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 Tendresses et châtiments || Augustine & Cyprien

Vers les étoiles, à travers les difficultés
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❝ CÔTE DE POPULARITE : 1018
❝ MIROIR : Tom Hiddleston.
❝ CREDITS : Simaumauune & co'!
❝ ÂGE : Trente-sept ans.
❝ STATUT SOCIAL : Prince parmi les princes, il reste et restera à jamais le fils autant que le frère d'un roi.


Augustine & Cyprien
Mots de damnation si pervers et si tendres comment puis-je mourir sans les entendre


Parfums vieillis des milliers de feuillets ainsi entassés venaient chatouiller les esprits inertes laissés alanguis. Épuisement languissant et que trop durables sous ses ombres grandissantes qui, sans le vouloir, se faisaient échos des ronronnements mécaniques des hautes horloges. Berceuse aux allures de métronomes qui ponctuait chacun de ses gestes d'une routine fort peu enviable qui venait alourdir ses paupières quelques rêveries. Sommeil pesant qui déjà faisait s'écrouler ses rares certitudes pour ne plus laisser que le besoin de poser la plume au cœur de son plumier. Il coulait alors au creux des velours assombris de son large fauteuil, mourrait un peu plus de cette envie de se laisser emporter par les tourments de quelques mornes idées. Avachi, le visage posé sur la paume de sa main droite, il fixait le vide sans pour autant pouvoir oublier ce qu'il était et ce qu'il faisait la. Il pouvait, durant un instant, faire abstraction de ces lourdes piles de dossiers qui s'étalaient sur le secrétaire de la bibliothèque, mais celles-ci revenaient sans cesse cogner sa rétine comme un réminiscence permanente d'un emploi qui l'était tout autant. Impossible de s'en défaire, impossible de s'y soustraire.

Longs soupirs agonisant traversait sa gorge pour mieux venir heurter les silences meurtris de ses lieux que trop solennel. Entre les rayonnages il pouvait entendre les éternuements fictifs d'un fantômes oublié de la demeure royale, il étouffait à force des poussières qui se soulevait sur son passage le plus spectrale, s'en persuadé et oublié presque qu'il était mort depuis déjà bien longtemps. Persistait toujours et jamais au creux de ces esprits jadis vivant une humanité dont il ne pouvait se départir, c'était bien là leur malédiction. De ces étranges étoiles contraires qui avaient un jour pris le parti de faire d'eux des esprits errants plutôt que de leur donner la paix, ils se retrouvaient ainsi condamnés à jamais ressentir ces failles sans pouvoir les contourner. Humanité que trop vivaces au sein d'un corps fantasmagorique. Néanmoins, ce simple fait avait réussit à faire naître un sourire, somme tout éphémère sur le visage du prince.

Bien qu'il fut d'humeur morose, et d'autant plus ennuyé qu'il se savait contraint de rester là à travailler, il se sentait un peu plus libéré de ces curieuses entraves par le simple fait de se savoir un peu moins seul en ces lieux isolés. Il s'humectait alors les lèvres, ravalait ses sourire qui s’étirait un peu jusqu'à ses joues, et reprenait la longue plume d'oie avec laquelle il grattait son parchemin quelques minutes plus tôt. Douce euphorie passagère qui délassait ses épaules bien qu'elle n'eut pas encore le pouvoir de démêler les inextricables problèmes qui avait cours au sein de son esprit. Son écriture habile et son verbiage aisé s'en trouvait, eux-mêmes, fortement influencés, si bien qu'il lui fallait un temps outrageusement long pour mieux aligner les mots sans paraître trop ostentatoire ou bien trop belliqueux.

Rien ne semblait facile en cet instant, et d'une certaine façon, il n'était pas sans ignorer que les événements à venir, si tout se déroulait comme il l'espérait, seraient de loin les plus difficiles à surmonter. Instants cruels liés à tous ce désespoir trop longtemps accumulé, il avait fini par s'effondrer comme un château de cartes. Il n'avait plus rien de l'as de cœur qu'il aurait souhaité être et arboré, il se retrouvait à être de ses piques ravageurs qui grévaient les cœurs. C'était d'une stupidité sans borne, et assurément, en d'autres temps, se serait-il fustiger pour de telles pensées, pour des actes aussi insensés, mais il en était désormais incapable. Il se laissait bercer par ses maigres illusions, se mordait la langue pour ne pas en hurler de frustration, mais toujours garder les sourires avenants liés à sa fonction. Il pouvait prince et pauvre à la fois, la preuve en était ce sentiment constant d'être à jamais démuni.

Un nouvel éternuement l’exhortait à sortir de ses sombres songes, et lentement, le geste calculé et intrigué par cette curiosité, il s'extirpait de son fauteuil pour mieux aller y voir. Ses doigts se promenaient sur les rayonnages outrancièrement poussiéreux pour un lieu d'un tel standing, et il comprenait alors davantage que l'esprit joue quelques tours à ce pauvre être qui devait s'y trouver. Il tournait, tournait encore, son pas souple sur les parquets sans âge n'imprimant que trop peu le bruit mâte de ses pas. Expression singulière d'une crainte de se voir encore fuir. Néanmoins, l'ombre de l'autre déjà se faisait voir, et il fut surpris de ne pas y rencontrer les spectres opalins de quelques fantômes, mais bien la silhouette gracile et bien vivante d'une jeune femme. Il restait un instant fort coi de cette découverte, et soutenait chacun de ses gestes d'un regard inquisiteur. Il s'amusa, cependant, de l'entendre éternuer une nouvelle fois, il se rendait compte que s'il avait tout d'abord penser à une vue de l'esprit ce n'était que par la grâce et le tempérament de ses éternuements. Très féminins, et paradoxalement, très discrets.

Tout en la regardant tout à ses recherches, les yeux suivant quelques lignes d'autant de livres beaucoup trop vieux et pas assez usités pour sembler véritablement intéressant, il s'avançait. Allure féline aux airs inquiétants, il semblait être aussi intrigué par sa présence que par l'objet de ses recherches. Nul n'aurait l'idée de venir jeter un coup d’œil au sein de la bibliothèque royale sans en avoir l'aval du roi, ou au moins de la reine. Et, alors qu'il se trouvait a à peine plus de deux mètres d'elle, il finit par annoncer sa présence. « Intéressant ?! », argua-t-il d'une vois suave toute habillée d'un sourire charmant.



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SOUVERAINETÉ MALADIVE
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, troublent les morts couches sous le pavé des salles. L’aube pâle a blanchi les arches colossales. Il fuit, l’essaim confus des démons dispersés ! Et les morts, rendormis sous le pavé des salles, sur leurs chevets poudreux posent leurs fronts glacés. Victor Hugo
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❝ STATUT SOCIAL : enfant d'une infidélité, elle ne peut prétendre à la noblesse de son père et se mêle ainsi à la plèbe, roturière, comme sa mère.
❝ OCCUPATION : actrice au mélusine et alchimiste à son propre compte


Augustine & Cyprien

Une plume d’oie perchée sur un chignon de dernière minute, la jeune femme se mordille la lèvre en se promenant entre les rayonnages. Elle devrait se mettre à travailler, mais la vision de cette bibliothèque immense, secrète et vide mise à part elle est trop belle pour qu’elle arrive à s’en détacher, à faire autre chose qu’admirer cette collection privée à laquelle elle n’aurait jamais avant cela rêvé avoir accès. Peut-être qu’elle exagère, peut-être que les alchimistes du Magistral ont le droit de venir, quand leurs recherches le nécessitent, peut-être qu’ils ont une permission spéciale du Roi. Elle ne sait pas, ne saura sûrement jamais. Elle-même a choisi la science comme passe-temps, l’art comme profession, faisant fi du scepticisme des autres et de l’instabilité prétendue des métiers de la scène. Elle se débrouille bien, mais peut-être est-ce juste le résultat de la chance. Elle a de la chance d’être là en tous cas c’est certain, d’avoir un parchemin froissé dans sa poche, signé de la main de sa Majesté la Reine de France qui dispose de son droit d’accéder à la bibliothèque de la famille royale. Le tout pour une raison bien précise évidemment, mais qu’elle semble oublier durant le quart d’heure qu’elle passe à se balader. C’est la seule pièce qu’elle a traversée depuis qu’elle a mis pour la première fois les pieds dans le palais de l’Étoile dans laquelle elle ne se sent pas fabuleusement mal à l’aise. Ses doigts glissent sur les reliures et elle a du mal à cacher son excitation. C’est tant mieux qu’il n’y ait personne pour la voir, un sourire béat et idiot sur les lèvres, comme si elle n’avait jamais vu de livres de sa vie, autant de connaissance à portée de main. Elle se promet une chose: de revenir autant de fois qu’elle le pourra, de profiter de l’endroit, d’emprunter des livres, même des ouvrages qui n’ont rien avoir avec la recherche pour laquelle elle a été employée. Ça semble être une folie absolue, d’où le fait qu’elle n’ait pas encore osé en parler à quiconque, pas même l’ami alchimiste qu’elle aimerait consulter pour de l’aide. Mais Augustine n’est pas de ceux qui se complaisent dans l’oisiveté et bientôt ses doigts s’arrêtent de molester les pauvres reliures et elle retourne vers l’allée semblant réservée à sa discipline de choix. Elle arrange un peu son chignon, fait craquer les articulations de ses doigts et sans plus d’entrée en matière, se lance dans ses recherches. Elle a fait une liste - qu’elle a écrite tout bêtement sur le dos de sa main, mais se rend vite compte que la collection du Roi dépasse ses espérances et parvient à extirper de leurs étagères, une demi-douzaine de livres qui pourraient lui être utiles. Elle en a repéré d’autres, qu’elle étudiera une prochaine fois, pour l’instant c’est bien assez pour occuper tout son après-midi. Ludovic son agent serait mécontent qu’elle ne le passe pas à préparer son audition de la semaine suivante pour The other Boleyn Witch, mais elle n’a pas la moindre intention de le lui faire savoir. Elle dépose son pactole sur une table à l’écart, non pas qu’elle risque d’être dérangée dans cette antre où le silence est tel que l’on entend les mouches voler.

Une heure plus tard elle n’a que quelques maigres notes dans son petit carnet noir, réservé à ce projet si spécial, si secret initié par la Reine elle-même. Elle ne se décourage pas pourtant, ça lui rappelle son mémoire et la frustration d’avoir à éplucher un livre entier pour n’en tirer qu’une ligne intéressante, qu’un bout de formule en note de page. Mais là, les livres se font tout simplement silencieux sur le sujet de la procréation: elle n’a pas choisi les bons. Elle referme celui qui est devant lui, un peu trop de vite certainement car un nuage de poussière s’élève alors et provoque un discret éternuement de sa part. À Beauxbâtons, elle disait parfois que c’était à la quantité de poussière qui le recouvrait qu’on reconnaissait la qualité d’un livre. Aussi bien qu’elle aime les gadgets les plus récents, prône qu’elle est à les déclarer obsolètes très rapidement, elle aime ses livres vieux, oubliés; c’est toujours là que l’on trouve les plus grands secrets. Et Merlin sait que le secret qu’elle cherche à percer est l’un des mieux gardé. Elle se lève et retourne devant la collection qu’elle a précédemment amputée. Rapidement son doigt retrouve son penchant pour le tâtonnement : ça l’aide à choisir. Plus elle approche d’un coin intéressant plus la poussière se fait présente et plus elle éternue, doucement d’abord et puis plus bruyamment. Elle s’agacerait si elle n’était pas si concentrée dans sa tâche, si elle ne venait pas d’arrêter son index et ses prunelles noisettes sur la couverture d’un manuscrit de Monsieur Flamel. Son héros; on dit que les prouesses alchimiques s’arrêtent avec lui qui a accompli ce qu’on peut imaginer de meilleur. Mais Augustine pense que ça ne fait que commencer, que Nicolas leur a ouvert la voie, mais qu’il y a encore mille choses à découvrir. Dont une, elle espère, par elle.

Elle n’attend pas de revenir à sa table et préfère ouvrir l’ouvrage immédiatement. Elle s’adosse précairement contre une étagère et feuillette le recueil d’essais, ses doigts caressant discrètement les lettres pour certaines enluminées, trop concentrée pour entendre les bruits de pas qui s’approchent et le regard qui étudie la courbe de son cou allongé. « Intéressant ?! » Elle sursaute, manque de faire tomber le livre. Elle n’est pas très adroite, mais ses mains sont dotées de leurs propres conscience et semblent comprendre l’importance de ce manuscrit. Elle n’aurait pas besoin d’attendre le courroux du monarque si elle l’abîmait, elle se flagellerait certainement elle-même. « Très. » répond-elle spontanément, pensant peut-être d’abord qu’il s’agit d’un fantôme, ou d’une invention de son esprit. Elle ne serait pas la première ni la dernière actrice à parler toute seule. Son regard mordoré cherche néanmoins celui de l’inconnu, rencontrant un visage étrangement familier. Un Prince, songe-t-elle, qui d’autre en ce lieu privé. C’est elle l’étrangère ici, d’ailleurs le voilà sûrement venu pour la piéger, lui qui ne doit pas savoir pourquoi elle est là. Mis à part la reine, il lui semble qu’il n’y a qu’Odon qui sache, l’autorisation d’entrer donnée par Morgane ne contenant évidemment pas le détail des recherches envisagées. Elle hésite, est-elle censée se présenter ? Elle ne sait pas comment s’adresser à un prince, pas plus qu’elle ne sait comment s’adresser à une reine et si elle était un rien moins inconsciente, sûrement bénirait-elle les saints de lui avoir envoyée une reine aussi peu vindicative. « J’ai le droit d’être ici. » lance-t-elle finalement avec empressement, craignant soudain d’être renvoyée. Elle veut mettre la main à sa poche pour lui montrer son passe-droit, mais réalise que sa veste est laissée sur sa chaise, le mot de Morgane avec. Elle pense ensuite que son altesse n’a peut-être pas envie que tous soient au courant de la mission qu’elle lui a donné, elle n’a peut-être pas envie que l’on pose des questions. Aussi mieux vaut-il garder son autorisation écrite et les explications qui vont avec pour ceux qui les demandent expressément. Et puis, parce que sa mère l’a bien éduquée malgré tout: « Augustine Leroy. » Elle hésite, mais lui tend finalement une main prestement essuyée sur sa robe. Au moins pourra-t-on dire qu’elle a essayé.



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Augustine & Cyprien
Mots de damnation si pervers et si tendres comment puis-je mourir sans les entendre


Il était peu de chose qui surprenait l'homme qu'il était, pas tant parce qu'il était prince et que par nature les princes voyaient bien des choses qui dépassaient le commun, que parce qu’il était de ceux qui se trouvaient être toujours bien préparés. Le bon mot au bon moment, le geste toujours calculé, l’émotion toujours mesurée, cela faisait parti du rôle et du personnage dont il avait endossé le costume quelques année auparavant pour ne plus jamais s'en défaire. Aucune contrefaçon n’était, dès lors possible. Toutes tentatives de supercherie se serait fermait être inefficaces sous l’effet des jonctions de es imperfections teintées des couleurs de la sublimation. Rôle difficile à tenir, intenable même pour lui en certains instants, néanmoins cette rencontre fortuite avait su le surprendre plus que de mesure. Il ne s’était en aucun instant douté qu'une jeune femme se cachait entre les rayonnages d’une bibliothèque immense et désertée, parfois, bien sûr il entendait quelques conseillers de sa majestés venir y faire un tour, il avait même surpris quelques habitudes adultérines qu'il avait sévèrement rabroué avant de s'en amuser, mais il n'avait jamais encore rencontré de nymphette aussi délicieuse entre les volumes d'alchimie et deux d'histoire de la magie. C'était incongru, mais incongru ne voulait pas pour autant dire qu'une telle découverte se trouvait être désagréable, bien au contraire.

Au son de sa voix elle sursautait si brutalement qu'elle manquait d'en faire tomber un livre qui, assurément valait son pesant de destriers, mais qui de façon toute aussi certaine n'aurait en aucun cas manqué à la cours. Il fallait avouer que si la bibliothèque royale faisait figure d'exemplarité en matière d'équilibre, de complémentarité et certainement de complétude, la plupart des ouvrages qui y figuraient n'avaient pas été ouverts depuis bien longtemps, voir peut être même jamais. Un sourire circonspect sur le bord de ses lèvres, il jugeait sans méchanceté et sans arrières-pensées la jeune fille malhabile qu'il avait, par son impudente invasion, effrayé. Aucune mains secourables pour venir à la rescousse d'un maudit bouquin qu'elle sauvait in extremis des tourments d'une chute par quelques réflexes surhumains, certainement son cœur et son instinct lui avaient-ils dicté que la reine mère n'aurait pas supporté de voir sa chère bibliothèque ainsi traitée. Cela dit, elle n'avait plus tant le cœur d'y mettre les pieds depuis que feu le roi se trouvait être de ses spectres qui ne hantait jamais plus que les esprits les plus retors, les moins aimés. « Très. » répondit-elle alors comme si de rien n'était, ne posant pas même un regard sur ce le prince qu'il était, machinale intervention qui la rendait encore plus intéressante de par se désintérêt qu'elle lui portait. Il lui fallu, néanmoins, cherché le regard de cet interlocuteur qui – elle s'en rendait compte – n'était en rien le fruit de son imaginaire.

L’espièglerie exploitée à son paroxysme au travers d'un sourire mutin et d'un sourcil dressé, figure composée pour mieux donner cette impression d'attendre quelque chose de la demoiselle, il ne se rapprochait pourtant pas. Immobile, les bras croisé sur son torse exposant une certaine désinvolture quoi que tintée de quelques férocités propre au personnage politique qu'il était, il attendait. Il n'attendait pas le moment où, se rendant compte de cette indiscrète interruption, elle viendrait à prendre ses jambes à son coup ; non, il attendait ce moment de gène qui déterminait la force de caractère des gens face à un membre de la famille royale. Ce ne fut pas le cas pour cette demoiselle, si elle fut bien sûr tenue à quelques hésitations, elle les ravalait bien vite pour s'imposer à lui, pour mieux garder la place qu'elle savait acquise. « J’ai le droit d’être ici. », il arque son second sourcil, étouffe ce rire qui se déploie dans sa gorge par une expiration brève. Il ne doute pas qu'elle ai le droit d'être ici, nulle personne étrangère à ce palais ne saurait s'inviter au cœur de cette bibliothèque sans l'avale du roi ou l'accord de la reine. Nul ne se risquerait à faire face aux limiers du roi qui, à défaut d'être sympathique, étaient au moins efficaces.

Si lui n'esquissait pas le moindre mouvement, elle, en revanche, fit quelques pas vers lui. « Augustine Leroy. » Elle essuyait sa main sur sa robe comme pour en chasser de mornes et salissantes poussières avant de la lui présenter. Il trouvait le geste drôle mais ne se fit pas pour autant prier pour décroiser ses bras et pour lui serrer la main. Franche poignée de main qui lui laissait sentir tout contre sa paume la douceur de ses doigts, la chaleur de sa poigne. Il en fut charmé. Pareilles trouvailles n'étaient pas à relâcher ainsi dans de telles natures que trop civilisées, si bien qu'il ne relâchait en aucun cas sa poigne. Bien au contraire il l'attirait un peu plus à lui, non pas pour profiter de quelques un de ses atours on ne peut plus voluptueux mais bien pour observer le titre du livre qu'elle tenait encore dans son autre main. Les paupières plissées sur son regard aux teintes d'aciers il en décryptait la police ancienne d'une œillade rendue floue par les années et la fatiguée d'une longue journée. Son inspection terminée il la relâchait enfin, la libérant ainsi de cette emprise furieuse qu'il pouvait avoir sur quiconque. Spectre royale qui allait de pair avec le charme, et au moins le respect que l'extraction naturellement plus basse lui devait.

« Enchanté, mademoiselle Leroy. », énonçait-il finalement d'une voix teintée d'une solennelle sensualité. « Ne vous inquiétez pas, personne ne viendra vous déranger ici. A dire vrai il ne devait y avoir que moi dans cette bibliothèque aujourd'hui pour des raisons... d'état. », il se mordait la lèvre inférieur pour refréner le sourire qui trahissait son mensonge. Son exile au sein de cette bibliothèque n'était rien de plus qu'un prétexte pour échapper à toute la cours qui le suivait partout au ministère, et surtout lui donner quelques occasions de croiser Morgane. Rien de bien louable.  « Puis-je, néanmoins, savoir qui vous envoie faire des recherches de l'ordre de l'alchimie ? Je doute qu'il s'agisse du roi, il a ses propres savants fous pour ce genre de... », il laissait planer un silence qui disait long sur la foi qu'il avait en cet art, « décoctions. ». Il la dépassait, lentement, silencieusement, pour jeter un œil à tout ce qui avait été dérangée par la demoiselle. Enquête sommaire qui éveillait quelques sombres idées sur la nature de ses recherches, laissant transparaître sur son visage la sombre inquiétude liée à ses propres démons. « La reine mère, peut être. », finit-il par lâcher sans relever la tête, toujours plongé dans sa contemplations de couvertures dépoussiérés des livres extirpées à leurs étagères.



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Le prince n'a pas l'air bien méchant ni bien mécontent de la voir. Elle cherche dans sa mémoire le souvenir de son nom; elle a étudié la famille royale quand elle était petite et l'on en parle bien assez pour qu'elle n'oublie pas le nom de ses membres. Cependant elle hésite, incapable de mettre le doigt dessus. Ce visage lui est familier pourtant, elle l'a déjà vu et plus d'une fois. N'ont-il pas déjà du se partager la couverture d'un magasine ? Lui faisant un gros titre en compagnie d'une jolie mannequin et Augustine étant interviewée dans le même numéro ? Oui, ces traits lui disent quelque chose, trop pour qu'il s'agisse d'un de ces princes oubliés, d'un cousin quelconque de la reine ou autre. Ou peut-être que c'est tout simplement qu'ils sont trop marquants pour être oubliés ces traits, ces yeux céruléens, ce sourire des plus charmants qu'il ne lui a pas encore offert, mais qu'elle est persuadée d'avoir déjà vu sur le papier glacé. Elle n'a pas le temps de se demander s'il va accepter sa présentation probablement peu conventionnelle, qu'il attrape déjà sa main, l'enfermant dans une poignée ferme, mais souple. « Enchanté, mademoiselle Leroy. » Elle esquisse un sourire soulagée et attend qu'il la sorte de son doute, mais il ne se présente pas en retour. Sûrement croit-il qu'elle le connaît. Sûrement devrait-elle. Mais c'est sa façon à elle de montrer son désaccord latent, discret, avec le régime. Elle ne se bat pas contre, ne se battra certainement jamais, mais elle l'ignore proprement. Elle lui tourne le dos, n'écoute pas les discours du roi, se tient éloignée de la politique. De toute façon on ne demande pas au peuple de voter, alors à quoi bon se tenir au courant ? Elle connaît la reine, elle connaît le roi; pour le reste parfois il faut lui prendre la main et lui dire "c'est Hortense, c'est Marien". Ce ne serait probablement pas très bien vu de sa part si elle venait à demander au prince son prénom, d'autant qu'elle ne sera très certainement pas amenée à l'utiliser. On ne tutoie pas un prince - elle a failli tutoyer Morgane - et on ne l'appelle pas par son prénom - mais comment est-on censé s'adresser à lui au juste ? Les "votre altesse" sont-ils réservés au couple royal ? Augustine est perdue. Comme avec Morgane toutefois, elle a cette vague impression - peut-être n'est-ce cependant que l'espoir qui parle - qu'on ne lui en tiendra pas trop rigueur si elle oublie les protocoles qu'on ne lui a jamais enseigné. C'est qu'on n'a jamais pensé qu'une bâtarde comme elle rencontrerait brusquement un tas de membres de la famille royale. « Ne vous inquiétez pas, personne ne viendra vous déranger ici. A dire vrai il ne devait y avoir que moi dans cette bibliothèque aujourd'hui pour des raisons... d'état. » Elle hausse les sourcils et hoche patiemment la tête. Elle n'est pas certaine de comprendre; est-il en train d'insinuer qu'elle le dérange dans ses affaires d'état ? Que la bibliothèque lui était réservé ? À part quelques éternuements sa présence n'est pas si remarquable que cela, pas envahissante le moins du monde. La bibliothèque royale lui semble bien assez grande pour eux deux. Et de quoi s'occupe-t-il au juste ? Là encore elle sent qu'elle devrait le savoir, mais son ignorance est complète. C'est un ministre quelconque certainement, souvent les princes sont ministres. « Euh désolée ? » fait-elle sans aucun effort pour masquer sa confusion. Si elle dérange les affaires d'état il suffit de lui dire de déguerpir, elle reviendra demain s'il le faut.

« Puis-je, néanmoins, savoir qui vous envoie faire des recherches de l'ordre de l'alchimie ? Je doute qu'il s'agisse du roi, il a ses propres savants fous pour ce genre de... décoctions. » Pas un grand admirateur des alchimistes donc. Peut-être aura-t-elle l'occasion un jour de lui prouver la beauté et l'utilité de cet art. C'est-à-dire si elle est amenée à le revoir un jour ce dont elle doute sincèrement car encore lui faut-il survivre à cet entretien. Ça s'annonce plutôt mal puisqu'il se demande déjà qui l'a autorisée à pénétrer dans cette antre sacrée. Il s'avance, la dépasse, semble étudier les étagères qu'elle a dérangé et Augustine s'inquiète légèrement. Puisqu'ils ont convenu qu'elle a le droit d'être là, il n'est nul besoin de discuter plus longtemps. Ce n'est pas qu'elle rechigne à la conversation, mais elle espère qu'il ne lui posera pas trop de questions, qu'elle n'aura pas à mentir pour protéger une inconnue même des plus admirables.  « La reine mère, peut être. » Reine mère. N.f.: mère du roi. Du moins le croit-elle. Elle secoue la tête spontanément et ce bien que l'attention du prince présumé est toujours accaparée par les livres alentours. Si elle a raison et quoiqu'elle soit loin d'être très à jour sur l'arbre généalogique de la famille royale, il y a des chances que son interlocuteur soit proche de ladite reine mère, son fils peut-être même. Il lui sera aisé de vérifier auprès d'elle tout ce qu'Augustine lui dira, aucun intérêt à mentir donc. « Non, c'est la Reine-reine…enfin euh Morgane quoi. » Son altesse royale la reine Morgane, c'est pas ta copine. Elle s'assène une claque mentale. « Sa euh Majesté, m'a gracieusement autorisée à venir ici pour une recherche personnelle. » Si elle peut en croire les films et les pièces où elle a incarné une noble quelconque - voire une reine ou deux - ce genre de palais grouille de passage secret où l'on complote sur tout et tous et les rois et reines ont des ennemis au sein même de leur propre famille. Comment peut-elle savoir, elle, si ce monsieur est du côté de Morgane ou non ? S'il peut être mis dans la confidence, s'il peut savoir que c'est pour la Reine qu'elle est là ? Elle se sauve, les sauve, donc avec ce petit mensonge et prie pour qu'on ne lui en demande pas plus. « C'est que je suis une prétendante à ce charmant titre de savante folle voyez-vous. » poursuit-elle donc, dans l'espoir de faire dévier la conversation, de finir par l'ennuyer peut-être afin qu'elle puisse retourner à ses recherches tranquillement. Elle a l'habitude du scepticisme d'un certain nombre du grand public quant à son passe-temps. On préfère généralement se retourner vers les pototionistes et aujourd'hui, les technomages. L'alchimie semble encore pour certains sorciers n'être que le résultat d'élucubrations des scientifiques sorciers les plus instables. Au fond la description ne la dérange pas; au moins ces fous font-ils des découvertes absolument fascinantes. « Cyprien » marmonne-t-elle soudain dans sa barbe, victorieuse. Elle secoue la tête devant sa propre étourderie. Bien sûr que c'est Cyprien Leblois, frère de Geodor. Si l'information ne lui est d'absolument aucune utilité, elle l'aide à se sentir un peu plus en confiance.



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Mots de damnation si pervers et si tendres comment puis-je mourir sans les entendre


La bibliothèque avait toujours été son sanctuaire. Enfant, il y passait un temps infini, se cachant sous les tables pour mieux échapper à la vigilance de ses nourrices, s'égarant entre les voilages des renforts pour mieux se perdre dans son imaginaire. Ce lieu, bien plus que toutes les salles de lecture du palais, bien plus que sa propre chambre, avait été celui de sa délivrance. Sans cet amas de livre, ce parfum suranné, et ce silence assurément il ne serait pas devenu l'homme qu'il était. La bibliothèque était pour lui ce qu'était la bouée lancée au naufragé, le phare dans la nuit pour les marins égarés, seulement elle n'avait jamais réussit à le libérer de cette cage dorée dans laquelle on l'avait enfermé. Oiseaux de proie à jamais prisonnier, forcé de constater qu'il ne serait jamais rien de plus qu'un animal curieux qu'on exhibait pour faire bonne presse bien plus que pour lui faire honneur. Enfant prodige au regard d'une mère qui l'avait, elle aussi, condamné aux affres de la souffrances infinie. Il n'était que cette vaste pièce emplie de bouquins en tout genre pour mieux le faire s'évader un instant, lui faire oublier sa souffrance dans l’éphémère de ses aventures imaginaires. Radeau perdu dans les grandes eaux, elle était encore son port d'attache, celui dont jamais vraiment il ne se défaisait.

Morgane, aussi, avait joué ce rôle. Elle aussi avait été cette prépondérante à sa vie, cette zone d'ombre qu'il visitait à chaque instant de solitudes, préférant voir sur ses lèvres s'éclairer le sourire plutôt que d'y voir la peine s'y épanouir. Elle ne l'était plus désormais. Pas tant parce qu'il n'en appréciait plus les contours, jamais il n'en serait capable, mais bien parce qu'il s'était résolu à faire passer ses souffrances avant les siennes, parce qu'il avait ouvert les yeux sur tout ce qu'elle était et sur le peu de considérations qu'elle avait trop souvent pour lui. « Non, c'est la Reine-reine…enfin euh Morgane quoi. », le silence plane, se teint d'une certaine gène, pas la sienne à lui, celle de cette autre qui ne semble pas très encline à se plier aux lois et aux étiquettes, « Sa euh Majesté, m'a gracieusement autorisée à venir ici pour une recherche personnelle. », rajoute-t-elle finalement promptement. Cette justification n'est pas pour plaire à Cyprien, elle ne faisait qu'accentuer cette idée de malaise qui régnait déjà au cœur de son esprit, mettant davantage en exergue le fait que pour la reine Morgane Leblois il n'était pas tant son ami que son faire-valoir. « C'est que je suis une prétendante à ce charmant titre de savante folle voyez-vous. », ajoutait-elle alors comme pour expliquer plus encore ce qui la conduisait jusqu'ici. Prévenance inutile.

Il se tournait vers elle, toujours inquisiteur dans sa forme et son attitude, toujours lumineux dans cette aura qui était la sienne mais, néanmoins, quelque peu rembruni par l’aveu malheureux. « Cyprien », marmonne-t-elle, à peine compréhensible mais néanmoins bien audible. Il fronçait les sourcils tout en noyant ses billes d'aciers dans le mordoré du sien. « C'est ainsi qu'on m'appelle, mais généralement on préfère à mon prénom un votre altesse, il ne lui tenait néanmoins pas rigueur, il était bien préférable de se noyer dans un quelconque anonymat qu'être constamment sous le joug de la célébrité, et assurément aurait-il trouvé cela rafraîchissant s'il n'avait été pris à parti par les plus extrêmes de ses pensées. Comme pour se donner un peu de temps, il s'humectait les lèvres tout en la dévisageant sans la moindre vergogne. De toute évidence c'était un joli brin de filles, toute faite de courbes et aux allures aguichantes sans pour autant faire d'elle une aguicheuse. Pas le genre de femme que l'on imaginait vouloir être au service d'un roi aussi ennuyeux qu'un entonnoir rouillé, mais belle et bien de celles qui intéressait Morgane. Il pinçait les lèvres avant de se rapprocher d'elle.

Il passait outre les convenances qui voulaient qu'un noble ne se mêle pas à la plèbe, mais il n'était personne pour remettre en cause l'ordonnance de la reine, il entendait même profiter de quelques instants de cruelle curiosité. Il se penchait vers elle – elle n'était pas bien grande à côté de lui – et dans un sourire des plus mutins, il reprenait la parole. « Ce n'était là qu'une remarque, vous pouvez m’appeler Cyprien. Cela me fait du bien d'être appelé par mon prénom par d'autres que ma propre famille. », il lui offrait un clin d'oeil charmeur tandis qu'il se redressait déjà pour mieux amorcer un pas en arrière. Il reportait son regard sur les rayonnages pleins et colorés, semblant absorber par les tréfonds de ses pensées. « Vous savez ce qui est drôle ? C'est de savoir que vous êtes là pour le compte de Morgane et vous entendre plaider le besoin d’œuvrer pour Geodor. On pourrait penser que le couple royale partage tout, mais il est des choses impensables pour Geodor et qui tiennent à cœur à la reine. », il tournait vers elle un regard entendu, comme un signe posé qui faisait montre de sa perspicacité. « Que pourrait donc vouloir Morgane que ni la magie ni la science ne pourrait lui donner ? Que pourrait elle souhaiter avoir sans le demander à son époux adoré ? », question purement rhétorique, il en connaissait les tenants autant que les aboutissants, et la seule chose qu'il pouvait en soutenir c'était bien ce désaccord furieux qu'il en extirpait.

Il prenait une profonde expiration pour en expirer tout le vice qui le prenait. « Vous devriez laisser tomber, Mademoiselle Leroy. », sa voix suave ne se teintait pas de cruels avertissements, ne prenaient pas même l’intonation des injonctions, il était las de se battre pour se genre de choses. Il était fatigué, épuisé, d'attendre une femme qui jamais ne le verrait. « Il est des choses que la nature a décidé, et qu'il est contre-nature de contrecarré. S'il était possible de donner à Morgane ce qu'elle souhaite, le roi l'aurait déjà tenté... Tout du moins, s'il le voulait vraiment. ».



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SOUVERAINETÉ MALADIVE
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, troublent les morts couches sous le pavé des salles. L’aube pâle a blanchi les arches colossales. Il fuit, l’essaim confus des démons dispersés ! Et les morts, rendormis sous le pavé des salles, sur leurs chevets poudreux posent leurs fronts glacés. Victor Hugo
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Tendresses et châtiments || Augustine & Cyprien

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