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 words don't come easy (colette)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ HIBOUX : 537
❝ AUTRES VISAGES : emma rosier
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❝ DIALOGUES : darkseagreen
❝ ÂGE : vingt-quatre ans.
❝ STATUT SOCIAL : noble, fils de duc, aspirant à succéder son père à la tête du duché.
❝ OCCUPATION : neuvième année, écrin de jade, cursus social et politique.


Colette & Tristan


« We've gotta let go of all of our ghosts,
we both know we ain't kids no more.
»


Soupirs, il se frotte les yeux, passe les mains sur son uniforme pour enlever une poussière invisible. La journée lui semble interminable. Alors que le soleil rayonne depuis ce matin, Tristan a une journée des plus chargées et ne souhaite qu'une chose : enlever son uniforme et se laisser tomber sur son lit. Élève studieux et souvent intéressé, aujourd'hui, Tristan est pourtant dissipé, peu concentré. Il est là, présent physiquement en classe mais mentalement très loin, absent. Les images de la semaine passée lui reviennent, la rencontre avec les de Noblecourt, avec sa fiancée. Dans son esprit, le mot résonne, la nouvelle passe avec difficultés. Est-ce qu'il en a envie ? Pas vraiment. Est-ce qu'il a le choix ? Non plus. Mais si c'est ce que son père veut pour lui, alors ce doit être une bonne idée, une bonne décision. Les parents ne sont-ils pas là pour guider leurs enfants après tout ? Pourtant, l'humiliation cuisante de la semaine passée revient à l'esprit de Tristan : son père le reprenant sur ses manières devant son futur beau-père et sa future fiancée. Fiancée, fiancée, fiancée. Le mot sonne tellement faux. Tristan le sent : ni lui ni Juliette n'ont envie de se retrouver mariés. Aucun des deux ne veut de cette union hypocrite, de ce jeu de rôles qu'on leur impose. Une voix résonne dans sa tête : il n'en veut pas de tout ça, de ce simulacre de vie qu'on le force à accepter. Il n'en veut pas de cette fiancée, de cette alliance ridicule. L'espace d'un instant, il se dit même qu'il ne veut pas du duché si le prix à payer en est une privation de liberté comme celle-ci. Et puis, il se ressaisit, il vient de remarquer qu'il s'en est arrêté de marcher, figé comme une statue au milieu de la galerie des glaces. Il n'y a pas grand monde à cette heure-ci mais les quelques étudiants présents le fixent avec curiosité.

Il reprend sa route en même temps que ses esprits. Il a bien une heure à tuer avant son prochain cours mais il aimerait profiter du calme de l'académie pour relire l'une de ses leçons. Il sait qu'il est ridicule à réfléchir autant, il est ridicule à s'imaginer tout quitter, tout plaquer pour vivre sa vie. Il a conscience de son rôle depuis l'enfance, il a accepté très vite que son existence serait régie par les ordres paternels, dirigée par les devoirs familiaux. Il sait qu'il se rapproche de plus en plus de la succession, que très bientôt, son père annoncera auquel de ses fils il lègue les terres d'Aquitaine. Tristan a conscience que laisser tout tomber maintenant serait une folie. Et puis, il n'est pas comme ça, il n'est pas aussi impulsif, ni même avide de liberté. Alors la question commence à le tarauder : pourquoi réagir de la sorte ? Il y pense sérieusement, comme s'il s'agissait d'un sujet de dissertation à potasser, tandis que ses jambes le portent vers les couloirs frais de l'école. Il faut dire qu'il connait le chemin par cœur : depuis le temps qu'il déambule entre ses murs, il n'a même plus besoin de réfléchir pour se rendre où il a besoin. La tête baissée, les yeux fixés sur ses pieds qui le guident automatiquement, Tristan reste perdu dans ses réflexions, ne voyant même pas les visages qui passent, de temps à autre à côté de lui.

« Oh mais je sais ! » qu'il s'exclame tout à coup, comme s'il avait eu une illumination. On pourrait y voir Archimède et son célèbre "Eurêka !" tant Tristan a l'air satisfait de sa découverte. Il sait pourquoi il est autant affecté par cette union : parce que c'est la première fois, depuis qu'il est tout jeune, que son père intervient dans sa vie privée. C'est un peu puéril et pourtant Tristan le sent : c'est comme une trahison, comme ce jardin secret auquel on était d'accord de ne pas toucher et que l'on vient pourtant de profaner.
Peu importe. De toute façon, Tristan est réaliste, lucide même, il sait qu'il ne fera rien pour empêcher son père de parvenir à ses fins. Il ne s'opposera pas à cette union, même s'il reste convaincu qu'il s'agit uniquement d'une mascarade.

Au détour d'un couloir, il souffle de lassitude et c'est là qu'il l'aperçoit. Colette, la fille du club de duels. Il la connait à peine, du moins, il agit comme tel, même s'il ne peut oublier cette soirée, cette nuit qu'ils ont passé ensemble. Un sourire illumine son visage tandis que des images de ce fameux soir lui reviennent à l'esprit. Sacrée Colette.
Est-ce qu'elle le suit ou est-ce un hasard si elle va dans la même direction ? Tristan fronce les sourcils. Il a l'impression étrange qu'elle est là depuis un moment, lui collant aux baskets dans l'ombre, camouflée par les recoins du château. Alors, arrivé au milieu d'un énième couloir désert, il se stoppe soudainement et se retourne. C'est bien elle, Colette. « Bonjour Colette, comment tu vas ? » Il lui adresse l'un de ses plus beaux sourires, conscients que la pauvre fille n'a pas eu une vie facile avec l'évincement de sa famille. Il tente de pas le laisser paraître mais il n'y peut rien : il transpire la pitié et la compassion par tous les pores de sa peau. « Est-ce que tu vas aussi dans cette direction ? On peut peut-être faire un bout de chemin ensemble ? » Il retient un sourire, soudain conscient qu'ils ont, en quelque sorte, déjà fait une bonne partie du voyage ensemble, Colette traînant simplement dans son sillage. L'attitude est bizarre mais Tristan ne s'arrête pas dessus et se contente de hausser les sourcils, insistant.

Spoiler:
 

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yesterday, all my troubles seemed so far away ✻ now it looks as though they're here to stay. suddenly i'm not half the man i used to be, there's a shadow hanging over me. oh, yesterday came suddenly.
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❝ OCCUPATION : rubissanne, neuvième année, pacours maîtrise de la magie. compagnonne. membre du club de duels.




“ Je suis aux portes de la mémoire, ces infinies bobines de rushes qui nous archivent, ces grands tiroirs obscurs où sont stockés les héros ordinaires que nous avons été, les mythes causiens que nous n'avons pas su incarner, enfin les acteurs et les figurants que nous fûmes tour à tour, géniaux et grotesques, beaux et monstrueux, ployés sous le fardeau de nos petites lâchetés, de nos faits d'armes, de nos mensonges, de nos aveux, de nos serments et nos abjurations, de nos bravoures et nos défections, de nos certitudes et nos doutes; bref, de nos indomptables illusions. Que garder de ces rushes en vrac ? Que rejeter ? S'il n'y avait qu'un seul instant de notre vie à emporter pour le grand voyage, lequel choisir ? Au détriment de quoi et de qui ? Et surtout, comment se reconnaître au milieu de tant d'ombres, de tant de spectres, de tant de titans?...
Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ? Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous que nous avons ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ? Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servi de bûchers ? Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l'ensemble des fantômes qui nous hantent... nous sommes plusieurs personnages en un, si convaincants dans les différents rôles que nous avons assumés qu'il nous est impossible de savoir lequel nous avons été vraiment, lequel nous sommes devenus, lequel nous survivra.”


Putain d’éthanol. Qui métamorphose  les tendres agneaux en loups carnassiers sans le moindre avertissement et qui écrabouille les souvenirs pour ne laisser, à la fin, qu’une affreuse migraine et, dans la bouche, l’arrière-goût infect du clair-obscur. Cette sale et détestable certitude d’avoir fait quelque chose qu’on aurait pas dû faire, sans pour autant être capable de s’en rappeler complètement, sans pouvoir y mettre des mots clairs dessus. C’est une chose affreuse que de ne pas pouvoir raconter quelque chose dont on ne se souvient pas. Et qu’on a vécu, pourtant, aussi sûrement qu’on s’est endormi la veille. Ça vous laisse comme dans une grande nébuleuse et avec l’impression de neurones qui disjonctent. Que s’était-il vraiment passé cette nuit-là ? Colette n’était sûre de rien et elle doutait de tout. Et elle avait beau s’efforcer de rassembler chaque morceau de la soirée pour les assembler un à un, elle en revenait toujours à la même conclusion : il manquait beaucoup de pièces au puzzle, bouffées par l’ivresse et l’euphorie du moment. Le bar d’abord, entourée de ses compagnons d’armes, puis les verres enquillés un à un comme s’il s’était agi de jus de citrouille, la musique trop forte sur laquelle elle aimait tant se déhancher, et donner de la voix, aussi. La main ensuite qui s’était lovée dans la sienne pour l’emmener danser un peu plus loin, l’odeur suave d’un parfum masculin chatouillant délicieusement ses narines lorsqu’elle avait posé sa tête au creux de son cou. Elle se souvenait clairement de tout ça, tout comme du premier baiser qu’ils avaient partagé. Timide et chaste, hésitant, comme le sont tous les commencements. Assez mignon.

C’était tout. La suite n’était pas mignonne, c’était juste l’histoire d’un samedi soir sur la terre, l’histoire d’un garçon qui cherche une fille, ou l’inverse, de deux êtres humains en quête d’un peu de chaleur et d’un peu d’affection. Ils s’étaient trouvés là, l’un sur le chemin de l’autre, et la fête avait fait le reste. Et Colette ne savait pas ce qui s’était passé, elle ne savait pas jusqu’à quel point leurs étreintes avaient été charnelles ou non et, à vrai dire, ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait confrontée à cette situation d’amnésie éthylique et d’oubli de soi-même. Ce n’était pas la première fois et un tel incident ne la tracassait d’habitude guère plus de dix minutes, passé le temps de repentance et de gêne innocente qu’on attendait d’elle en pareil désordre. Mais il avait fallu qu’elle s’amourache de Tristan de Colnet. Le grand héritier. Le mec du club de duels. Le garçon dont elle ne supportait pas le regard lorsqu’il posait sur elle ses yeux pleins de … pleins d’un sentiment qu’elle n’arrivait pas à cerner. Pitié ? Mépris ? Les deux à la fois ? Encore un qui pensait la connaître sans jamais lui avoir adressé la parole, seulement par quelques lignes lues dans l’histoire des traitres de France ou de la bouche de colporteurs malintentionnés, peut-être des membres de sa famille. Après tout, Auguste Peyrevigne avait tenté de s’emparer du duché voisin, puis la mère de Colette avait cherché refuge en Aquitaine. Les Peyrevigne avaient un lien de terre et de sang avec les de Colnet, normal, sans doute, que la traîtresse dernière-née éveille la curiosité de leur famille.

Il y avait mille hommes sur la terre et il avait fallu que ce soit lui. La poisse. Car ce n’était pas tout, Tristan n’était pas juste un mec qui lui déplaisait sombrement ; quelques jours après leur (més?)aventure, Juliette – sa Juliette – était venue lui pleurer dans les bras pour lui annoncer les fiançailles que sa famille avait mises au point. Avec Tristan de Colnet. La nouvelle lui avait fait l’effet d’une flèche fichée brusquement en plein cœur, flèche  dont on aurait ensuite tourné la pointe pour appuyer là où ça fait mal. Surprise et douleur. Douleur et surprise. Colette en était restée d’abord pantoise, c’est à peine si elle avait su ouvrir ses bras pour réconforter son amie, mais après coup elle s’en était rendue malade, à se poser mille questions auxquelles elle ne pouvait pas répondre seule. C’est pour ça qu’elle avait commencé à suivre discrètement Tristan à ses heures perdues à l’académie, à surveiller les endroits où il avait l’habitude de se rendre à heure et jour fixes, et les moments où il se retrouvait seul ; parce qu’elle avait besoin de lui parler et de se confier, il fallait aussi qu’il la renseigne un peu plus sur cette nuit qu’ils avaient passé ensemble. « Bonjour Colette, comment tu vas ? » entendit-elle au détour d’un couloir. Elle leva le museau des livres qu’elle portait à bout de bras (elle les avait emportés pour faire bonne figure, et en guise de camouflage, mais ils commençaient à devenir un peu trop lourds à son goût), et se retrouva nez-à-nez avec le jadérial. Elle aurait sans doute aimé le saluer avec le même élan, mais à vrai dire elle l’avait à peine remarqué, trop préoccupée par ses propres pensées parasites. Ces derniers jours, ça tournait carrément à l’obsession et ça l’empêchait de trouver le sommeil. Elle lui offrit seulement un bref signe de la tête et lâcha comme un pavé dans la mare : « J’ai besoin de te parler. » L’œil insistant qu’il braquait sur elle n’aidait pas et Colette sentait la pression monter d’un cran. « Il faut qu’on parle de l’autre soir, de ce qui s’est passé » ajouta-t-elle platement en fuyant un instant son regard. Elle avala une grande goulée d’air pour se donner du courage. Ils parleraient de Juliette plus tard, elle voulait d'abord s'entendre conter le récit de ses exploits avinés. « Je ne me rappelle pas » confessa-t-elle finalement d'une voix désolée. « Pas de tout. »


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as-tu la vie sauve? ton cœur se repose et j’ai ma réponse. les sirènes toute ta vie éperdues, rescapées des fauves jusqu’aux ecchymoses qui tuent. sais-tu de quelle savane venaient les éléphants dans tes veines ? sais-tu quelle caravelle passait avec le vent sur tes plaines ? avant ce soir, avant ce soir.
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Elle avait l'air tendue. Aucun sourire, aucune malice dans les yeux, aucune sympathie dans sa voix lorsqu'elle avait prononcé ces mots. "j'ai besoin de te parler" ça n'augurait jamais rien de bon lorsque cette expression était utilisée. Les sourcils un peu plus froncés encore, Tristan se sentit soudainement déstabilisé. Que pouvait-elle lui vouloir ? Tristan parlait peu avec Colette, il éprouvait pour elle une sorte de compassion qui, il le voyait bien, agaçait fortement la jeune femme. Toutefois, il ne pouvait s'en empêcher : le destin de sa famille avait été si tragique, Colette n'était qu'un dommage collatéral de cet évincement et le jeune homme se sentait presque triste de la savoir affublée d'un titre d'évincée et d'une réputation ternie pour de nombreuses années. L'air inquiet, teinté d'une pointe de stress de Colette rendait Tristan nerveux. « Il faut qu’on parle de l’autre soir, de ce qui s’est passé. » cette phrase plongea Tristan dans la perplexité. L'autre soir. Il fronça à nouveau les sourcils, incertain de comprendre où elle voulait en venir. Elle sembla inspirer et tandis que le jeune homme tentait de capter son regard, elle ne cessait de regarder ailleurs, comme gênée.

Depuis toujours, les rares contacts que Tristan avait avec Colette Peyrevigne se résumaient au club de duels. Et les seuls échanges qu'ils avaient toujours eu n'étaient que cordiaux, teintés d'une sorte de compassion un peu orgueilleuse de la part de Tristan, à laquelle Colette répondait par une attitude à peine blasée, ignorant volontairement les remarques réconfortantes mais ô combien dérangeantes du noble. Jusqu'à ce fameux autre soir. C'était quand ? Il y a quelques semaines, peut-être ? Soirée arrosée avec quelques étudiants de la même classe, soit neuvième année, à laquelle Tristan était allé avec pour objectif de se départir de cette image parfois hautaine qu'il dégage, particulièrement auprès des étudiants de son âge qu'il fréquente peu. Colette était présente, au sommet de sa forme. Du moins, jusqu'à une certaine heure. Tristan revit parfaitement la scène, lui et Colette discutant, leurs visages extrêmement proches l'un de l'autre, cette odeur à la fois de parfum et d'alcool provenant de la jeune femme et les premiers effets de la boisson montant lentement mais sûrement jusqu'au cerveau du jeune de Colnet. Le jeune homme connaissant ses limites avait rapidement diminué sa consommation, faisant en sorte d'être joyeux, légèrement euphorique mais conscient et en maîtrise totale de ses faits et gestes. Ce qui n'avait pas été le cas de la jolie Colette. En voyant Colette se joindre à cette petite sauterie, Tristan avait vu là une occasion de parler avec celle qu'il plaignait sans cesse et de savoir ce qu'elle pensait réellement de sa propre situation.

« Je ne me rappelle pas. Pas de tout. » elle eut un air de chien triste en prononçant finalement ces mots tout doucement. Chez Tristan, la pression se relâcha d'un coup. C'était donc pour ça, tout ce petit manège, la filature dans l'académie, ce ton si solennel. Le jeune homme, étrangement soulagé, ne put s'empêcher de sourire, et la mine toujours attristée, gênée de Colette n'arrangeait rien. « Oh, tu parles de cette fameuse soirée où nous avons bu. Enfin, surtout toi. » son sourire ne disparaissait pas, Tristan était beaucoup trop amusé par la situation. « Je suis un peu vexé, je dois l'admettre. Que tu ne te souviennes pas de tout, d'accord mais là... tu sembles même avoir oublié nos exploits. » c'était trop facile. La blague était trop simple, et serait sans aucun doute efficace.

La soirée avait bien commencé, Tristan avait discutaillé avec plusieurs camarades avant de participer à un petit jeu d'alcool. Rapidement, Tristan avait repéré Colette au milieu des autres étudiants, et assez naturellement ils avaient discuté. Tristan appréciait la compagnie de Colette, du moins, jusqu'au troisième jeu d'alcool, durant lequel elle avait bu plus que de raison. Tristan se sentait bien, avait cessé de jouer dès la deuxième partie, évitant à son foie une ingestion d'alcool démesurée. Forcément, par la suite, la conversation avec Colette devint limitée, se résumant principalement à des phrases désordonnées et des sourires charmeurs.

Les évènements de ce fameux soir semblaient travailler Colette, elle paraissait inquiétée par ce qui avait pu se passer. Était-ce si important ? Tristan, pour sa part, n'avait pas accordé tant d'importance que ça à cette soirée. Voir Colette si soucieuse était, il devait l'admettre, assez amusant, trop pour ne pas être exploité. Tristan n'eut aucun remord à jouer la comédie. Il faut dire qu'il s'agissait d'une des rares fois où il voyait cette expression sur le visage, d'ordinaire si jovial de la rubissane. A bien des égards, Colette lui rappelait Juliette, sa dulcinée : le même caractère fougueux, cette même joie de vivre. C'est donc une sorte de curiosité un peu étrange de voir les réactions de Colette qui poussait le jeune homme à continuer son petit jeu d'acteur. Assez soudainement, la mine sérieuse et sur le ton de la confidence, lui qui regardait ailleurs se tourna vers Colette. « Attends, tu ne te souviens vraiment pas ? » mais y avait-il seulement quelque chose à se souvenir ?

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