, ils payeraient peut-être le prix salé de ce mensonge éhonté. Seul ce moment intrinsèque comptait, ce soleil réchauffant leurs corps prisonniers d'un uniforme bleuté symbole de sévérité, cette douce promiscuité sous cette symphonie de couleurs allant du cri violent des verts aux pâleurs mièvres des orchidées. Yann pouvait enfin respirer, illuminé par les lueurs solaires et la présence éclatante de la sorcière qu'il n'arrivait pas à oublier. Ces foutues éphélides qui ne cessaient de venir le hanter, ce doux visage parsemé d'étoiles qui reflétait sans cesse cette nuit où un baiser avait été échangé. La rose semblait bien terne à côté d'elle, songeant avec amusement que Orna n'avait rien d'une fleur délicate, mais qu'elle pouvait se montrer tout aussi épineuse que cette rose célébrée depuis l'antiquité. Il était prêt à se piquer, ayant déjà enfreint plusieurs règles depuis cette fameuse soirée, se remémorant le musée avec nostalgie, désireux de recommencer. Son existence semblant beaucoup plus coloré en compagnie de Orna, laissant le noir et blanc de côté pour profiter des nuances chamarrées qu'offrait la rouge au breton aveuglé. Libéré de l'étouffement de sa cravate, il poussa alors un soupire d'aise en rangeant sa baguette dans sa poche, observant l'horizon ensoleillé et les étudiants allongés dans un parc horriblement trop fréquenté. Ils étaient bien sur ce balcon, perchés loin d'une foule et d'idiots couronnés. Une pause dans leur routine gaillarde et insipide, retrouvant la perspective d'un petit moment de complicité que le temps s'évertuait à vouloir compliquer. Il ne connaissait pas tous les détails de la punition de la rouge, n'aimant pas trop écouté les bruits de couloirs, elle devait certainement ce châtiment à Gwen. Néanmoins, elle n'avait pas gagnée la bretonne, l'érubescente délivrée de son bagne pouvait jouir des prémisses du printemps fraîchement installé. Il avait salué son interprétation tragique de la femme trompée, jouant malgré-lui un rôle qu'il n'avait jamais endossé jusqu'à présent. "Alors que tu viens de récupérer ton visage ? J'ai un cœur, tout de même," s'exclama la rousse en cavale sous le regard amusé du sorcier. Voila un bon moment qu'il n'avait pas porté de stigmates sur ses traits, remerciant intérieurement les talents de future médicomage de Victoire qui s'évertuait à vouloir le rafistoler. « C'est temporaire j'imagine. À choisir, je préfère que tu sois l'investigatrice de mes prochaines ecchymoses. » Une perspective préférable aux coups d'idiots se sentant supérieurs de part leurs titres de noblesses périmés semblables à des tickets de métro usagés. Amusé, il détourna alors ses iris ambrées pour observer le parc inondé par la masse d'élèves alourdis par le poids de la procrastination — aucun intérêt.

Le chant des oiseaux semblaient bercer le protagoniste qui se laissait aller au calme et à la volupté d'une météo clémente et appréciée. Encore un moment à marquer dans ses pensées, toujours accompagné par la calédonienne et son franc-parler. D'un moment à l'autre, cette horrible punition pourrait venir les rattraper, prêt à troquer le bleu pour le orange bagnard et jouer le rôle de compagnon d'infortune à ses côtés. Orna et les règles, les deux avaient apparemment du mal à coexister et le brun se reconnaissait de plus en plus dans la rouge au caractère bien trempé. "On m'a toujours dit de ne pas faire de promesses que je ne suis pas sûre de tenir," souffla la sorcière désarmée en chantant une ironie bien placée. "Je suis ici, non ?" Pour combien de temps ? songea le breton qui étirait ses lippes dans un sourire amusé. "Mais… Je jure solennellement de faire un effort, étant donné qu'à la prochaine infraction, je risque le renvoi, et Merlin sait que, sans moi, l'équipe est foutue." Le rire du brun sonnait vrai tandis qu'il se hissait sur la rambarde pour s'y poser. De sa place, il pouvait encore mieux l'admirer, perché près d'elle dans un sempiternel sourire qui ne voulait pas s'effacer. Il avait envie de lui avouer que ce n'était pas que dans l'équipe que son absence se ferait sentir. Un ciel qui deviendrait bien ennuyant sans elle tandis que d'autres immensités seraient tout aussi agréable à explorer à ses côtés. Les terres des montagnes, l'eau salée d'océans impétueux et le feu violent de volcans encore réveillés et fougueux. Des éléments qui semblaient plus facile à tempérer que le caractère de cette sorcière enflammée. Elle était le feu et il était l'eau, deux opposés qui semblaient pourtant vouloir cohabiter. Lesquels des deux finiraient brûlés ou noyés ? Pour elle, il affronterait les deux sans hésiter. « Quel dévouement Miss Cheval, » ironisa alors le sorcier aux lèvres insolentes. « Apprendre que tu as d'autres infractions à ton palmarès ne me surprends pas. J'ai vu que tu aimais vivre dangereusement, » avoua-il en balançant ses pieds dans le vide, témoin accablant de cette vérité. « Qu'as-tu envie de faire ? Le terrain de jeu est malheureusement assez limité ... Toi, moi et un balcon. Un ersatz de Roméo cabossé et une Juliette en cavale. Quel cliché. » Il ne sous entendait rien de lubrique, bien que l'idée lui avait inévitablement effleuré l'esprit, détournant alors le regard pour cacher sa face amusée. Néanmoins, il lui faisait confiance pour trouver comment tuer le temps, la rouge ayant déjà prouvée par le passé son ingéniosité. L'idée de rejouer cette oeuvre shakespearienne n'était pas pour lui déplaire non plus — tragique et amour étant l'apanage sentimental du breton esseulé. Il espérait pourtant écrire une fin heureuse à cette histoire naissante sur ce balcon ensoleillé.

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happy to lie back, watch it burn and rust
we tried the world, good god, it wasn't for us


Laissant courir paresseusement son regard sur les pelouses en contrebas – qui, égocentrisme de la lésée, ne semblaient scintiller que pour la narguer -, Orna prit une longue inspiration. L'horizon avait un air flou de déjà vu lointain. Elle n'était plus montée sur le balcon de la galerie depuis ce qui lui semblait être une éternité. L'amour de la hauteur, l'apanage des joueurs de Quidditch. Fut un temps, elle se plaisait à s'y installer, quand le climat le permettait, accompagnée de ses traités et de ses notes de cours. Car la salle des trophées n'était jamais verrouillée. Car le confinement de sa chambre et le silence de la bibliothèque finissaient inévitablement par être assourdissants, et qu'il était de notoriété publique qu'accomplir quoi que ce soit d'académique dans les appartements rubissans relevait de l'impossible, vacarme et stimulation constante. Elle ignorait complètement où avait disparu cette tradition des premiers mois. L'index traçant l'arrête de la rambarde, la sorcière se demandait si c'était en réalité inéluctable, que les endroits connus finissent par perdre leur intérêt à ses yeux. Ça devait être l'effet général que Beauxbâtons avait sur elle. Quelque part en cours de route, elle avait perdu l'habitude d'avoir des habitudes. "C'est temporaire j'imagine." Orna avait une poignée de remarques sous la langue pour répondre à cela, mais elle les lui épargna, consciente que rien de ce qu'elle ne pourrait avoir envie de dire serait constructif, encore moins inédit. Ils avaient déjà effleuré le sujet des hématomes ensemble, à peine, si peu, et elle n'avait rien su tirer de Yann sur la question. La seconde partie du commentaire lui fit arquer un sourcil amusé. Orna avait beau être têtue à l'excès, si c'était supposé être une diversion, faisant renaître l'image de l'homme battu qu'il avait conjurée lorsqu'ils dansaient, elle devait reconnaître qu'elle était plutôt efficace. Orna tourna le menton, rire léger aux coins des lèvres, mais elle n'arrivait pas à se débarrasser de la vague gêne entre ses omoplates. L'impression vaporeuse d'être observée. La peur infime de voir bondir Calix derrière elle. La certitude agaçante qu'ici, les murs avaient des oreilles. Tout était tellement plus facile de l'autre côté des grilles. Elle aurait sacrifié son soleil de bonne foi pour retourner sous la libératrice flotte de leur épopée parisienne. Avant que Beauxbâtons ne s'en mêle. Avant que son propre tempérament impétueux ne la mette au ban.  

"J'ai vu que tu aimais vivre dangereusement." Paupières fermées, elle bascula la tête en arrière, pour mieux se gorger des premiers rayons. Un son proche du râle naquit et mourut dans sa gorge. La fuite pour quitter le musée, les expéditions nocturnes avec Victoire, la magie clandestine… Elle aurait eu beaucoup de mal à lui donner tort. Elle était coutumière des blâmes, des maigres sanctions, mais c'était toutefois la première fois qu'elle récoltait véritablement ce qu'elle avait semé. Elle avait été trop longtemps impénitente, drapée dans sa propre ruse, pour accepter pleinement une sanction qu'elle avait méritée. "Je crois que c'est moins moi qui aime le danger que le danger qui m'aime, moi," souffla-t-elle en ouvrant les yeux, ton presque résigné. Elle aurait voulu lui dire qu'il était tout autant à blâmer qu'elle. Car il lui donnait des envies de liberté, de grands espaces. L'empêchait, quoique malgré lui, de se résoudre à courber l'échine. "Qu'as-tu envie de faire ? Le terrain de jeu est malheureusement assez limité… Toi, moi et un balcon. Un ersatz de Roméo cabossé et une Juliette en cavale. Quel cliché." Et, aussi facilement que ça, les scrupules s'étaient évaporés. Elle leva le regard vers lui, mais il était assis dos au soleil et, éblouie, elle ne voyait que des taches là où ses traits auraient du être. Orna fit un pas sur le côté, venant instinctivement se blottir dans l'ombre qu'il projetait devant lui. "Il y a bien deux trois trucs qui me viennent à l'esprit mais tu m'as dit d'éviter les ennuis…" Petite voix angélique, vite contredite par le sourire espiègle qu'elle ne sut contenir. Il était haut, trop haut, et presque irréel, baigné par le halo lumineux dansant sur ses contours. La dernière fois qu'elle s'était approchée, elle avait eu le prétexte de deux cocktails sur ses lèvres, l'excuse des intentions liquides. De la curiosité. Du couvert de la nuit. Maintenant, en uniforme, face aux jardins, la sorcière n'avait plus la moindre cachette. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle en avait marre de se chercher des excuses. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle en avait envie – et qu'il n'y avait pas de place pour les regrets, dans son emploi du temps entièrement consacré à la repentance. Alors, face à l'évidence, elle se hissa sur la pointe des pieds. Se fit aussi grande qu'elle le pouvait, mais comme cela n'allait tragiquement pas suffire, elle glissa index et pouce autour de la cravate de l'améthysse pour l'attirer vers elle. Puisque la délicieuse pluie avait été chassée, la seule solution pour survivre au printemps, c'était de se fabriquer des souvenirs gorgés de soleil. Aussi, elle alla se brûler à son halo, goûter la liberté sur ses lèvres. Elle ne savait pas ce que cela signifiait précisément, Orna ignorait tout des protocoles. Tout ce qu'elle savait, c'est que la question avait été de savoir ce dont elle avait envie, et cela avait été la décision la plus évidente à prendre de la semaine. Le cœur tambourinant dans le ventre, elle se recula, redescendant sur terre assez littéralement, talons contre la pierre. Il lui fallut une seconde pour retrouver sa voix. "Hm. Je suis plutôt rouillée en littérature moldue, mais je suis presque certaine qu'ils se tuent à la fin comme une paire d'idiots." Le sarcasme était peut-être un rien prématuré. L'analogie pourrait bien s'avérer prophétique, puisqu'au vu des évènements du jour, sa fin personnelle semblait dangereusement proche.

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(UNDISCLOSED DESIRES)


Dos aux jardins réveillés par la brise chantante d'une saison confortable installée, il préférait laisser derrière lui l'horizon ensoleillée pour se concentrer sur des perspectives plus brûlantes en compagnie de la rubissanne illuminée. Beaucoup plus aveuglante qu'un astre brûlant inlassablement, elle lui inspirait des envies de témérité, le goût de l'intrépidité des sentiments naissants dissimulés sous la clarté. Cette attirance qu'il pouvait presque toucher du bout des doigts, n'arrivant pas vraiment à savoir si elle était partagée. Yann n'avait rien d'un séducteur ou d'un bourreau des cœurs, n'ayant jusqu'à présent pas été touché par la flèche d'un soit disant ange joufflu et farceur. Il avait préféré les éviter de peur d'être blessé, écœuré par ce que l'amour pouvait pousser à faire. Solitude préférée aux valses endiablées de deux corps liés, encore préservé des dommages collatéraux que l'amour pouvait infliger. Peut-être était-ce à cause du temps qui s'évertuait à vouloir tout détériorer, observant comme un spectateur blasé les couples se déchirer, se tromper et rentrer de nouveau dans la danse infernale des sentiments passionnés — amour brutal. Pourquoi vouloir se projeter ? Autant apprécier ce moment précis où il pouvait observer le visage étoilé de sa compagne printanière s'adoucir sous les rayons brûlants d'une douce saison synonyme de renouveau. Une pause dans cette routine infatigable, loin de la bibliothèque et de son coriace bourreau. Elle était libre pendant quelques minutes, quelques heures si le destin voulait se montrer généreux avec eux. Les yeux fermés, la nuque réchauffé et les traits détendus, il respirait enfin et ignorait les vilaines responsabilités qui seraient toujours présentes une fois ce balcon abandonné. Ce pub semblait si lointain, cette promiscuité au milieu de moldus déchaînés et ce baiser échangé sous une pluie glaçante qui n'avait pas réussi a éteindre le feu ardent d'un souvenir encore chaud dans ses songes empourprés. Un rouge qui lui allait à merveille, incandescente Orna dont il espérait ne pas connaître les brûlures de son tempérament enflammé. C'était ce qu'il aimait chez elle, cette authenticité, dépourvue de faussetés comme toutes les autres filles de cette académie dorée. De ses lèvres sortaient une vérité qu'il aimait écouter, parfois tranchante, tantôt amusante. Là où elle se trouvait, elle rendait les choses plus belles, plus intéressantes, comme ce balcon qu'il n'avait jamais trouvé aussi beau en sa compagnie pimpante.

Perché sur la pierre, ignorant cette hauteur qui donnait des hauts de cœur aux allergiques des sensations fortes. Vertige de rien, nullement effrayé de voir le monde sous un angle différent mais tout aussi désespérant. Les rires des autres élèves arrivaient parfois jusqu'à ses oreilles, se rendant alors compte qu'il devenait de plus en plus associable avec le temps. Enfant des terres armoricaines, il avait toujours préféré la compagnie sculpturale d'une nature silencieuse et colossale. C'était agréable de pouvoir enfin retrouver ce visage familier, cette chevelure carminée qui dansaient à chacun de ses mouvements exaltés. "Je crois que c'est moins moi qui aime le danger que le danger qui m'aime, moi," avait-elle avouée sous le regard intéressé du brun qui n'arrivait pas à la dévisager. Une sensation qu'il ne connaissait que trop bien, souvent porteur des marques de sa témérité sur ses traits blasés. Les bagarres, les joutes verbales et les regards en biais — quotidien bien éreintant. "Il y a bien deux trois trucs qui me viennent à l'esprit mais tu m'as dit d'éviter les ennuis…" Des lippes qui s'étirèrent pour y faire naître un sourire, se demandant alors quelles idées pouvaient traverser l'esprit de la belle. Il n'avait jamais été déçu jusqu'à présent, Orna s'étant toujours montrée ingénieuse, sur la terre comme dans le ciel. Le cliquetis de ses talons agressèrent alors le sol tandis qu'elle s'approchait près du breton perché. Elle se hissa alors sur la pointe des pieds, gagnant quelques centimètres qui ne suffisaient malheureusement pas pour l'atteindre tandis qu'il étudiait chacun de ses gestes sous ses iris cuivrées. Des doigts fins qui venaient caresser le bout soie pendant négligemment autour de son cou, tirant alors sur la cravate du sorcier pour l'attirer près du but ô tellement convoité. La douceur exquise de ses lèvres, baiser réchauffant un peu plus ce balcon déjà bien embraser. Les paupières closes pour pouvoir mieux en savourer la saveur, les poils hérisser, il resta alors quelques secondes figé tandis qu'elle se détachait. Agréablement surpris, il rouvrit alors les yeux pour l'observer, se redressant alors avec un sourire satisfait. « Hum ... Si tu as d'autres idées dans le genre, je suis preneur. » Avoua-il en affichant un petit sourire amusé, quittant la balustrade pour retrouver les pieds sur terre après s'être envolé pendant un instant avec ce baiser. "Hm. Je suis plutôt rouillée en littérature moldue, mais je suis presque certaine qu'ils se tuent à la fin comme une paire d'idiots." Le rictus aux bords des lèvres, il s'étira un instant en retrouvant un peu de mobilité. Il avait du mal à s'en remettre le pauvre Yann, traversant toute sorte d'émotions avec elle. « La beauté du tragique sans doute, » ajouta-il en observant le parc, pensif face à tout ça. « Mourir pour quelqu'un qu'on aime semble être une fin appréciable, mais ça ne reste que de la fiction. » Un haussement d'épaule pour conclure tandis qu'il retrouvait les yeux de Orna en se grattant rapidement la barbe dans un fin de sourire. Il s'approcha d'elle, son ombre s'étendant entre eux comme seule barrière de sécurité. « Tu ne serais pas prête à te sacrifier pour quelqu'un ? Pour tes convictions ou tes idées ? » Souffla alors le brun en venant balayer une mèche rebelle devant les yeux de la Calédonienne. Lui il était prêt à se consumer si cela lui permettait de connaître de nouveau le goût sucré et enflammé de ses lèvres rosées.

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“Nous avons dit souvent d'impérissables choses.”
Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace, la fête de la vie ? Ou quelque vieux désir, Éperonnant encore ta vivante carcasse, Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ? ©️alas.
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happy to lie back, watch it burn and rust
we tried the world, good god, it wasn't for us


Avait-elle seulement le droit de l'embrasser, simplement parce que ça lui chantait, parce que depuis peu, ses lèvres connaissaient le chemin et aimaient la vue ? La sanction, qui avait espéré la remise en question mais avait semblé échouer contre une tête bien trop dure pour plier, lui avait pourtant fait comprendre le danger de son impulsivité. C'était inscrit dans son dossier désormais, ça la suivrait jusqu'à ce qu'elle franchisse les grilles dorées pour la dernière fois. Les torts de celle qui hésitait trop ou pas du tout, qui cueillait ses propres désirs avec insouciance, composait son bouquet de caprices. Comme pour chaque décision qu'Orna prenait, elle poussait sur les côtés les implications en balayant d'un revers de main la moindre signification, en prétendant agir sur un 'coup de tête'. Trois mots qui justifiaient tout. Qui étaient suffisants. On n'était responsable de rien, quand on n'était pas maître de son tempérament. La belle excuse des rubissans, brandie à tort et à travers. Elle se souvenait de la peur, pourtant, qui avait coloré deux chansons partagées. L'hésitation bruissant entre ses côtes. L'inquiétude qu'il remarque la façon dont elle commençait à le regarder. Identique à celle dont elle avait observé son pendule. Qu'il s'aperçoive trop tôt qu'elle n'était pas le Vif d'or, mais un cognard. Puisque son expérience personnelle lui avait prouvé que les baisers n'amenaient que l'amertume, peut-être aurait-elle dû s'abstenir. S'épargner ainsi le doute. Egoïsme, disaient-ils. Elle haussait les épaules. Juste un autre mot pour dire instinct de conservation. Qualificatif qu'elle assumait désormais. Depuis quatre ans, depuis Narcisse et le chapelet de remords que ce nom avait fait parader à sa suite. Elle ne présentait jamais d'excuses, elle vivait selon ses propres règles. Système qui lui avait été bénéfique jusqu'ici, à la minuscule infime ridicule exception de sa mise en quarantaine. Bien que comportement absurde pour une sorcière éprise des sciences, Orna était lourdement superstitieuse. A ses yeux, ce n'était en rien contradictoire : elle vivait pour la physique, elle croyait en l'intelligence du monde. Principe simple d'action-réaction, tout arrivait pour une raison. Il n'était pas entièrement irréaliste de supposer que l'univers agitait un avertissement les concernant. Action : sous un arbre, parmi les flaques sur lesquelles scintillaient les reflets de l'Académie, ils avaient partagés un souffle et des souvenirs. Réaction : elle était parvenue, en quelques jours, à l'entraîner dans de ridicules rumeurs, à provoquer une scène avec une vieille rivale, poser un lapin à Yann malgré elle et à se faire ostraciser. Le message était suffisamment clair, pour qui était prêt à l'écouter. Le destin l'avait assez littéralement forcée à l'isolation, l'avait retenue loin de lui. Et pourtant, elle avait fait la sourde oreille. Car elle en avait désespérément envie. Car elle était curieuse, peut-être, de voir quels nouveaux malheurs elle parviendrait à s'attirer. "Si tu as d'autres idées dans le genre, je suis preneur." Car elle avait toujours aimé la foudre.

Ce ne fut qu'en retournant au sol qu'elle donna l'occasion au doute de grimper. Orna ouvrit les paupières sur un soleil de plomb dont elle avait perdu l'habitude, et plissa les yeux, portant machinalement une main à son front. Elle se ravisa au milieu du geste, et laissa tomber son bras. Le confinement n'allait pas tarder à prendre fin, et par là, elle ne voulait pas parler de sa punition dans les griffes de Calix, mais de l'année scolaire. A croire que Beauxbâtons s'évertuait à faire d'elle un chat de salon, elle en avait oublié d'éprouver de la gratitude envers les rayons. Certes, de son côté à elle du monde, ce serait l'hiver, mais n'importe quelle saison à Nouméa était préférable aux sautes d'humeurs du printemps parisien, trop changeant pour être honnête. Elle se serait réjouie sans entrave de partir retrouver son Eden, son frère, sa liberté, de laisser le bleu roi et le marbre derrière, s'il n'était pas question de - . Elle détourna la tête, elle partit lancer son regard loin de Yann. Merde. "La beauté du tragique, sans doute." Malgré elle, elle esquissa un léger rictus. Ou peut-être Orna n'avait-elle jamais fait l'effort d'empêcher ses pensées de s'étaler sur ses traits. Elle n'avait jamais trouvé le tragique beau. Juste tragique. Elle préférait les traités d'alchimie à la littérature car elle se reconnaissait dans la composition des molécules, pas dans l'héroïsme superflu, narcissique. Ses émotions étaient bien trop impétueuses pour être importantes, pour avoir une quelconque valeur. La sorcière avait tôt appris à n'avoir confiance que dans les faits, car les sentiments étaient de trop mauvais guides. Car, comme le ciel de la capitale, elle oscillait trop vite. Elle fermait les paupières sur le désir, les ouvrait sur la peur. Elle avait les yeux rivés sur les jardins, car c'était eux ou lui, mais ne voyait rien. Egoïsme, disaient-ils. Sa propre crainte occupait toute son attention. "Mourir pour quelqu'un qu'on aime semble être une fin appréciable, mais ça ne reste que de la fiction." Un éclat métallique – sur la pelouse en contrebas, un jeune sorcier, le rire aux lèvres, chassait un Vif d'Or hors de portée. "Peut-être que c'est en ça qu'ils sont idiots," souffla-t-elle, presque pour elle-même. "Croire en l'antithèse d'une fin appréciable." Se rendant compte du fatalisme de ses propres mots, elle se redressa, replaça en un geste mécanique une mèche de cheveux qui n'avait de toute façon jamais été rangée derrière son oreille. "Non ?" Ajouté à la hâte, pour effacer les implications de ce qui précédait. Car c'était lui, à l'évidence, le littéraire. Car elle connaissait trop peu les sujets dont il était question. Elle qui, comme elle le lui avait avoué, sautait à la fin de l'histoire avant même de l'avoir entamée. "Tu ne serais pas prête à te sacrifier pour quelqu'un ?" Il était proche, bien trop pour qu'elle puisse se faire confiance. Pas assez pour faire taire l'inquiétude. "Pour tes convictions ou tes idées ?" Juste un autre mot pour dire instinct de conservation. Les doigts de Yann s'élevèrent jusqu'à ses yeux, chassant délicatement la mèche de cheveux qui n'avait pas voulu se plier à son autorité à elle. Le contact était bien trop agréable pour qu'elle s'y fie. Certes, ils étaient loin du musée, mais elle aurait juré pouvoir entendre les battements entêtants de son pendule. Elle laissa échapper un soupir, hochant la tête. La boucle rousse resta en place. Répondant aux ordres de Yann mais pas aux siens, si cela ce n'était pas tragique. Elle refusa d'y voir une quelconque métaphore. Petite pythie rousse, qui ne déchiffrait que les signes qu'elle voulait bien comprendre. Feignant la décontraction. Comme si elle ne se l'était jamais posée, cette question, lorsque confrontée à son insensibilité volontaire. Comme si elle n'avait pas le palpitant dans la gorge. "Pour rien. Même pas pour moi-même." Elle qui ne voyait aucun courage dans le sacrifice, aucun mérite dans la fin. Pourtant, il y avait son frère. Il y avait Mahaut, Léo, Victoire. Qu'elle défendrait jusqu'à l'impensable. Mais, même si les règles ne s'appliquaient plus, même s'il y avait prescription, ils s'étaient promis la vérité. Orna était beaucoup de chose. Peut-être qu'individualiste en faisait partie. Pour l'amour de Merlin, au Quidditch, elle était gardienne. La position défensive absolue. Comme souvent, le meilleur calcul risque/récompense était la retraite vers les anneaux. Elle fit un pas en arrière. "Tout compte fait, peut-être que c'était une mauvaise idée de quitter la bibliothèque." Une partie d'elle avait envie de mettre une baffe à l'autre, mais elle ne considérait cela comme rien de moins que l'art du compromis. "Merci pour la distraction, j'en avais besoin," confessa la rubissane avec un rire quelque peu forcé – foutu besoin d'ajouter de la vérité à la fuite. "Mais je ferais peut-être bien d'y retourner, Calix va finir par s'inquiéter." La probabilité de la chose, à l'évidence, avoisinait le zéro absolu. Elle n'était qu'une moulure de plus sur les colonnes, chose qu'il fallait entretenir mais qui n'était qu'un obstacle entre lui et ses bienaimés bouquins. Rouillée en littérature moldue, elle ignorait comment finissait la scène du balcon. Ce qu'elle savait, par contre, c'est que si Juliette avait eu un iota de jugeote, elle se serait enfuie à temps.


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a witch should never be frightened in the darkest forest  /  because she should be sure in her soul / that the most terrifying thing in the forest -
was her.            

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