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 ‹‹ EVERYTHING THAT'S INNOCENT TO US IS CRAZY TO THEM. (zeyneb)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 205
❝ AUTRES VISAGES : TA REINE PRÉFÉRÉE
❝ CÔTE DE POPULARITE : 785
❝ MIROIR : JENNA COLEMAN.
❝ CREDITS : BLAKE. TUBMLR. ORELSAN.
❝ DIALOGUES : INDIANRED.
❝ ÂGE : VINGT-HUIT ANS.
❝ STATUT SOCIAL : ROTURIÈRE. MAIS QU'IMPORTE?
❝ OCCUPATION : ANARCHISTE DISCRÈTE, JOURNALISTE DÉSABUSÉE, RÊVEUSE PERDUE.


zeyneb al-maarouf
you'd break your heart to make it bigger.


Velvet n'aime pas avoir tort. D'ailleurs, à l'écouter, elle n'a jamais tort. Elle est juste... en manque d'informations, ou autrui l'est, donc du coup autrui se fait une fausse idée d'elle, donc du coup autrui pense qu'elle a tort. Mais elle-même? Non, elle a raison, vraiment. C'est juste que vous ne comprenez pas.
Mais elle sait que ce genre d'embobinage ne fonctionne pas réellement avec son frère Oliver. Oliver... Oliver est trop idéaliste, d'une manière différente de la sienne. Il veut que tout soit parfait et il n'y a rien qu'il aime plus qu'avoir raison. Autant dire que les chamailleries, quand ils étaient petits, étaient sans fin, l'un comme l'autre cherchant toujours à avoir le dernier mot quelque soit le débat.
Mais ils ont grandi maintenant. Ils ont vingt-huit ans. Vingt-huit ans... Velvet ne sait pas trop pourquoi vingt-huit ans ça lui semble si vieux et si jeune à la fois. C'est pas forcément le genre d'âge où on se dit: ouah, c'est vraiment une étape mais c'est le genre d'âge où on se dit: merde, je me rapproche franchement des grandes étapes de la vie. Oliver, lui, est déjà en tête de la course. Velvet s'en rend compte à chaque fois qu'elle le visite. Il a une belle maison dans le quartier résidentielle du Quartier Blandice, ce genre de banlieue proprette duquel ils se moquaient allègrement quand ils étaient petits, mais aussi le genre de banlieue proprette duquel ils étaient originaires. Herbe verte géométrique bien taillée, peinture infaillible des volets, rideaux en tulle aux couleurs pâles, éventuellement un chien dans le jardin, des grandes fenêtres qui laissent entrevoir un intérieur décoré avec goût et moults sommes trop importantes d'argent. La maison des Gaultier² est belle mais elle donne des vertiges à Velvet quand elle pense à tout ce qu'Oli a accompli et tout ce qu'elle a détruit. Ses amis, ses amours, ses envies; tout ça, c'est fini et lui... lui, il a tout.

Elle repousse ce sentiment d'injustice. Elle ne mérite pas de ressentir ce genre de choses. Alors Vevelt s'éclaircit la gorge, vérifie que les fleurs sont bien organisées au bout de son bras et après avoir passé la petite barrière coquette, s'avance sur le chemin de pierre qui mène jusqu'à l'imposante porte d'entrée peinte en rouge vif. Avec un peu de chance, ce sera seulement Seba qui sera là et elles discuteront tranquillement en essayant d'ignorer les quelques réminiscences du passés qui se sont alourdies avec l'amertume de Velvet; peut-être même que Lilah sera là et que Velvet pourra passer son temps à s'occuper de sa nièce sans avoir besoin de se sociabiliser autrement; ou alors, ce sera Oli et elle va devoir souffrir ses regards sombres et ses airs furibonds. On est dimanche et pourtant, la maison est rigoureusement silencieuse — du moins, c'est l'impression qu'elle en a, là, plantée devant la porte. Elle appuie sur la sonnette et, en attendant, Velvet se laisse doucement porter par ce silence... peut-être... peut-être qu'ils sont morts? Oh mon dieu, un tueur en série qui sévit dans le Quartier Blandice depuis quelques jours et les Gaultier² sont ses premières victimes. Il opère silencieusement, dans le creux de la nuit, cache les cadavres sous les lits et anime des marionnettes, le jour, pour faire croire que l'endroit est habité. Il envoie chaque jour des invitations aux voisins pour qu'ils viennent boire le thé et il les tue à leur tour... elle vient de l'interrompre alors qu'il s'occupe des voisins immédiats des Gaultier² et en ouvrant la porte, il va- -

Oh! Bonjour! ” s'égaye la journaliste en voyant que quelqu'un l'observe entre le mur et le battant de la porte. Au début, elle pense que c'est Seba mais une examination plus approfondie lui révèle que c'est... pas Seba. Quelqu'un d'autre. Peut-être quelqu'un de sa famille? Oui, c'est ça. Velvet a l'impression de l'avoir déjà vue, mais pas particulièrement côtoyée. Quand elle daigne à venir aux réunions de famille, elle fait de son mieux pour éviter Oli, ou pire! sa femme, ou pire! la famille de celle-ci. Elle a toujours eu le feeling qu'ils auraient jamais trouvé de quoi s'entendre, elle et eux. Elle se demande combien de temps elle a passé immobile, le regard vide, sur le pas de la porte, sous le regard sombre de la jeune femme, mais repousse bien vite cette pensée. À quoi bon s'en soucier? “ Est-ce qu'Oli et Seba sont ici? Ou Lilah? J'ai des- aaaah! ” gémit-elle quand la porte s'ouvre en grand et que Delilah, qui doit l'avoir entendue depuis le salon, se précipite pour essayer de la tacler au sol malgré ses vingt centimètres et dix kilos (au goût d'une Velvet qui n'a jamais eu conscience des mesures). Avec un grand rire, elle se baisse pour prendre la petite dans ses bras. “ Velveeeeeeeeet. Delilaaaaaahhhhhh. C'est pour moi? demande la gamine en montrant les fleurs que Velvet a du mal à garder dans les mains. — Nan, c'est pour ta mère. Elle est là? Nan. Mais y'a Zeyneb. Dis coucou à Zeyneb! Errrr, coucou Zeyneeeeeb, ” fait Velvet avec un petit sourire timide en se redressant, curieuse, plongeant ses yeux dans ceux, infiniment plus sombres, de sa vis-à-vis. “ Je ne crois pas qu'on se soit déjà vues. Salut! Je suis la soeur d'Oliver, Velvet. Franchement enchantée, ” offre-t-elle d'un air incertain, en tendant la main.

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J'essaye, j'essaye, de faire de mon mieux Et je m'ennuie quand tout devient sérieux. En partant, je leur dis droit dans les yeux: J'aurais dû faire un peu mieux.
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❝ AUTRES VISAGES : une bâtarde.
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❝ MIROIR : emeraude toubia
❝ CREDITS : mischief insane
❝ DIALOGUES : #336666
❝ ÂGE : vingt-deux ans
❝ STATUT SOCIAL : issue d'une noblesse qui n'a pas besoin de titres tels que comte ou duc pour connaître sa valeur.
❝ OCCUPATION : saphiroy propre sur elle, en deuxième année de diadem social et politques le jour; vendeuse de rêves le vendredi soir.


velvet gaultier


17:31 « T’es libre ? »
17:31 « Non. »
17:31 « ??? »
17:33 « Je babysitte. »
17:35 « Non sérieusement ? »
17:36 « Sérieusement. »
17:36 « … »
17:39 « T’es devant la télé avoue. »
Elle laisse échapper un petit rire en jetant son téléphone sur le coussin près d’elle et en se réinstallant plus confortablement sur le canapé. Delilah joue avec ses poupées devant un épisode de son dessin animé préféré. Une invention moldue mettant en scène une petite fille vivant seule dans la jungle. Lilah n’y prête en réalité que peu d’attention et Zeyneb suspecte sa tante d’avoir décrété toute seule ce dessin animé comme étant le favori de sa fille. Non que ça lui importe un tant soit peu, elle écoute d’une oreille distraite, garde un œil morne sur le dos de sa cousine qui gigote sur le tapis, l’autre œil rivé sur l’écran de téléphone à la coque dorée. Plus tôt dans l’après-midi elle a patiemment tressé les cheveux de la gamine à sa demande, avant de lui apprendre à en faire autant sur le crinière synthétique de son jouet. Ça l’a occupée elle aussi qui s’ennuie follement. Le week-end vient de commencer et elle regrette déjà d’avoir accepté de garder Delilah. Elle l’aime bien la petite, mais à petite dose. Elle connaît mieux pour occuper son weekend, ce ne sont en effet pas les offres qui manquent. Mais elle ne s’est pas sentie capable de refuser quand Seba le lui a demandé avec ses grands yeux chocolats. Tante Seba qu’elle devrait l’appeler, mais elle ne s’y résout pas car sa tante n’a que quelques années de plus qu’elle et lui semble être plus une cousine que la sœur de son père. Quand elle n’est pas à Beauxbâtons, c’est ici dans cette maison lambda d’un quartier résidentiel d’un morne ridicule, mais d’une perfection qu’elle jalouse affreusement, qu’elle passe le plus clair de son temps, malgré le papier officiel signé par ses parents qui déclare Maryam comme étant sa tutrice légale. Seba est plus compréhensive, plus drôle, elle a une gamine mignonne et ne la prend pas comme sa servante ce qui suffit à Zeyneb pour l’adorer et regretter amèrement qu’elle n’ait pas été choisie comme gardienne. Ça ne devrait plus avoir d’importance aujourd’hui qu’elle a atteint la majorité, mais ça en a une parce que Maryam ne semble pas encore l’avoir compris et qu’elle dépend encore trop d’elle pour son argent de poche. Alors pour toutes les fois où elle est venue dîner à l’improviste, toutes les fois où elle s’est réfugiée ici l’été, pour échapper à Maryam, toutes les fois où elle a regardé avec un petit peu trop d’envie toutes les possessions de sa tante, de sa maison à sa fille en passant par son mari et son travail, pour tout ça elle s’est sentie obligée d’accepter avec le sourire de s’occuper de Delilah. Cette dernière est adorable, pas très embêtante et même rigolote - pourvu qu’on ne la laisse pas parler tout l’après-midi non plus.

17:45 « Les totally spies vont passer. Classique. »
17:45 « Tu connais ?! »
17:45 « Bas oui c'est toute mon enfance »
17:46 « Mais. Ça passait chez vous ?»
17:46 « Ce cliché ! On captait des chaînes de partout "chez nous". »
Elle n’a pas le temps d’ajouter un émoticone exaspéré, que la sonnette se fait entendre. Elle se lève avec difficulté du canapé sur lequel elle vient de passer deux bonnes heures sans bouger autre chose que ses doigts sur l'écran tactile.  “ Tu restes là Lilah hein ? .” La gamine hoche gentiment la tête et continue de faire parler ses poupées. Brunes, blondes, rousses, il y en a pour tous les goûts, elle en a même une qui vient avec une tenue de danseuse du ventre; Zeyneb n’a jamais dit qu’elle a fait six magasins différents pour la trouver. Elle étouffe un bâillement en ouvrant la porte juste assez pour laisser son visage dépasser. Qui que ce soit, il devra repasser car les maîtres de maison ne sont pas là. “ Oh! Bonjour! ” C’est une jeune femme, jolie, l’air… perdue, trouve Zeyneb, mais un rien familière surtout; elle la reconnaît c’est la belle-sœur de Seba, l’une des belles-sœurs de Seba, celle dont elle parle le moins parce qu’elle ne la voit jamais. “ Sortis. ” Lâche-t-elle quand l’inconnue lui demande si Oliver et sa femme sont là. Mais sa réponse est perdue dans la cacophonie qui suit l’arrivée en courant de Delilah. “ C'est pour moi? ” Un sourire étire malgré elle les lèvres de l’étudiante, elle en veut une comme ça, c’est pas beaucoup demander rien qu’une, avec un petit frère qui arriverait quelques années plus tard. C’est tôt pour y penser, quand elle n’est pas encore sortie de l’académie et qu’elle n’a pas en vue de père potentiel. Mais depuis ses huit ans elle a découvert qu’il n’est jamais trop tôt pour planifier sa vie. Elle n'a jamais demandé à Seba si elle connaissait l'âge de sa mort, comme elle ignore la date de celle de son père; ça serait trop bizarre.  “ Nan, c'est pour ta mère. Elle est là? ” Zeyneb secoue la tête, mais Velvet n’a d’yeux que pour sa nièce. “ Nan. Mais y'a Zeyneb. Dis coucou à Zeyneb!  Errrr, coucou Zeyneeeeeb, ” La jolie brune relève enfin les yeux vers elle avec un sourire timide. La saphiroy ne sait que penser d’elle. “ Je ne crois pas qu'on se soit déjà vues. Salut! Je suis la soeur d'Oliver, Velvet. Franchement enchantée.” Elle n’est pas certaine que ce soit parfaitement sincère. Après tout si elle passait plus chez son frère peut-être l’aurait-elle rencontrée. D’ailleurs elle est à peu près sûre de l’avoir déjà vue de loin, en plus des photos traînant dans les albums d’Oliver qu’elle a épluché de nombreuses fois avec Lilah. Velvet lui tend la main et elle hésite l’espèce d’une demi-seconde à lui dire qu’elle la connaît, lui dire qu’elles se sont déjà vues, qu’elles auraient du être présentées depuis longtemps. Finalement elle prend sa paume dans la sienne et sourit. “ Comme l’a dit Lilah, moi c’est Zeyneb, je suis la nièce de Seba. ” Sa famille est incroyablement nombreuse, même selon les standards du Yémen. C’est déjà assez indicatif de dire que son père, qui n’est pourtant pas l’aîné de sa fratrie a vingt ans de plus que Seba, la benjamine. Voyant que la jeune femme a les mains bien prises avec Delilah, Zeyneb tend la sienne vers le bouquet de fleurs en équilibre précaire.  “ Je vais les mettre dans un vase ? ” Elle ouvre la porte en grand pour la laisser rentrer avec l’enfant et se dirige vers la cuisine, imaginant que les deux Gaultier la suivent.  “ Ils rentrent dimanche soir. ” Elle pose le bouquet sur la table et remplit d’eau un vase transparent.  “ Ils sont à Toulouse, ou Toulon je sais pas. ” Elle fait mine de ne pas savoir la différence, comme elle fait mine quand ça la chante d’être nouvelle ici, de trouver les coutumes françaises bizarres alors qu’elle les a pour la plupart adoptées rapidement. “ Tu veux boire quelque chose ? ” propose-t-elle en plaçant délicatement les fleurs dans le vase. Elle n'est pas chez elle, mais c'est tout comme et puis Seba n'apprécierait certainement qu'elle laisse sa belle-sœur mourir de soif.
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Velvet se rappelle au dernier moment qu'Oli n'aime pas les fleurs. Et puis, Seba est allergique au pollen. Donc Velvet se retrouve face à un choix cornélien, pendant une seconde: soit elle offre effectivement les fleurs, les met dans un vase et s'en débarasse d'un coup de baguette magique discret; soit elle les offre, les met dans un vase et on n'en parle plus; soit elle les avale, là, tout de suite, sous le regard sombre de la dénommée Zeyneb et elles font toutes les deux comme si rien ne s'était passé. Elle jette un coup d'oeil critique au bouquet (choisi par ses soins et au diable les symboliques et l'harmonie des couleurs, le fleuriste avait l'air franchement horrifié jusqu'à voir le joli montant à payer par la cliente qui a à peine rechigné), en se demandant si elle peut manger la plupart d'un coup de dent, mais finit par se présenter d'abord à la jeune femme (autant qu'elle sache son prénom avant qu'elle se mette à manger devant elle des tiges et des pétales devant elle). Velvet voit l'hésitation mais Velvet ne dit rien. Jamais. “ Comme l’a dit Lilah, moi c’est Zeyneb, je suis la nièce de Seba. ” Gagné! Famille de Seba. Super. Elle va encore être de ceux qui pensent qu'elle est complètement dingue. “ Haha, ok, ok, cool, cool, cool, super, chouette, ” marmonne-t-elle alors qu'elles se serrent la main. Évidemment qu'elles se sont déjà vues. Elles sont, euh... cousines? non, Zeyneb est sa nièce par alliance. Mais elles n'ont jamais été présentées, Velvet n'a jamais pris la peine de se souvenir de son prénom et elles ne se sont jamais adressées la parole.
Super. Dingue de service. On n'oublie pas.

Je vais les mettre dans un vase ? ” Quoi, mes pensées? Ah non. Son repas de ce soir. Velvet hésite franchement (au pire, pense-t-elle, je peux les envoyer valser dans le jardin, les jeter par la fenêtre quand mademoiselle ne regarde pas, les réduire en cendres en prétendant que c'est de la combustion spontanée (...)) mais Zeyneb tend déjà les mains et elle cède. “ Merci, ” lâche-t-elle doucement, emboîtant le pas à la nièce de sa belle-soeur (ce doit forcément être sa nièce par alliance) alors que Delilah glisse sa main dans la sienne, silencieuse, observant son autre main comme en s'émerveillant de ses petits doigts d'enfant. “ Ils rentrent dimanche soir. ” Dimanche soir, cool cool cool, du coup je peux partir? Mais Delilah s'accroche toujours fermement à sa main et quand Velvet baisse les yeux vers elle, elle lui adresse un sourire radieux. “ On stoppe pas de regarder la tévision, c'trop cool. ” Velvet hoche la tête. La tévsion. Ok.  “ Ils sont à Toulouse, ou Toulon je sais pas. ” Toulouse ou Toulon, faut savoir? Merlin. Velvet se demande bien ce qu'ils peuvent foutre là-bas. Mais d'un autre côté, elle les comprend: elle aussi, à vivre dans cette grande maison parfaite et puant le luxe, elle voudrait s'échapper de temps à autre. En tout cas, l'abandon ne semble pas déranger Lilah pour le moins du monde et Zeyneb semble tout à fait... blasée par la chose. Velvet ne peut pas s'empêcher d'avoir un léger pincement au coeur en se disant: pourquoi l'ont-ils appelée elle? Et ce n'est pas de la jalousie, d'accord? C'est juste que- elle a l'air, et l'âge d'être étudiante à Beauxbâtons- et Velvet- Velvet elle pense à sa vie sociale, d'accord? elle pense à sa vie sociale et si ça se trouve, Zeyneb avait des trucs à faire- des trucs importants- des révisions- bref, les trucs que font les étudiants- alors pourquoi elle est là, hein? à garder une gamine? Vevelt aurait pu s'en occuper. ET CE N'EST PAS PAR JALOUSIE QU'ELLE DIT ÇA. “ C'est beau, Toulouse. Ou Toulon, ” laisse-t-elle tomber doucement.

Tu veux boire quelque chose ? ” Velvet observe le bouquet de fleurs. Est-ce que ça produit du pollen, les fleurs dans un vase? Est-ce qu'elle va assassiner Seba quand celle-ci rentrera innocemment de son week-end en amoureux dimanche soir? Est-ce qu'Oli aura sa femme inconsciente dans les bras, cherchant l'origine de ses maux et ses yeux tombant sur les fleurs et il dira, entre ses dents serrées- - “ Vee?Hm, oui, pardon? Ah oui. Boire. Je veux bien- je sais pas. Euh. Du coca? Naaaaan, c'est mové pour toi l'coca, p'pa veut pas. ” Oh putain qu'il me casse les couilles, ton père. “ Ah, très bien, bon, je veux bien un verre de- d'eau, ça ira. C'est bon pour la santé, ça, l'eau, et ça fait pas grossir. Delilah la regarde d'un air très sérieux. — Grossir? Tu sais. ” Velvet retient sa respiration, gonfle les joues, mime des formes plus que généreuses avec ses bras. Lilah rigole. “ Ok. Ok. Euh- - Tu veux voir mes poupées? D'accord, d'accord, bon. ” C'est ainsi qu'elle se fait traîner vers le salon, adressant en chemin une grimace désolée à Zeyneb et lui soufflant un “ merci ” maladroit.
Lilah adore Velvet parce qu'elle est super forte pour raconter des histoires, d'après elle (d'après elles). Mais aujourd'hui, Velvet a pas trop le coeur à raconter des histoires. Elle arrête pas de penser à cette histoire de pollen et ça la blase, ça l'embête, ça la tourmente. “ T'as pas une sieste à faire, toi? Naaaaaaan. Moué. ” Zeyneb revient de la cuisine et Velvet se redresse lentement du coin du tapis où Lilah l'a forcée à se mettre à quatre pattes pour observer avec elle les détails de ses poupées préférées. Toujours avec ce sourire incertain, maladroit sur la lippe, elle la débarasse des verres en trop et les dépose sur la table basse. “ Merci beaucoup, Zeyneb. (Et puis, après une hésitation:) Tu étudies à Beauxbâtons? Je suis désolée qu'on ait pas été présentées avant je- - T'as peur?Quoi? C'est maman qui le dit. ” Velvet ne sait pas quoi dire. “ Des fois, faut avoir peur, ” rajoute philosophiquement Lilah avant de se remettre à jouer avec ses poupées en commentant leurs actions à mi-voix, se laissant basculer sur le dos pour les faire s'envoler en mode fusée. Velvet rejoint Zeyneb sur le canapé. “ Ouais. Peur. Whatever. Désolée. En tout cas, ça me fait plaisir de te rencontrer. Pour de vrai, j'veux dire. J'ai toujours la pression, quand y'a Oli et tout- enfin, tu vois. Bref. On t'a parlé de moi? J'espère pas. Lilah te mène pas trop la vie dure? Et voilà, ça recommence, elle se remet à bavasser pour rien mais elle ne parvient pas à s'arrêter. Ce doit être chiant, quand même, quand on est jeune, de s'occuper d'une- d'une enfant comme ça. T'as pas trop de devoirs? T'étudies quoi? C'est quoi ton écrin? Ça te plait, Beauxbâtons? Tu viens de Khêops, comme Seb'? Ça va, t'as pas l'air bien?

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J'essaye, j'essaye, de faire de mon mieux Et je m'ennuie quand tout devient sérieux. En partant, je leur dis droit dans les yeux: J'aurais dû faire un peu mieux.
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Delilah balance les méthodes de garde d’enfant de Zeyneb, révélant leur après-midi passé devant la télévision, mais Zeyneb ne s’en défend pas. C’est une façon comme une autre de s’occuper et puis elle compte lui faire la lecture avant de la mettre au lit. Il ne faut pas trop lui en demander non plus.  “ C'est beau, Toulouse. Ou Toulon, ” Zeyneb a beau la regarder, elle n’arrive pas à savoir si la sœur d’Oliver se paie sa tête ou pas. Faudrait qu’elle soit vraiment bizarre ou extrêmement distraite pour que sa remarque ne soit pas une moquerie. En même temps elle n'a pas l’air suffisamment intéressée pour plaisanter. Comme elle n’est pas sûre, Zeyneb ne dit rien et lui propose plutôt à boire. Ce n’est pas que son offre a une durée de péremption, mais généralement une question pareille n’est pas accueillie par un silence de plomb de plus d’une minute. Elle lui propose à boire, pas un plan de vie pour les cinq prochaines années, le besoin de réflexion lui semble assez limité.  “Vee? ” c’est Delilah qui la sauve, ce petit ange, cette sale chanceuse, cet amour, ce démon tentateur.  “ Hm, oui, pardon? Ah oui. Boire. Je veux bien- je sais pas. Euh. Du coca?Naaaaan, c'est mové pour toi l'coca, p'pa veut pas. ” Zeyneb roule des yeux, ce que Lilah sait pas c’est qu’il y a des canettes planquées dans le placard du haut, derrière les pâtes. Elles sont là pour elle d’ailleurs, pour quand elle vient leur rendre visite et que l’eau n’est pas assez bien pour elle. Parfois Seba en pique une ou deux. Elle s’apprête à le faire savoir à Velvet, consentant à partager son trésor caché, mais celle-ci renonce déjà:  “ Ah, très bien, bon, je veux bien un verre de- d'eau, ça ira. C'est bon pour la santé, ça, l'eau, et ça fait pas grossir. Grossir? Tu sais. ” Comme Zeyneb sait déjà, elle lui tourne le dos pour lui servir son verre et manque ce qui doit sans nul doute être une très belle démonstration. Elle ne connaît pas Velvet, mais elle sent déjà qu’elle n’est pas tout à fait normale. C’est ni bien ni mauvais d’ailleurs. Sa tante par alliance part avec Delilah au salon avant qu'elle n'ait pu lui donner son verre. Elle préfère finir d’arranger les fleurs avant de les rejoindre. Elles sont assez spéciales, pas du tout coordonnées niveau couleur et taille et elle a le sentiment que, pour qui connaît Velvet, cela n’a rien de surprenant, au contraire.

Quand elle refait son apparition au salon, les deux Gaultier sont affalées sur le tapis avec les poupées de la gamine et Zeyneb a presque l’impression de déranger alors que la plus âgée se redresse avec un sourire maladroit. Peut-être qu’elles devraient les laisser seules, après tout leur lien de parenté est plus proche que le sien avec Lilah. Velvet est sa vraie tante. Cependant c’est à elle que l’on a confié la garde de l’enfant, pas à Velvet et elle ignore si c’est parce que celle-ci n’était pas censée être disponible ou si c’est parce qu’on n’a pas voulu lui proposer, parce qu’on ne lui fait pas confiance, mais c’est elle qui a été choisie et tant pis si ça gêne. Elle lui dépose son verre sur la table basse et s'installe sur le sofa. “Merci beaucoup, Zeyneb. ” Elle hausse les épaules, ce n’est rien.  “ Tu étudies à Beauxbâtons? Je suis désolée qu'on ait pas été présentées avant je- -T'as peur? ” Delilah, toujours très douée pour sortir Zeyneb des conversations auxquelles elle n’a pas envie de participer. “ Quoi?C'est maman qui le dit. ” Delilah visiblement corrélativement très douée pour mettre Velvet dans l’embarra. Zeyneb prétend soudainement s’intéresser à un fil dépassant de son pull. Ça ne la regarde pas et si elle est curieuse elle a la décence - un peu - de ne pas le montrer devant la concernée. “Des fois, faut avoir peur, ” Lilah s’improvise philosophe et arrache un sourire à sa cousine. Velvet lui tourne encore le dos cependant, elle ne risque donc pas de croire que c’est d’elle que rit Zeyneb. Mais justement la voilà qui se lève et rejoint la babysitter sur le canapé. La conversation gênante n’a donc été que brièvement repoussée.  “ Ouais. Peur. Whatever. Désolée. En tout cas, ça me fait plaisir de te rencontrer. Pour de vrai, j'veux dire. J'ai toujours la pression, quand y'a Oli et tout- enfin, tu vois. Bref. On t'a parlé de moi? J'espère pas. Lilah te mène pas trop la vie dure? ” Faut écouter et pas se laisser distraire par le moindre moucheron, parce que Velvet enchaîne les mots à toute vitesse, à tel point que Zeyneb doit plisser les yeux et se concentrer sur sa poitrine pour vérifier qu’elle respire malgré tout. Il lui semble bien qu’on lui a parlé de cette belle-sœur-là et de son penchant pour la parole inutile. Ça lui dit quelque chose en tous cas. Et puis elle se souvient de Seba qui au détour d’une conversation a mentionné cette “sœur d’Oli qu’on ne voit plus”. Zeyneb n'a pas demandé qui était le “on”, juste elle et Oli ou tout le monde. Comme elle ne la connaissait pas, elle n’avait pas beaucoup de raison de s’intéresser à cette histoire. C’est Lilah qui lui en a le plus appris sur elle en réalité, quand elles regardaient ensemble les photos de son père et “oh tatie Vee”. C’est elle qui lui en a dressé le portrait, un portrait plutôt flatteur et l’étudiante comprend pourquoi; Lilah l’aime beaucoup, comme elle aime beaucoup Zeyneb. Lilah aime les gens bizarres. Elle n’aimerait pas beaucoup Nour alors, parce que Nour est trop lisse et normale et parfaite et ça, ça ennuierait Lilah. Du moins est-ce ce que Zeyneb se plaît à penser.  “ Ce doit être chiant, quand même, quand on est jeune, de s'occuper d'une- d'une enfant comme ça. T'as pas trop de devoirs? T'étudies quoi? C'est quoi ton écrin? Ça te plait, Beauxbâtons? Tu viens de Khêops, comme Seb'? Ça va, t'as pas l'air bien? ” Il ne serait pas étonnant qu’elle soit livide devant l’assaut de la jeune femme, mais elle secoue la tête et force un sourire à étirer ses lèvres pour la rassurer. Elle se fait une note mentale de toutes les questions qui lui sont posées, parce que si elle veut y répondre dans l’ordre, il va falloir s’en souvenir. “ Euh. ” Ça commence fort. “ Bas je suis à Beauxbâtons ouais et je viens de Khêops comme Seba, je suis venue à quinze ans. ” C’est pas du tout dans cet ordre-là que les questions ont fusé, mais tant pis, elle fait ce qu’elle peur. “ J’aime bien, j’aime beaucoup même, c’est différent, mais je regrette pas d’être venue… ” C’est pas ce qu’elle a pensé une heure à peine après son arrivée à l’académie, mais c’est une histoire ancienne, une histoire oubliée. Plus ou moins.  “ Et euh, je fais le parcours social et politique, je suis en DIADEM et je suis une saphiroy et… ” elle compte sur ses doigts. Elle a tout dit là c’est bon ? Bravo la mémoire auditive prétendument hors du commun. “ C’était quoi après ? Enfin avant ? Ah euh Lilah, pardon. Ouais je, enfin non, ça me dérange pas de la garder c’est cool, elle est cool et c'est ma cousine quand même je peux bien rendre service. Et puis quand elle dort je peux travailler, mais de toute façon ça va, je prends de l’avance, enfin j’essaye. ” Et puis surtout ce n’est pas tous les week-ends qu’on lui demande de prendre soin de la gamine. Encore heureux. Elle se pince l’arrête du nez. Depuis quand ne sait-elle plus s’exprimer correctement ? Même en français elle a toujours su avoir un flot correct, ne pas parler en phrases totalement décousues. C’est Velvet qui lui fait cet effet-là ? C'est limite si son léger accent jusque-là pratiquement disparu ne réapparaît pas. “ En tous cas si j’avais oublié que Seba m’avait dit que t’étais journaliste, bas ton interrogatoire digne d’une interview dans ma sorcière bien aimée, m’aurait remis les idées en place. ” rit-elle. À dire vrai, elle pense que si c’est comme ça que Velvet mène ses entretiens elle a bien de la chance d’avoir encore du travail. “ Mais euh et toi ?Et toi, résume-moi ta vie en deux minutes ?Je veux dire t’étais dans quel écrin ? Et tu travailles pour quelle rubrique exactement ? ” Elle espère sincèrement pour elle que ce ne sont pas les interviews des célébrités dont elle s’occupe.
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❝ AUTRES VISAGES : TA REINE PRÉFÉRÉE
❝ CÔTE DE POPULARITE : 785
❝ MIROIR : JENNA COLEMAN.
❝ CREDITS : BLAKE. TUBMLR. ORELSAN.
❝ DIALOGUES : INDIANRED.
❝ ÂGE : VINGT-HUIT ANS.
❝ STATUT SOCIAL : ROTURIÈRE. MAIS QU'IMPORTE?
❝ OCCUPATION : ANARCHISTE DISCRÈTE, JOURNALISTE DÉSABUSÉE, RÊVEUSE PERDUE.


Il y a des gens qui ne supportent pas la parlotte. Quand vous êtes une bavarde, comme Velvet, il faut aussi savoir s'improviser bon juge de caractère et anticiper, d'un coup d'oeil hâtif, comment les gens vont réagir quand vous allez ouvrir les vannes de vos pensées. En deux secondes, il faut savoir si (1) ils vont être des gros connards et vous interrompre, (2) ils vont faire mine de vous écouter mais vous jugez discrètement à coup de risettes maladroites et forcées et de regards cherchant de l'aide quelque part dans la pièce ou (3) écouter ce que vous avez à dire et puis finalement, répondre en son monosyllabiques, se détourner et vous oublier. Bref, ça ne finit jamais bien, ces histoires. Mais Velvet s'en fiche. Elle évalue rapidement que Zeyneb est bien élevée et qu'elle ne lui fera pas l'affront de l'interrompre pour lui dire de la ferme; maintenant, elle ne sait pas si elle va aller raconter à Seba ou à quiconque que Velvet est effectivement dingue ou si elle va gentiment lui faire la conversation en n'ayant qu'une envie: s'enfuir à toutes jambes. Mais avec le temps, Velvet est parvenue à se forger une armure, à se former une carapace, à se cacher derrière des murs et rien ne saurait plus l'atteindre. Le silence ou l'agacement, la colère ou la frustration; non, se convainc-t-elle un peu maladroitement, rien ne peut l'atteindre.
Pas même le fait que, dans cette lumière-là, Zeyneb a presque les mêmes yeux de Seba de quand elle avait son âge. Et un peu le même sourire, pense Velvet alors que ses propres lèvres s'étirent en réponse à la risette rassurante de la jeune femme. “ Euh. Bas je suis à Beauxbâtons ouais et je viens de Khêops comme Seba, je suis venue à quinze ans. J’aime bien, j’aime beaucoup même, c’est différent, mais je regrette pas d’être venue… ” Velvet hoche la tête d'un air sérieux. Seba disait à peu près la même chose. Il faut qu'elle arrête de penser à Seba. Un peu compliqué, certes, quand elle se trouve dans la maison de Seba; mais il faut qu'elle arrête de penser à Seba-l'étudiante et plus à Seba-la-maman-et-la-femme-de-son-frère-jumeau. Damn. “ Et euh, je fais le parcours social et politique, je suis en DIADEM et je suis une saphiroy et… ” Velvet l'observe compter. Pourquoi compte-t-elle? Elle lui adresse un sourire indulgent, quoique séduite que Zeyneb ne soit pas awkward et refuse de répondre à ses questions sous prétexte qu'il y en a trop. “ C’était quoi après ? Enfin avant ? Lilah, répond Velvet en même temps que Zeyneb se rappelle: — Ah euh Lilah, pardon. Ouais je, enfin non, ça me dérange pas de la garder c’est cool, elle est cool et c'est ma cousine quand même je peux bien rendre service. Et puis quand elle dort je peux travailler, mais de toute façon ça va, je prends de l’avance, enfin j’essaye. ” Une élève studieuse. Ils le sont tous, à Khêops.

Seba l'était.
Damn. Elle ne peut vraiment pas s'en empêcher. Il faut dire que cette maison la rend mélancolique et nostalgique, souvent. Elle repense aux embrassades discrètes dans les couloirs déserts et aux doigts de Seba se liant aux siens sous les tables et les regards. Elle repense au mariage de Seba et d'Oli et elle repense au regard désolé et languide de Seba. Elle repense à ce qui aurait pu être et, il y a dix ans comme il y a dix minutes, ça lui fait des fossés dans le coeur. “ En tous cas si j’avais oublié que Seba m’avait dit que t’étais journaliste, bas ton interrogatoire digne d’une interview dans ma sorcière bien aimée, m’aurait remis les idées en place. ” Velvet ne sait pas trop si elle plaisante jusqu'à ce que le rire de Zeyneb résonne, et qu'elle le joigne machinalement. Oh dear. Elle s'imagine donner des interviews, maintenant et... et ça serait putain de grandiose! Plus elle y pense, plus ça semble être une bonne idée. “ Hm... merci? ” tente-t-elle avec un petit sourire amusé, avant d'éclater de rire à nouveau. “ Mais euh et toi ? ” Elle arque un sourcil. Et moi? Et moi quoi?  “ Je veux dire t’étais dans quel écrin ? Et tu travailles pour quelle rubrique exactement ? ” Oh. Elle... s'intéresse à elle. D'accord.
Ok, ça, c'était pas dans la liste de personnes que les gens bavards (enfin, que Velvet) connaissent. Merde. Elle a pas de pense-bêtes mentales pour ces bête-là. Ses yeux s'agrandissent et c'est presque avec effroi qu'elle les détourne en direction de Lilah, essayant de trouver support et complicité de ce côté-là, un encouragement, de quoi la rassurer, n'importe quoi... mais Delilah les écoute distraitement en jouant avec ses poupées et devant le silence obstiné et effrayé de sa tante, tourne vers elle un regard aux sourcils froncés. Encore une fois, Velvet se souvient qu'une question plane dans l'air et elle retourne son regard chocolat vers celui de Zeyneb et lui adresse une moue désolée. “ Pardon. Ohlala, j'ai été un peu prise de court, ” rit-elle nerveusement. Et toi? Résumer sa vie en deux minutes? Mais... mais c'est impossible! C'est impossible de faire ça, pourquoi elle le lui demande? (La pensée qu'elle vient de faire la même chose ne l'effleure même pas). Elle s'empare du verre d'eau sur la table basse et le finit d'une traite, à grands glou-glou empressées qui rendent le silence encore plus tendu et désagréable.

Meeeeeeeerde, elle est vraiment insortable. Comme souvent quand elle ne sait pas quoi dire, Velvet en dit trop une fois le verre reposé sur la table. “ J'étais à Rubissan (le évidemment flotte dans l'air). Tout feu tout flamme! C'était super. J'ai juste eu mon DIADEM parcours litté tout ça tout ça, c'est super chiant mais bon. Ça ouvre des portes. Ouais, voilà! Ça ouvre des portes. Je suis devenue journaliste pour Ma Sorcière Bien Aimée, c'est vrai, c'est plutôt cool, je- ma rubrique? Ma rubrique c'est- comment dire- je papillonne. Oui, voilà. Je papillonne. J'ai eu beaucoup de chance, dans ma vie, tu sais? Et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... je ne suis qu’amour! (Là elle se dit que citer Astérix et Obélix mission Cléopâtre, si seulement Zeyneb a la référence, c'est un peu has-been et en plus, c'est borderline raciste non?) Errr. Enfin bref. Oui. Je papillonne. Je m'occupe de quelques articles... quelques reportages... Rien d'intéressant. Enfin tu vois.... je cherche ma place. Moi, j'ai envie d'écrire des livres et des histoires. Les histoires de Vee sont les plus meilleures! ” Alors évidemment, un compliment venant d'une gamine qui n'a jamais lu le Seigneur des Anneaux, qui ignore tout des structures narratives, des retournements de situation et des archétypes caractériels c'est pas le meilleur compliment du monde. Mais quand elle entend ça, Velvet, c'est comme si le spectre de William Shakespeare lui était apparu pour la complimenter sur sa dernier fanfiction en date. Elle est si émue qu'elle en a la gorge nouée.
Enfin voilà quoi, ” dit-elle doucement d'une petite voix, soudainement timide, en baissant les yeux sur ses mains qui tricotent nerveusement entre elles sur ses genoux. “ Pas très intéressant. Toi t'as envie de faire quoi? Présidente du monde? Seba voulait être présidente du monde. Pardon. On t'a déjà dit que tu lui ressemblais beaucoup? Désolée, ça doit être chiant à entendre si on te l'a déjà dit. C'est juste que... ouais. Tu lui ressembles beaucoup. ” Un peu trop, en fait.
Nettement trop.

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J'essaye, j'essaye, de faire de mon mieux Et je m'ennuie quand tout devient sérieux. En partant, je leur dis droit dans les yeux: J'aurais dû faire un peu mieux.
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‹‹ EVERYTHING THAT'S INNOCENT TO US IS CRAZY TO THEM. (zeyneb)

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