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 on s’rend débiles d’amour (n)

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ CÔTE DE POPULARITE : 562
❝ MIROIR : sofia arellano.
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❝ OCCUPATION : étudiante rubissanne, sixième année, cursus maîtrise de la magie. gardienne de l'équipe cristal.



nicolas et lana
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Spoiler:
 

Ses yeux s'agrandissent soudain, forment deux grosses soucoupes, tandis que Juline dépose les restes de son balai sur son lit, sans oser la regarder. « Je suis désolée. » Elle se pince les lèvres. « Nous vous regardions tous tomber et ton balai s'est agité avec l'orage. Le professeur Pernelle a réussi à le retrouver, sous les gradins. Dans cet état. » La sentence retombe lourdement, sans que l'une des deux rubassines ne parlent de nouveau. Lana garde les prunelles résolument accrochées à l'objet. Tout du moins, ce qu'il en reste. C'était Alex qui le lui avait offert le jour de ses seize ans, pour l'inciter à prendre part à une activité scolaire. Avant que la révolution ne gagne ses esprits, Lana, c'était le genre d'adolescente douce et effacée. Le genre d'adolescente qui n'osait pas ouvrir la bouche, qui restait dans un coin, toujours sans oser affronter le monde. Elle était timide, naïve, solitaire et maladroite. Elle était ce genre de personne ennuyante au possible, qui n'a jamais rien de bien intéressant à dire, qui rougit quand elle parle et qui se confond en balbutiements qui veulent pourtant dire quelque chose, mais impossible à comprendre. Le Quidditch t'aidera à te faire des amis. C'est ce qu'Alex lui avait dit alors qu'elle découvrait pour la première fois le nouveau nimbus hors de prix qui lui appartenait désormais. Et finalement, le Quidditch l'avait aidé bien plus qu'il n'avait pu l'imaginer. Elle y avait rencontré Juline, cette petite tornade blonde qui s'accrochait à son entourage telle une sangsue avec un besoin incessant de se nourrir. Elles ne s'étaient jamais quittées, et cela même quand Juline avait décrété que le Quidditch n'était pas son truc et qu'elle en avait marre des brutes qui arpentaient le terrain. Pour Lana, le Quidditch lui avait permis de s'ouvrir aux autres et surtout de s'imposer. Tant et si bien que face aux morceaux brisés de son balai, la poupée reste tout aussi interdite que muette. Elle a les lèvres entrouvertes, comme pour dire quelque chose, mais les mots lui manquent cruellement. Un trou noir se forme à la place de ses pensées les plus cohérentes. C'est un choc, une surprise, un fait qu'elle ne veut (peut) pas assimiler. Des souvenirs affluent : son premier vol, sa première chute, sa première victoire, le premier sourire de Juline, son premier bleu, et, au milieu des souvenirs qui s'emmêlent à une vitesse folle, il y a le visage de Nicolas qu'elle a cru apercevoir avant de fermer les yeux. Nicolas Beaumanoir. « Je vais le tuer. » souffle-t-elle en serrant les dents. « Ecoute, ce n'est pas si grave, demain on ira t'en racheter un autre tout beau, tout neuf ! » Juline met un peu trop d’enthousiasme dans sa voix, esquisse un trop large sourire et tape un peu trop fort dans ses mains. Elle en fait trop, Juline, comme d'habitude. Mais cette fois son enchaînement de trop agace Lana plus qu'il ne l'amuse. A dire vrai, aucune once de bonne humeur ne traverse son esprit. Elle se répète le nom de Beaumanoir en boucle, tel un mantra ancestral de puissance divine. Il l'a fait exprès. Elle le sait. Elle n'a pas besoin d'avoir confirmation ou d'avoir elle-même assisté à la scène. Nicolas est un parasite détestable qui s'évertue à lui pourrir la vie depuis leur entrée à Beauxbâtons. Il la déteste depuis la première fois, sans même qu'elle n'ait eu à ouvrir la bouche pour prononcer un seul son. Peut-être est-ce à cause de son statut d'évincé, elle n'en sait, à vrai dire, foutrement rien. Mais la faire chuter d'aussi haut parce que sa famille est évincée, ça, Lana ne peut l'accepter. Son sang espagnol se réveille, fait monter le rouge jusqu'à ses joues. « Attends que je l'attrape, je te jure que je vais le tuer ! » Sa voix monte de plusieurs octaves tandis qu'elle bondit du lit, un bout de manche de son balai en main. « Non ! » La voix de Juline s'apparente plus à un couinement qu'à une protestation. Elle s'élance à son tour dans les dortoirs et descend les grands escaliers pour rejoindre Lana dans la salle commune des rubissans « Arrête Lana, cette histoire va mal finir et c'est toi qui va prendre ! » Lana ne l'écoute qu'à moitié, continuant sa traversée jusque dans les couloirs de l'académie. C'est elle qui va prendre, et après ? Ce salaud a tenté de la tuer et a en plus ruiné son balais. Elle ne le dira pas, par fierté, mais les balais de qualité sont chers, et depuis l'évincement de sa famille, les Escoffier ne roulent pas sur l'or. Comme si avoir été traîné dans la boue ne suffisait pas, il avait fallu que son grand-père renonce également à sa fortune, distribuant son argent à chaque membre de son comté. Un geste louable, que Lana approuve. Mais la contradiction s'emmêle dans sa tête tandis qu'une part d'elle-même lui en veut de les avoir rendu aussi misérable. « Ce sale petit rat, il va payer pour tout ce qu'il m'a fait endurer jusqu'à aujourd'hui. Cette fois, il est allé trop loin ! » Lana s'emporte. Lana s'époumone. Elle accélère le pas alors que le souffle lui manque. Juline trottine derrière-elle, le visage paniqué. Quand Lana est dans un tel état, personne ne peut la calmer, et ce fait, la petite blonde l'a compris depuis bien longtemps. Son allure redouble encore, comme si il était encore possible pour elle d'avancer plus vite. Oh, elle pourrait même se mettre à courir. Elle se mettrait même bien à courir, mais sa jambe droite lui fait encore mal. Elle boitera bientôt, surtout après sa course effrénée dans les couloirs de Beaubâtons. Mais elle s'en fout comme de l'an quarante. La demoiselle jacasse beaucoup trop fort en espagnol, hurle des mots que personne ne comprend. Les élèves se retournent sur son passage, rigolent, ou murmurent. Auquel cas, elle est loin de passer inaperçue. Elle s'en fout encore plus. Enfin, elle bifurque dans l’aile des sephiroys, à bout de souffle et hors d’haleine. Sa jambe entière lui brûle, sa gorge est sèche, son cœur bat à un rythme saccadé et ses pensées fourmillent dans tous les sens. Par chance (si cela en est vraiment une), elle aperçoit Nicolas sur le point d'entrer dans sa salle commune. Il a ce sourire benêt accroché au visage, celui qu'elle rêve de lui arracher pour lui faire tout simplement bouffer. C'est viscéral, elle le déteste. Elle le déteste lui et son comté. Elle le déteste lui et son arrogance. Elle le déteste lui et tout ce qui fait de lui ce qu'il est. Même son écrin et l'air qu'il respire, elle les déteste. « BEAUMANOIR ! »  elle hurle, Lana. Sans délicatesse aucune. Elle hurle à s'en époumoner, à faire rougir ses joues encore plus intensément. Nicolas se stoppe, ainsi que toute sa bande de singes qui l'accompagne partout. Elle ne sait, au fond, pas vraiment ce qu'elle est en train de faire. Derrière-elle, Juline a arrêté son périple quelques mètres plus tôt pour observer la scène de loin, une main sur la bouche et les yeux écarquillés. Tous les étudiants ont arrêté de voguer à leurs occupations. Alertés par la voix stridente de Lana, quelques-uns sont même venus exprès dans ce couloir-ci. Sans attendre, après quelques secondes de paix illusoire, la rubissane s'avance vers Nicolas. Elle lance le manche brisé à ses pieds alors qu'elle se rapproche encore. « Tu l'as fait exprès, avoue-le, tu voulais me blesser. » me tuer. Sa voix, toujours aussi haut perchée, empêche quiconque de faire la moindre remarque. Elle passe certainement pour une folle, et après ? Son cœur bat à tout rompre, ses mains sont moites et son corps entier tremble de colère. Quand elle arrive à la hauteur de l'héritier, Lana se stoppe. Et, soudain, sa main agit d'elle-même, claque violemment contre la joue de Nicolas, résonne dans le couloir entier, émet un écho qui se perd au milieu des visages choqués et décomposés. Elle ne sait, au fond, toujours pas ce qu'elle est en train de faire. Ni les conséquences qu'un tel acte pourrait avoir. La colère émane de son être entier, ne laisse plus d'elle qu'un pantin désarticulé et avide de vengeance. « Va en enfer. » qu'elle crache entre ses dents, d'une véhémence certaine. Elle le déteste et cette fois, le point de non-retour a été atteint.

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La nuit a été très courte pour l’héritier Beaumanoir et cette fois, ce n’est pas parce qu’il a consacré son temps aux révisions. L’épisode de la veille lui reste encore en travers. Il n’arrive pas à se sortir cet événement de la tête. Il ne comprend pas ce qui lui a pris. C’est allé beaucoup trop loin. Heureusement plus de peur que de mal pour l’élue de son cœur. Si jamais il l’avait précipitée dans les limbes, il n’aurait pas survécu. Il le sait, sa condition de vélan lui interdit de vivre sans son âme sœur. Et aussi troublant que ça puisse lui paraitre, Lana est son âme sœur, alors qu’il se plait à la haïr. Parce que l’aimer c’est niais. Cet amour à sens unique transpire l’amour impossible et c’est un sentiment qu’il préfère rejeter, parce que ça le rend faible. Beaumanoir veut connaitre la grandeur sans la décadence, et Lana fait figure même de décadence. Il a revécu le match de Quidditch dans son sommeil troublé, il a mis en péril la vie d’un autre pour qu’elle vive. Et si quelqu’un avait vu cet acte ? Quelles en seraient les conséquences ? Nicolas s’était donc empressé de rejoindre la bibliothèque au petit matin, le visage cerné de fatigue et le cœur en proie à un dilemme terrible. Il fallait que ça cesse. Il devait trouver une solution à cette fatalité qu’on nomme l’amour ou elle le perdrait. Il ne peut plus continuer à agir de la sorte. A chaque fois que Lana est là, c’est tout son être qui s’envole vers une autre galaxie et oublie tout ce qui se passe autour de lui. Jusqu’à présent, il est parvenu à résister, à se faire violence comme il est parvenu à contenir ses colères démoniaques. Mais il a bien vu que lors du match, il n’avait plus été en possession de ses moyens et avait presque couru à sa perte. Descendant les escaliers d’une démarche vive et assurée, l’enfant du comté d’Alsace rejoint vite la bibliothèque où il croise quelques Saphiroys, qu’il salue de la tête. Il faut qu’il trouve une solution, et le grand blond pense la trouver dans les livres car pour lui, il est clair qu’il ne peut s’expliquer auprès de Lana. Il a tenté de le faire la veille alors que la belle, tel un conte bien connu, était encore endormie. Il ne savait même pas quoi lui dire, mais il était venu s’assurer qu’elle allait bien. Pour lui, c’était important. Du moins, pour une facette de sa personne. Et puisqu’elle ne se réveillait pas, l’autre facette avait pris le relais et il avait détalé en quête d’autre chose. Comme aujourd’hui. Ses recherches ne s’avéraient pas du tout fructueuses. Rien ne permettait à un vélan de se détacher de son âme sœur. C’était une malédiction sur laquelle il ne pouvait influer. Malin, sachant qu’il pouvait tomber sur quelqu’un qui trahirait son secret, il s’était entouré de livres de potions diverses, matière où il excellait, bien qu’il soit meilleur en charmes et envoutements. Les yeux rivés sur les pages insipides de plusieurs grimoires, il finit par les ranger, frustré au possible, croisant à ce moment-là quelques autres de ses compères d’écrin. Ils le cherchaient. Ils voulaient parler de la victoire en Quidditch bien qu’ils auraient préféré gagner en attrapant le vif d’or. Il ne les écoutait qu’à moitié mais comme eux, quitta la bibliothèque pour remonter dans les dortoirs des Saphiroys, avec une idée en tête. Et s’il sondait les professeurs à propos des vélans ? Peut-être en savaient-ils plus ? Et s’il avait recours aux Horcruxes ? Pourrait-il séparer son âme de son âme vélane ? Trop de questions se bousculaient et trop préoccupé, il n’entendit que de très loin, ce son aigu bien trop intense pour ne pas y prêter attention. Ce son, il avait une couleur et une saveur particulière. Pas besoin de se retourner qu’il savait déjà de qui il s’agissait. Elle était debout. Il était pris entre le soulagement et la déception. Content de la savoir envie, mais redoutant déjà des représailles, car il savait qu’elle avait conscience de ce qu’il avait fait. Tout le monde se retourne, et impassible, il se retourne, la toisant du regard, arquant un sourcil d’un air dédaigneux. Si elle savait ô combien il lui était difficile et couteux d’avoir une telle attitude à son égard, elle en resterait bouche bée. Elle lui lance un bout de bois à ses pieds. Il en déduit qu’il s’agit de son balai. Il n’a pas pu le sauver lui, mais le choix avait été vite fait. Il fait mine d’avoir la mémoire courte, se grattant la tête, faussement surpris. « C’est quoi ton nom déjà ? Ah oui Evincée ! A moins que ça ne soit Ecrasée ? » Le fan-club Beaumanoir se met à ricaner à outrance. Lui, se contente de la fixer intensément. Elle est magnifique, et ce petit air colérique lui va à ravir… Non, elle l’a bien cherché, elle a voulu le déconcentrer pour qu’il subisse une défaite, il est hors de question qu’il se laisse avoir une nouvelle fois. Elle l’accuse d’avoir été à l’origine de sa chute, et elle a bien raison. Seulement, elle a l’air d’être la seule convaincue de sa culpabilité, et c’est déjà ça de gagné. S’il a voulu la blesser. Oui. Terriblement. Il aurait même voulu qu’elle hurle de désespoir pour qu’il puisse se sentir galvanisé. Qu’est-ce qu’il raconte ? Pourquoi faire du mal à celle qu’il aime ? Comment peut-on vouloir souhaiter le mal à une déesse réincarnée ? Il aurait envie de se couper la tête à ce moment-même. C’est comme si les deux hémisphères de son cerveau avaient décidé de se déclarer la guerre. Il esquisse une moue toujours aussi arrogante et sans la lâcher des yeux, pourtant infiniment troublé par la délicatesse de son parfum, il renchérit, donnant même un coup de pied dans le morceau de bois qui n’a aucun attrait à ses yeux. Ce n’est pas comme ça qu’il sera pris de remords. En fait, c’est déjà fait. C’est pour ça qu’il l’a épargnée. « Vous entendez ? Elle voudrait me faire porter le chapeau car elle est incapable de tenir sur son balai. » Une nouvelle salve de mots terribles et le silence se transforme en gloussements idiots d’une clique qui n’a définitivement pas de personnalité. Sauf que Lana l’a attaqué par surprise. Il ne l’avait pas vue venir cette gifle félonne qui s’abat sur sa joue avec fracas comme une sentence inévitable. Tous restent bouche bée, et Nicolas semble peiner à l’idée de se contenir. Elle le fait bouillir de l’intérieur ce petit ange machiavélique. Lana ne devrait pas en arriver là. Il ne souhaite pas la mettre en danger, mais elle le frustre grandement et pour la première fois, Nicolas ne sait pas comment réagir. La seule chose qu’il fait, c’est d’un geste vif, agripper son poignet avec force dans un nouveau claquement, tandis que sa poigne se resserre tel un étau autour du poignet de l’Espagnole. « Je te conseille en revanche de ne pas recommencer ton geste. Ca serait dommage que cette fois, tes rêves deviennent réalité. » Sous-entendu, qu’elle a fabulé, que ce n’est pas lui qui l’a faite tomber. Alors qu’il n’y a vraiment pas de doute. Il poursuit d’ailleurs : « Remarque, ça ne serait pas la première chute d’un Escoffier ! » Et il ramène encore sur le tapis la décadence du nom de la petite brune. C’est vil, c’est mesquin, mais comment peut-il faire autrement lorsque tout ce qu’il désire, c’est de s’enchainer à elle pour l’éternité et de l’implorer de chérir son corps et son cœur à tout jamais, lui offrant la vie éternelle. Sa fin est proche, le rejet sera bientôt bien trop lourd à porter. Il est faible. Pourtant, il ne tremble pas, ne vacille pas. Il est trop fier.

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Crevez-moi le cœur je suis prêt.
Je n'étais qu'un fou, mais par amour elle a fait de moi, un fou, un fou d'amour. Mon ciel c'était ses yeux, sa bouche. Ma vie c'était son corps. Je l'aimais tant, que pour la garder je l'ai tuée. @johnny hallyday ≈ requiem pour un fou©️ alaska.  

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Le grand problème de Lana, c'est qu'elle ne fait pas dans la demi mesure. Elle agit sans réfléchir, s'élance sans avoir l'idée de se raisonner. Son impulsivité gagne son corps entier tandis que des gestes et des mots grondent à en faire pâlir plus d'un. Le grand problème de Lana, c'est qu'elle est passée d'un extrême à l'autre, abandonnant le rôle de l'adolescente niaise et naïve pour passer à celui de la jeune femme colérique et bornée. Alors, c'est sans réfléchir que ses pas la mènent vers celui qui hante à l'instant ses pensées. Ce n'est un secret pour personne, Nicolas la déteste autant qu'elle le déteste elle-même, et ce, depuis la cérémonie de répartition aux écrins où elle l'a très distinctement entendu parler de sa famille. Nicolas est l'héritier dans toute sa superbe, celui qui se pense supérieur aux autres, celui qui arbore toujours un sourire condescendant et un air hautain, celui qui, parce qu'il est né dans la bonne famille, pense que ceux qui ne possèdent aucun titre doivent se prosterner à ses pieds pour faire honneur à son rang. Des conneries, si vous demandez son avis à Lana. Nicolas n'est rien d'autre qu'un abruti fini qui suit un code préétabli et des mœurs arriérées. A chaque mot qu'il prononce, ce sont des rires d'autres abrutis qui s'élèvent, comme si ce qu'il disait s'apparentait à une prière divine que personne ne peut contredire. Il ne fait que l'énerver encore plus, fait gronder en elle les années de rejet dues à son propre statut d'évincé. Nicolas tape là où ça fait mal, s'acharne à la démolir depuis des années. Pour autant Lana est trop concentrée dans son propre délire colérique pour l'écouter vraiment. Qu'il la traite des noms qu'il veut, qu'il raconte ce qu'il veut sur elle, parce que elle, elle sait très bien ce qu'il s'est réellement passé sur ce terrain. Il l'a délibérément fait tomber de son balai, sans penser au vide en-dessous ni aux conséquences que cela aurait pu avoir. Car, après tout, les gens comme Nicolas ne pensent jamais au mal qu'ils font. Les gens comme Nicolas s'entêtent et s'abrutissent dans une société qui doit purement et simplement disparaître. La gifle claque brutalement, fait s'abattre le silence dans le couloir. Même les esclaves de Nicolas ont arrêté de rire. Lana ne pense plus correctement, se laisse guider par son instinct et sa colère. Et, c'est seulement quand Beaumanoir lui attrape soudainement le poignet qu'elle se dit qu'elle est peut-être aller trop loin. Il la serre fermement, emprisonne son membre autour de ses doigts et tandis qu'elle tente de reculer, pour se dégager de son emprise, la douleur irradie soudain dans son membre entier. « Lâche moi, tu me fais mal ! » Sa plainte ne ressemble pas vraiment à une plainte, elle crache ses mots toujours avec colère. Comme si l'avoir fait tomber de son balai ne suffisait pas, le voilà maintenant prêt à la mutiler. La rubissane tente de se débattre, tire son poignet sans parvenir à le faire lâcher prise. Elle se stoppe néanmoins tandis que Nicolas lui susurre de nouvelles menaces. « Arrête ton cinéma, sale menteur. Tu l'as fait exprès, je t'ai vu. » Elle tente d'arracher son poignet, une fois encore, et Nicolas porte le coup de grâce en évoquant la chute de sa famille. Lana se stoppe de nouveau. D'extérieur, son masque manquerait de s’effriter si elle ne se faisait pas violence. D'intérieur, sa détermination s'écroule. Ça fait mal d'entendre ces quelques mots, mal qu'il lui rappelle cette condition d'évincée qui lui colle à la peau, mal qu'un type comme lui crache sur sa famille alors qu'il ne connaît rien d'elle. Lana n'est malheureusement pas aussi forte qu'elle ne laisse le voir. Toutes les remarques qu'elle a un jour reçu sont aujourd'hui gravées au fer rouge sur sa peau. Les insultes se sont infiltrées jusqu'à son cœur, bouleversant tout sur leur passage et ne laissant qu'un trou noir sans cesse creusé par des phrases comme celle que Nicolas vient de lui jeter au visage. Lana, c'est le genre de fille beaucoup trop sensible, qui ne connaît aucune limite et qui s'ensuque dans une émotivité trop grande. Lana, c'est le genre de fille qui garde pour elle des blessures qu'elle a peur de dévoiler. Le genre de fille qui veut paraître forte et inébranlable, le genre de fille qui porte un masque et qui ne laisse jamais voir les failles qui peuvent la tourmenter. Parce que Lana, c'est l'héritage d'une révolution qu'un idéaliste veut imposer, la fuite d'un lâche qui ne peut accepter la réalité. Lana est un mélange de son grand-père et de son père. Son père qui a fui la France pour ne plus porter son statut. Son grand-père, qui a imposé ses choix et qui est allé jusqu'au bout de ses idées. Entre ces deux hommes, Lana vacille d'un côté à l'autre, d'un extrême à l'autre, sans jamais savoir quelle place est réellement sienne. Parfois, quand la douleur devient trop pesante, elle se met à pleurer durant des nuits entières, elle en veut au monde entier, les sanglots font trembler son corps et ne laisse plus d'elle qu'une coquille stupidement vide. Et parfois, quand elle reprend confiance et que le monde ne lui paraît plus aussi noir, c'est une soif de vengeance qui se transforme en révolution française. Alors, quand Nicolas l'assène de sa remarque, Lana se doit de rester forte. Elle doit afficher son masque impénétrable et ne jamais flancher. Violemment, elle arrache son poignet de la main de Nicolas. Ses doigts lui ont brûlé la peau, ont laissé une marque rouge qui vient irradier dans son corps entier. L'infirmière lui a dit de rester allonger les deux prochains jours et la demoiselle commence à sentir ses membres se fatiguer. Elle a mal aux articulations, elle a mal à la tête, elle a mal à cette foutue jambe droite qui semble de moins en moins vouloir soutenir son corps. « Parce que tu crois que m'attaquer sur ma famille te rendra supérieur ? Je me fous de tout ce que tu dis ou ce que tu penses. Tu n'es rien à mes yeux, tu ne représentes rien et j'espère tu perdras ce titre auquel tu tiens tant. » Elle ment, évidemment que ce qu'il dit l'atteint, évidemment qu'elle s'intéresse à ses pensées. Mais la douleur se mélange désormais à la colère. Elle voudrait lui faire mal, elle voudrait le frapper, l'insulter, le traîner à terre et lui cracher au visage. Elle voudrait le faire tomber de son trône d'argent. Elle voudrait qu'il devienne lui aussi un évincé et qu'il voit enfin ce que ça fait d'être constamment rabaissé. Elle voudrait qu'il prenne sa place durant une seule journée, qu'il se rende compte de tout le mal qu'il fait rien qu'en possédant le nom Beaumanoir. « C'est quoi ton plan ? Cette fois ça n'a pas marché, mais demain tu comptes m’empoisonner ou me poignarder ? J'imagine ta déception en voyant ton coéquipier amortir ma chute. Tu comptes te venger de lui aussi pour avoir tout gâché ? » Sa voix redescend d'un ton, mais son cœur continue de battre à une vitesse folle, les mots s'enchaînent sans qu'elle ne reprenne son souffle. Elle accroche ses prunelles à celles de Nicolas, pour le défier, et surtout, pour se donner un peu plus de prestance alors qu'elle sent sa jambe bientôt sur le point de lâcher.

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Le Saphiroy et la Rubissane sont faits pour se détester. Ils se vouent une haine incommensurable sans même savoir pourquoi. Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’ils n’ont pas cherché à comprendre. Nicolas n’a pas voulu écouter son cœur et l’acharnement de ce dernier à lui prouver que Lana pouvait représenter tout autre chose pour lui. Il ne veut pas être l’amoureux transi, ni se laisser dicter sa conduite par des phéromones ambulantes. Les coureurs de jupons semblent ne pas les sentir et s’attacher qu’à une seule personne, alors pourquoi le ferait-il ? Pourquoi serait-il différent ? Sa condition de vélan le répugne tout autant que ce sentiment insupportable qu’est l’amour, et si Lana n’y est pour rien dans l’histoire, il la tient tout de même pour responsable parce qu’elle est son âme sœur. Et puis, elle le lui rend bien. La jeune femme a du caractère, une forte tête et ne se laisse pas diriger par le noble qu’il incarne, un peu à la manière du Tiers-Etat qui se soulève lors de la Révolution Française 1789. Jamais elle ne se démonte et pas même lorsqu’il se saisit de son bras pour lui laisser une marque cuisante comme la serre d’un aigle se saisit de sa proie et s’y agrippe. Intérieurement, elle l’impressionne. La jeune femme a de la ressource mais elle le sous-estime bien trop. La situation est pénible pour le blondin qui doit faire face à la jeune femme sans passer pour le loser de service devant sa clique, mais en même temps, il refuse de la blesser une fois de plus, parce qu’il ne le supporte pas. Ce qu’il inflige à chaque fois à la pauvre Lana, c’est comme un énième couteau planté dans son propre cœur, dont la lame ne cesse de le triturer. Et pourtant, ça lui fait plaisir de la voir se débattre, il jubile à la voir crier de douleur. Il a l’impression d’être bipolaire ou de posséder deux personnalités, Nicolas : l’ange et le démon. Il ne la lâche pas pour autant, continuant à la fixer des plus sérieux. Persuadée qu’il a volontairement voulu mettre fin à sa vie, Nicolas ne montre pourtant rien qui pourrait le lui faire croire. Brillant acteur ou brillant menteur, le noble. « Pourquoi irai-je mettre en péril bêtement ma scolarité pour laquelle j’ai bossé dur de façon inutile et pour une personne qui n’a aucun intérêt ? » Lâche-t-il en arquant un sourcil pour la prendre en dédain. Si elle ne valait rien ou n’avait aucun intérêt, pourquoi diable son cœur s’acharnerait-il à battre à tout rompre, à le mettre en porte à faux avec ses sentiments, à le faire vomir des pensées amoureuses qu’il préfèrerait réprimer ? Nicolas est impuissant, il le sait. Quoi qu’il dise, il ne gagnera jamais. Au bout du tunnel, il y a la mort inévitable et peut-être plus proche que ce qu’il le pense. Pourtant, il a besoin de se donner contenance, alors il en rajoute une couche, comme une éternelle sentence. « Tu fabules. Je sais que je te plais mais quand même… » Il rabat ses propres sentiments sur le sujet de ces derniers, sur celle qui le pousse dans les limbes d’un combat interminable et particulièrement douloureux contre lui-même. Il sait pourtant que ce n’est pas partagé et c’est peut-être là que résonne la tragédie de sa vie. Lana n’en a que faire de lui, alors qu’il s’y accroche même si paradoxalement il souhaite aussi s’en détacher pour mettre fin à cette malédiction. L’un et l’autre se ressemblent plus que ce qu’ils ne veulent le croire. Se crachant toute leur véhémence au visage, ils semblent pourtant incapables de s’ignorer. Telle est la force et le pouvoir de la flèche de Cupidon qui rassemble même des êtres qui refuseraient cet amour. Tout les oppose, mais l’adversité pourrait également les rassembler, eux qui sont emprisonnés dans leurs certitudes, leurs esprits jeunes mais étroits qui se complaisent dans les cases. Et si la solution c’était de faire tomber les murs pour s’offrir plusieurs horizons ? Mais Nicolas n’est pas décidé à la laisser s’en sortir vainqueur. Il ne veut pas l’épargner, même si tout son être lui crie de ne pas lui faire du mal. Avec virulence, elle s’arrache aux griffes du Saphiroy qui continue de sourire alors qu’intérieurement, les mots de Lana l’atteignent de plein fouet. Pourquoi n’est-il rien à ses yeux ? Ne voit-elle pas à quel point il l’aime et qu’il lui offrirait un monde sans limites pour la rendre heureuse ? Non, elle ne peut pas le voir, parce qu’il s’évertue à se contenir, à ne lui offrir que perfidie et regard dédaigneux. « Je te suis supérieur. Rends-toi à l’évidence. » Les mots de la jeune femme le rongent, le détruisent à petit feu. Pourquoi a-t-elle dit ça ? Il a mal, son cœur se serre et saigne en silence comme sa mâchoire se ferme puissamment pour garder le silence. Elle le méprise tout autant qu’il possède une aversion sans égal envers elle, parce que Lana, elle n’a pas le droit de le mettre à mal de la sorte. Qu’elle le détruise une bonne fois pour toute, mais qu’elle ne le fasse pas languir, il va mourir. Elle le tuera. Lui la sauvera. Toujours. Des malintentionnés, des mauvais, de l’obscurité, de lui-même. Il lâche un léger rire à la supposition de la petite brune. Si elle savait qu’il était responsable des deux chutes mais que l’une avait été provoquée pour annuler l’autre ou du moins l’atténuer, elle ne comprendrait pas. Conscient que ça risque de la désarçonner, l’héritier Beaumanoir adopte un ton des plus ironiques et se plait à lui rétorquer en s’approchant un maximum d’elle, lui susurrant à l’oreille : « Oh non, j’en étais ravi, c’est moi qui aie provoqué sa chute à lui aussi. » Et il lui offre son plus beau sourire en se reculant. Il a abattu une nouvelle carte l’enfant d’Alsace. Comment va-t-elle le prendre ? Il est persuadé qu’il sèmera le doute dans son esprit, qu’il la désarçonnera comme il l’a bousculée de son balai, mais est-ce judicieux ? Nicolas ne réfléchit pas, il préfère foncer tête baissée, parce qu’il ne veut pas la laisser remporter la moindre bataille. D’ailleurs, il la met une nouvelle fois en garde, bien qu’alerté par la posture de la jeune femme qui semble faiblir. « Et puis, tu ferais mieux de faire attention à toi Lana, t’es pas dans le bon camp. » Autrement dit, d’autres se feront une joie de la mettre en pièces. Pas lui, parce qu’il ne les laissera pas faire, au péril de sa vie, mais plutôt que de se condamner, il préfèrerait qu’elle se range. Nicolas est un mélange de bon et de mauvais, un être vivant par excellence qui semble être à deux doigts de jouer les chevaliers servants alors qu’il rêve de détruire l’objet de ses désirs et de ses sentiments trop puissants pour qu’il puisse en venir à bout sans les laisser apparaitre au beau milieu de nulle part, un jour.

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Crevez-moi le cœur je suis prêt.
Je n'étais qu'un fou, mais par amour elle a fait de moi, un fou, un fou d'amour. Mon ciel c'était ses yeux, sa bouche. Ma vie c'était son corps. Je l'aimais tant, que pour la garder je l'ai tuée. @johnny hallyday ≈ requiem pour un fou©️ alaska.  

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❝ OCCUPATION : étudiante rubissanne, sixième année, cursus maîtrise de la magie. gardienne de l'équipe cristal.


Une personne qui n'a aucun intérêt. Elle attrape les mots au vol, ces mots que Nicolas prononce sans connaître l'impact qu'ils peuvent réellement avoir. Elle devrait pourtant en avoir l'habitude, depuis le temps. Il y a ces mots poignants, ces mots blessants, ces mots qui tranchent et qui cassent. Ces mots qui vous rappellent une condition imposée, qui vous colle à la peau comme si elle définissait ce que vous êtes dans votre entièreté. Elle aimerait pouvoir penser la même chose que Nicolas, le penser sans en douter et l'assumer jusqu'au bout. Sauf que Lana s'ensuque et s'accable de tous ces mots blessants. Elle prend pour elle ce qu'il dit, s'entête dans l'engrenage de son caractère paradoxal mis en place. Elle est, pour ainsi si dire, loin d'être aussi confiante qu'elle ne le laisse paraître. Elle préfère ne pas répliquer face à la deuxième réplique assassine de Nicolas. S'il lui plaisait réellement, ils n'en seraient pas là, à s'envoyer des horreurs au visage depuis des années sans une once de gentillesse. Désormais, Nicolas en vient même à être violant, attentant à sa vie pour une histoire de statut social. C'est puéril, petit, totalement idiot et irrémédiablement stupide. Mais Nicolas est quelqu'un de stupide, n'est-ce pas ? Elle n'a jamais été attirée par lui, Lana. Et cela pour la simple et bonne raison que Nicolas lui a donné toutes les cartes en main dès leur première rencontre pour le détester. Il y a des gens qui ne sont pas faits pour s'entendre, et Nicolas et Lana entrent dans cette catégorie-là. Alors, face à sa réplique, Lana ne trouve rien à répliquer. Qu'il pense ce qu'il veut, si ça l'amuse. Car ce sujet là est loin de l'affecter vraiment. Mais elle aurait dû se douter qu'il ne fallait pas sous-estimer l'héritier très longtemps. Alors qu'elle arrache son bras de son emprise, de nouveaux mots s'échappent. Des mots dignes de Nicolas, des mots qui transpirent l'arrogance et la noblesse française, des mots qu'elle voudrait lui faire ravaler. Elle le déteste, pour tout ce qu'il est, pour ce comté qui sera bientôt sien, pour cette éducation étriquée qui s'anime sous ses prunelles claires, pour sa trop grande estime de lui-même, pour tous ces mots qu'il prononce sans qu'il ne se rende compte qu'il est totalement soumis à des règles préétablies par une monarchie qui n'a plus lieu d'être. « Redescends sur Terre, le jour où tu me seras supérieur je préfère me suicider que de l'accepter. » Elle sait que ce jour n'arrivera néanmoins jamais, car jamais elle ne considérera Nicolas Beaumanoir comme supérieur, même s'il prend soudainement la place de Roi de France. A dire vrai, Lana se fera même un plaisir de le détrôner de son siège en or pour le traîner encore plus bas dans la boue. C'est une soif de vengeance maladive qui s'est emparée d'elle quelques années plus tôt, alors que le caractère qui lui manquait tant prenait peu à peu place dans son corps. Peut-être qu'elle en fait pourtant trop, Lana. Ce n'est peut-être pas à elle d'endosser le rôle de la révolutionnaire engagée, pas à elle, l'étrangère, d'arriver dans un nouveau pays et de se prendre pour une sauveuse des temps modernes. Et c'est encore moins à elle d'alimenter la haine que Nicolas semble posséder à son égard. Mais il lui serait trop dur de renoncer maintenant. Elle ne peut pas le laisser gagner. Elle ne veut pas apercevoir ce sourire supérieur sur ses lèvres. Quand il se rapproche, Lana recule instinctivement d'un pas. Et, quand il murmure à son oreille, le temps s'arrête un instant. Elle ne sait pas si elle doit le croire ou non. Est-il réellement dérangé au point de faire chuter un membre de sa propre équipé ? Sa raison lui dit que non, bien sûr que non. Mais une alarme s'est mise à clignoter dans sa tête. Une part d'elle même lui murmure de s'en aller tant qu'il en est encore temps. Evidemment qu'il serait capable de faire chuter un membre de son équipe, surtout si lui aussi est roturier ou évincé. Il s'agit de Nicolas Beaumanoir et Nicolas Beaumanoir ne possède aucun autre sentiment que la haine, le dégoût, le narcissisme, et l'estime de soi démesurée. Nicolas Beaumanoir est un noble dans toute sa splendeur, après tout. « Tu es complètement fou. » Souffle-t-elle en reculant d'un autre pas. Cet affrontement ne mènera nulle part. Elle n'aurait pas dû venir tout comme elle aurait dû garder pour elle ses accusations. Il l'a fait tomber, il le sait, elle le sait. Et alors qu'il lui avoue avoir fait également chuter son coéquipier, cette réalité prend soudainement une nouvelle forme. Nicolas est un gamin capricieux, mais il est également quelqu'un de dangereux. Il a attenté à la vie de deux personnes et le lendemain, il reprend le cours de son existence comme si rien ne s'était passé, comme si tout était normal et que, ce qu'il avait fait était quelque chose de banal. C'est un nouveau sentiment qui prend peu à peu place au creux de son ventre. La peur. La nouvelle est encore trop récente pour la travailler, mais elle sait qu'elle sera bientôt tiraillée au point de ne plus jamais vouloir l'approcher, ou même, le croiser. La colère semble avoir tout à coup disparu, laissant ainsi place à des questions qui s'emmêlent. Va-t-il recommencé ? Qui va-t-il essayé de blesser ? Déteste-t-il les non-nobles au point de vouloir leur faire du mal physiquement ? La déteste-t-il réellement au point de vouloir sa mort ? Sa menace ne fait qu'accentuer son sentiment grandissant. Et Lana serre le poing. « Garde tes menaces pour toi, je sais ce que je fais. J'assume ce que je pense et chacun de mes actes. Mais j'imagine que c'est quelque chose de totalement étranger à tes yeux. » Sa voix tremble encore. Résolument, elle garde ses prunelles accrochées aux traits de Nicolas. Ce n'est plus de la haine, mais du dégoût. Les battements de son cœur ont redoublé d’intensité, et elle voudrait vomir tous ces sentiments détestables qu'il fait sans cesse naître en elle. Toujours avec une voix tremblante, elle reprend. « Je vais quitter l'équipe Cristal, si je le fais c'est pour ne plus avoir affaire à toi. Je t'interdis de m'approcher de nouveau. Je t'interdis même de m'adresser un seul mot. Je n'hésiterais pas à t'infliger un sortilège impardonnable si tu essayes de me faire du mal. » Chaque mot lui brûle les lèvres, fait naître un incendie dans sa gorge et enflamme son corps entier. Elle ne veut/peut plus l'approcher, pas après ce qui vient de se passer et tout ce qu'il a dit. Nicolas Beaumanoir est un être sombre et détestable. Nicolas Beaumanoir ne lui apportera jamais rien de bon et elle ne sait plus à quoi s'attendre venant de lui. Juline s'est approchée et passe un bras sous celui de Lana. La rubissane manque de s'écrouler, ses forces désormais disparues. Heureusement, elle s'appuie sur Juline qui l'incite à faire demi-tour. Elle n'écoute plus Nicolas, ne le regarde même plus. Elle lui tourne le dos et boite toujours accrochée à sa meilleure amie pour partir le plus vite possible de ce couloir. Après toutes ces années, Nicolas aura finalement gagné. Ces singes pourront l'applaudir, son ego gonflera un peu plus. Le cœur au bord des lèvres, Lana craque quand elles bifurquent dans une nouvelle aile du château. Elle laisse son corps tomber à terre et s'assoit à même le carrelage, les sanglots déchirent son être entier et ses forces l'ont totalement abandonné. « Non.. Mais, tu.. » Juline s'accroupit à son tour, l'entoure de ses bras, son air paniqué toujours accroché au visage. « Lana... ne pleure pas pour lui, il n'en vaut pas la peine. » Elle le sait ça, Lana. Elle le sait, qu'il n'en vaut pas la peine. Elle le sait, qu'elle ne devrait pas pleurer à cause de lui. Elle le sait, qu'elle ne devrait pas se laisser atteindre par ce qu'il dit, ou ce qu'il fait. Mais la fatigue l'empêche de raisonner correctement. « Je le déteste tellement. » hachure-t-elle entre deux sanglots. Ça fait mal, ça fait mal au plus profond d'elle. Ça fait mal au point de planter ses ongles dans sa peau pour tenter de camoufler la douleur. Elle déteste Nicolas Beaumanoir. Purement et simplement, elle le déteste.

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Il se félicite tout autant qu’il s’abhorre, Nicolas, parce qu’il est capable de la faire chanceler, de la voir s’époumoner en direction d’une haine impossible à maitriser. Il sait comment la détruire, appuyer là où ça fait mal. Mais elle, en revanche, n’a pas trouvé son point faible. Il devrait pourtant être limpide comme de l’eau de roche aux yeux des autres sorciers. Nicolas est beau, charmant et tout le monde semble l’apprécier alors qu’en face de Lana, il est tout l’inverse. Odieux n’est pas un mot suffisant pour le qualifier. Si Lana payait un petit peu plus attention à la façon qu’il a de la contempler comme une merveille du monde, pupilles dilatées par cet intense besoin d’âme sœur, elle saurait qu’il ne fait ça uniquement pour se protéger, lui l’être perfectionniste qui refuse d’avoir des faiblesses. Elle ne répond plus, et quelque part ça le frustre, parce qu’il sait qu’il est allé bien loin, et qu’il lui a fait du mal. C’est pour cela qu’il s’en veut aussi. Pourquoi s’acharne-t-il à lui faire du mal ? Il n’a qu’elle dans sa vie et il fait tout pour s’en éloigner. Tout ça pour une condition qu’il n’accepte pas. Sait-il au moins qu’il risque de périr à continuer de la sorte, le jeune Beaumanoir ? Evidemment qu’il le sait. Mais il veut se croire au dessus de tout ça, il veut se dire que rien ne l’arrêtera et surtout pas le fait d’être vélan. D’ailleurs, la mort est-elle une fin en soi ? Pour Lana en tout cas, il s’agit d’une bien meilleure fin que de se sentir inférieure à Nicolas. Et si l’envie le brûle d’ajouter qu’elle peut donc le faire sur le champ, insinuant là qu’il lui est déjà supérieur, il n’en fait rien parce qu’une sensation de panique s’immisce en lui comme un poison. Il ne veut pas la perdre. Il ne le supporterait pas. Alors il n’ajoute rien, se contente de sourire fièrement, la toisant du regard comme s’il s’agissait d’une petite fourmi qu’il pourrait écraser d’un seul doigt. Immiscer le doute en elle, c’est jubilatoire. Il se plait à l’imaginer se questionner sur son cas. Elle doit le prendre pour le pire des êtres vivants, capable de sacrifier un de ses coéquipiers comme il aurait pu la sacrifier elle. Seulement, elle ne se rend pas compte de ce pourquoi il l’a fait. Nicolas n’est pas aussi immonde qu’il en a l’air à ce moment-même. Il a sacrifié instinctivement le joueur le plus proche de Lana au moment-même où elle s’effondrait pour rattraper son propre geste qui aurait pu couter la vie à la ravissante espagnole. Rien n’a d’égard à ses yeux que la vie de la jeune Escoffier. Tant pis s’il y a des dommages collatéraux, l’enfant d’Alsace la sauvera à n’importe quel prix, jusqu’à se sacrifier pour elle. Mais ce sentiment d’amour pur, comme celui que sa mère a un jour éprouvé pour son père, il le dissimule tellement bien qu’on en vient à croire le contraire. Lana, si tu savais comme il a regretté, comme il a été prêt à se sacrifier à tes côtés si tu ne t’étais pas réveillée… Ca pose problème à Nicolas qui est pris dans une dualité extrême qui lui dissout l’esprit. A la remarque de la jeune femme qui le prend pour un dégénéré, il voudrait lui répondre qu’elle est la raison de sa folie, mais encore une fois, il met toute son énergie à brimer ce sentiment fort qui commence à l’étreindre et qui ne le lâche plus. Sa mise en garde, pour la protéger a été mal interprétée. Lana ne voit que le mal émaner de lui, et quelque part ça, c’est une petite blessure de plus infligée au corps et à l’être entier de Beaumanoir. Ne voit-elle pas ses intentions ? Il ne veut pas qu’on s’en prenne à elle et il sait qu’à l’aube d’un changement au pouvoir, ça ne saurait tarder. Il souhaite qu’elle oublie ses envies révolutionnaires, qu’elle s’accroche à lui parce qu’il pourrait lui rendre ses lettres de noblesse, mais à trop la repousser, elle se braque et en fait de même. « C’était une mise en garde. » Lâche-t-il avec désinvolture en haussant les épaules. Il perçoit ô combien elle le déteste, comme elle aimerait faire de lui de la charpie pour lui faire subir les pires châtiments. C’est tellement facile de lui faire perdre son calme, mais en même temps terriblement douloureux. Pas besoin de le torturer, il se l’inflige déjà volontairement l’Alsacien. Et puis son sourire disparait à l’entendre vociférer des paroles qu’il a du mal à encaisser. Elle ne peut pas le repousser de la sorte. C’est impossible. Elle ne sait pas à quel point elle transperce son cœur. En une réplique, Lana l’a tué. Ne plus l’approcher. Comment pourrait-il alors que tout le ramène à elle ? Il ne pourrait s’en empêcher, ça serait trop dur. Il ne peut rien répondre. Il ne sait pas quoi dire. Il se tient là, silencieux, l’observant chanceler aux bras de son amie, s’éloignant presque pour toujours. Mais ça ne peut arriver. Il prend conscience Nicolas, avec horreur, qu’il l’a vraiment blessée, non seulement physiquement, mais aussi moralement pour qu’elle atteigne ce point de non retour. Ses acolytes le regardent, attendant une réaction de sa part, mais il ne dit rien. « Et si tu lui lançais un sortilège impardonnable, là tout de suite pour la faire taire ? » Nicolas prend à peine le temps de rétorquer : « Elle est de dos, ce n’est pas un duel équitable. » Toujours le sens de l’honneur malgré tout, bien qu’il l’ait bafoué en la faisant tomber de son balai. Mais Lana a gagné, elle a immiscé en lui un sentiment de culpabilité, et il ne semble plus le quitter. Le remord l’étreint alors qu’il congédie son petit peuple en leur suggérant d’aller dans la salle commune, qu’il a quelque chose à faire. Une fois qu’ils ont disparu, Nicolas marche dans la direction opposée, vers le couloir où se trouve Lana, et dissimulé derrière le pan du mur, il constate avec horreur qu’elle pleure à chaudes larmes et qu’elle semble supporter une douleur indéfinissable à cause de lui. Il pourrait lui confectionner une potion pour la soulager, mais la boirait-elle ? Il reste là de longues minutes, à la regarder, à l’entendre hurler qu’elle le déteste, et puis il prend la décision de s’en aller pour aller l’aider : il va lui faire cette potion et il fera tout pour qu’elle la boit.

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Crevez-moi le cœur je suis prêt.
Je n'étais qu'un fou, mais par amour elle a fait de moi, un fou, un fou d'amour. Mon ciel c'était ses yeux, sa bouche. Ma vie c'était son corps. Je l'aimais tant, que pour la garder je l'ai tuée. @johnny hallyday ≈ requiem pour un fou©️ alaska.  

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